INTRODUCTION
Les trois Études comprises dans ce petit volume se rattachent directement à une certaine philosophie. Comment s'y rattachent-elles et pourquoi cette philosophie fait-elle, provoque-t-elle et encourage-t-elle de semblables études ? Qu'il nous soit permis de le rappeler ici en quelques pages.
Personne désormais ne doute plus de la puissance de ces moteurs cachés qui tantôt poussent les sociétés en ayant, tantôt les ramènent violemment en arrière et qu'on nomme les idées. Il a été donné aux sociétés de choiâir entre les bons moteurs et les mauvais. Les mauvais, ce sont les idées où l'erreur . domine; les bons, ce sont les idées où domine la vérité. Reconnaître, démêler, éclaircir, fortifierj développer l'élément vrai; distinguer, mettre à nu, signaler, atténuer l'élément faux des idées, tel est l'office de la philosophie. Et plus une société est ancienne, plus les esprits y sont mûrs et portés à la critique et à la discussion, plus ce devoir de la philosophie devient impérieux.
tl INTRODUCTION.
. Or, ce devoir, une école de philosophie ne Ta pas rempli tout entier, aussi longtemps qu'elle laisse en dehors de ses cadres ne fût-ce qu'une seule des idées essentielies gtii sont h% îotem vives de Tesprit humain. Eût-elle résolu, dans les limites du possible, les questions les plus graves, qu'un seul problème soit omis, une des portes du système demeure fermée : ceux qui seraient entrés par cette porte, et ils sont toujours nombreux, restent dehors ou vont frapper ailleurs. En outre, les méthodes ont un mouvement naturel qui ne peut s'arrêter qu'à leur dernier résultat; et de même, le« pnncipes, une fois rendus évidents, doivent épuiser leur énergie féconde et rendre une à une toutes leurs conséquences. Ainsi le devoir, l'intérêt et la logique obligent les doctrines philosophiques à se continuer elles-mêmes jusqu'à ce qu'elles aient atteint leur parfait développement.
Par exemple, sous quel prétexte tme philosophie oserait-elle se dispenser de rechercher quelles sont les bases de la loi, sans laquelle nulle société humaine n'est possible? Et si cette philosophie est spiritualliste, si elle croit que la justice est éternelle et ab^ solue comme Dieu lui-même, si elle croit que l'homme, créature libre, a pour fin de pratiquer la justice, que c'est là son devoir et que ses droits ne sont que les garanties mêmes de son devoir, iK)uf« frira-t-elle que la loi prenne son point d'appui «iUeurs
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que sur la justice? Pourra-t-elle tolérer qu'on défi* nisse le droit eomme l'ont défini les sophistes, Épicure, Hobbeft ou Bentham? Mon t elle regardera comme une partie essentielle de «on entrepris de déduire de «es prineipee une forte et libérale pkilo* Sophie du droit ^ et elle n'aura de repos que lorisque cette philosophie «era devenue Tesprit de la législa» tion nationale (1).
A cet exemple nous pourrions en joindre beau» coup d'autres, qui nous seraient fournis par Tétude des rapports qui rattachent la «philosophie & l'esprit humain et au monde lui-même. Il y a dans le monde des faits, des lois, des causes. Les faits sont de deuic sortes : les uns, purement internes, «ont vus par la consdenee ; les autres sont connus au moyen des sens. Les lois aussi sont de deux espèces : les unes président à la Tie des âmes; les autres régissent les mouvements des corps. Quant aux causes, îl y en a de finies en nombre Innombrable, et il y a une seule cause infinie de laquelle procèdent et dépendent toutes les autres. Ces fdts, ees lois, ces causes, selon qu*îls dillb-ent, sont connus par des facultés distinctes dont remploi régulier constitue des méthodes
(I) Ce«t précisément un des plus éfflifients représentants du spirya^fim^p M- M» FnuKck, qui occupe m Collège de France ïibl «h^ine du droU de la fkfUurp et des gens. Outre de belles leçons très-applaudies, cet eapei^iieflieat a produit de reœarquabiies ouvra^^s, «lotamo U^eot ; Réformateurs U pubîm(4s de V Europe, fX ^<Hjit réC90ii0»Alf la VMloeophie du droit pénale dans la présente bibliothèque.