‹ Le succès; questions de l'année 1866Chapitre 14 sur 205 · LA DENT QUI MANQUE A L'ENGRENAGE · texte numérisé non relu

LA DENT QUI MANQUE A L'ENGRENAGE

15 mars 1866.

Les questions que soulève l'adresse au Corps législatif n'y sont qu'effleurées, et cependant elles paraissent y traîner. La cause de cette contradiction apparente s'explique par l'absence

d'un ro«age important dans l'engrenage de notre mécanisme gouvernemental. Ce rouage absent, c'est le droit de réunion, c'est le MEETING. Le Parlement britannique n'élabore pas les questions ; il les cueille après que le meeting les a mûries. Il eût été absolument impropre à la tâche dont l'accomplissement a illustré les noms de Richard Cobden et de Robert Peel. Sans l'exercice du droit de réunion, sans le meeting convoqué en 1838 par le docteur Birney dans le théfttre de Bolton, sans les nombreux meetings organisés à Birmingham, à Wolvérhampton, à Coventry, à Leicester, à Nottingham, à Derby, etc., par M. Paulton, secrétaire de l'Association de Londres et rédacteur en chef du journal the League; par le docteur Bowhng; par M. Prentice, rédacteur du Manchester Times; par M. Smith, membre de la Chambre des communes pour Manchester; par le colonel Thompson, l'auteur du Catéchisme contre les lois sur les céréales ; et enfin par Richard Cobden, assisté de John Bright et de Oeorge Wilson, le rédacteur en chef de ike Economist; sans tous ces meetings qui eurent lieu chaque année, pendant sept ans, de 1838 à 1845, les com~laws subsisteraient encore dans la Grande-Bretagne, à moins qu'en 1848 la faim n'eût fait éclater, en Angleterre, une révolution sociale. Si cette révolution a été conjurée, le mérite et l'honneur en sont dus à l'exercice persévérant du droit de réunion, cette soupape de sûreté qui empêche les explosions populaires et arrive ainsi par le procédé contraire au même résultat que celui que se propose la compression militaire : le maintien de Tordre matériel. Avec le droit de réunion, la lumière depuis longtemps serait déjà faite sur les souffrances dent l'agriculture se plaint et qui ont trouvé dans la salle du Corps législatif, pendant trois longues séances, un écho sonore et retentissant. Avec la liberté de réunion, il y a une multitude de questions, telles, par exemple, que celle de l'amortissement, qui seraient depuis longtemps vidées et dont on ne parlerait plus ; car si une discussion superficielle les fait vivre, mi débat approfondi les enterrerait sans possibilité de résurrection. Rien de pis que les discussions superficielles, parce qu'elles sont éternelles; et dans les Assemblées législatives, il est difficile, sinon impossible, d'aborder une question sous toutes ses faces et de l'épuiser. Aussi, s'il nous fallait opter entre le régime des Assemblées libres et le régime des As-

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semblées officielles, n'hésiterions-nous pas un seul instant, et opterions-nous hautement pour la liberté de réunion, pour lo

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