LA PEUR DE U PRUSSE
19 juillet 1866.
Le directeur de la France^ M. le vicomte de la Guéronnière, poursuit le même but que nous, mais par un autre chemin, le chemin que nous croyons le plus long et le moins sûr. Il est pour la liberté, mais pour la liberté graduelle, qui n*est jamais que la révolution intermittente ; il est pour la paix, mais pour la paix armée, qui est toujours et partout la guerre expectante. Nous sommes, nous, pour la liberté indivisible et la paix désarmée. Plus fermement que jamais, nous pensons que ce chemin est à la fois le plus court et le moins dangereux.
En même temps qu'il constate « l'accord de la France avec )) la Prusse, accord qui enlève à l'Autriche sa dernière chance » , le journal dirigé par M. de la Guéronnière laisse tomber de la hauteur de ses colonnes ces paroles sonores et conmiinatoires :
« Nous avons toujours dit que la France ne doit s'engager que pour ses intérêts.
» Nous sommes contre ceux, quels qu'ils soient^ qui les mettent en péril.
» Lorsque l'Autriche les a menacés sur les Alpes, nous avons été contre l'Autriche.
x> Si la Prusse aujourd'hui les menace sur le Rhin, nous serons contre la Prusse. »