VIII . INTRODUCTION
différentes. Mais distinguer les diverses classes de faits, établir que. ces faits ont des lois, atteindre directement ou indirectement les causes, décrire les facultés de connaître et les méthodes, c'est l'œuvre propre de la philosophie. Serait-ce donc une philosophie celle qui, cantonnée en elle-même et volontairement étrangère au travail des sciences mathémathiques, physiques, naturelles, économiques, politiques, les laisserait niarcher au hasard, confondre les faits, les lois et les méthodes, supprimer les causes finies et nier l'existence de la cause suprême? Une telle philosophie aurait abdiqué ses droits les plus précieux. Elle aurait sacrifié sa plus légitime influence et s'affaisserait bientôt dans l'impuissance et dans le mépris. Une philosophie vraiment féconde et qui connaît son objet, doit donc poser et résoudre les questions fondamentales que les autres sciences ne résolvent pas elles-mêmes, mais desquelles, sciemment ou non, elles empruntent la solution à tel ou tel système philosophique, j C'est ainsi que la philosophie se divise naturellement en autant de philosophies spéciales qu'il y a de sciences particulières. C'est ainsi qu'il y a une philosophie de l'histoire, une philosophie de la médecine, une philosophie de l'économie politique. Tous ces termes prennent place dans la langue de nos jours au fur et à mesure que l'idée qu'ils expriment s'éclaircit et se détermine. De là, pour la