‹ Le succès; questions de l'année 1866Chapitre 18 sur 205 · QUE VOULONS-NOUS? QUI SOMMES-NOUS? Î · texte numérisé non relu

QUE VOULONS-NOUS? QUI SOMMES-NOUS? Î

n Quel d6t son but? La liberté.

i> Oui ^ la liberté! et plus on étudiera l'histoire de Napoléon , plus on se convaincra de cette vérité, car la liberté est comme un fleuve : pour qu'elle apporte l'abondance et non la dévastation , il faut qu'on lui creuse uu lit large et profond. Si^ dans son cours régulier et majestueux^ elle reste dans ses limites naturelles^ les pays qu'elle traverse bénissent son passage; mais si elle vient ^ comme un torrent qui déborde , on la regarde comme le plus terrible des fléaux ; elle éveîlle toutes les haines^ et Ton voit alors des hommes^ dans leurs préventions^ repousser la liberté parce qu'elle détruit^ comme si Ton devait bannir le feu parce qu'il brûle^ et l'eau parce qu'elle inonde. » (1)

«Le gouvernement de Napoléon^ plus que tout autre ^ pouvait supporter la liberté^ par cette unique raison que la liberté eût affermi son trône ^ tandis qu'elle renverse les trônes qui n'ont pas de base solide. » (2)

Nous voulons la liberté telle que la voulait le roî Joseph, frère de l'empereur Napoléon P% oncle de l'empereur Napoléon III, confirmant en ces termes la déclaration qui précède :

c( La trop longue dictature de Napoléon l'a fait méconnaître ; mais elle fiit prolongée par l'obstination des ennemis de la Révolution^ qui prétendirent détruire en lui le principe de la souveraineté nationale^ dont il émanait. A la paix générale, le suffrage universel, la liberté de la presse et loutes les garanties de l'éternelle prospérité d'une grande nation, qui étaient dans la pensée de Napoléon, l'eussent dévoilé tout entier à la France et en eussent fait le plus grand homme de l'histoire. Sa pensée tout entière m'a été connue, mon devoir est de la proclamer hautement. » (3)

«Je suis convaincu que Napoléon voulait laisser une monarchie constitutionnelle sur les bases de la réprésentation nationale, celles de l'égalité et de la liberté.

» Un homme d'autant de génie ne pouvait vouloir que ce qui était convenable au peuple français, et, s'il vivait aujourd'hui, il rendrait la France aussi heureuse par ses institutions que l'heureux pays que j'ha-

(1) OEUVRES DE LOUIS-NAPOLÉON BONAPARTE ^ tome I, page 324 .

(2) Ibid., page 209.

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