‹ Le succès; questions de l'année 1866Chapitre 118 sur 205 · L'ENTRE- DEUX · texte numérisé non relu

L'ENTRE- DEUX

Si Tbntbe-beux a toutes les vertus dont il vous plaît de le parer, il ne lui sera pas difficile de vous inspirer et de nous confondre.

L'entrs-dbux de la vérité et de Terreur, cooiment le nom* mez-vous?

L'entbe-deux de la lumière et de l'ombre, comment le nommez-vous?

L'entre-deux de l'affirmation et de la négation, de oui et de non, comment le nommez-vous ?

L'entre-deux de la grandeur qui s'atteste par ses œuvres et de la grandeur qui n'existe que dans l'imagination de ceux qui la supposent, comment le nommez-vous?

De tous les éloges exagérés que les endormenrs de votre secte prodiguaient avant sa chute au roi Louis-Philippe P^ et à ses ministres, que reste-t-il? Quelle est la grande mesure quia illustré son règne et leur administration?

Si l'empereur Napoléon III, ce qu'il ne fera pas, se laissait endormir par les dithyrambes de la France^ comme le roi Louis-Philippe P' se laissa endormir par les dithyrambes du Journal des Débats^ que resterait-il d'un règne qui compte déjà quatorze années de durée ?

Il resterait le discours du 5 novembre i863, admirable programme politique.

L'avoir applaudi peut vous suffire. Il faut à nos mains des tâches plus difficiles. L'avoir applaudi ne leur suffit pas, elles ne se reposeront qu'après l'avoir vu glorieusement réalisé.

Tous les peuples qui sont assujettis au recrutement militaire obligatoire, et qui ont à ajouter au poids accablant de leur travail journalier le fardeau, écrasant de l'impôt multiple, tous ces peuples étant intéressés au désarmement de l'Europe, il suffit de prendre résolument sur eux son point d'appui pour que cette grande mesure, dont l'exécution vous paraît chimérique, s'accomplisse sans obstacle.

Dans le courant de l'année où l'empereur des Français l'aura fermement voulu, et où il aura des ministres qui ne laisseront plus le vague planer autour de sa volonté et l'obscurcir, le désarmement européen sera un fait accompli.

Vous verrez se briser de lui-même le cercle vicieux tracé en ces termes, qui, convenez -en, digne Burka du grand Feringhea, n'ont pas dû vous coûter grand effort d'imagination

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« Désarmer avant que tous les souverains et tous les peuples aien abdiqué leurs prétentions^ leurs rivalités^ leurs erreurs^ leurs entraînements^ ce serait comme si l'on supprimait les tribunaux avant que tous les hommes eussent donné des preuves infaillibles de leur sagesse et de leur vertu. »

Si la France attenij pour désarmer que les autres peuples lui aient donné l'exenople, quand commencera-t-elle? Et si les autres peuples attendent que cette initiative ait été prise par la France, quand commenceront-ils ? Si aucun État ne commence, quand verra-t-on la fin des armées permanentes, du recrutement militaire obligatoire, des déficits croissants et des emprunts ruineux ? Faudrait-il donc renoncer à jamais à l'espérance du désarmement?

0 profond Burka I vous êtes-vous jamais posé cette question :

Si on ne l'emploie pas à des expéditions lointaines, à des interventions sans issue et h des conquêtes sans fin, que faire d'une armée de sept cent mille hommes commandée par des officiers animés de cette idée : Avancer !

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