‹ Le succès; questions de l'année 1866Chapitre 165 sur 205 · ODI. — NON · texte numérisé non relu

ODI. — NON

C'est ainsi qu'en 1860 les choses se sont passées lorsqu'il s'est agi de détacher de l'Italie Nice et la Savoie, pour les annexer à la France.

n est incontestable que, de toutes les façons de consulter les populations, le plébiscite est la façon la plus courte, la plus simple, la seule qui ne blesse ni ne viole le principe de la sou« veraineté nationale.

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Pourquoi donc ne s'en servirait-on pas pour dénouer ou trancher toutes les grandes questions qui intéressent un peuple tout entier, telles que, par exemple, la question de guerre offensive, d'intervention armée ou d'expédition lointaine? Puisque matériellement il n'y a pas d'obstacle, moralement où serait l'objection ?

Le plébiscite est un mécanisme de gouvernement dont toute la puissance n'est pas encore connue. S'il avait été employé comme souvent il aurait pu et dû l'être, il aurait suffi à lui seul pour glorifier le nom de l'empereur Napoléon 111, qui l'a appliqué en 1851, en 1852 et en d860, et pour faire à son règne une place toute particulière dans l'histoire.

Le plébiscite, levier ayant pour point d'appui le suffrage universel, quoique plus simple, est un mécanisme bien autrement puissant que le mécanisme parlementaire avec ses deux roues — majorité et minorité, — ses deux Chambres — Chambre haute et Chambre basse, — ses deux fictions — inviolabilité royale et responsabilité ministérielle.

Le plébiscite, c'est plus que la responsabilité ministérielle, car c'est la responsabilité nationale; c'est plus que la volonté, le vote et la sanction parlementaires, car c'est la volonté, le vote et la sanction populaires.

Politiquement, le plébiscite est à l'électricité révolutionnaire ce que scientifiquement le paratonnerre est à la foudre.

Toutes les fois qu'un peuple sera appelé à exprimer sa volonté par voie de plébiscite, soyons donc attentifs et sympathiques, et applaudissons énergiquement, car c'est là un usage qui ne saurait devenir ni trop général ni trop fréquent.

Un jour, le plébiscite sera la seule constitution qui régira les peuples libres.

Déjà, le plébiscite est la grande porte par laquelle tout gouvernement peut sortir, la tête haute, de toutes les difficultés , alors même qu'elles paraissent n'avoir aucune issue.

A l'appui de cette opinion, citons le fait qui est en voie de s'accomplir aux États-Unis :

Le parti radical, qui a obtenu la majorité aux élections de septembre 1866, va domin er dans le Congrès américain. Les radicaux ne dissimulent pas leurs projets. Us comptent mettre le président en accusation dès les premières séances du Congrès, qui se réunira le 4 décembre 1866 ; ils se croient sûrs que le

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