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DE LA DEUXIÈME CATÉGORIE ÉCRITURE SPONTANÉE

Un mot avant de commencer le compte-rendu de ces expériences :

Nous avons expérimenté, en nous entourant de précautions que nous indiquerons en exposant

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les résultats de nos investigations, si l’un de nos lecteurs surprenait au milieu de nos descriptions une fissure par où l’erreur aurait pu se glisser, nous lui serions infiniment reconnaissant de nous la signaler.

En attendant nous mettons au défi n’importe quel prestidigitateur de produire à l’aide de son art, et dans des conditions identiques, égales à celles où nous sommes placé, récriture sur des ardoises comme nous l’avons obtenue dans nos expériences.

Après les premières séances que nous avons eues avec le médium américain, nous ne pouvions croire que l’écriture produite de cette manière pût être autre chose qu’un artifice de prestidigitation qu’il nous était impossible de comprendre étant données les conditions d’observation où nous nous étions placés. Pour nous éclairer sur ce point, nous avons consulté un des plus habiles opérateurs du théâtre Robert- Houdin, M. J..., à qui nous avons fait le récit des expériences auxquelles nous avions assisté et qu’il a vues lui-même pour son compte. M. J... nous déclara que tout l’art des prestidigitateurs du monde réunis ne produirait rien de comparable, et dans l’album déposé sur la table du salon de

Slade où les visiteurs notent leurs impressions, M. J..., après avoir assisté aune séance avec M rac J..., écrivit l’attestation suivante, à laquelle nous conservons le caractère original que son auteur lui imprima dans le moment d’émotion qui suivit le spectacle auquel il venait d’assister :

« J’affirme, messieurs les savants, moi, prestidigitateur, que la séance de M. Slade est vraie, vraiment spiritualiste et incompréhensible en dehors de toute manifestation occulte. Et de nouveau j’affirme.

« Signé : J..., du théâtre Robert-Houdin.

« Avril 4886. »

Plusieurs confrères, à qui nous avons fait part des recherches que nous faisions sur les phénomènes obtenus avec Slade, nous ont dit :

«Faites attention ; ces gens-là sont si adroits (les prestidigitateurs, s'entend). Aujourd’hui on est arrivé à escamoter des bocaux contenant de P eau et des poissons rouges ; on escamote même une femme sur différents théâtres de Paris, on peut bien vous escamoter vos ardoises sur lesquelles on écrit! » Sur un théâtre, devant une nombreuse assistance qui ne peut rien contrôler, oui ; mais entre nos mains, sous nos yeux, nous ne croyons

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pas la chose si facile. Nous avons demandé aux hommes du métier des explications au sujet de ces escamotages si étonnants; eh bien! tous ceux qui voudront se renseigner sauront que les tours les plus brillants sont ceux qui se font avec les procédés « illusionnistes » les plus simples, nous allions dire les plus enfantins. Au surplus, nous les renvoyons àM. J..., du théâtre Robert- Houdin, et à tous les prestidigitateurs par qui on a fait attester la différence existant entre leurs propres tours et les phénomènes dits spiritualistes.

Nous avons vu plus de cent fois des caractères, des dessins, des lignes et même des phrases entières se produire à l’aide d’une petite touche, sur des ardoises que Slade tenait, et même entre deux ardoises avec lesquelles il n*avait aucun con tact et qui nous appartenaient, que nous avions achetées nous-même dans une papeterie quelconque de Paris et que nous avions marquées de notre signature. Mais nous ne voulons citer qu’un petit nombre de ces faits si intéressants.

Comment, nous dira-t-on, pouvez-vous admettre qu’une écriture se forme spontanément

sur une ardoise ou un autre objet? Alors convenez tout de suite que Ballhazar avait bien vu et que l’ivresse n'était pour rien dans le Manc-Thécel- Pharès qu’une main de feu écrivait sur les murs de la salle de festin !

Nous répondrons à ces objections que nous n’admettons pas, nous constatons; et en ce qui regarde Balthazar, nous ne pouvons dire si c’est le vin qui lui troubla la vue à la fin du festin : nous n'y étions pas.

Quelle cause attribuer à la production de cette écriture ? A cette question nous pouvons répondre en renvoyant le lecteur au chapitre précédent, où il est parlé des théories émises sur l’ensemble de ces phénomènes. Cependant nous pouvons dire, sans nous départir de la réserve que nous nous sommes imposée, que la cause productrice de l’écriture spontanée ou directe paraît être indépendante et qu'elle est intelligente.

