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CHAPITRE XI Causerie sur nos gravures

Dans ce dernier chapitre, nous décrirons nos images en renseignant le lecteur non seulement sur la couleur qui manque à leur présentation en noir, mais encore sur leur historique, s’il y a lieu, et sur leur provenance.

D’autre part, nous tournerons certaines fois autour de nos modèles que la gravure, naturellement, n’a pas envisagés sous toutes leurs faces.

Aussi bien nous prierons le lecteur de supprimer par la pensée les ampoules électriques qui, avec le progrès, se sont emparées des lustres et candélabres de style que nous donnons comme exemples.

Dans notre préambule également, nous dirons deux mots de l’hôtel de Beanharnais où nous avons puise plusieurs de nos documents.

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L’hôtel de Beauharnais — actuellement l’ambassade d’Allemagne, rue de Lille, à Paris, fut donné par Napoléon au prince Eugène de Beauharnais, son fils adoptif, qui le meubla. Malgré les nécessités administratives de sa nouvelle et singulière destination, l’hôtel de Beauharnais a été respecté dans son caractère intégral, et les ensembles que nous donnons sont d’une grande pureté de style. On accède dans cet immeuble par un pylône égyptien, prélude fort agréable à la satisfaction d’art que l’on désire prendre; aussi bien est-on prévenu, dès le seuil, de l’atmosphère très « napoléonienne » que l’on va respirer.

Mais abordons la description de nos gravures — de celles du moins qui ne parlent pas suffisamment par elles-mêmes.

L 'entête du premier chapitre est un panneau de bois laqué blanc sur lequel se détache un décor doré en « pâtisserie ». A l’extrémité des ornements symétriques qui se rattachent au motif central — la couronne bien typique — on aperçoit la palmette grecque.

Fig. 2. — L ’ arc de triomphe de l'Étoile, situé à l’extrémité des Champs-Élysées, à Paris, œuvre de Chalgrin, inauguré en 1836. Son érection fut décrétée par Napoléon après la bataille d’Austerlitz. Ce monument de grand style, que l’on vit un instant couronné d’un immense quadrige provisoirement sculpté par le

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sculpteur contemporain A. Falguière (il y aune trentaine d’années), est orné de bas-reliefs superbes dus à Rude (un chef-d’œuvre, le Départ)) à Gortot [le Triomphe ); à Etex (la Résistance et la Paix)) à Pradier (figures de la Renommée ), etc.

Fig. 3. — La colonne Vendôme, colonne d' Austelritz ou de la Grande Armée, érigée en 1803 place Vendôme, à Paris, inaugurée en 1810. Elle est inspirée de la colonne Trajane et enveloppée d’une spirale de basreliefs en bronze (provenant des canons pris à l’ennemi en 1805), représentant les principaux faits d’armes de la campagne. La statue qui surmontait cette colonne, autrefois due au ciseau de Chaudet, a été remplacée par l’œuvre de Dumont.

Fig. 4. — Trône de Napoléon (palais de Fontainebleau). 11 est en bois doré, recouvert de velours rouge brodé d’or. Le dossier rond est singulier ainsi que l’aspect trapu du meuble en général. A droite et à gauche des marches sont alignés des X. Les rideaux partant du dais qui abrite le trône s’accrochent en draperie à des colonnes décoratives où dominent l’aigle et la couronne impériaux. Rideaux en velours rouge doublés de satin, semés d’abeilles. On aperçoit le monogramme de l’empereur sur le dossier du trône et au milieu des couronnes placées sous les aigles, à l’extrémité des colonnes décoratives.

Fig. 5. — Le Couronnement, fragment (musée du Louvre), par L. David. Cette œuvre, qui devait être accompagnée de trois autres, fut commandée par Napoléon à son premier peintre pour décorer la salle du Trône. L’artiste peignit seulement le Couronnement et la Distribution des aigles.

Fig. 6. — Les Sabines (musée du Louvre), par L. David. Œuvre réflétant l’esprit systématique et doctrinaire de son auteur, tandis que le portrait de Mmc Recamier (musée du Louvre, fig . 12) correspond à sa manière vivante et libre.

Fig. 11. — Chapiteau. Bien que le chapiteau Empire soit grec par essence, iJ nous a paru intéressant d’exhumer ce chapiteau corinthien affublé d’ornements Empire. On appelle « ordre » français un ordre reconnaissable à son chapiteau de genre corinthien, orné d’attributs empruntés aux divers gouvernements français : fleurs de lys, aigles, coqs, etc.; notre gravure montre bien un chapiteau de cet « ordre » sous l’Empire, mais on ne saurait en vérité, l’attribuer plus spécialement à l’Empire premier qu’au second.

