‹ Le Statu Quo en déroute [microforme]Chapitre 5 sur 9 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

Thomas Amiot, J. Cremazi, David Roy, entrent entrent ensemble. .. .

Thomas Amiot : Serviteur, Messieurs. Nous complétons le quorum, je crois. C’est douc ce soir qu'il faut écrire, écrire. Messieurs, croyez-vous qu’e'est dûr, de m'avoir donné le tître d’usurier !

Johnny Duval : Ah ! oui, le titre... , (chantant) accompagué de plusieurs autres.

Cremazi : C’est donc ici le foyer du Sfatu Quo, la terreur des Patriotes, J2...la...les.…

Johnny Duval: S'il vous plait, point de grands mots, Mr. le pédant. (Plusieurs voix) : Il est tems de commencer. Hamel à la chaire ; Hamel à la chaire.

Glackemeyer : {l serait bon qu’un autre, ...

Les mêmes : Hameï, Hamel— Hamel prend la chaire.

Glackemeyer, entre ces dents : Le sot il ne s'aperçoit pourtant pas qu’ils se jouent de sa vanité !

Hamel, d’un ton empbatique : Messieurs du Siatu Quo, et vous Messieurs les Mouchards, (Duval, à/ va donner de l’officier,) je reprends la chaire pour la 26e. fois depuis la clôture de la session ; mais je vous le déclare, jamais je ne l’ai prise sous des circonstances plus difciles et plus alarmantes. Jusqu'à ce jour je n'ai eu à vous annoncer que des succès : aujourd’hui, il en est bien autrement. Deux d’entre nous ont été le sujet des plus violents sarcasmes : il n’y a pas jusqu’à votre président qui n’ait son lot. Et cela, à qui le doit-on ? A vous, Mes-

ac

sieurs, (en s'adressant à Duval et Amiot,) à vous qui avez la maladresse de vous laisser prendre sur le fait. C'est vous qui nous avez attiré sur le dos ce maudit dialogue du CANADIEN.

our nous avoir tous compromis par votre maladresse, vous mériteriez ma ju censure.

Plusieurs voix : Il faut les admonéter, il faut les admonéter.

Hamel : Comme président de ce comité, c’est à moi qu’il appartient de porter la parole, et de faire cet exemle. Je prends sur moi toute responsabilité avancez, essieurs, que je vous fasse une admonition.

Johnny Duval, grimaçant pour le coup de toute sa figure : Oh ! certes, vous en devez savoir le style et la forme. Thomas Amiot : Ah! qu’il est dûr d’être tancé par ses adversaires, et puis encore par les siens ! Je ne me soumettrai pas.

Plusieurs mouchards : Soumettez-vous, soumettez-vous à l’ordre de notre Président, ou vous serez dénoncé. Glackemeyer : C'est juste.

Thomas Amiot : Mais il n’y a point de motion, pour que ce soit au moins régulier.

Johnny Duval: Laissez-le donc faire ; il va nous dire quelqu’chose de beau, tant en Anglais qu’en Français. Hamel, d’un ton tout à la fois solemnel et majestueux : Vous, Johnny Duval, Ecuyer, Avocat, Membre du Parlement Provincial, ami du Sfatu Quo, et reviseur de nos écrits, et vous qu les colportez, Sieur Thomas Amiot, aussi Avocat et Mouchard, pour avoir le 5 Mai courant, en plein jour, quand c'était l’ordre de n‘agir que le soir et dans le secret, écrit, lu et colporté une certaine pièce adressée au Bibliothécaire salarié de la Chambre d’Assemblée, et ce fesant, vous être laissé prendre sur le fait, et nous avoir trahis tous (Duval, il aura de la peine à sortir de sa période) pour ces raisons, dis-je, mon devoir m’oblige de vous censurer et admonéter. Cette circonstance est d’autant plus pénible que vous étiez ceux sur lesquels on comptait le plus (Duval, bas : oh! oh! il parle comme l’Orateur,) et ceux qui montriez le plus d’acharnement contre les Patriotes. Puisqu'il en est ainsi, pour sauver notre honneur et pour faire un exemple, je

vous censure donc et je vous gronde, et vous êtes par le présent censurés et grondés.

