LA LOGIQUE DES FAITS
« Les faits ont uoe logique inexorable. »
l'empereur napoléon III AU PAPE PIB IX.
31 décembre 1859.
9 juin 1866.
Les déclarations réitérées du CoMtitutiormelj alors même qu'elles emprantent la plume sincère de M. Paulin Limayrac, ne changeront pas le cours des événements et le cours du passé, moins encore que le cours de ravenir.
Elles ne sauraient empêcher qu'en 1859 la France soit intervenue entre TAutriche et l'Italie.
Peu importe maintenant qu'à cette époque la France ait eu tort ou qu'elle ait eu raison I Le fait est accompli, la France est liée. Sous peine de déchéance politique, la France est tenue de défendi'e son œuvre; plus que cola encore, elle est tenue de la consolider.
Or, pour l'Italie, se consolider c'est se compléter, non par l'addition de Rome, qui ne lui est pas nécessaire, mais par l'addition de la Vénétie, qui lui est indispensable.
Home, sous la souveraineté temporelle du pape, appartient à l'Italie.
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Venise, sous le feu des batteries du Quadrilatère, appartient à TAutriche, à Sa Majesté l'empereur François-Joseph, qui, même encore en 1866, persiste à se qualifier roi de la LOMBARDiE €t de la Vénétic.
Prétendre que, même après que la guerre aura éclaté entre l'Autriche et la Prusse, celle-ci ayant l'Italie pour auxiliaire, la France pourra « se maintenir en dehors de la lutte et conservera sa liberté d'action » , c'est s'abuser.
Il n'y a que deux alternatives, l'une moins probable que l'autre : ou la Prusse et l'Italie battront FAutriçhe, ou l'Autriche battra l'Italie et la Prusse.
Si l'Italie et la Prusse battent l'Autriche ayant pour auxiliaire l'armée fédérale, ce ne seront pas seulement la Vénétie délivrée et le Sleswig-Holstein subjugué; ce sera, un peu plus tôt, un peu plus tard, T Allemagne tout entière prussifiée! La France tolérera-t-elle ce nouvel agrandissement territorial et moral de la Prusse, ce nouvel agrandissement territorial et moral de l'Italie, sans exiger pour elle-même, soit par les armes, soit autrement, un agrandissement proportionnel qui étende à la fois son territoire et son influence? Évidenmient non ! Proclamer le contraire, ce serait oublier sur quels motife la France s'est fondée pour s'incorporer les Alpes-Maritimes, la Savoie et la Haute-Savoie. Donc, en cas de victoire remportée sur l'Autriche par la Prusse et l'Italie, il n'est pas exact de dire que la France se maintiendra en dehors de la lutte et conservera toute sa liberté d'action. La France a ouvert, en 1860, une parenthèse qu'elle est tenue de fermer. Aussi bien que la politique économique, aussi bien que la politique du libre échange, la politique territoriale, la politique des frontières naturelles a sa logique, à laquelle nul, si haut qu'il soit placé, fût-ce même sur le trône de France, ne saurait échapper. Les Alpes, qui réclament l'Adriatique, veulent le Rhin non moins impérieusement. Entre la politique qui est désintéressée et la politique qui ne l'est pas, il n'y a pas de juste milieu, c'est Tune ou l'autre. Depuis 1860, ayons la bonne foi d'en convenir, la politique du désintéressement n'est plus celle de la France, Nous ne blâmons pas, nous constatons. On sait que nous admettons toutes les politiques, sous la seule réserve qu'elles soient conséquentes.
Si, au contraire, c'est l'Autriche qui bat l'Italie et la Prusse,