Fig. 13. — Chambre , époque de la Constituante (1789). La Révolution n’a guère apporté de changement dans ce mobilier Louis XVI, qui manque néanmoins de pureté et d’homogénéité. Nous apercevons seulement

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un Irophcc patriote (faisceaux de licteurs, drapeau tricolore et lauriers), sur le panneau d’une chaise placée à côté de la labié du milieu, et la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » encadrée entre deux faisceaux de licteurs également, à droite et à gauche de la glace. Voici les marques les plus tangibles du mouvement qui commence.

Fig. 20. — X Directoire. Le siège est soutenu par des glaives antiques entrelacés. La cannelure et la palmette sont les seuls motifs décoratifs employés. Le meuble est entièrement laqué blanc.

Fig. 21. — Tête de lit Directoire. A remarquer la colonnette et la cannelure qui subsistent du style Louis XVI, le faîtage en forme de toit décoré au centre d’une sorte de vase antique. L’ensemble est peint de couleur claire, grise, soufre, avec des rehauts du même ton (collection de MM. Hopilliart et Leroy).

Fig. 22. — Bergère Directoire. Pieds fuselés, colonnettes, dossier légèrement recourbé, alors que le style Empire pur commande des formes rigides. D’une manière générale, le style Directoire garde encore le souvenir de la grâce du Louis XVI.

Fig. 23. — Bois d'une bergère Directoire. Mêmes remarques qu’auparavanl. Soulignons seulement la

marguerite et le losange qui décorent ce meuble entre les colonnettes qui soutiennent les bras et les pieds et la palmette placée à la naissance des bras, motifs décoratifs, entre autres, caractéristiques du Directoire (collection de MM. Hopilliart et Leroy).

Fig. 24. — Intérieur Directoire. A remarquer les chaises, les fauteuils et l’X tout en bois découpé qui meublent ce salon, ils sont typiques du Directoire. Les fauteuils placés au fond de la pièce ont des pieds en X et leur dossier est en gondole, tandis que celui des chaises est légèrement enroulé. Si l’on rapproche ces meubles du meuble anglais moderne, on est frappé de leur analogie avec ce dernier. Aussi bien les Anglais eurent, à l’époque du Directoire, une façon de meubles qu’ils vouent au style de leur célèbre ébéniste Chippendale. Dérivés très probablement de notre propre conception « à l’antique », ces meubles en bois découpé, lorsqu’ils ne sont pas en acajou verni, sont revêtus de peinture claire.

Fig. 26 — Cabinet de travail de Napoléon 7er (palais du Grand Trianon), style Directoire. La sobriété du décor en général (la simplicité du plafond surtout) rappelle l’époque Louis XVI. Nous retrouvons ici le canapé et les chaises avec leurs colonnettes à mollet, leur dossier légèrement enroulé.

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Fig. 27. — Candélabre-applique , très singulier avec ses branches en trompettes (bronze noir) et son foudre ailé (bronze doré).

Fig. 28. — Fauteuil, canapé , tabourets (château de Compiègne) aux dossiers galbés, aux boiseries blanc et or, ornées de feuillage, de rosaces, de palmettes. Au-dessus du canapé, le buste en marbre de Napoléon Ier.

Fig. 31. — Lustre (sous-secrétariat d’État des Beaux- Arts). Au centre, des figures ailées jouent des cymbales, du triangle, etc. ; leurs ailes sont hiératiques comme il sied au style, des volutes de feuillage accompagnent les branches qui portent les bougies. Une pomme de pin ponctue la base.

Fig. 32. — Coiffeuse (château de Compiègne). On remarquera dans ce meuble en bois d’acajou orné de bronzes dorés, la forme à pans coupés de la glace — cette glace où se mirèrent tant de têtes couronnées et notamment l’auguste épouse de Nicolas II, empereur de Russie, lors de son récent voyage en France — les quatre pieds en lyre et, à l’emplacement du tiroir, les médaillons entourés de couronnes et séparés par le motif très caractéristique des palmettes juxtaposées. La base des soutiens de la glace, en forme de candé-

labres, s’orne également d’une palmette. La tablette de la coiffeuse est en marbre blanc. Un motif grec en mêlai ciselé court autour du cadre en acajou de la glace. On rencontre beaucoup de meubles du même genre dont la table repose sur des pieds en X et dont la glace est ronde.

Fig. 33. — Table de nuit (château de Compiègne). L’aspect majestueux de ce meuble est plaisant. Ses colonnettes lui donnent l’aspect d’un temple, et le char antique qui le décore ajoute à sa solennité imprévue.

