SCENE
Johnny Duval, entrant: M:ssieurs, Messieurs, vous faites un bruit à nous trahir encure bien davantage, et à confirmer la maudite comédie du Canadien. De la ruelle on vous entendait tout à clair. Le petit garçon du Canadien passait dans le même temps, et je ne serais pas surpris qu’il eût tout entendu. Si vous y allez de ce train là, il ne sera pas fort aisé de raranger l'affaire.
Hamel : Mr. le tireur de pointes, c’est bien à vous à nous réprimander, vous en avez fait de si belles!
Johnny Duval : J'ai fait, j'ai faitque je n’y comprends goute. Je ne sais pas vraiment quel diable a pu nous entendre. C’est que ce sont si bien nos paroles, et:puis les caractères. Ils me le payeront pourtant.
Glackemeyer : N'y aurait-il pas moyen de s’en tirer par quelqu’écrit bien original...
Johnny Duval: C'est pour ça qu’on s’assemble ce soir ; ça ne manquera pas puisque vous y êtes. Mais toujours c'est bien d’valeur : ça porte un coup mortel à mon élection. Ils l'ont pourtant fait exprès !
Hamel : Mais que font donc nos mouchards ? Chacun parait tirer de l'arrière. Serait-on effarouché de cette première sortie de la clique? Il ÿ a trois mois qu’on les harcelle, nous autres, et c’est la seule défaite.
Johnny Duval : Mais elle est dûre celle-là. Les faits, les faits, ils sont difficiles à digérer.
Glackemeyer : Il est vrai, la vérité choque. Muis aussi que fesiez-vous dans cette chambrette à lire à tue-tête ? Pourquoi ne nous avoir pas dit que vous aviez parlé et voté en faveur de la situation du Patriote Parent ?
Johnny Duval : Vous me parlez là de moutarde après diner. Je ne me doutais pas qu’il me découvrirait, vous savez bien. Je prenais plaisir à pincer le bibliothécaire.
J'étais sur que personne ne pouvait monter, sans que je l’entendisse ; car j'ai coutume d’être ainsi aux aguets. J’y pense là. Thomas n'aurait-il pas vendu le secret comme retour de quelque bargain ?
Hamel : Ce n’est pas croyable. Ilest le moins épargné.
Johnny Duval : Qui sait encore ? Qu'est-ce qu'urie injure, quand elle est bien payée ?
Glackemeyer : 1l se faufile pas mal avec les Patriotes ; J'ai bien peur qu'il y fasse quelque autre chose que le mouchard. Mais le voilà.