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Le spiritisme est une loi naturelle

Ces phénomènes ne sont en aucune manière opposés aux lois de la nature. Ils montrent simplement Taction de lois et de forces supérieures à celles dont la science moderne a connaissance.

Georges Sexton,

Membre du collèjte royal des médecios et chirurgiens de Londres.

Le spiritisme est une loi naturelle dont on doute à cause de sa simplicité même ; ce n’est pas une religion, tous y sont conviés : immortalistes et néantistes sans distinction de race, de nationalité, de caste, d’opinion.

Tout renaît, se transforme, évolue.

L’oiseau dans l’œuf s’échappe de sa prison quand ses ailes ont assez d’envergure pour pouvoir s’élever vers le soleil.

Une larve, la chenille, nous donne une leçon en nous permettant d’assister au spectacle de sa métamorphose. Elle s’ensevelit dans sa sombre chrysalide — image de la tombe — où s’élaborent les éléments de sa vie nouvelle; elle en sort brillante, parée de suaves couleurs et ailée pour s’élancer vers la lumière (2).

< La lumière, toujours plus de lumière » (3) irrésistible attraction 1

(1) La Survie, sa Réalité, sa Manifestation, sa Philosophie (Echos de l’a.u-dela, publiés par Rufina Noeggerath. — PRÉFACB'de Camille Flammarion. — Frontispice do F. Hugo d’Alési. Editeur Leymarie, 42, rue Saint-Jacques. Revue et augmentée, 3 fr. 50.

(2) Il nous a été enseigné par nos professeurs de l'Espace que les rampants ne peuvent s’élever au delà des confins de la terre pour se transformer, mais la plupart d’une manière invisible à l’hom me. Cela ouvre un vaste champ à l’étude des élémentaires.

(3) Goethe.

Emblème de la science comme les ténèbres où se préparent les forma* tions de vie sont l’emblème de Tobscurantisme. L’homme, dans ses premières incarnations dans THumanité, ne commence-t-il pas par l’ignorance de toute notion du bien et du mal (1).

La semence étend ses racines de vie dans le sein de la terre avant de devenir la plante au vert feuillage, symbole du travail, pour faire éclore la fleur, sa récompense, et dorer le fruit que le soleil mûrit.

L’enfant ne peut jouir de la lumière et en vivre que lorsqu’il est formé. Que de métamorphoses subies depuis l’ovule!

‘ L’étude profonde de la nature démontre à l’homme sa destinée faite de conséquences. « Le présent est le fruit du passé, et le germe de ravenir(2). »

Tous les hommes naissent et meurent de la même manière. L’enfant entre dans l’Humanité en jetant un cri l’homme, dont la chair se glace après l’agonie, est enfoui dans une fosse profonde. Le cadavre d’un Socrate n’y est pas moins rongé par des vers que celui d’une bête immonde. Et tout serait fini là?...

Ne sentez-vous pas sourdre la révolte en votre âme à l’idée que celui qui s’intitule superbement le Roi de la Création soit moins privilégié que la larve rampante qui devient ailée? (3)

Pourquoi cette injustice, savants, dites, pourquoi?

Ne serait-ce pas un sacrilège que la croyance en l'anéantissement de l’homme dans la grande âme universelle de qui nous tenons le principe de vie pour tous!

Un sacrilège contre la loi de l’Amour-Dieu qui ensemence le firmament d’étoiles, promesses d’éternels devenirs pour qui lève les yeux vers elles ?

Camille Flammarion « l’ami des étoiles », dans son œuvre géniale : La pluralité des mondes habités^ a renversé les barrières qui séparaient les mondes.

Le Chazarain, depuis vingt années d’études expérimentales, affirme hautement la continuité de l’existence progressant sans cesse. Des faits indiscutables l’ont établie.

Le colonel de Rochas et Charles Richet ont jeté des lumières sur la route ; elles deviendront flambeaux demain.

« Lorsque la terre sera en harmonie, nous entrerons en rapport avec « les habitants des autres planètes qui composent notre système, et par « ceux-ci avec les habitants des autres sphères qui circulent dans l’in- « fini (4). »

Je le répète, le spiritisme est une loi naturelle. Rien n’empêchera l’arbre de reverdir, le brin d’herbe de reprendre sa place au soleil, le rampant de devenir ailé, l’homme de franchir les frontières de la terre.