Fig. 34. — Chandeliers. Celui de gauche appartient au début du style qui nous occupe ; le second est du pur Empire. A remarquer, sur ce dernier, les ornements typiques décrits à la page 138.

Fig. 35. — Table ronde portant sur quatre griffons (château de Compiègne). Sous la table en acajou massif recouverte d’une plaque de marbre blanc, au centre : une coupe. Ornements ciselés et dorés ainsi que les griffons : cygnes juxtaposés, rosaces, palmettes, étoiles.

Fig. 36. — Psyché , analogue à celle que nous décrivons à la figure 75.

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Fig. 37. — Chauffe-dos. Meuble fort prisé à l’époque qui nous occupe. A remarquer la grâce des cols de cygnes qui forment les accotoirs. Le siège bas est recouvert de soie vert « empire » ornée de dessins jaunes d’or. Bois d’acajou rehaussé de motifs en bronze doré, la tête des cygnes, notamment (collection de MM. Hopilliart et Leroy).

Fig. 40. — Grand salon (hôtel de Beauharnais), côté gauche. Décor blanc et or. Profusion de « pâtisseries » au plafond, aigles, guirlandes, rinceaux, palmettes. Pilastres surmontésd’un chapiteau corinthien, ornés à leur base d’un motif de feuillage et rinceaux en pyramide, au haut de laquelle éclôt un cygne. Nous décrivons les fauteuils à la figure 58, et le canapé ne se distingue des fauteuils que par l’extrémité de ses bras qui sont des cous de cygnes. (Voir, pour le détail du canapé, la figure 44 où nous saisirons mieux aussi l’aspect des dessus de portes et des panneaux de portes ornés de figures et de scènes grecques; tout l’agrément encore des « pâtisseries » variées). Au mur, entre les pilastres, des peintures de l’époque et le tapis vient de la Savonnerie. Nous nous garderions d’oublier la belle console avec glace, dont le bandeau aller n e le griffon et la lyre. La beauté des figures fantastiques qui soutiennent la table recouverte d’un marbre, est aussi remarquable. L’ensemble du meuble

est en bois d’acajou et les ornements de cuivre doré. Quant à l’urne et aux candélabres placés sur la console, nous les examinons plus loin et nous vanterons enfin la grâce du lustre et des candélabres posés sur les murs.

Fig. 4i. — Console à glace et sa garniture (détail de la gravure précédente).

Fig. 42 et 43. — Candélabre et urne (détail de ceux qui figurent dans la planche précédente). Urne antique dans la décoration de laquelle entrent Renommées, faunes, centaures, têtes de béliers, godrons,palmettes, serpents entrelacés, etc. Sur le piédestal de l’urne, on voit une grotte abritant des chevaux marins, une tête de Neptune, une conque, etc. Candélabre inspiré de motifs égyptiens, figures et ornements.

Fig. 44. — Détail d’un coin du précédent salon.

Fig. 46. — Grand salon (hôtel de Beauharnais), côté droit. Même description qu’à la figure 40.

Fig. 48. — Détail de la cheminée précédente, dépouillée de sa garniture. Marbre granité, recouvert d’ornements en bronze ciselé, guirlandes surmontées d’étoiles et de palmettes, attachées à des trépieds ; au milieu du bandeau : l’aigle impérial ; à chaque extré-

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mité, deux têtes antiques au milieu d’une trompe; sur les montants, deux figures décoratives, sortes de termes aux extrémités feuillues. La galerie s’adorne de trépieds-urnes imprévus.

Fig. 49. — Candélabre (détail de celui qui se trouve sur la cheminée de la figure 47). Figure de femme grecque. A remarquer l’urne couronnant sa tête, flanquée de deux serpents en guise d’anses, la curiosité des ornements symboliques qu’elle tient, la grâce des danseuses qui tournent en rond à sa base.

Fig. 50. — Coin de petit salon ( hôtel deBeauharnais). On remarquera surtout dans cette gravure, dont on saisira mieux les détails plus loin, la beauté des « pâtisseries » du plafond blanc et or, triomphe du feuillage, de la couronne-rosace et de la palmette; la tenture semée de couronnes dans un treillis de feuillage, les portes blanches aux moulures dorées, surmontées d’une antéfixe, etc.

Fig. 52. — Détail des figures 50 et 51. Bandeau de cheminée : rinceaux en bronze doré sur marbre blanc ; ces rinceaux viennent mourir sur les montants de la cheminée. A noter (, fig . 51 et 50) les urnes antiques encadrant la pendule (dont nous donnons le détail plus loin) ; les génies à gaine supportant les candé-

labres; le motif rosace qui court sur le cadre de la glace, etc.

