‹ Le succès; questions de l'année 1866Chapitre 70 sur 205 · LA LOGIQUE DES FAITS · texte numérisé non relu

LA LOGIQUE DES FAITS

que deviendra l'Italie, que deviendra l'œuvre française de 1859? Après avoir étonné le monde par son ingratitude envers la Russie, l'Autriche étonnât-elle l'Europe par sa générosité envers l'Italie, ne lui reprît-elle rien de ce qui constitue présentement le gouvernement italien, n'exigeât-elle même pas de lui le remboursement des frais de la guerre, qui a été imposé au Danemark, l'Italie demeurant sous la portée des canons du Quadrilatère, resterait à l'état de prisonnière de guerre.

La durée d'un tel état ne serait pas possible.

Aussi persistons-nous à penser, à proclamer et à soutenir que la France n'est pas libre de s'abstenir» Il faut qu'elle soit avec l'Autriche et l'Italie contre la Prusse, ou qu'elle soit avec la Prusse et l'Italie contre l'Autriche.

Osons-le dire ! loin de décourager la guerre, la neutralité de la France, que fait sonner si haut et si inconsidérément M. Limayrac, l'encouragerait plutôt, en ce qu'elle entretient des deux côtés adverses la probabilité et l'espérance de la victoire.

La Prusse et l'Italie, à elles deux, ont une population égale à celle de l'Autriche ; 39 millions d'habitants contre 39 millions d'habitants. Pourquoi donc TAutriche ne se croirait-elle pas certaine de battre l'Italie et la Prusse? Pourquoi, de leur côté, l'Italie et la Prusse ne se croiraient-elles pas assurées de battre l'Autriche?

II suffisait que la France se prononçât pour que toute vaine iUasion, tout faux calcul disparût ; car la France, c'était indubitablement la victoire dans le camp où la France allait planter sa tente, c'était la victoire sans combat.

Si la logique des faits doit fatalement conduire la France à s'armer contre l'Autriche pour arracher aux serres des aigles autrichiennes victorieuses l'Italie vaincue, ne valait-il pas mieux se ranger tout de suite ouvertement du côté de l'Italie et de la Prusse, auquel cas l'Autriche, sans nul doute, se fût empressée, pour éviter une guerre trop inégale, de désintéresser la France et l'Italie?

Qu'aurons-nous gagné à attendre?

Nous y aurons gagné de compliquer la guerre au lieu de la simplifier ; nous y aurons gagné de fausser toutes les situations»

Quelle sera notre situation vis-à-vis du vainqueur, quel qu'il soit, si dans l'ivresse de la victoire il reste sourd à la sagesse de nos conseils, ou s'il brave nos menaces?

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