Nous avons, dans toutes nos expériences d’écriture, examiné attentivement les ardoises avant l'opération ; dureste, dans la plupart des cas, elles nous appartenaient. Lorsque l’écriture s’est produite sur une seule ardoise, c’était en général sous l’angle de la table auprès duquel nous nous trouvions; nous ne perdions de vue ni l’ardoise, ni les doigts de Slade, et nous placions parfois nous-même le crayon sur l’ardoise, mais

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nous n’avons jamais pu voir ce dernier en mouvement. Nous voyions l’ardoise onduler légèrement comme sous la pression de l’écrivain invisible, mais dès que nous regardions dans l'espace séparant Fardoise de la partie inférieure de la table, la petite touche tombait sur Fardoise et le bruit d’écriture cessait ; l’ardoise s’appliquait bientôt contre la table, et alors nous entendions de nouveau le grincement de la touche ou crayon d’ardoise traçant l’écriture.

Cette particularité nous inspirait une certaine méfiance, et nous demandâmes pourquoi il en était ainsi : Slade prit une de nos ardoises, plaça une petite touche dessus et la glissa sous la table. (Est-il nécessaire de dire encore que nous avons examiné cette table avant, pendant et après l’expérience?) La réponse était celle-ci : « Lesvibra- [ tions de vos regards et de la lumière nous nuisent ». La phrase était en anglais.

Quelque chose d’analogue a été observé par M. Crookes, qui tenta d’obtenir de l’écriture directe sous ses yeux, avec l’assistance de Home : « Cette manifestation, dit M. Crookes, eut lieu à la lumière, dans ma propre chambre, et seulement en présence de M. Home et de quelques amis intimes... J’exprimai le désir d’être témoin en ce moment de la production d’un message écrit, ainsi que, quelque temps

•auparavant, je l’avais entendu raconter par un de mes amis ».

Immédiatement, il nous fut donné la communication alphabétique suivante: « Nous essaierons».

Quelques feuilles de papier et un crayon avaient été placés au milieu de la table ; alors le crayon ! s’éleva sur sa pointe, s’avança vers le papier avec des saiits mal assurés, et tomba. Puis il se releva ' et retomba encore. Une troisième fois, il essaya, mais sans obtenir de meilleur résultat. Après ces trois tentatives infructueuses,, une petite latte, qui se trouvait à côté sur la table, glissa vers le crayon et s’éleva à quelques pouces au-dessus de la table, le crayon se leva de nouveau, et, s’étayant contre la latte, ils firent ensemble un effort pour écrire sur le papier. Après avoir essayé trois fois, la latte abandonna le crayon et revint à sa place; le crayon retomba sur le papier, et un message alphabétique nous dit : « Nous avons essayé de satisfaire votre demande, mais c’est au-dessus de notre pouvoir ».

En somme, il ne nous a manqué qu’une chose :

voir l’écriture se tracer sous nos yeux. Nous allons pouvoir dire si cette lacune est suffisante pour mettre en doute la réalité du phénomène. Citons quelques faits.

Nous conservons à nos observations leur rédaction primitive et leur forme personnelle.

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Expérience I

Le 29 avril 1886, à 11 heures du matin, je me rends chez Slade avec un de mes amis, M. A...; j’apporte plusieurs ardoises marquées de ma signature au crayon bleu. — J’inspecte la pièce où l’expérience va se faire. J’examine la table, les manches de Slade, le dessous de son habit et ses souliers que je lui fais quitter.

— Sur la demande de Slade, je sors de la serviette qui ne m’a pas quitté, deux de mes ardoises, entourées d’un cadre de bois, de chez Faber, et je les pose sur la table, séparément. Slade prend une petite touche d’ardoise de 8 à 10 millimètres de longueur, il la coupe en deux avec ses dents et la place sur Fune de mes ardoises, du côté opposé à ma signature. Il recouvre la touche avec ma deuxième ardoise, dont la signature est à l’intérieur, prend les deux ardoises ainsi réunies et les place verticalement sur mon avant-bras gauche. Je n’ai perdu de vue aucun do ses mouvements, pas plus que mes ardoises. Au moment où Slade penche les ardoises pour les placer verticalement, j’entends la touche glisser dans l’espace ménagé entre les deux surfaces par les bois des cadres. La chambre est bien éclairée*

Nous avons tous trois les mains sur la table nue; M. A... est à ma droite et Slade est à ma gauche. J’ai sous les yeux les mains de Slade et ses jambes qu’il tient en dehors de la table. Je vois distinctement sur mon avant-bras gauche les deux faces des ardoises accolées et la main droite de Slade qui les tient. i

Au bout de vingt ou trente secondes, je sens une forte pression des ardoises sur mon avantbras.