Nota bene , la galerie est de style Louis XI IL

Fig. 53. — Pendule (de la précédente cheminée). La muse est en bronze noir; la lyre, Turne, la couronne ainsi que le corps de la pendule sont en bronze doré. Le tout repose sur du marbre veiné. Renommées, amours, griffons, bucranes, oves, palmettes sont les motifs décoratifs employés.

Fig. 54. — Urnes-vases accompagnant la pendule ci-dessus. Urne et piédestal en bronze noir, ornements en métal doré, tout à l’antique.

Fig. 55. — Candélabre-applique. A remarquer l’hiératisme du génie ailé à gaine, qui rappelle la statuaire égyptienne.

Fig. 58. — Fauteuil (hôtel de Beauharnais). Bois entièrement doré, décoré de palmettes et de feuillage à profusion. On remarquera le pommeau aplati qui termine les bras, très usité, ainsi que les pieds de devant, genre carquois étranglé au milieu par une bague. Sur le tissu clair du fauteuil, des rosaces ; sur le dos, un motif décoratif singulièrement moderne, bien qu’il soit strictement d’époque avec ses cygnes, ses guirlandes, avec la palmette grecque en penden-

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tif. Sur le siège une couronne agrémentée d’ornements disposés en rayons.

Fig. 59. — Lavabo - saut - de - lit de l'impératrice (château de la Malmaison). Renouvelé du trépied antique. Trois pattes d’un animal de fantaisie sont surmontées de sphinx qui supportent une cuvette; au centre, sur un balustre: le pot à eau. Les garnitures de la cuvette et du pot à eau (posé sur une rondelle de marbre blanc) ainsi que les sphinx et la bordure de la base du lavabo, sont en cuivre ciselé, le reste est en acajou.

Fig. 60. — Chambre à coucher (hôtel de Beauharnais). L’alcôve est en bois d acajou revêtu de cuivres ciselés. Le chapiteau des colonnes est égyptien; la base est gainée d’un motif à feuilles de laurier ; l’entablement est de genre dorique. Sur le piédestal, on remarque une plaque de cuivre ciselée dont nous donnons le détail à la ligure 7. L’ensemble repose sur une marche de marbre. Les boiseries de la porte sont en acajou rehaussé de baguettes de cuivre, couronnes sur le tapis, aigles sur les panneaux de la porte, sur la bordure des tentures (lit et murs); palmettes en « pâtisserie » sur la corniche du plafond peint à l'antique. Au fond de l’alcôve, une glace.

Fig. 61. — Détail du lit précédent. On rcmar-

qaera la couverture de ce lit, en velours étoilé sur le dessus, et en satin sur le côté, les deux tissus sont séparés par une ganse ornée d’une guipure. Au pied du lit, en bateau, on aperçoit un traversin ou rondin purement ornemental. Sur le montant droit du lit, une sirène en bronze doré porte à ses extrémités des motifs décoratifs de pur style. Ceux du haut ont des souvenirs de la palmette grecque, caractéristique. Palmettes juxtaposées séparées par des étoiles, à la base franges à X étrusque. Sur le pied du lit, développée en éventail : la palmette.

Fig. 62. — Bergère (hôtel de Beauharnais). On remarquera la grâce un peu lourde des cygnes qui forment les bras de ce meuble, le motif en arc à l’extrémité du dessin, les flèches sur le bâti du bas; les pieds de devant en carquois accusé, tandis que sous Louis XVI le motif était plus discret; les étoiles, la rosace et la sempiternelle palmette, la couronne, la lyre, etc. Bois entièrement doré, étoffe claire.

Fig. 63. — Flambeau-bouillotte (château de Compiègne). Nous avons dit que ce flambeau devait son nom à la table du jeu de bouillotte qu’il éclairait généralement. La table de bouillotte, répétons-le, était ronde, et ce jeu avait autant de vogue sous l’Empire que le bridge actuellement. On trouvait ce flambeau

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souvent aussi sur la table ae travail. Description de notre gravure : au sommet de la tige de métal où adhère, grâce à l’entremise d’un arc surmonté d’une flèche, l’abat-jour, on voit une victoire ailée. Cet abat-jour vert empire est orné en haut d’une lisière de feuilles de lotus (souvenir égyptien) et en bas, de rinceaux et de palmes et palmettes dorés. Les figures qui forment les branches du flambeau ont des ailes de papillon.

