SCENE
Glackemeyer, entrant avec précipitation : —Qu’est-ce Mque c’vacarme-là, M. l'Avocat du Roi ? Quelle est donc Hla cause de votre emportement ? Je vous entendais du milieu de la Place d’'Armes ; vous n’êtes pas prudent de crier
si fort. Mais, quelque patriote aurait-il attenté à votre ie? N’auriez-vous pas, par hazard, découvert quelque Mintrigue, quelque infidélité ?
à Hamel, feignant d'être de sang froid: Oh! non, je “uis loin d’être jaloux.
A Glackemeyer : Ce n’est pas l'être, que de veiller sur on monde. Mais qu'est-ce enfin? Quelque Sergent M'Armes, peut-être . ..(Il rie aux éclats) Oh! mé qu’c’est rôle. .Souffrez que je plaisante, Mr., car c’est mon faible, vous savez. Toutefois dites-moi donc ce qui en était.
à Hamel: Oh! Mr, je ne puis, je ne puis; c’est un “ecret d'office,
4 Glackemeyer : Beau secret d'office, qu'ont entendu tons os voisins ! N’importe, à ce propos il me vient en tête ‘Mine bonne idée. Répandons le bruit que les Patriotes uraient payé quelqu'un pour vous assassiner. Ce serait le sujet d'un bon article pour le Sfatu Quo, et pour le Æoup les épithètes de révolutionnaires,de sans-culottes, de Merroristes viendraient à merveille; ça serait drôle ça, M'est-ce pas ?
4 Hamel: Oui, pour vous autres, Messieurs, mais pour Moi, c'est différent. Ne voyez-vous pas que j’serais le per- Monnage ridicule de la pièce? Ce s’rait bien le reste, si, "Byant été grondé, il fallait qu’on crût que j'ai été battu.
4 Glackemeyer : En effet, vous avez raison; c’est juste, West juste: j'abandonne ma proposition. Venons-en à h: nouvelle du jour. Que pensez-vous de notre situation ? lle est critique, n’est-ce pas ? Croyez-vous que notre petit Mrlcain, et c'guevx de Tersite, son mouchard, nous en ont Mit de belles! Il ne sera pas bien aisé de s’tirer d'une arcille affaire car nous somiues découverts, c'est fini. Pourtant si je puis être nommé président au comité de ce ir, j'ai des moyens, et des drôles, + o «
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Hamel : Tout doux, M. Glackemeyer, on verra si vous | me déplanterez, . .. Vous en êtes plus au tems où vous | fesiez tant de bruit dans les assemblées.
Glackemeyer : Eh! bien, l’on verra... .mais que fontils donc eux qu'ils ne viennent point? Ils relisent le Cunalien, sans doute ; il y jouent un si beau‘rôle ! Ce qui | me console, moi, c’est qu’ils n’ont point osé m’attaquer de { front ; ils n’ont foit que m’effleurer en passant. Vous, | M. l’Avocat du Roi, avez-vous vu comme ils vous étrillent. Oh! mé qu’c’est drôle,
Hamel : Moi, ils m'appellent ce pauvre A vocat grondé, ! voilà tout. Comme dit Thomas, grondé n’est pas battu.
Glackemeyer : C'est juste. Mais, ces deux vers. e.e. Tout son corps ramassé duns sa courte grosseur Fesait gémir la barre sous sa molle épaisseur.
Hamel, piqué: Ne me poussez à bout, M. l’Echevin, !
car je pourrais dire bien des choses pour eux. . . Sachez 1 qu’ils vous ont épargné, vous.
Glackemeyer : Qu'ils disent, qu'ils disent, il ne m’em- ! pècheront pas d’être élu à la Basse-ville à la prochaine élection. Soyez sur, Mr. que je n'y perdrai pas mon vin ! et mes provisions. C’te fois là qu’c’était drôle de vous! voir déguerpir de l'Isle avec vos provisions !
Hamel, se fâchant : Je le sais, vous vous présentez. Oh ! pour le coup, vous êtes sûr de votre fait, Les fem- À mes seront pour vous ; elles re votent plus, mais elles A intrigueront. ;
Glackemeyer, piqué aussi: Est-ce à vous à faire le! railleur, M. Cujas? Oubliez-vous la réprimande d’igno-! rance que vous avez reçue de M. l'Oraieur ? Vous futes ! pourtant la recevoir comme en triomphe. Quelle peine! n’avons-nous pas eue à vous détourner d’y aller avec votre À robe de soie! C’est dommage à présent, les Patriotes en! auraient fait quelqu'chose de drôle. À
Hamel : Je me suis bien tiré de cette affaire. On ad-f mira quel sang-froid, quelle grace, quel air imposant j’a-{ vais à la barre. Tous les Barreaux n’ont-ils pas pris ma Pro Dans une pareille occasion, qui aurait pris lai votre
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Glackemeyer : Les Barreaux, les Barreaux n’ont point agi pour vous alors, vous le savez.
Hamel : Je crois que vous en auriez fait de belles à ma place, vous, M. le Notaire !