‹ Le spleenChapitre 8 sur 8 · SCENE VY · texte numérisé non relu

SCENE VY

KINNECESTER et JONATHAN, se tenant un peu à l'écart, ERNEST , entrant, précédé de plusieurs jokeis. Aù:: de Jean de Paris.

Bravo , mes chers amis, (dis.) Quelle course admirable ! |

De mon coureur, ah! je suis enchanté,

Ab! c’est charmant en vérité, (bis.)

C’est un exercice admirable ; (bis.) C’est un tapage, un bruit, une poussitre, Chacun se heurte et tourne en sens contraire ; On est poussé , renversé , balotté,

Ab! c’est charmant en vérité.

Je crois que j'ai parié à moi tout seul contre tous les gentlemen du canton.

JONATHAN

Et monsieur le Comte a eu la gloire de gagner le pari?.. ERNEST,

Oui, j'ai eu la gloire et 500 guinées; tiens, Williams, elles sont pour toi... mais que l’on soigue mon coureur. Pauvre cheval... il vient d'acquérir autant de gloire que moi, pour le moins.

Votre Grâce peut être sûre qu’on le traitera avec les plus grands

égards. c'est un si bel animal.

| ERNEST

Oui , unc tête superbe... un œil de feu... et une légèreté... Ah! tu le trouves beau ?

e JONATHAN.

Certainement.

ERNEST, Je te le donne.

JONATHAN

Comment, votre coureur.

ERNEST

IL est ätoi… je te le donne. prends , et laisse-moi tranquille... ‘avec ces gens-là, on est toujours obligé de répéter les choses :

allez... Ah! c’esttoi, petite... Tobie s’est-il acquitté de ma commission ? 7 "4 RACHEL.

Pour cette cassette ? Il:y est allé... on peut se fier à lui... moi

d’abord , c’est mon homme de confiance.

ERNEST

À propos, a-t-on exécuté mes ordres pour le souper? (Jonathan s’inclinant.) C'est qu'il sera charmant , mon souper... les plus jolies femmes de la ville. des jeunes gens du meilieur ton. des vins délicieux. une musique enchant eresse.… Je veux que tous les plai- Sirs nous entourent à-la-fois.

RACHEL. Là, vlà-t-il pas de la dépense... pour un souper,

(16) ERNEST

Eh! sans doute, on a trop négligé les ere: on a tort. on ne peut trop l'embellir… c’est le dernier repas de la journée.

KINNECESTER.

Ob! je n’y tiens plus.

Il s'avance et salue Ernest.

ERNEST

En croirai-je mes yeux! mon cher Kinnécesti Parbleu! vous en ce pays !... quelle boñne fortüne vous envoie ? KINNECESTER.

Le PS de vous voir! l’état de votre santé...

ERNEST. # Ma santé! et mais je me porte à merveille... je n’ai jamais été plus gai qu aujourd’hui! j'ai idée que la journée ‘sera heureuse. je viens de gagner un pari, je traite tous mes amis... je compté sur vous. À propos , je vous avais écrit à Tunbridge... mais vous recevrez ma lettre plus tard.

KINNECESTER..

C'é ait sans doute pour un sujet important?

ERNEST

oh! mon Dieu non... pour moins que rien. ça ne vaut pas même la peine que nous nous en occupions… J’ai des compliments à vous faire... j'ai reçu votre dernier ouvrage... vos Considérations philosophiques. je les ai ues avec grand plaisir... et depuis Montaigne et Jean-Jacques...

KINNECESTER , S ‘inclinant.

Ah! monsieur le Comte!

ERNEST. , Non, votre chapitre sur le DPRNE des richesses est fort bien. mais celui sur le mépris de la vie! a.

KINNECESTER. Pat Hein! ce n’est pas ce que j'ai fait de mieux ? ERNEST. ., « Si-vraiment !.. Je veux, comme a dit La Fontaine |.

« Qu’on sorte de la vie ainsi que d'un banquet , » Remerciant sou hôte, et faisant son paquet. » a, Et en outre, une clarté... une force de raisonnement... À KINNECESTER.

Oh! il y aurait bien des choses à dire!

ERNEST

Point du tout!... il n’ya pas de réponse. (En riant. ) 1 age qu'une chose qui m'étonne... c’est que celui qui a écrit ce

pitre puisse exister encore!

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