‹ Le succès; questions de l'année 1866Chapitre 13 sur 205 · PROSPÉRITÉ · texte numérisé non relu

PROSPÉRITÉ

Et qu'on ne dise pas que l'élévation matérielle de la France serait son abaissement moral !

Le moins cruel des tyrans et le moins abrutissant des esclavages n'est pas la misère, qui étiole l'homme et souvent l'avilit.

Ministres qui composez les conseils de l'Empire, dites à l'empereur de nous donner la liberté, d'abord pour qu'il n'en

soit plus question, et ensuite pourque nous nous mettions tous à rétude exclusive des grands problèmes sociaux, dont les souffrances incontestées de l'agriculture commandent impérieusement de s'occuper sans retard.

Si le prix actuel du blé n'est pas rémunérateur, qu*y a-t-il a faire pour qu'il le devienne?

Le fermage a généralement remplacé le métayage ; le temps n'est-il pas venu de remplacer à son tour le fermage par un autre mode d'exploitation du sol plus profitable à sa culture?

Tel qu'il est constitué, le crédit foncier ne peut que hâter l'expropriation du propriétaire rural obéré.

Pour que la terre pût emprunter à 6 pour 100 par an, il faudrait qu'elle produisît; un intérêt sinon supérieur, au moins égal. Est-ce ce qui a lieu?

Que de grandes choses il y aurait à faire, si le temps était aux grandes choses au lieu d'être aux discussions, toujours les mêmes, parce qu'au lieu de résoudre les questions, on les ajourne ; parce qu'au lieu de se hâter de couronner l'édifice, on croit qu'il suffit d'ajouter chaque année une pierre à une pierre !

Alors toutes les pensées qui battent l'aile ^reprendraient un vigoureux élan.

Liberté et prospérité, se prêtant un mutuel appui, s'affermiraient l'une par l'autre.

Qu'à l'exemple des villes, les campagnes revendiquent donc la liberté !

L'expérience l'atteste ! les pays où la liberté est le plus grande sont les pays où l'agriculture est le plus prospère.

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