‹ Le succès; questions de l'année 1866Chapitre 83 sur 205 · LA PEUR DE LA PRUSSE · texte numérisé non relu

LA PEUR DE LA PRUSSE

Que notre honorable ami M. le vicomte de la Guéronnière nous permette de Jui dire : il s'égare I Si la Prusse menaçait, sur le Rhin ou ailleurs, les intérêts de la France, la note du Moniteur se terminant par cette déclaration spontanée n'eût pas paru :

« LES MEn^LEUBES RELATIONS N'ONT CESSÉ d'EXISTER ENTRE l'eMPEREUR NAPOLÉON ET LE ROI DE PRDSSE. )»

Gomment cette déclaration qu'il reproduit, comment cet accord qu'il constate ne suffisent-ils pas pour rassurer le président du conseil de rédaction de la France et écarter de son esprit l'ombrage qui le fait cabrer? Que lui faut-il donc de plus? Qu'il le dise ! qu'il s'explique I La clôture de la session du Sénat lui donne tout loisir; que M. le vicomte de la Guéronnière en profite donc pour exposer toute sa pensée sans le masque d'aucun pseudonyme transparent! Qu'il écrive ce qu'il pense, et qu'il signe ce qu'il écrira! Mais surtout qu'il précise ! Que ses lecteurs et les nôtres sachent parfaitement ce que la France peut avoir à craindre de la Prusse, soit que la Prusse se borne à vouloir I'union de l'Allemagne ou qu'elle en veuille I'unification; soit que la Prusse prétende à un agrandissement territorial plus ou moins considérable, soit qu'elle ne prétende qu'à une influence morale désormais exclusive et se ^aduisant par le commandement en chef des forces militaires de la nouvelle Confédération représentée par un Parlement national, issu du suffrage universel ! Quant à nous, avouons-le : si loin qu'elle puisse porter sa ligne de frontière , la Prusse victorieuse ne nous cause aucune frayeur. Nous avons dans la puissance de la France une foi plus robuste que ne paraît en avoir le journal qui a l'honneur de porter son nom. Il a pour elle une modestie que nous n'avons pas.

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