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sons de la Seine. Tous les aumôniers recoivent de l'Etat une indemnité variable selon l’importance de la prison. En Alsace et Lorraine, où le régime concordataire a survécu, le personnel ecclésiastique fait partie de la prison. Les aumôniers de Haguenau, d’'Ensisheim ou de Strasbourg sont de véritables fonctionnaires.
Pour nous, peu importe le chiffre de la rémunération qui est allouée aux aumôniers, nous retiendrons seulement son existence. Elle prouve que l'Etat a compris le rôle que les confessions religieuses doivent jouer dans les prisons. Nous allons d’ailleurs décrire la tâche des aumôniers de façon plus précise. Ils doivent se ‘rendre auprès des prisonniers valides ou malades qui les font demander. Les visites ont lieu en dehors des heures de travail à moins que les détenus ne soient à l’infirmerie ou en cellule. Leur nombre ne doit pas, sauf des circonstances exceptionnelles, dépasser trois par semaine. Les aumôniers voient les prisonniers, dans leur cellule ou dans un local spécial, sans l’assistance d’un surveillant.
En plus des visites ils doivent célébrer le culte dans les prisons. Chaque établissement a sa chapelle. C’est une salle où les détenus sont groupés dans deux quartiers afin d’assurer la séparation des hommes et des femmes. Naturellement dans les prisons cellulaires la chapelle doit être cellulaire. Dans certains établissements l’aumônier dit la messe dans le couloir central de la prison et chaque détenu peut, de l’intérieur de sa cellule mécaniquement entr’ouverte, fixer les yeux sur l’autel. Pour les autres cultes le pasteur ou le rabbin utilisent la chapelle ou d’autres locaux qui sont mis à leur disposition.
Seuls les prisonniers et le personnel ont le droit d’assister aux services religieux de la prison. Les servants du culte sont choisis par le directeur ou par le surveillantchef parmi les détenus qui y consentent et sur la proposition de l’aumônier. Dans les prisons cellulaires l’article 110 du règlement stipule que les servants du culte ne doivent pas être choisis dans la population pénale en vue d'éviter
JÉNORCEE
que des détenus puissent être vus par les autres. On prend donc les servants à l’extérieur de la prison, sur proposition du ministre du culte et avec l’agrément du préfet ou du sous-préfet.
En pratique les cultes sont organisés presque partout et ils sont suivis très assidûment par les prisonniers. A la maison centrale de Melun en 1930 il y avait 384 catholiques, 50 protestants et 7 israélites sur 563 prisonniers. À Fontevrault la même année on comptait 457 catholiques et 33 protestants sur un effectif de 607 individus. A Nimes enfin sur 687 détenus on trouvait 533 catholiques, 63 protestants, 14 israélites et 56 musulmans. (1)
Nous ne devons pas nous méprendre sur la signification de ces chiffres : ils semblent dire qu’il n’y a qu'une minorité d'hommes irreligieux dans les prisons. Il est certain que pour de nombreux détenus le culte constitue l’une des distractions du dimanche. Il n’y a pas lieu de s’en plaindre. Les offices religieux sont pour eux la plus saine des distractions et risquent de faire naître des réflexions salutaires, même chez ceux qui les fréquentent sans conviction.
Enfin il faut dire que sur le nombre on trouve des prisonniers qui ont des besoins religieux très sincères et dignes d’être entretenus.
Nous avons sous les yeux les lettres de plusieurs aumôniers qui nous affirment que des relèvements sont obtenus et qui ajoutent qu'ils sont les seuls à pouvoir comprenäre . et aider les détenus. Il est incontestable que la bonne volonté et la probité des surveillants n’est pas suffisante et que l’aumônier est le plus capable et le mieux placé pour exercer sur les prisonniers une influence heureuse. Ces derniers se confieront plus volontiers à celui qui se penche avec bienveillance sur leur misère qu’à ceux qui sont chargés de leur garde.
La prison, on l’a souvent dit, est un hôpital moral dont
(1) A. Mossé. Variétés pénitentiaires 1931,