Slade dit sentir le « courant » passer dans son bras ; cela paraît le faire souffrir un peu.

Quelques coups sourds sont frappés dans mes ardoises et la main de Slade est restée immobile. Tout à coup l’écriture se fait distinctement entendre. La main de Slade est immobile; pas un de ses doigts ne remue. J 'ausculte mes ardoises : pas de doute possible, c'est bien dans leur intérieur que le grincement se passe, j’entends, aussi bien qu’on peut entendre, le tracé de l’écriture et la ponctuation, et à quatre reprises un trait. L’écriture a paru être tracée lentement d’abord, puis, après le premier trait, le bruit du tracé a été plus rapide et après le deuxième trait il a repris sa première allure.

Après un temps assez long, trois coups secs sont .frappés dans les ardoises ; Slade les retire, les pose de champ sur la table et je les prends

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entre mes mains sans presser, cependant Slade paraît éprouver une certaine difficulté à les séparer. Les voilà dans mes mains. L’ardoise sur laquelle je retrouve ma signature n’a aucune trace d'écriture. L’autre qui repose sur ma main gauche en est couverte. Ma signature, que j’ai vue pendant la durée de l’expérience, en partie cachée par les plis de mon habit, est bien de l’autre côté de l’ardoise couverte d’écriture.

Quatre phrases séparées par trois traits sont écrites sur mon ardoise, un quatrième trait se voit avant la signature qui termine le tout. Deux de ces phrases, celle du commencement ainsi que celle de la fin, sont en anglais et signées W. Clark. Des deux autres, l’une est en allemand et la deuxième en français. Cette dernière est ainsi conçue : « En effet> votre idée est très bonne . Votre bien dévoué serviteur. L. de M . ». Au commencement de la séance, j’avais dit que si j'obtenais de bons résultats je ferais sans doute un ouvrage sur le sujet. Est-ce à cette idée qu’on a voulu répondre?...

En résumé, dans cette expérience, mes ardoises ont été constamment surveillées par trois de mes sens : la vue, le toucher et l’ouïe.

Voir la figure 22 et la note explicative qui est en regard.

Nos planches, où se voit l’écriture comme celles

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Note explicative et traduction de la figure 22

Many spirits are présent andwill say a few words to you. 1 am truly :

W. Clark.

(Plusieurs esprits sont ici présents et vont vous parler. Je suis sincèrement.

W. Clark.)

Mein thueuer herr. Empfangen Sie mein herr meiiiè herzlichsten Crusse.

. John Stephens.

(Mon cher Monsieur. Recevez mes plus cordiales salutations.)

En effet, votre idée est très bonne.

Votre bien dévoué serviteur. L. de M.

Bear Sir, we ail join in the above.

W. Clark.

(Cher Monsieur, nous nous réunissons tous dans ce qui précède.)

où sont reproduites les photographies « spiritualistes», ont été obtenues par la photogravure, sans retouche manuelle, parM. Arents, spécialiste distingué de Paris, bien connu des savants.

Expérience II

Le 12 mai 1886, à 11 heures du matin, chez Slade ; tout se passe au début comme dans l’expérience précédente.

Deux ardoises Faber n° 7, m’appartenant et marquées de ma signature, sont placées par moi sur la table. J’enferme moi-même une petito touche de cinq millimètres de longueur entre mes deux ardoises. Slade, qui n'a pas encore tenu ces ardoises, pose l’extrémité des doigts de sa main droite sur l’ardoise de dessus, sa main gauche reste sur la table avec les nôtres et celles d’une troisième personne. Nous sommes placés comme dans l’expérience n° 1 précédente. J’appuie mon coude gauche sur les deux ardoises et au bout d’un instant, je sens et j'entends distinctement écrire dans leur intérieur. Je remarque qu’il y a interruption du bruit de l’écriture à chaque fois que je lève ma main du « cercle » qu’elle forme avec les mains de la personne qui est à droite et celle de Slade. Après quelques mi-

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mîtes, trois ou quatrepetits coups secs sontfrappés sous mon coude. « C’est fini », dit en anglais Slade qui enlève sa main droite de sur mes ardoises. Je prends celles-ci, je les ouvre, et je trouve l’une d’elles, sur laquelle je reconnais mes points de repère, couverte d’écriture. Le petit crayon que j’avais placé sur cette ardoise et dont les cassures étaient nettes porte à l’une de ses extrémités des signes d’usure non douteux.

— Quel écrivain a usé ce crayon et écrit les trois phrases (anglais, français, allemand) que je vois là? J’ai bien mis (moi-même et non un autre) le crayon entre mes deux ardoises, je n’ai pas quitté un seul instant de vue ces ardoises ni les mains de Slade; sa gauche était sur ma main gauche et sa droite était à trente centimètres de ma vue, l’extrémité des doigts seuls [ reposant sur les ardoises que je maintenais avec mon coude.

