‹ Le sublime cantique (cantique des cantiques): drame sacré exposé selon la plus récente exégèseChapitre 13 sur 17 · LB CHŒUR · texte numérisé non relu

LB CHŒUR

Où donc tes pas vont-ils si vite ?

Reviens, reviens, ô Sulammithe 1 Laisse-nous voir tes traits et tes charmes vainqueurs.

LA SULAMMrîHE

Qu'avez-vous, regards que j'évite,

A regarder la Sulammithe

Comme une danse de deux chœurs?

LE ROI

{Reprenant la suite de ses compliments à la SulammitheJ

Que tes pieds^ sous le simple anneau qui les enferme, Sont beaux, ô noble fille, et plaisent au regard !

Les contours de ta hanche ferme Sont comme des colliers ciselés avec art.

Ton sein est une coupe ronde

Où coulent d*enivrants nectars.

Ton corps un tas de blé, fruit de la moisson blonde,

Ceint de lys et de nénuphars.

Ton col est une tour d'ivoire ;

Tes yeux brillent comme la moire Des étangs de Hesbon, qu'on voit du mont Nébo. Ton nez est d'un profil superbe, droit et beau.

Telle, 6 tour du Liban, sur Damas tu te dresses ! Ta tête est haute et noble ainsi que le Carmel. Tes cheveux sont lustrés plus que la pourpre, et tel Est leur charme qu'un roi reste pris à leurs tresses . O toute belle, ô mon amour, Que tes grâces me soient propices I O joyau, fleuron de ma cour, Sois mon charme, fais mes délices !

Ta taille ressemble au palmier Et tes seins à des grappes mûres.

J*ai dit : j*y volerai, comme au bois le ramier.

Et j'en saisirai les ramures.

Que ta bouche et ton sein, comme un vin excellent, Jusqu'à fermer mejs yeux me versent leurs arômes. Le parfum de ton souffle est pour moi plus troublant Que le vin qu'on extrait du jus doré des pommes. . .

LA SULAMMrrHE

Ce vin d'amour, ce vin d'égarement.

Ce pur nectar dont le parfum t'enfièvre Qui pour mon bien-aimé Berger coule aisément Glissera toujours sur ta lèvre...

[Elle s^ arrache aux bras du Rot et reprend^ toute à la

pensée de son Bien-Aimé':

Oui, je suis à mon Bien- Aimé, Son désir aussi vers moi vole.

. Sortons de ce palais fermé, f lus sombre pour moi qu'une geôle !

Oui, viens, allons aux champs en fleur.

Demeurons en paix au village !

Dès l'aurore, avant la chaleur, Quand des nids sort un gai ramage.

Ensemble aux vignes nous irons

Voir s'empourprer leurs feuilles vertes^

S'épanouir les liserons

Et les grenades cntr'ouvertes.

Là je te donnerai mon immuable amour.

C'est l'heure où le parfum sort de la mandragore. Viens ! De nos espaliers avec moi fais le tour ! Fruits nouveaux, fruits plus mûrs quel'ardent soleil dore, Pour toi, mon Bien- Aimé, je les ai gardés tous. Qu*à ton palais ces fruits soient savoureux et doux !... Ah ! que n'es-tu, bercé sur le sein de ma mère,

Bien-Aimé, que n'es-tu mon frère ?

Sans craindre les regards des moqueurs, je pourrais Te rencontrer dehors et je t'embrasserais ! . ..

Prends ma main, je veux te conduire Sous le toit maternel où j'ai reçu le jour ;

Là je te ferai, mon amour.

Boire à capiteuses rasades

Le moût pourpré de mes grenades,

La coupe de vin parfumé...

Ta main gauche entourant ma tête qui défaille

Et ta droite enserrant ma taille,

Embrasse-moi, mon Bien-Aimé.

(Elle retombe en son sommeil extatique)

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