Fig. 64. — Écran (château de Compiègne). Bois blanc, ornements dorés, pieds en cuivre ainsi que le motif (aigle et génie) qui couronne l’écran. Sur la moire tendue dans le cadre, le chiffre de Napoléon, brodé. Les ornements du cadre jouent singulièrement avec le motif palmette, du moins sur les côtés, c’est là le feuillage grec dans sa sécheresse typique. Les rinceaux de la traverse du haut sont plus imprévus. A remarquer les chapiteaux à l’extrémité des montants, qui soutiennent la traverse du haut; chapiteaux de palmettes Empire jouant au chapiteau corinthien. Quant aux supports en pieds d’animaux, ils nous sont familiers.

Fig. 65. — « Bonheur du jour » et veilleuse de V impératrice Joséphine (château de la Malmaison). Le « bonheur du jour », meuble de dame essentiellement, était

très à la mode déjà, au milieu du xvme siècle. Il tient lieu d’un bureau et d’un secrétaire. Celui qui nous occupe, œuvre de Jacob Desmal ter, est orné d’un fronton, comme un temple grec. L’avant se rabat et permet d’écrire. A l’intérieur, le meuble est pourvu de tiroirs, les cariatides ailées qui le soutiennent sont accommodées « à l’égyptienne », elles se réfléchissent dans une glace formant fond. L’avant à rabattre, est x)rné de palmes et de rosaces ; un char romain décore le centre. Sur le « bonheur du jour » on a placé une veilleuse, indépendante du meuble. La lumière est donnée par la lampe antique que tient une sorte d’amour ou de génie drapé.

Fig. 66, 71, 82, 85, 88,96, etc. — Étoffes. Les étoffes sous le premier Empire sont d’une grande délicatesse. Leur tissu est souple et fin et d’une couleur très franche sans être criarde. Quant au dessin damassé, broché ou brodé, il affecte un décor généralement inspiré des motifs antiques remarqués sur la ciselure du meuble. Motifs très symétriques, souvent touffus, qui ont plus de grandeur que d’aménité; c’est-à-dire qu’ils s’harmonisent parfaitement avec les meubles. Nous avons choisi à dessein pour modèles des tissus caractéristiques, car il en est de peu significatifs, tant ils se réclament du style Louis XVI, quand même, ils n’empruntent pas à toutes autres manifestations du

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passé. Nous remarquerons donc, sur nos gravures, les modulations habituelles de la palmette et du rinceau {fig. G6); puis la figure 82 représente une bande où figurent en trophée, le glaive et le bouclier romains ; dans le haut, une couronne de fleurs semblable à celle que nous rencontrons souvent comme entrée de serrure. Ces deux motifs principaux s’enguirlandent de feuillages de chêne et de laurier semés d’étoiles et d’abeilles. Couronne de fleurs, sertissant l’N impériale, et trophée, sont reliés au feuillage par des rubans. Quant à la figure 85, elle montre un motif d’encoignure : palmette (à la base de laquelle on voit une étoile) entourée de lierre. Etoffe [fig. 66) rose, encadrée de jaune foncé, ornements jaune clair; bande {fig, 82) bleu clair avec ornements bleu foncé; bordure {fig. 88) aux rinceaux empruntés au feuillage du lierre et terminés, en manière de fleurs, par une palmette, fond vert et dessins jaunes; étoffes {fig. 94) à bandes vertes et jaune clair, ces dernières décorées de motifs jaune foncé; bande {fig. 96) rouge avec palmes, étoiles et autres motifs jaunes (cette bande ou bordure est très en faveur, nous la retrouvons sur la tenture de la figure 71, notamment); bordure fond jaune avec dessins noirs (entête du chapitre ni); étoffe de tenture {fig. 108) aux ornements bleu clair sur bleu foncé; panneau {fig. 117) d’étoffe au milieu duquel s’épanouit la rosace en forme de parasol que

nous vîmes déjà à la figure 19 (plafond). Des thyrses disparaissent sous des pampres soulignant en haut et en bas ce motif principal, dont le centre est occupé d’abord par une circonférence meublée d’annelets et ensuite de deux pipeaux entrelacés. Le fond de l’étoffe est vert foncé, le parasol est rose ainsi que toutes les parties claires de la gravure; la circonférence intérieure du parasol est vert clair ainsi que les pampres, les rubans, etc.; panneau [fig. 24) d’étolfe décoré au centre par une' figure copiée sur quelque fresque antique qu’encadrent des marguerites, le fond de la figure, jaune foncé, tranche sur l’ensemble qui est vert avec des dessins jaunes, tandis que les parties claires de la gravure sont roses ; étoffe de tenture [fig. 28), fond rouge foncé, ornements jaune foncé et jaune clair.