Pas un muscle de ses doigts n'a bougé; j’ai entendu le bruit de l’écriture, il partait bien des ardoises; j’ai ouvert celles-ci moi-même, je suis sûr qu’on ne me les a pas changées ; personne ne les a touchées que moi, à part l'extrémité des doigts de Slade en contact avec celle des ardoises sur les deux faces de laquelle aucun caractère n’a été tracé.

Quelle explication donner à cela ?

Explication et traduction de la figure 23

Spiritualism inculcates a morality the most pure and elevated, and a siale of the affections towards God, in the highest degree holy and spiritual.

W. Clark. -

(Le spiritualisme enseigne la morale la plus pure et la plus élevée, et un état des alFections vers Dieu, au plus haut degré saint et spirituel.)

II n’est pas permis de concevoir le moindre doute. L. de Mond.

Cherchons encore; je n’en trouve pas de satisfaisante. Lisons toujours ce que disent nos ardoises.

Voyez fig. 23 et la note explicative qui l’accompagne.

Expérience III

Le 12 mai 1886, à 8 heures et demie du soir, chez Slade, entre autres manifestations dites spitualistes, sous une ardoise m’appartenant, reposant sur la table, sous mon hras, et à laquelle Slade ne toucha pas, je sentis écrire (avec la petite touche), et l’opération terminée, je trouvai sur la face inférieure de mon ardoise où, deux minutes avant, rien encore n’avait été écrit, une phrase en anglais dont voici le sens : « Conservez ceci pour vous comme preuve de notre promesse, nous ferons davantage pour vous plus tard. — W. Clark. »

Une fois la séance terminée, Slade prit une de mes ardoises, plaça une touche sur l’une de ses faces en pleine lumière et il s’apprêta à la glisser sous la face inférieure de la table, mais sa main parut être attirée de mon côté par une force invisible et l’ardoise fut placée sur ma tête ; je sentis et j’entendis écrire : un instant après je lus ces

deux mots : Gooa? ôye (adieu). Je remarquai que le mot commençait du côté opposé à la main de Slade et que la touche était arrêtée exactement sur la terminaison du mot bye.

Expérience IV

Le 24 mai 1886. Dans l’après-midi, séance chez Slade. Une ardoise identique aux précédentes (m’appartenant, neuve et marquée de ma signature au crayon bleu) est placée par moi sur la table nue que j’ai examinée attentiveme dessus et dessous. Une petite touche est placée sur mon ardoise du côté où se lisent ma si ture et la marque A.-W. FABER N° 7.

Je prends l’ardoise de la main gauche, je place sous l’angle de la table auprès duquel je me suis placé. Ma main droite est sur la table avec les mains de Slade et celles de M. A... qui assiste aussi à l’expérience. Slade est à ma et A... à ma droite ; après quelques minutes d’attente aucun bruit ne s’est fait entendre sur l’ardoise que je tiens, mais à plusieurs reprises, sans aucun contact apparent de personne, je sens qu’elle est violemment poussée de mon côté. Je me penche et ne vois rien sous la table ; Slade

dont je vois les jambes n’a fait aucun mouvement, ses mains sont toujours sur la table. A un moment donné, je sens une traction de l’ardoise qui cherche h s’échapper de ma main et j’ai besoin de la tenir ferme; je regarde sous la table : rien. J’examine de nouveau mon ardoise que je retire : la petite touche est toujours à la même place ; aucun caractère n’a été tracé.

Je place de nouveau mon ardoise sous la table et j’invite Slade à la tenir en même temps que moi. Chacun de nous la tient de la façon suivante : nous embrassons en même temps l’ardoise et la table de manière que nos pouces soient sur la table etnos doigts sous l’ardoise. A peine sommesnous dans cette position que nous entendons très nettement le crayon courir sur l’ardoise. Je puis me pencher et examiner les doigts de Slade dont je constate la parfaite immobilité. Le « message » doit être long, car nous attendons plusieurs minutes avant que le bruit de l'écriture cesse. Trois petits coups secs se font entendre, j’essaie d’enlever moi-même l’ardoise, Slade ayant retiré sa main, et j’éprouve une résistance très appréciable, quelque chose de comparable à ce qu’on ressent quand on soulève une cloche de verre sous laquelle un commencement de vide a été pratiqué, à l’aide d’une pompe pneumatique. Je constate que quatre phrases ont été

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écrites sur mou ardoise dont les marques précitées sont à leur place. Ces quatre phrases sont écrites la première en français, la deuxième en grec, la troisième en allemand et la dernière en anglais. (Voir la planche 24.)