Expliquez-vous la sève qui meurt et renaît?

(1) Le mal est le commencement du bien (Luiz Bétim).

(2) Leibnitz.

(3) Jésus ne veut pas qu’aucun de ses petits périsse. Il n’y a pas de déshérité.

(Un grand prêtre de l’Inde antique).

(4) Ch. Fourier.

La science passe; la loi de la nature est immuable (1).

Cette loi ne devrait-elle pas être enseignée dès Tenfance dans toutes les écoles ?

Ne satisferait-elle pas nos aspirations d’idéal et de justice en calmant nos angoisses, pourquoi ? N’exercerait-elle pas une influence salutaire sur les actes de la vie par l’éveil d’ambitions ennoblies? Ne nous ferait-elle pas faire l’elTort d’arriver plus tôt au coup d’aile qui nous porte dans une région plus éclairée? Une région où les transformations successives ne s’opèrent plus dans les affres et l’épouvante de la mort terrestre.

N’est-ce pas une gloire pour une âme un peu fière de ne devoir son avancement à aucune autre puissance que la sienne propre, et de conquérir, à chaque incarnation nouvelle, des trésors inestimables ?

Si l’homme connaissait le but de l’existence, les faux honneurs, les gloires souillées de cendres et de sang n’auraient plus pour lui de raison d’être; le nombre des médiums venant à son secours s’augmenterait pour l’aider à approfondir la Loi d’Amour qui dirige l’Univers; chacun voudrait arracher au grand mystère le secret du relèvement moral; les séparations ne seraient plus les pires douleurs; des buées de sang ne s’élèveraient plus pour rendre impossible l’apparition des habitants des sphères éclairées, et les nuages noircis qui couvrent la terre, comme pour en cacher les hontes, se dissiperaient. L’homme oserait-il encore tuer son frère ou le laisser mourir de faim ?

Les jouissances devenant moins bestiales, Thomme défierait les misères attachées à la chair sur cette terre qu’il quittera quand il y aura fini son stage.

L’infériorité de notre planète, elle aussi serait vaincue; l’intelligence de l’homme, faite de science et d’amour, irait, comme un rayon de soleil, dessécher les marais fangeux, chasser des ténèbres les oiseaux de nuit, emblèmes de la superstition; elle supprimerait la bête malfaisante et les inxîarnations humaines élémentaires, si pénibles. Nous ferions le bonheur des autres en faisant notre propre bonheur.

« Tant qu’il y aura sur la terre un seul homme qui souffre, les « autres ne pourront être heureux (2). »

O Savants 1 qui cherchez, pour la plupart du moins, à nous fermer notre ciel, à entretenirla torture du doute (3) et qui voulez rester assujettis aux sciences si peu faites encore pour la compréhension d’un monde ignoré des enfermés de cette planète, savants qui écartez de vos expérimentations tout sentiment, toute chaleur d’âme comme une faiblesse indigne de vous, qui qualifiez « d’absurde », de « non recevable » toute intervention de l’ami d’outre-tombe et défendez dans vos laboratoires que VEsprit soit invoqué, songez à la responsabilité que vous assumez. N’arrachez pas à l’humanité en mal d’enfantement, I’Espoir ! la preuve

(1) « La science de la veille sera remplacée par celle de demain», nous disent les savants, et ils conviennent eux-mêmes que s'ils vivent trop longtemps, ils assistent k l’écroulement de leurs glorieux systèmes.

(2) Albin Valabrègue.

(3) La science cherche encore, l’amour a trouvé.

(Balzac)-

de Péternelle tendresse que nous apportent nos bien-aimés, ceux qui nous ont précédés dans les régions où ils nous attendent. N’éteignez pas les voix de l’Au-delà (1).

L’âme est affamée de justice et de liberté ; elle aime ! et vous en faites l’esclave de forces aveugles, implacables dans leur matérialité brutale.

L’inspiration? Songe creux ! L’intuition? Vous ne pouvez y croire par la raison que cela ne se dissèque pas et que le bistouri du vivisecteur y plongerait à vide.