Fig. 67. — Guéridon-trépied. A remarquer les baguettes de cuivre qui relient les montants du trépied; les bustes de femmes antiques formant cariatides, dont on aperçoit les pieds au bout de la gaine démesurée des montants, et toujours les motifs étoile et palmette décorant la corniche sur laquelle repose une plaque de marbre (collection de MM. Hopilliart el Leroy).

L’entêie du chapitre h représente un motif de

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bordure (rouge sur fond jaune), dont l'ornementation alterne la palmette, dans un ovale de minuscule feuillage de lierre, avec une guirlande de fleurs abritant une flèche. On retrouve souvent la flèche dans le décor Empire.

Le cul-de-lampe du chapitre n montre un encrier soutenu par des dauphins. En soulevant le couvercle qui est une sonnette, on découvre deux godets, l’un pour l’encre, l’autre pour la poudre à sécher. Aux trois coins de la base des supports de marbre, près des dauphins, on remarque trois petits balais de crin, essuie-plumes (collection de MM. Hopilliart et Leroy).

Fig. 68. — Lustre en cristal , provenant de la collection de MM. Hopilliart et Leroy.

Fig. 69. — Panneaux de portes (château de Compïègne), cartouches et ornements dorés sur peinture blanche : oves, rinceaux, couronnes, médailles antiques, palmettes, rosaces.

Fig. 70. — Harpe de l’impératrice Joséphine (château de la Malmaison). A remarquer son sommet à pans carrés, surmonté d’un aigle.

Fig. 71. — Chambre de Napoléon Ier (château de Compiègne). Glace encadrée dans une moulure plate

formée de palmes rigides, coupées de rosaces dorées sur bois blanc. Sur la console, dont nous avons vu précédemment le type, une grande urne. A droite de la console, une chaise dont on remarque l’enroulement du dossier et les pieds (colonnettes à mollet rappelant l’époque Louis XVI) caractéristiques de l’époque Directoire. A gauche, l’amorce d’une méridienne dans le genre de celle que nous voyons dans la bibliothèque ( fig . 98). Sur les murs, un tissu de satin brodé de palmes espacées d’étoiles. A noter encore la beauté du décor des portes : chiffres et armoiries de Napoléon, couronnes enrubannées, casque grec couronné d’un aigle, etc.

Fig. 72. — Lit de Napoléon /er (château de Compiègne). Alcôve en forme de tente soutenue par des lances, flanquée de deux colonnes-piliers coiffées d’un buste grec. A remarquer la bordure des rideaux semblable à celle de la tenture murale précédente et l’aigle qui domine l’alcôve. Quant au lit en bateau, il est frappant par sa surface plane et les faisceaux de licteurs qui forment son cadre en haut.

Ici la garniture qui tient le rideau se termine par une rosace quelconque croisée de lances; on rencontre fréquemment cette garniture « à flèche ».

Fig. 74. — Fauteuil-bergère de Napoléon (château de Compiègne), dit « gondole », à cause de la forme

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incurvée du dossier (Voir ausssi la chaise, fig. 104). Dossier cannelé, moulures blanches, plates, ornées de motifs dorés. L’étoiïe du fauteuil est sombre, relevée d'un galon clair.

Fig. 75. — Psyclné (château de Compiègne). Appliques sur carquois garnis de flèches de chaque côté de la glace ronde ; figures fantastiques ailées, ni sphinx, ni griffons, ni chimères, ni génies (dont la queue est figurée singulièrement par des rinceaux), supportant les carquois et reposant sur de lourds X jumellés, aux branches terminées par des pattes d’animaux. L’ensemble a une sécheresse caractéristique, surtout les carquois, raides sous leurs bracelets, avec leurs appliques imprévues, où nous retrouvons, enrevanche, les palmettes habituelles. Têtes antiques au bas de la glace et à la base. On saisit que ce meuble est en acajou et que tous ses ornements sont en métal. A remarquer le galbe typique des ailes des ligures fantastiques.

Entête du chapitre vin et figures 78, 80,92, 97, etc. — Pièces d'orfèvrerie (musée des Arts décoratifs). On remarquera la délicatesse des ciselures qui ornent ces soupières, rafraîchissoirs (entête du chapitre vm), huiliers, vases, etc.

Ces pièces d’orfèvrerie sont, en vérité, très légères pour leur époque ; elles se rapprochent du style

Louis XVI, dont elles ont l’esprit et la grâce dans les lignes calmes.

