‹ Le succès; questions de l'année 1866Chapitre 19 sur 205 · LETTRE A LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS · texte numérisé non relu

LETTRE A LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS

24 tS^H

bite (les États-Unis)^ qui prouve que les institutions libérales rendent les peuples heureux et sages. Le Code Napoléon dépose en faveur des intentions libérales de son auteur.

» Napoléon avait pris les mots pour détruire les choses ; il me disait souvent : « Il me faut encore dix ans pour donner une entière liberté, n Il était élève de Platon et des philosophes, et cependant il me répétait souvent : « Je ne fais pas ce que je veux , mais ce que je peux. Les » Anglais me forcent à vivre au jour le jour. » Il lui a manqué dix ans de paix générale. » (i)

Si nous voulons ce que voulaient ainsi Fempereur Napoléon P% son frère le roi Joseph et son neveu l'empereur Napoléon III, qui sommes-nous?

Est-on fondé à dire, que, parce que nous sommes les amis de la liberté à ce point de la placer au-dessus de tous les formes de gouvernement, au-dessus de tous les régimes politiques, au-dessus de tous les intérêts de partis, au-dessus de toutes les considérations de personnes, nous soyons Tennemi de TEmpîre?

S'il en était ainsi, que faudrait-il penser des déclarations réitérées que nous venons de rappeler?

Nous voulons la liberté.

Nous l'aurons.

Nous l'aurons parla puissance de la tribune législative; nous l'aurons par l'exercice du suffrage universel; nous l'aurons sans la révolution.

Or est-il possible de vouloir sincèrement la liberté sans la révolution, sans vouloir implicitement la durée de l'Empire?

Peu nous importe, en effet, que la Liberté ait sur la tête un bonnet, un chapeau ou une couronne ! Ce qui nous importe uniquement, c'est que jamais la liberté n'abrite sous son nom aucune usurpation, aucune imposture, aucun excès.

Page 1