Au cours de cette expérience, pendant que l’écriture s'entendait, je lis la remarque suivante : j'invitai M. A..., qui était à ma droite, à soulever sa main gauche sous laquelle se trouvait ma droite ; tant que dura l’interruption du contact je n'entendis plus rien, le crayon semblait rester immobile. Je priai A... de poser sa main sur la manche de mon habit et l’ardoise demeura silencieuse. Je dis alors à A... d’appliquer sa main sur mon front et, au moment où ses doigts me touchèrent, j’entendis de nouveau le crayon se mouvoir. Répétée plusieurs fois, l’expérience donna des résultats identiques.

J'ai fait dans plusieurs cas semblables des observations analogues. Est-ce à dire que ces f phénomènes sont dus à un genre d’électricité nerveuse qui se renforcerait en passant par une sorte de batterie électrique dont nous serions les éléments ? Il ne saurait ici, plus que dans les autres parties de cet ouvrage, être question d’une théorie. Restons sur le terrain des faits. C'est ce qu’il y a de mieux à faire en ce moment où nous ne sommes encore qu’aux éléments d’une bran-

Note explicative et traduction de la figure 24.

« Si ton bras, ô Démoslhènes, avait égalé ton génie, jamais les Grecs n’eussent obéi à l’épée macédonienne. » E. Z.

(La phrase écrite en grec qui paraît avoir voulu traduire la précédente est composée en grande partie de mots tronqués ou illisibles.)

Mit der ausgezeichnetsten hochachtung. [Signature illisible .) Avec la considération la plus distinguée.

Remarque : (Le mot hochachtung aurait dû être écrit avec une majuscule.)

Ces fautes d'orthographe sont fréquentes dans ]es « communications » écrites en allemand.

This is a hard task for a spirit to perforai at the first visit. W. Clark. (Ceci est une tâche difficile à faire pour un esprit dès sa première visite.)

che de la physiologie psychologique. Il serait imprudent d’agir autrement, car l’histoire de la science est là pour nous montrer combien les théories prématurées sont gênantes et réactionnaires, par la suite, pour le progrès du savoir.

Expérience V

Cette expérience eut lieu dans mon appartement, dans ma salle à manger, où Slade entrait pour la première fois, le 27 mai à neuf heures du soir. Etaient présentes cinq personnes au total : deux personnes de ma famille, un ami, Slade et moi.

Cette séance a déjà été mentionnée plus haut.

Slade prit une do mes ardoises munie d’une petite touche et la glissa sous la face inférieure de ma table ; on entendit le crayon glisser. L’ardoise examinée portait trois barres presque rectilignes et parallèles. Je demandai la répétition de l’expérience, mais avec une seule barre et posai moi-même la touche au milieu de l’ardoise qui fut replacée comme devant. On entendit de nouveau le bruit du crayon et à l’examen on vit sur la ligne médiane un trait long de 23 cent, occupant toute la longueur de l’ardoise et la

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touche (ou crayon), longue de cinq à six millimètres, se trouvait juste à l'extrémité du trait qui confinait au pouce de Slade. Il avait donc fallu que cette touche, placée par moi sur la partie moyenne de l’ardoise, fût transportée à l’extrémité de l’ardoise opposée à la main de Slade et qu’elle en parcourût toute la longueur, soit 23 cent. Pendant ce temps, nous n’avions pas perdu de vue la main de Slade ni la partie du cadre en bois de l’ardoise, qui était en rapport avec elle.

La salle était parfaitement éclairée; Slade avait derrière lui et à droite sur un dressoir, une forte lampe munie d’un abat-jour et devant lui une lampe à gaz très puissante munie également d'un abat-jour; aucun de ses mouvements ne pouvait passer inaperçu, et il se trouvait dans un milieu peu crédule où quatre paires d’yeux scrutateurs le surveillaient de près.

Expérience VI

Dans la meme séance, je pris deux de mes ardoises et après les avoir essuyées convenablement, je plaçai entre elles une touche (comme à l’ordinaire). Je remis ces ardoises à Slade qui les prit dans sa main droite sans les ouvrir et les

appuya sur l’épaule d’une des personnes de ma famille sc trouvant placée de telle façon qu’en me penchant un peu je voyais les deux faces des ardoises. Nous avions, tous les cinq, nos mains sur la table formant le « cercle ». Slade n’avait que la main gauche au milieu des nôtres, sa droite maintenant les ardoises. Quelques coups percutés sur les ardoises furent entendus, puis le bruit du crayon écrivant dans leur intérieur. Cela dura trente secondes ; les ardoises déposées aussitôt sur ma table, nous lûmes, écrite sur l’une d’elles, la sentence suivante : « The truth ivill outshine error. (La vérité éclipsera l’erreur.)