Fig. 79. — Cheminée, pendule, candélabres (château de Compiègne). Le motif de guirlandes attachées à des fûts de colonnes par des rubans, domine. Au-dessus des guirlandes sont des couronnes avec une rosace au centre; griffons aux angles; cariatides ailées, d’un symbolisme imprécis et purement décoratif, formant les montants de la cheminée; galerie décorée de palmettes, de figurines et de médaillons. La cheminée est en marbre granité, les ornements sont en bronze doré. Le sujet de la pendule, en bronze noir, représente sans doute Mars et Vénus réunis par l’Amour. On retrouve sur la base de la pendule un motif similaire à celui du bandeau de la cheminée, mais un thyrse et une corne d'abondance remplacent les couronnes; ce motif est doré. Deux figures de femmes drapées à l’antique soutiennent les candélabres.

Fig. 83. — Cheminée en marbre blanc, orné de bronzes dorés. Ornements antiques. Le revêtement en bronze noir qui encadre la trappe est abondamment pourvu de palmes et palmettes.

Nota bene. — La galerie en cuivre est de style Louis XVI.

Fig. 84. — Pendule. On remarquera dans cette pendule d’une intempestive originalité — d’ailleurs

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savoureuse — l’emplacement imprévu du cadran entouré de rosaces, la rigidité des ailes caractéristique — toutes les ailes du premier Empire se ressemblent, avec leur pointe enroulée — le bracelel qui enserre le cou du cygne, semblable à celui dont sont parés les meubles d’acajou, le socle de cetle pendule enfin, sur le bandeau duquel figurent un dauphin et un trident sans relation aucune avec le cygne, non plus que le feuillage inattendu qui relie le cadran au socle. Le style Empire, si friand de pieds ou de pattes empruntés à la figure humaine ou à l’animal, un peu à tort et à travers, manque de logique ou d’à-propos, ici, on l’avouera.

Fig. 86. — Gaine (collection de MM. Hopilliart et Leroy). Cette gaine comporte des figures en cariatides dans le genre de celles décrites à la figure 67. Les motifs décoratifs employés sont l’arc, la couronne, la torche, la lyre et la palmette. Sur la façade du meuble, une délicate figurine ailée.

Fig. 87. — Armoire à bijoux de V impératrice Marie- Louise , œuvre de Jacob Desmalter. On a prétendu que le célèbre ébéniste avait voulu lutter de beauté avec l’armoire à bijoux de la reine Marie-Antoinette, conservée à Trianon ; en vérité, il y a une telle différence architecturale entre les deux meubles, d’une semblable destination, seulement, que nous ne nous

arrêterons pas à cette hypothèse. Aussi bien l’œuvre de Jean-Ferdinand Schwerdfeger, comme celle de Jacob Desmalter, offre un caractère différent. Nous répéterons que l’armoire à bijoux qui nous occupe, considérée alors comme le plus remarquable travail d’ébénisterie que l’on eût fait, coûta 55.000 francs. On remarquera la délicatesse des figures, dues aux dessins de Prud’hon (le motif central représente la naissance de Vénus Anadyomène), si parfaitement ciselées. Nous rappellerons que Napoléon aurait préféré cette œuvre de Desmalter à une autre que Riesener lui aurait proposée. Desmalter avait précédemment dessiné un meuble analogue, mais plus simple, pour l’impératrice Joséphine.

Fig. 89. — Pieds de meuble , en l’occurrence ceux d’un secrétaire. Les lyres sont typiques, et l’on remarquera que les montants de cette lyre se terminent par une tête d’aigle dont les plumes de derrière sont singulièrement stylisées en palmette.

Fig. 90. — Table de nuit (collection de MM. Hopilliart et Leroy).

Fig. 91. — Un bureau de Napoléon Ier (château de la Malmaison). On remarque la beauté des ornements du bandeau, l’esprit et la richesse des rinceaux qui le parent; la bande de palmettes placées parallèlement au bandeau; les deux victoires formant caria-

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tides de chaque côté; le galon de feuilles d’eau à la base, près des pieds qui sont des extrémités animales. Dans l’ensemble, le meuble est curieux avec son évidement qui le fait ressembler à un arc de triomphe.

Fig. 95. — Écran (collection de MM. Hopilliart et Leroy) à feuilles mobiles, en forme de harpe. Deux cols de cygne ornent les traverses du haut reliées à un montant central que couronne un aigle posé sur un chapiteau corinthien. La base de cet écran est en bois d’acajou fourré de plomb pour assurer sa stabilité.

Fig. 98. — Bibliothèque (château de Compiègne). Fauteuil et chaise aux angles nets, aux boiseries plates, blanches avec des ornements dorés encadrant une méridienne. La feuille de laurier dénaturée en palmes sévit dans le décor. On remarquera une autre forme de méridienne dans le portrait de Mm* Récamiér, par L. David [fig. 12).

