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lieux communs, les hommes prétendus pratiques nous regardent de la hauteur de leur dédain et, nous qualifLant d'esprit absolu et conséquemment inapplicable, nous tiennent ce langage : « Sans le bandeau du paradoxe qui vous couvre les yeux, vous verriez que ce qui prévient et empêche la guerre, ce sont les armées permanentes. »
A ces hommes pratiques qui n'ont pas de bandeau sur les yeux, mais qui ont des yeux pour ne pas voir et la faculté de la réflexion pour ne pas réfléchir, nous répondons ces simples paroles : « Est-ce que l'Autriche et la Prusse n'ont pas l'une et Tautre une armée chacune de six cent mille honunes? S. ni l'une ni l'autre n'avaient eu d'armée, la paix en serait-elle^ moins menacée et la guerre moins înmoiinente? »
Soyons large! admettons ce qui n'est pas admissible, admettons que le risque d'incendie soit le même là oii il n'y a pas de matière combustible que là où la matière combustible est accumulée : il y aurait encore cette différence entre les deux systèmes, c'est que depuis cinquante ans, c'est que depuis 1816 l'Autriche et la Prusse auraient pu appliquer au développement de leurs voies de transport et de communication, au perfectionnement de leur agriculture, au progrès de leur industrie, à l'essor de leur commerce, à la destruction de l'ignorance populaire, à l'extinction de la misère imanéritée, à l'extension du bien-être général, à la réduction des impôts, à la simplification des budgets, à l'accroissement des revenus publics, à la solution des grands problèmes de l'avenir, toutes les sommes immenses qui ont été dépensées en équipements militaires, en fabrication d'armes, en construction ou en réparation de forteresses, en boulets fondus, en poudre brûlée, en fusils usés, en nourriture de soldats oisifs, arrachés à leur famille, à leur commune, à leur profession.
Nous venons de vous faire une concession hypothétique ; à votre tour de nous en faire une aussi : admettez que depuis cinquante ans nos idées aient prévalu; admettez qu'au lieu d'élever des arcs à la guerre, qu'au lieu de la glorifier, on ait élevé sur les places publiques des statues aux hommes utiles, on ait glorifié la science ; admettez qu'au lieu de multiplier les casernes, d'où le mariage est forcément banni sans que la nature cependant y perde aucun de ses droits, on ait construit des palais d'expositions perraa-
PROBITÉ 8t
nentes des produits de riodustrie et des œuvres d'art; admettez qu'au lieu d'attribuer aux ïiommes d'épée, aux hommes de guerre, presque exclusivement tous les honneurs, toutes les faveii^, jkou^s. les distinctions^ ^utàs les; récompenses, toutes les- dotations, ces enconragements aient été donnés aux hommes d'étude, aux honmies de paix; est-ce que, sans que l'Europe en fût plus petite, l'humanité n'en serait pas plus grande, plus heureuse et plus glorieuse?
Avons-nous donc tort de prétendire et, de soutenir que la politique des temps nouveaux, que la politique de la paix et de la liberté, du travail et du crédit est contenue tout entière dans un seul mot : probité?
La Confédération germanique se compose de trente -deux États souverains et des quatre villes libres dont suivent les
noms :