L'ANNÉE ACCOMPLIE
organisée et permanente entre TAutriche et la Prusse, nons n'avions qu'à faire sincèrement et publiquement cette simple déclaration : — Si c'est TAutriche; qui attaque la Prusse, la France sera avec la Prusse contre l'Autriche; si c'est la Prusse qui attaque l'Autriche, la France sera avec l'Autriche contre la Prusse.
Tous les renseignements recueillis attestent que si ce langage, conseillé par nous, leur eût été tenu par le gouvernement français, Autriche et Prusse se fussent partagé tranquillement les duchés de l'Elbe et eussent indéfiniment ajourné la réalisation de leurs projets de réforme fédérale; mais, il faut le dire pour demeurer dans la vérité des faits, la question de l'Italie qui pesait si lourdement sur la France n'eût pas été vidée ; la domination autrichienne fût restée en possession de son Quadrilatère et de la Vénétie. Aussi avons-nous compris que, désirant dégager sa responsabilité et accomplir son œuvre de 1859, la France restât dans une « neutralité attentive » et n'empêchât pas l'Autriche et la Prusse d'en venir aux mains.
Si nous eussions voulu que la carte de l'Europe redevînt ce qu'elle était avant la bataille et la défaite de Waterloo, rien n'était plus facile, puisqu'il nous suffisait d'attendre que les deux puissances rivales fussent aux prises l'une contre l'autre pour intervenir, les armes à la main, sous un prétexte quelconque, et ressaisir, à titre de gage éventuel, les enclaves qui ont cessé de nous appartenir depuis 18i5. Comment, ayant à lutter contre l'Autriche, la Bavière, le Hanovre, laHesse-Électorale, le Nassau et la Saxe, l'armée prussienne eût-elle pu nous en empêcher?
Si le 5. juillet 1866, si le jour où l'empereur d'Autriche cédait la Vénétie à l'empereur des Français, nous eussions répondu à l'empereur François-Joseph ces deux mots : « trop TARD ! » et si nous eussions marché droit sur Aix-la-Chapelle, Cologne, Mayence, tandis que les Prussiens, décimés par le choléra, étaient sous les murs de Vienne, qu'eût fait l'armée prussienne? qu'eût-elle pu faire? Se fût-elle hâtée de conclure à tout prix la paix avec l'Autriche, la Bavière, le Hanovre, la Saxe, et de revenir sur ses pas? Cela lui eût-il été possible?
Le Succès est le dieu qui, en tout temps et en tout pays, a toujours compté le plus grand nombre d'apôtres, de prêtres
S46 isne
et d'adorateurs ; ma» an aucun tempd plus que dans le nôtre, il n'a été Tobjet d'un culte plus superstitieux et moins réfléchi. M. le comte de Bismark a réussi au delà même de se» dessttns; cela a sufii pour l'éloTer à la bauteur des plus graoik ministres et pour conrooner son front d'une auréole de gloire. Cependant, rien de plus téméraire que sa lutte engagée eontre l^Antriûhe et la grande majorité de la Confédération germanique, puisqu'il faisait dépendre l'existence tout eatière de la Virasse d'ttBie déteamination de la Franco.
Lorsqu'on y regarde attentiremeiit et de près, on demeure stupéfait et l'on se demande comment un ministre^ un roi, m peuple ont pu avoir une telle audace et mettre si impmdemsuent t&ut en jen : renommée, couronne, nationalité.
U est iofionlestable,. il est certain que si l'Italie doit à la France son unité,. l'Allemagne lui sera également rederable de la sienne.
La Frusse nous doit plus que l'extension de son territoire; elle nous doÉt la conservation de son existence, la conservar tion de sa nationalité, qu'il a été entièrement en notre pooTOÎr de lui faire perdre.
Si l'unifté<de l'ItaUe, Tunité de l' Allemagne sont l'œuvre de la Frajace, que la France en tire donc ee qui en découle : YindisaoJnbiJitéi de la paix européenne et le désarmement euro» péeul
Étant étroitement unies, la France, l'Italie et la Prusse présentent cent millions d'habitants à elles trois, et par 1< ujtLon rendent la paix inébranlable : quel est l'insensé qui pourrait, qui oserait la trouUer? Pourquoi donc s'occuper de réorganiser l'armée, lorsqu'on ne devrait plus s'occuper qw delà réduire, sinon de la transformer?