Fig. 99. — Commode décorée, sur son bandeau : de rinceaux au milieu desquels on voit une plaque antique entre deux sortes de sphinx; sur les montants pilastres : d’arabesques; sur le panneau du milieu : de peintures à la grecque.

Fig. 103. — Verre en cristal taillé. On voit représenté sur ce verre un amour dans un char traîné par

des colombes ; au-dessus de ce motif, on lit : A mon amie.

Cul-de-lampe du chapitre ni. Presse-papier (collection de MM. Hopilliart et Leroy). Derrière les ailes du monstre se trouvent des griffes servant de support à des porte-plumes.

Fig. 105. — Poudreuse (collection de MM. Hopilliart et Leroy). Psyché en miniature que l’on plaçait à son gré sur une table, sur une commode, etc. Avec ses colonnettes surmontées de petites urnes, cette poudreuse, n’étaient les ornements chers à l’Empire qui parent son bois d’acajou, a de faux airs du Louis XVI.

Fig. 112. — Candélabre-flambeau (collection de MM. Hopilliart et Leroy).

Fig. 113. — Dans cet ensemble (château de Compiègne), nous retrouvons la cheminée de la figure 79 et sa garniture. A droite et à gauche de la cheminée, figurent deux fauteuils aux moulures plates, typiques, allant des bras aux pieds. Un écran aux moulures cannelées, au fronton calme de temple grec est venu masquer en partie la cheminée. Au premier plan, on aperçoit l’amorce d’un siège en X. Cloison, lambris en marbre, pilastres revêtus de motifs en « pâtisserie », dorés ainsi que les portes surmontées d’un bandeau

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formé de grecques. La glace reflète des peintures audessus des portes.

Entête du chapitre îv. — Jardinière (collection Hopilliart et Leroy).

Cul-de-lampe du chapitre iv. — Encrier, analogue à celui du chapitre n, déjà décrit. (Collection de MM. Hopilliart et Leroy.)

Fig. 114. — Lit de Napole'on (Grand Trianon). Le sommet de la tête et du pied de ce lit s’épanouit en forme de lotus. Contrairement à l’habitude, on ne remarque qu’un seul traversin ou rondin, à la tête de ce lit.

Fig. 115. — Détail d'un pied de lit « en bateau ». Une seule palme suffit au décor de la « poupe », qu’une palmette jaillissant d’un motif de feuillage fantaisiste — sec comme toujours — orne à sa base.

Fig. 116. — Têtes de lits , détails. Palmette et chapiteau corinthien; tête antique en bronze vert ; étoile, torche, etc. On arrachera par la pensée les étiquettes administratives (ces lits appartiennent au Mobilier national) qui tachent l’acajou.

Entête du chapitre v. — Chenets (château de Compiègne) ornés de lions, sur un piédestal décoré aux

angles de pattes d’animaux et, sur ses flancs, de guirlandes surmontées d’un Amour.

Fig. 118. Pendule (collection de MM. Hopilliart et Leroy). Sujet de chasse. Cor de chasse et branches de chêne; trophée formé d’une hure de sanglier, d’une peau de bête et de deux rameaux de feuilles de chêne d’une sécheresse très fantaisiste. La Vénus couchée dans une conque au-dessous du cadran, seule détonne dans le sujet.

Fig. 191. — Presse-papier couronné d’une Renommée (collection de MM. Hopilliart et Leroy).

Fig. 121. — Fauteuil. La patine de ce fauteuil est vert bronze.

Fig. 122. — Tête de lit (détail). A remarquer la singulière stylisation du cygne, la médaille antique, imprévue, placée au-dessus de l’aile; la combinaison ingénieuse du cuivre et du bois d’acajou; la base trapue due aux deux pattes d’animaux disposées en fourche, au milieu de laquelle s’épanouit la sempiternelle palmette.

Fig. 73. — Écritoire (collection de MM. Hopilliart e*. Leroy) .

Cul-de-lampe du chapitre vii. — Chandelier (collection de MM. Hopilliart et Leroy).

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Fig. 107. — Berceau du roi de Rome (palais de Fontainebleau). Il y eut plusieurs berceaux destinés au roi de Rome, et il va sans dire que celui que nous donnons ici ne répond pas à la description de la page 172.

Entête du chapitre vi. Lit « en bateau », dessiné par Percier.

Entête du chapitre ix. Ecran de la chambre à coucher de l’impçratrice Joséphine (château de la Malmaison).

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