O Savants ! Je ne m’adresse qu’à ceux qui ne savent pas, car on ne peut trop honorer celui qui a l’amour de l’humanité pour guide : sa gloire sera plus durable que celle qui est gravée sur l’airain. Savants, puisse ma voix arriver jusqu’à vous et vous pénétrer du tout-puissant amour qui nous entraîne, qui remportera toutes les victoires !

En attendant cette ère nouvelle, les désespérés blasphèment et se suicident, les déshérités du sort rougissent leurs mains fratricides ; des hommes périssent par la faim, le fer, le feu ; les souverains font massacrer des centaines de mille hommes choisis parmi les jeunes, les robustes

— un morceau de territoire vaut bien des sacrifices de chair humaine ?

— et puis, sur un champ de bataille « les cadavres sentent toujours bon » pour les conquérants.

11 y a — prosternez-vous! — il y a des guerres saintes !!..

Des socialistes humanitaires, de grands réformateurs ont convenu avec nous que le spiritisme est la plus parfaite solution qu’on puisse rêver pour la régénération de l’humanité. Que sont à côté de cela les tentatives faites jusqu’ici pour réformer des lois injustes et meurtrières I Elles provoquent l’émeute ; c’est par la mitraille qu’il leur est répondu. Le sang coule.

Que les savants viennent donc à notre aide dans notre travail humanitaire. Qu’ils prêtent leur appui aux braves cœurs qui sacrifient tout intérêt, luttent pour le triomphe de la Vérité, en vain, parce qu’ils ne sont pas titrés.

Il est vrai que la tâche est rude et redoutable. Peu d’hommes sont disposés à concourir pour obtenir la couronne du martyre. Il faudrait :

Braver le ridicule, se déjuger.

Renier un long et pénible labeur scientifique.

Se voir fermer les portes du monde officiel.

Cette tâche est dangereuse aussi.

Ce peut être l’exil ou la mort (2).

Zœlîner, l’astronome, l’une des plus belles intelligences de l’Allemagne, a succombé sous le sarcasme, la diffamation, la persécution. Bien d’autres ont été victimes de leur généreuse audace.

Mais aussi, combien grands 1

Oserail^on dire aux savants dont l’honneur, l’intelligence, la loyauté

(1) N*est-ce pas souffrir que d’aimer pour une vie seulement ?

(Balzac).

(2) Ce fut le sort du D' Gibier.

sont reconnus dans le monde entier : Vous êtes des imposteurs, des fourbes ou des sots.

Chercher à ébranler le piédestal de Grookes et d’Edison serait la lutte du pygmée contre le géant?

Renverser le flambeau n’empêche pas la flamme de s’élever.

La sagesse ne consisterait-elle pas à se présenter comme des écoliers devant une science ignorée, appelée à dégager l’humanité de ses langes, puisqu’elle affranchit l’âme de tout préjugé, de tout dogme, de toute routine scientifique? Faut-il donc faire appel aux petits pour poursuivre ce noble travail ?

Celui-là même qui échappe aux violents orages voit sa vie se décolorer.

Dans son cœur désenchanté, dans son corps vieilli, il porte le deuil de ses affections, de ses espérances, de ses jouissances.

Adieu, vieillards, aux amours de la terre, aux plaisirs de la chasse, aux honneurs de la guerre, aux mets succulents.

11 ne vous reste plus que ce que vous avez dans Tâme. Redoutez d’y trouver le vide; sachez donner l’essor à I’Immortelle, palpitante de vie pour aller trouver l’essence des éternels bonheurs.

Il est si doux d’aimer jusqu’au delà de la tombe, et de se ressouvenir l

Essayez !

On me demandera de quelle autorité je suis armée pour élever ainsi la voix.

De l’autorité que me donne, depuis plus de trente-cinq ans, l’étude méthodique d’une quantité innombrable de phénomènes observés dans des conditions de garantie absolue. Quelques personnes connues peuvent encore les attester. La discrétion m’oblige de garder certains noms sous silence (1).

Je suis armée, enfin, de l’Amour de l’Humanité, et cette armure-là jamais ne se rouille ni ne se tache de sang.

Avril 1906.

Rufina Noeggerath, 22, rue Milton, Paris.

(1) Hugo d’Alési, Camille GUaigucau, D'' Ghazarain ; dans quelques séances, Charles Lomon.

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