Expérience YII

Toujours dans la même séance, un fait plus curieux encore que les précédents se produisit.

* Prenant une de mes ardoises, bien lavée sur les deux faces, je demande à Slade s’il pourra obtenir un mot que j’écrirai sans qu’il en ait connaissance. Sur sa réponse affirmative, j’écris sur mon ardoise, en me tenant complètement à l’abri de la vue de Slade, le nom de mon fils Louis. Je place une petite touche sur la face opposée et, en rasant la table, je passe l’ardoise à Slade qui,

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sans la regarder, la glisse sous le bord de ma table de manière h la laisser visible dans une petite portion de son étendue; par conséquent, nous voyions tous la main droite de Slade ; sa gauche était avec les nôtres sur la table. Dix secondes ne s’étaient pas écoulées que l’ardoise m’était rendue avec la mention : « Louis is not here » (Louis n’est pas ici; ce qui était vrai) écrite du côté opposé où j’avais moi-même tracé le mot Louis.

Précédemment, j’avais essayé d’obtenir un nom auquel je pensais, mais la réponse ne fut pas tout à fait exacte, dans ce sens qu’il me fut donné le nom d’une personne à laquelle j’avais songé une partie de la journée, mais au moment où je formulais ma demande, je pensais à une autre personne.

M. l’ingénieur Tremeschini a été plus heureux que moi sous ce rapport. Voici, en effet, ce que cet honorable savant raconte dans une lettre

écrite à un journal spiritualiste : «.M. Slade

« m’ayant invité à tracer sur une ardoise qu'il « me présenta, une demande quelconque, j’ins- « crivis ces mots : Le nom de la personne à la - « quelle je pense en ce moment? M. Slade, ayant « repris l’ardoise, la plaça sur le bord de la table « qui était de mon côté et l’en retira après trois « secondes. Je constatai, avec la personne qui

(( assistait comme moi à la séance, que le mot « Vechy était écrit en toutes lettres sur l’ardoise « à la suite de ma question. Ce nom était bien « le nom de l’ami à qui je pensais et que j’avais « perdu depuis dix ans ».

M. Tremeschini m’a depuis raconté lui-même le fait qui précède. M. Tremeschini n'est pas spirite, il est matérialiste à la manière de Gaôtomo.

Expérience VIII

Nous appelons toute l’attention du lecteur sur cette expérience à laquelle nous laissons comme aux précédentes sa rédaction primitive.

30 juin 1886. — J’ai fait aujourd’hui à cinq heures, chez Slade, une observation plus curieuse que les autres, dans ce sens que le cc phénomène » de l’écriture s’est produit dans deux ardoises m’appartenant et auxquelles Slade n'a pas touché.

J’avais apporté plusieurs ardoises, deux entre autres, enveloppées dans du papier, ficelées ensemble, cachetées et vissées. Je désirais obtenir de l’écriture dans ces ardoises et je demandai à,Slade si cela était possible : « Je ne sais pas,

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me répondit-il, je vais le demander ». Je proposai alors d’avoir une réponse dans deux ardoises neuves que j’avais apportées dans ma serviette, ce qui me fut accordé.

Dans une séance antérieure, un visiteur est venu chez Slade et a obtenu, m a-t-on dit, de récriture dans deux ardoises qu’il tenait sous ses pieds. J’ai demandé et obtenu la permission, après avoir mis la petite touche traditionnelle entre elles deux, de m'asseoir sur mes ardoises. Les ayant donc posées sur ma chaise, je m’assis dessus et ne les quittai de la main que lorsque tout le poids de mon corps porta sur elles. Je plaçai alors mes mains sur la table avec celles J de Slade et je seiitis et entendis alors, très nettement, que de l’écriture se traçait sur l’ardoise avec laquelle j’étais en contact.

Quand ce fut fini, je retirai, moi-même, mes deux ardoises, et je lus les douze mots suivants fort mal écrits, du reste, mais enfin écrits et / lisibles quand même : Les ardoises sont difficiles ( à influencer, nous ferons ce que nous pourrons .

Slade n’avait pas touché ces ardoises. Je ne pus en obtenir davantage.

