‹ Le succès; questions de l'année 1866Chapitre 96 sur 205 · INVIOLABIUTÉ DBS ÉTATS DE FAIT ET DES GOUVEENEMENTS DE FAIT · texte numérisé non relu

INVIOLABIUTÉ DBS ÉTATS DE FAIT ET DES GOUVEENEMENTS DE FAIT

Cet ordre d'idées» qui^a pour fondement la paix et la liberté»

oet ordre d'idées, qui constitue le aouveau monde politique, le monda économique, le monde de la concurrence et de l'échange, n'a rien de commun avec l'ancien monde politique, h monde territorial, le monde de la guerre et delà conquête; il ne tient aucun compte des revendications de frontières naturelles et des restaurations de nationalités déchues. Si cet ordre d'idées est contraire à celui que représente la Gazette de France^ qu'elle l'attaque! S'il est faux, qu'elle le démontre! S'il est fragile, qu'elle le brise 1 Mais qu'elle cesse de prétendre que nous défendons la politique de M. de Bismark et que nous poussons la France à s'emparer de la rive gauche du Rhin... Gela est faux. Nous le déclarons : ce qui n'empêchera pas la logique d'ajouter que le cours du Rhin est nécessaire à la France, si elle veut fermer la parenthèse qu'elle a ouverte en 1860 en se donnant pour limite le versant des Alpes.

Nos principes étant hors de concours et l'heure de leur ap« plication n'étant pas venue, que faisons-nous?

Nous tirons les conséquences des complications qui se dé* roulent sous nos yeux. Rien de plus. De ces complications nous ne saurions nous plaindre, car elles démontrent pleinement qu'en dehors des principes que nous professons, il n'y a, il ne peut y avoir que violence et impuissance.

La Liberté, qui représente l'école économique, a le droit de flétrir la conduite de M. le comte de Bismark; mais ce droit, la Gazette de France, qui représente l'école historique, ne l'a pas ; car la Prusse ne fait qu'imiter servilement ce qu'a fait la France : la Prusse fait sa carte comme la France a fait la sienne. Ou bien que la Gazette de France renie la légitimité, qu'elle adore, ou bien qu'elle cesse de flétrir le comte de Bismark, qu'elle doit louer, sous peine d'inconséquence, car cette politique, c'est celle de Richelieu, laquelle se résumait en ces mots :

« Au dedans^ l'unité territoriale de plus en plus compacte; au dehors^ rabaissement de la maison d'Autriche. »

Est-ce que cette politique n'est pas celle que glorifie la Gazette de France?

Il est peu de jours où ces mots : le vœu national, ne se lisent dans les colonne^ de la Gazette de France^ Le vœu national de

LA PART» imERROMPUE tSt

l'Allemagne, exprimé par le voie de rAsiemblée nationale eoQltitoante, vœu qui proclamait, le 3 avril 1849, le roi de ProMie MFsaBua dks ALLXiiAiins, eslrce donc là an fait iniigni* fiant? eai^ce donc Ut un fait sans portée ? Si T Allemagne fédé»raie tenait à ce que rien ne fût changé aux conditions de son existence politique, ooaunent la Gazette de France expliqua^t^e le Naiimmlwerein^ et comment justifie-t^Ue Tinitiative prisa à Francfort, en 1863, par Fempereur d'Autriche?

7 août 1866.

Hors d'état d'expliquer en quoi le comte de Bismark diffère du cardinal de Richelieu, qui mit la gloire de son nom dans l'agrandissement territorial de son pays et dans l'abaissement de la maison d'Autriche, la Gazette de France sanctifie indirectement en ces termes la Prusse, le comte de Bismark et le roi Guillaume P' :

« On peut croire que la France a 4té^ande à plusieurs époques ; on peut saîuer son génie dans les différentes pages de son histoire^ et surprendre dans Tunité de ses aspirations la preuve de la grandeur de sa MISSION pbovidentielle^ sans croire pour cela que les formes des temps passés soient une des conditions d'existence du présent. On peut être fidèle à Tesprit français^ au caractère national qui s'est révélé en traits de feu dans le passée sans vouloir faire revivre identiquement les formes sous lesquelles il a apparu. »

Que dit, dans son discours du 5 août 1868, le roi Guillaume P'?

ndit:

« La GRÂCE DIVINE qui aplanit la voie pour le développement national de r Allemagne / . . . »

Que dit, dans son articledu 5 août 1866, la Gazette de France? EUe dit :

« L'uNiri des aspirations de la France prouvant la grandeur de sa

iU86I0NPR0TU)ENTISLL£!.;. »

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N'est-ce pas exactement la même pensée? N'est-ce pas exactement le même langage? N'est-ce pas exactement la même intervention de la Providence? Ce que dît, à Paris, la Gazette de France^ n'est-ce pas exactement ce que dit, à Berlin, la Gaxettede la Croix? Impossible, en effet, de providentialiser l'œuvre du cardinal de Richelieu et de ne pas providentialiser l'œuvre du comte de Bismark ; de providentialiser l'ambition du roi Louis XIV et de ne pas providentialiser l'ambition du roi Guillaume P' ; de providentialiser la France et de ne pas providentialiser la Prusse , celle-ci copiant celle-là 1

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