CREER
Glackemeyer : On pourrait faire quelque chose de drôle avec cela. ‘Tenez, moi, j’en ferais une bonne tirade de vers. Attendez un peu, que j’y pense. (Æn se passant la
main sur le front.)
Les gens qui sont résolutionnaires
Sort dans le cœur révolutionnaires.
Ils veulent tous la révolution,
Pour profiter de la destruction.
Ils feront naître un hideux Maratisme, Accompagné d’un dur Robespierrisme ; Tels sont Messieurs, tels sont les libéraux ; De leur pays ils seront les bourreaux.
Mefiez-vous de tous ces réformistes, Fiersintrigans, infâmes terroristes, Brigands, bandits, clubistes, Jacobins, Qu'on ne peut mieux comparer au’à des chiens.
Johnny Duval : C'est là sans doute un de vos impromplus faits à loisir ?
Roy: Mon Dieu, qu’c'est sublime! ça ressemble beaucoup à quelques beaux morceaux que j'ai lus dans l'Amr DU PEUPLE.
Glackemeyer : C’est pourtant un Znpromptu.
Cremazi : Un impromptu, monsieur ? pas fort ; il ya bientôt huit jours que j’y travaille avec vous.
Duval, (à part) Bah! je l'aurais gagé.
Glackmeyer : N’étiez-vous pas convenu ? .......e ooss0 e
Cramezi : C’est que vous preniez toute la gloire pour vous. Du moins jai le mérite d’avoir fournie les rimes.
Glackemeyer : Moi, les pensées et la poésie.
Duval : Et moi, Dieu merci, de n’y avoir point contribué, Vous, monsieur Cremazi, vous voudriez jouer un rôle dans les comédies, je le vois. Ça vous donnerait de l'importance. Consolez vous, nous irons ensemble à l’immortalité.
Hamel : Toujours, ce beau bavardage là ne fait point un article pour Mr. Neiïlson. S'il fallait, après deux mois, n’en por envoyer, tout Je monde dirait bien que la comédie du Canadien nous a mis en déroute. Mr. Cremazi,
allez donc voir, si vous ne pourriez pas escamoter quel-
le ques petits faits. (Cremazi sort.) e Johuny Duval ; Pour moi je ne suis pas capable d’éla crire une bonne ligne ce soir, et puis je ne veux plus.
Laissons cela là, il n’y a plus de chemin à courir. Ces chiens de Patriotes, il est vrai, nous occupent un peu, mais si je parviens à être ré-élu, nous nous récompenserons. D'abord, vous, Mr. Glackemeyer, à force d'intrigues et d'épigrammes, on vous aura la place de greffier en loi que vous convoitée. (Glackemeyer, à part: c’est juste.) Et vous, Mr. Jacques Cremazi, (en tournant sur son talon.) Ah ! ïï est sorti... Pour lui, il n'aura point la place d’Assistant-Traducteur, qu’il a tant sollicitée : il écorche PAnglais. Toujours, ne lui dites pas. A propos, son patron ne nous visite plus ? C’est ga qu’c’est lui qui a peur de jouer un rôle dans la comédie ! ‘ Glackemeyer : Ah! ben, ça srait drôle ça.
Johnny Duval : Pour vous, Mr. Thomas, on tèchera de déplanter Mr. Parent, et l’on vous fera Bibliothécaire.
mp (Amiot : Je l’ai bien mérité) à 4,800 francs, dont vous
ferez 480 livres par année. Voilà bien de quoi arrondir able votre honnête existence, et vous épargner tous ces comlans merces de p'tit détail, (surtout celui des Redingotes,) qui
vous donnent tant de tablature. C'’n’est pas tout, ces 400 louis d'honoraires, refusés depuis si longtems à Avocat du ya Roi, j'en ferai le sujet d’un bill, que je me promets de faire V réussir. Moi, je me contenterai de faire du bruit, de me jouer de mes constituans, et d’être à la tête d’un parti.
+ Glackemeyer : Mais ce pauvre Mr. Neilson, vous ne pour | lui donnez rien ? Il serait juste pourtant. mes. dohnny Duval : Oh! lui, c'est un mangeur d'argent : 1 il n’a jamais travaillé que pour ça. Eh! bien, il aura les con- impressions de la Chambre, à l’ancien taux. Ainsi, mesr un sieurs, travaillez pour mon élection, et je travaillerai pour it de votre bourse, Mais, c'est ce maudit Faubourg St. Jean que l’im- je redoute. Ils sont si,..... Et puis tenez, l'écrit des : Chiens me fera toujours tort, malgré qu’on dise...
point Hamel: Certes, oui, je crains fort que vous n'en teniez RO pas autant que voas en promettez. Quant à Mr. Neiïlson omé- il feut tâcher de nous Pattacher. 1l y aurait peut-être mazi, B
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moyen de lui faire avoir la Gazette par Autorité. Je sus Avocat du Roi... Et il en a déjà été parlé...
Jomny Duval: Cela ne serait pas mauvais : pour le coup or seraÿ sûr de sa politique, et qu’il ne changerait plus.
Hamel : Mais toujours faut-il lui préparer un écrit du Statu Que. LE] y
Glackemeyer : Du drôle toujours !
Les autres tous d’une voix : Ah! oui.
Glackemeyer : Du drôle toujours. (Ils rient.)