Expérience IX

Nous ne donnerions pas celte observation, par cette raison que l’ardoise employée dans ce cas ne nous appartenait pas, si elle n’était empreinto d'une certaine originalité. Néanmoins, pour nous, l’expérience a la même valeur que les précédentes, mais ce n’est pas de nous qu’il s’agit ici : ce qu’il importe surtout c’est d’éviter tout ce qui peut prêter le flanc à la critique, car ces faits sont tellement inattendus que le premier mouvement de celui qui n’est pas prévenu, c’est de les mettre en doute : nous avons passé par là et aujourd’hui encore, en écrivant ces lignes, sans les ardoises que nous avons sous les yeux, nous nous demanderions si nous n’avons pas rêvé. Quoi qu’il en soit, voici le fait :

Le 2 juillet 1886, à cinq heures du soir, avant de faire une expérience avec mes ardoises, Slade, suivant son habitude, fait un essai avec une ardoise à lui. Cette propriété qu’il paraît avoir de provoquer le phénomène de l’écriture spontanée ainsi que les autres manifestations de la « force psychique » n’est pas permanente chez lui; au contraire elle est sujette à de nombreuses

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variations. — Il y a déjà un moment que nos mains sont sur la table, aucune manifestation ne s’est faite du phénomène ordinaire. Slade pose son ardoise sur la table; j’en profite pour la percuter, l’examiner de nouveau : elle est très propre, paraît n'avoir jamais servi; au lieu d’être entourée de bois dur (poirier ou châtaignier) son cadre est en sapin. Sur une de ses faces ce cadre est marqué A.-W. Faber n° 7 et porte une tache d'encre de forme caractérisée.

Slade reprend son ardoise et pose un petit crayon-touche sur la face correspondant aux marques ci-dessus. Il la place sous l’angle de la table devant laquelle je suis assis. L’écriture se fait attendre un peu; Slade sort l’ardoise de dessous la table en l’avançant de mon côté à trois reprises différentes et je constate que rien n’est tracé sur sa surface. Cependant, aussitôt après avoir sorti pour la troisième fois, comme je viens de le dire, l’ardoise que je ne perds pas de vue,

J Slade dit sentir un « courant » dans son bras. Ce fait se renouvelle à chaque fois. Bientôt j’entends écrire. Je vois, devant moi, la main droite de Slade et deux des côtés du cadre de l’ardoise qui ne sont pas complètement sous la table et où je distingue la marque et la tache d’encre dont j’ai parlé. Rien d’anormal.

Je dis à Slade : « Si c’est de l’anglais qu’on nous

Wï

Explication et Traduction de la figure 25.

My friends, There is something about your enclosed slates that prevents us from using thenu, but what you hâve already (mein teuer Herr) received be the proof of our presence and power to Write. I am.

William Clakk

Mes amis, il y a quelque chose autour de vos ardoises scellées qui nous empêche de les utiliser. Que ce que vous avez déjà (mon cher Monsieur) obtenu soit la preuve de notre présence et de notre pouvoir d’écrire. Je suis.

William Clark.

écrit, pourriez-vous demander l’intercalation d’un mot allemand ? > Ma demande est transmise par Slade sur un ton poli mais sans affectation. Aussitôt j’entends l’écriture changer de rythme et le bruit d’une sorte de tracé se fait entendre.

Apres deux minutes environ, l’ardoise est tirée de dessous la table; j’ai mis la main dessus dès que la fin du « message » a été annoncée. Je vois, non sans étonnement, une phrase écrite en spirale; elle est en anglais et, au lieu d\in mot allemand que j’ai demandé, elle contient une expression allemande en trois mots. Au centre, se trouve le nom de 1’ « écrivain » ordinaire.

La photogravure a reproduit exactement cette curieuse inscription où il est encore question des ardoises scellées. (Voyez la figure 25.)

Expérience X

Le jeudi 2 septembre 1886, à 9 heures du soir, dans mon propre appartement, eut lieu une séance dans laquelle se produisirent deux phénomènes différents : 1° écriture sur des ardoises et 2° transport de ces mêmes ardoises sans contact apparent avec les mains d’aucune personne.

Etaient présents :

MM. le docteur C..., médecin des hôpitaux;

ÉCRITURE SPONTANÉE

Ch..., rédacteur d’un grand journal de Paris.

M..., ingénieur électricien.

M me F..., Slade et moi.

Nous nous réunîmes autour d’une table à jeu ordinaire. Une forte lampe munie d’un abatjour était placée au milieu; derrière nous, une lampe semblable envoyait ses rayons lumineux de notre côté, grâce à un réflecteur parabolique.

Les expériences eurent lieu à l’aide de deux ardoises encadrées, de ma collection, mais un peu plus petites que celles du n° 7 do W. Faber.

Le « cercle » une fois formé, nous entendîmes des coups sourds frappés dans la table.