L'«ittiée 18â& demieure pour nous jusqu'à son dernier jouor «ne énigiœbs dont nous nous sommes vamem^nt e£Go£oâ de obereber le mot.
Pour la Prusse^ ce mot est : Succès»
Pour la France, ce mot serait-ili : Ineenaéipieiise?
AttnadoDS^ pour le saroâr, l'année ièffl.
Fiir
uiTAODUCTiON. Lettre à M. le comte de Bismark t
Lettres d'un mort. — A M. Clément Duvernois xvu
— — A M. le duc de Persigiiy xxvii
—, — A M. Henri Rouy xixviu
La. discussion de l'adresse de 1866 , 3
Les libertés différées ^ . . • ^ 18
Que voulons-nous ? Qui sommes-nous? ^ *^ • 24
Leg ennemis de TËmpire r • 25
L'Exposition universelle de 1867 30
L'instruction primaire gratuite 32
La Bouj^e ....* -. 33
La guerre , S6
La circulaire de la Prusse 6t
La r^Mue de rAutciche 69
LtB deux politiquAft,... 71
Probité 77
La Confédération germanique. 82
U» (Congrès , , , . . • r ÔO
Les cartes du jieu 9^4
Que voulait l'Autriche? Que veut la Prusse? 99
L'alliance méditerranéenne , 112
La peur...» , * lil
La situation 115
L'armée de la paix 117
La paix par la sincérité 119
La confusion 123
La Vénétie et la Silésie 1 27
Les émoucheurs 130
Si vis pacem^ para pacem 133
Le discours d'Auxerre 139
Le droit de conquête 142
Une prétendue contradiction 144
L'Autriche et la Russie 145
Un assassinat 1 47
Armez-vous les uns les autres 148
La rive gauche du Rhin 150
Trois contre un 152
Les situations fausses 156
La conférence 161
Le Congrès après la guerre 165
La nouvelle loi sur l'amortissement 167
La logique des faits 173
Les hypothèses de la politique 176
La politique des inconséquences 1 78
Le maintien de notre œuvre en Italie 181
La lettre de l'empereur 183
La Vénétie délivrée 188
La guerre condamnée par la victoire 190
Le grand empire maritime 194
Les deux pôles 196
L'exclusion de l'Autriche 200
La peur de la Prusse 202
La question la plus claire 204
L'art de gouverner par la presse. — Lettres échangées entre
MM. Arthur de la Guéronnière et Emile de Girardin 208
L'empire d'Allemagne 242
La partie interrompue 244
La cause des peuples 257
Terre et mer ♦ ; 264
Centralisation et Confédération 208
Faîre> défaire, refaire ; 273
La France rectifiée. ; ;.....*.;< 279
L'Europe 584
L'omière sanglante ! 590
L'ordre européen 294
Nous prenons! 299
L'alternative 302
L'idée de M. le duc de Persigny 308
L'entre-deux 311
La routine de la paix armée 317
L'occasion • 321
Un crime de lèse-féodalité 328
Le pavé de l'ours 332
Les trois conseils 338
La population de la France 341
La question la plus importante 347
La liberté mesquine 351
Les questions extérieures 353
L'unité de TAllemagne 358
La proposition du 4 novembre 1 863 360
L'associée de la France 36Î
L'abolition de la loterie militaire 364
L'Union européenne 381
Le câble transatlantique 382
Les deux lignes 383
Les problèmes menaçants 385
Les droits de la logique 389
Le démembrement de la Turquie 391
La France dégagée 395
L'absence de principes 398
L'effacement de la France 400
L'intérêt français ', 404
La politique définitive 409
La troisième politique 41 5
La vraie politique 417
La fausse politique 419
La politique à deux fins 421
La demi-politique » 426
Le plébiscite 429
L'honnêteté politique 432
La France inattaquable 436
Les grandes tâches. » 442
Le dénigrement systématique 447
La politique de non-sens 46i
La politique à contre-sens 4(j8
La rivalité d'alliances 472
L'union des forces financières 481
L'armement de la paix 487
L'appauvrissement de l'État 491
L'initiative individuelle 500
Le fétichisme des travaux publics 502
La question romaine 5iO
Les paroles et les actes 512
La souveraineté locale du pape 51 7
Rome et Venise 521
Ouvrons les veux ! 533
La défense du pays 535
Les neutres de fait 538
Une quintuple alliance 542
L'année accomplie 544
Paris. — Typ. Rouge frères, Dunon et Fresné, rtie du Four-Saint-Germ«n, 4S.
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