‹ Le succès; questions de l'année 1866Chapitre 74 sur 205 · EN ITALIE · texte numérisé non relu

EN ITALIE

U juin 1866.

Le journal par exeellence de la liberté graduelle et de la paix armée, ces deux inconséquences condamnées souverainement, le journal la France répond à la Liberté :

« Les impatients veulent que la France fasse toujours seule la beso> goe de tous. Nous désirons que tous se mettent aux œuvres d*utilité commune. »

La Liberté réplique à la Fronce :

Soit ! Mais alors pourquoi avez-vous approuvé ce que, nous, nous désapprouvions, pourquoi avez-vous approuvé que nous allassions en 1850 faire en Italie la besogne de tous?

Pourquoi, en 1863, avez-vous approuvé ce que, nous, nous désapprouvions, pourquoi avez-vous approuvé que nous restassions au Mexique après le départ du corps d'expédition espagnol et du corps d'expédition anglais?

Ou c'est inconséquence ou c'est complaisance : optez !

Vous ajoutez :

« La question vénitienne est une question européenne a

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Toute guerre, comme un incendie, pouvant s'étendre et embraser les voisins : strictement, toute question qui peut allumer en Europe une guerre est une question européenne; mais la vérité, c'est que la question vénitienne est essentiellement et presque exclusivement mî6 question italico-française. Le gouvememenl autrichien, victorieux de l'Italie, lui reprendrait la Lombardie ; il aiderait le roi François II à remonter siy son trône de Naples, le grand-duc de Toscane à rentrer à Florence, les ducs de Parme et de Modène h rentrer à Modène et à Parme, quelle atteinte en éprouveraient, dans leur considération et leur puissance, l'Angleterre, l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, le Portugal, la Russie? Certainement aucune. En serait-il ainsi de la France, engagée par ses proclamations de 1839, ses batailles, ses victoires, le sang des cinquante mille Français qui ont été tués à Montebello, àPalestro, à Turbigo, à Magenta, à Marignan, à Solferino ; l'emprunt de 500 millions qu'il lui a fallu contracter, et enfin, et surtout, par l'annexion de la Savoie, de la Haute-Savoie et des Alpes-Maritimes ?

Quelle part l'Angleterre, l'Allemagne, la Belgique, l'Espagiie, le Portugal, la Russie, etc., ont-ils prises à l'expédition de 1859?

Il fallait que la France ne commençât pas toute seule « ia besogne n , si elle ne voulait pas s'exposer au risque d'être obligée de la finir toute seule.

Le concours de la Prusse est une bonne fortune que ne pou^ vait pas même espérer la France. Laisser échapper cette occasion serait une faute irréparable peut-être.

Voilà la vérité, et si nous y insistons, c'est qu'il importe que les esprits n^ s'égarent pas ; or c'est ce qui leur arrivçr^it s'ils se laissaient abuser par des mots qui n'ont de la précision que l'apparence.

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