1°—Une demesardoisesmuniedesoncrayonde cinq millimètres de longueur est placée par Slade sous le rebord de la table devant M. Ch..., qui peut constater, ainsi que nous tous, qu’aucune trace d’écriture ne peut se relever là où nous devons en voir tout à l’heure. Nous voyons une partie de la main de Slade. Nous entendons le crayon grincer sur l’ardoise qui, retirée presqu’aussitôt, contient quelques mots mal écrits en anglais : « Good evemng at ail » (bonsoir à tous).

2°—A plusieurs reprises, l’écriture se forma sur une ardoise; les mots étaient mal écrits et n’avaient qu’une signification banale. Dans un cas, le bruit de crayon s’entendit nettement entre les deux ardoises que nous avions examinées un

instant avant et où nous n’avions constaté aucune marque. Ces ardoises étaient tenues par Slade sur le devant de la poitrine deM. Ch... et sans qu’à aucun moment nous ayions perdu de vue ni les ardoises ni les mains de Slade. Nous avons tous constaté, au bout de quelques secondes, que plusieurs mots avaient été tracés.

30 — Dans un autre cas, l’une de mes ardoises fut tenue par M. Ch... seul, qui était à la droite de Slade. Avant de la glisser sous le rebord de la table, M. Ch... nous montra et s’assura lui-même que Fardoise était nette. Les mains de Slade étaient bien en vue sur la table avec les nôtres. M. Ch... avait à peine fixé l’ardoise sous le rebord delà table que nous entendîmes le bruit produit par l’écriture et, après quelques secondes, nous lûmes quelques mots d’une signification vague, en anglais.

40 —Les ardoises essuyées sont placéesl’une sur Fautre. Nous avons tous pu voir les deux faces de chacune d’elles; un petit morceau de crayon aux cassures bien nettes est placé entre elles deux. M. Ch... les prend et, sur l’invitation de Slade, s’assied dessus. Nous plaçons en meme temps que Slade nos mains sur la table et un bruit lointain de crayon écrivant se fait entendre. M. Ch... retire lui-même les ardoises, les ouvre avec précaution; nous voyons plusieurs mots

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tracés, encore en anglais, et pouvant se traduire par : « Etes-vous convaincus maintenant ? » Nous examinons le petit crayon : il est usé sur un point à ses deux extrémités. Il a servi, cela est manifeste.

50 —Après ces quelques expériences, faisant allusion au courant d’air froid que j’ai maintes fois senti en plaçant ma main sous la table, je prie Slade de provoquer le même phénomène. Ma main est sous la table, Slade place une ardoise sous sa face inférieure, mais sans l’agiter; je sens aussitôt un courant d’air ou plutôt une impression de froid très sensible, quelque chose d’analogue à ce qu’on éprouve en entrant, l’été, dans une glacière. La même sensation est éprouvée par le D r G... et par M. l’ingénieur M...

6 °—Je demande àSlade, qui est juste en face de moi, de me faire passer l’ardoise qu’il tient. Slade place cette ardoise sous le bord de la table, mais sans faire disparaître complètement sa main; je sens un courant d’air froid, je le fais remarquer tout haut; chacun de nous a les yeux sur les mains de Slade et sur ses jambes qu’il tient hors de la table; pendant qu’on croit encore l’ardoise dans sa main, je la sens doucement poser dans la mienne qui est à moitié engagée sous la table. Slade n’a fait aucun mouvement ; il dit seulement avoir senti qu'on lui tirait l'ardoise. Je déclare

que je ne suis pour rien dans cette traction, la distance séparant ma main de celle de Slade étant de 90 centimètres.

Le même fait se renouvelle pour MM. l’ingénieur M.*. et le docteur C...

7° — Pendant que nous formions le «cercle»

avec nos mains, plusieurs d’entre nous, notamment M.Ch... et le D r C..., accusèrent une sensation de «courant» passant par leurs mains comme une sorte de fluide électrique. Dans cette séance, comme dans toutes celles où j’ai fait mes observations, je n'ai absolument rien éprouvé de sem : blable, mais j’ai entendu souvent les personnes qui m’assistaient déclarer qu’elles sentaient « quelque chose », un fourmillement ou un frémissement. Je ne puis me prononcer sur le compte de cette sensation, dont je n’ai pas la moindre idée.

A dix heures et demie, la séance est terminée, après que l’invisible écrivain nous a tracé sur l’ardoise les mots Good bye (adieu).

Slade nous pria d’examiner le dessous de ses vêtements; mais, malgré son insistance*et la mienne, mes amis s’y opposèrent en protestant.

ECRITURE SPONTANÉE

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