‹ Le stylet cristallin des lamellibranchesChapitre 2 sur 26 · DAMES · texte numérisé non relu

DAMES

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couche de cils extrèmement longs et denses dont il est aisé de constater les rapports avec la tige cristalline.

Cet épithélium remarquable, aux dépens duquel prendra naissance le curieux et problématique organe dont nous entreprenons l'étude, avait été déjà minutieusement décrit chez la Moule par SABATIER. Les figures d'HASELOFF permettent vaguement d’en soupconner l'existence, aussi ne conçoit-on guère comment ce dernier zoologiste a pu écrire la phrase suivante : « Si le stylet cristallin était d'origine épithéliale, on devrait trouver deux espèces dictinctes de cellules, les unes chargées de la sécrétion de cet organe, les autres, de l'absorption des aliments — ou encore, les mêmes cellules devraient fonctionner différemment selon les époques, et offrir, par conséquent, des caractères différents suivant les moments où on les examine — or il n’en est rien : il n’y pas deux espèces de cellules, et jamais je n'ai pu constater la moindre variation dans la constitution de l’épithélium (1). »

Pour ce qui est de la nature exacte de cet organe au point de vue chimique, les analyses détaillées que termine en ce moment mon excellent collègue et ami le professeur LAMBLING, nous renseigneront sans aucun doute à ce sujet.

Quant à admettre, ainsi que le fait HaseLorr, d'accord en cela avec Hazay, que le stylet est un produit de réserve, la chose paraît plus qu'improbable. Si la théorie peut à la rigueur se soutenir pour les Naïades qui hivernent, pour ainsi dire, il n’en est pas de mème pour tous nos Lamellibranches marins qui trouvent toujours une nourriture abondante, en quelque saison que ce soit : j'ai d’ailleurs ouvert plusieurs milliers de Cardium edule, à toutes les époques de l’année, et constamment j'ai rencontré le stylet dans le mème état. On ne conçoit guère l'utilité d’un aliment de réserve dont l’animal ne trouverait point l'emploi sa vie durant. Je reviendrai d’ailleurs en détail sur ce sujet dans le courant du présent travail.

L'historique de la question n’a été fait par HASELOFF que d’une facon incomplète; j'ai cru bon de le reprendre en détail, afin de rendre à chacun ce qui lui est dû, et pour exposer d’une façon bien nette les diverses théories qui ont été émises sur l’origine et l'usage de l’énigmatique organe qui nous occupe.

Lille, le 1er Décembre 1888, (1) HAsELoFr : loc. cit., p. 34.

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