Glackemeyer : C’est juste, oh! oui, c'est juste. C’est même salisfesant pour nous; mais il faut quelque chose de plus pour le public, quelque chose qui sorte de l’enceinte de ce comité. Il serait bon que pour priver ces Messieurs de l’honneur de passer pour les écrivains du Statu Quo, on les forçât de signer chacun une lettre, que je leur ait préparée, et que l’on fera imprimer dans les Gazettes.

Johnny Dual: Voilà bien encore de vos propositions, M. le preposeur banal, . .

Glackemeyer : Ecoutez donc, que je m’explique, encore! Vous, M. Thomas Amiot, vous signerez une lettre d’injures contre quelque Patriote qui vous tancera encbre mieux qu’on ne le saurait faire, et par laquelle vous nierez nettement que M. Johnny Duval ait jamais écrit avec nous. Et vous, M. Duval, une autre lettre qui décélera vos craintes au sujet de votre élection, indiquera que vous êtes piqué, outré, et se terminera par de grosses injures contre le Bibliothécaire de la Chambre d'Assemblée.

Johnny Duval : Voilà bien de belles explications ; mais il me semble que j'aurais pu écrire moi-même, sans avoir recours à votre plume.

Glackemeyer : C’est vrai, c’est juste, mais, . . .

in : Qu'on lise au moins ces lettres. (Glackeme-

er lit)...

. Johnny Duval : Ah! M. vous faites des admissions'à nous perdre tous ; vous supposez la conversation vraie ; et puis l’honnéte existence d’Amiot va faire rire tout le monde.

Glackemeyer : Je crois, en effet, que vous avez raison ; je serais prêt, .o

Les autres : Non, non, c’est bon comme cela ;” qu’ils signent, qu’ils signent.

Thomas Amiot : Moi, je suis prêt à signer, pourvu que je me venge. :

Hamel : Division, division. (Ils se divisen:.) Pour l'impression des lettres—Roy, Cremazi, Amiot. Contre—Duval, Glackcmeyer.

Johnny Duval, en signant : J'aurais gagé d'avance

que Glackemeyer allait faire comme au Conseil de Ville

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dans l'affaire de M. McKenzie, faire une motion et voter contre ; il est satisfait pourvu qu’il propose, pour moi je m’ris de tout cela; Dieu merci, avec cette lettre, je n’aurai pas de peine à faire croire que je ne suis pas du Sfatu Quo. (Thomas Amiot signe après lui.) » o ses ooe ee

Hamel : Maintenant, Messieurs, il faut se venger des Patriotes, il faut écrire quelqu'petite chose sous le nom d’'Un Ami du Sfatu Quo.

Johnny Duval: Ecrive qui voudra, pour moi, j'en ai fait et payé ma part.

Glackemeyer : Moi, j'ai préparé une bonne petite pièce, qui est drôle, drôle ; j’étouffe de rire quand je la lis: pourtant je la garde pour une autrefois. Mais vous, M. Cremazi, vous avez coutume de nous préparer de bonnes phrases.

Cremazi : Bah ! pas plus qu’un autre. Pourtant, vous savez que c'était moi qui avais fait l'écrit signé Un Autre, au sujet de l'assemblée du 20, et dans lequel je disais de grosses injures aux citoyens du Faubourg St. Jean ; c’est bien dommage que notre Editeur m'ait morcelé cette pièce là. Vous n’ignorez pas non plus que j'étais l’auteur de la graine de Perlinpinpinette. (Glackemeyer, ah ! mé qu’é’était drôle ça !) J’avais aussi préparé une autre jolie petite pièce, que j'avais remise à Roÿ pour notre imprimerie. C’est celle là que votre comité un jour a eu Le générosit de supprimer, et dont il s’est approprié le onds.

Johnny Duval : Ï] fallait crier au voleur, au plagiaire ; mais dites donc, M. Cremazi, êtes vous parti ‘pour nous gl tous vos chefs-d’œuvre : de grâce, s’il vous plait,

[=] ce.

nou : Eh! bien, au fait. J'ai fait pour ce soir utie botine collection de mots forts et ronflans, que j'ai tités du mémorial de la Révolution Française : on en pourra barder nos communications. Ce sont, résolutionnaÿres, révolutionnaires, révolution, destruction, maratise, robespicrrisme, libéraux, bourreaux, réformistes, terroris- Fa, jacortn chiens. |

ohnny Duval: Je n'ai jamais encore entendu parier d’on pateil expédient. Que n‘apportiez-vous un dietionnufre de rimies ?

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