PROBITÉ
dans les camps et dans les rues; ce serait rassouvissement de toutes les convoitises en haut et en bas ; ce serait le règne de la force aveugle ; ce serait le pillage ; ce serait le viol ; ce serait l'extermination; ce serait Tanéantissement du crédit public; ce serait la ruine universelle ; enfin ce seraient la honte de la civilisation et le triomphe de la barbariel
Et tout cela, pourquoi?
Ce que disent les gouvernements à leurs sujets, nous, simple et fidèle sujet de la logique, nous le dirons aux gouvernements; nous oserons leur dire : Soyez probes! Contentez-vous chacun de ce que vous possédez I Si la conquête vous a faits grands, demeurez grands ! Si la guerre vous a faits ou vous a laissés petits, restez petits, et n'en soyez pas honteux ! La grandeur des États ne se mesure plus à l'étendue de leur territoire, mais à l'étendue de leur liberté et de leur prospérité.
Dans ce seul mot : probité, il y a tout un immense programme politique, car il y a le désarmement de tous les peuples civilisés.
Dans les temps et dans les pays où les rues et les routes ne sont pas sûres, que fait Tindividu? Il ne sort et ne marche qu'armé. Il porte Tépée au côté. Il ne se déshabitue de la porter qu'alors que le péril d'être volé et tué a considérablement diminué, sinon complètement disparu.
Demander aux gouvernements d'être honnêtes, leur demander de ne plus tuer, — la tuerie se nommant la guerre, — leur demander de ne plus voler, — le vol se nommant la conquête, — est-ce donc trop exiger d'eux?
Ah! que pour se justifier ils ne disent pas que ce sont les peuples qui les poussent à la guerre, car au meurtre et au vol ce serait joindre ce qu'il y a de plus bas : le mensonge.
Maintenant l'éducation des peuples est faite; il n'y en a plus un qui ne sache qu'il n'y a rien à gagner à s'agrandir aux dépens de son voisin, car toute victoire est une partie qui tôt ou tard a sa revanche* Avant que la prescription ait légitimé le gain illicite, que d'années il faut attendre, le fusil au bras, dans le doute et la perplexité ! C'est cet état précaire et ruiueux dont le faux nom est paix armée, dont le vrai nom
est GUERRE BXPICTANTE.
Les hommes prétendus pratiques, c'est-à-dire ceux qui ont le courage de la répétition sans fatigue et sans fin de tous les