Excursions d'Arles
I. D'Arles à Montmajour et aux Baux (St-Bemy). Ligne de Salon.
A Mantinajour: 4 kil. par la ligne à voie étr. de Salon (gare de Fontvieille, V. p. 366): oO et 2b c. Voit, partie, 6 fr. — Aux Baux: 15 kil. par la même ligne, jusqu'à Paradou (30 min.; 1 fr. 15, 85 e.) , puis 4 kil. de route. Voit, partie. d'Arles aux Baux (trajet en 1 h. 1/2 env.), 15 à 25 fr. ; aux Baux et à St-Eemv, 30 fr. — D'Arles à Salon: 46 kil. ; 1 h. 50 à 2 h. : 3 fr. 55. 2 fr. 60.
Arles. V. p. 366. Cette ligne passe au S. des Alpines (p. 364).
4 kil. Montmajour ou Mont-Major (halte). A 6 min. de la station, sur une colline, les "^ruines d'une ahhaye, fondée au x« s., rebâtie aux xn^-xiv^ s. et en partie de nouveau au xvme s. C'est cette dernière partie, dit le «château seigneurial», qu'on a devant soi en arrivant; c'est la plus dévastée. Le gardien (à g. à côté de l'église; pourb.) montre d'abord Véyllse, la vaste crypte et le beau cloître, du style roman /^xn« s. ; chapelles du xiv« et xt« s.) ; puis la grosse tour carrée de 1369, haute de 26 m. (124 marches; belle vue), qui était destinée à la défense de l'abbaye. Du même côté se voient quelques tombeaux vides creusés dans le roc et, un peu plus bas, la chapelle St-Pierre (fin du x^ ou xi^ s.^. en partie souterraine. La tradition veut que ce soit celle de St Trophime (p. 366), et on y montre son «confessional» et sa cachette pendant les persécutions. — La chapelle de Ste-Croix, à 200 m. à l'£.. est une curieuse construction qu'on prétend dater de l'an 1019. mais qui est plutôt du xm^ ou de la fin du xii^ s. Elle présente à la base quatre absidioles, dont une précédée d'un porche; au-dessus, un étage carré, avec fronton sur chaque face, et au sommet une lanterne. Devant et sur les côtés se voient à fleur de terre des sarcophages creusés dans le roc vif et maintenant sans couvercles et vides.
9 kil. Fontvieille, à dr., avec une tour d'un anc. château. Xon loin, le moulin d'où Alph. Daudet datait ses «Lettres de mon moulin» (1866 1. Carrières de pierre. — 13 kil. Mont-Paon, à 100 m. près, aussi rapproché des Baux que Paradou.
15 kil. Paradou. stat. à 4 kil. au S.-O. des Baux^ qu'on visite aussi de Maussanne (p. 373). Le chemin qui y mène d"ici traverse la voie, appuie à dr. au bout de ^j^ d'h.. là où aboutit, à g., celui de Mont-Paon, et rejoint 20 min. plus loin, à dr. . celui qui vient dp Maussanne. près de la colline des Baux.
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Les Baux (en provenc^al Li Bans, c-à-d. «les rochers»; hô(. Monte-< 'fiiit», modeste et où il faut faire prix, 6 ch. de 2 à 4 fr., rep. 2.50 et 8; guide, prix à débattre: pour la ville et le château. 3fr. ; pour les environs, jusqu'à 10 fr.) sont une anc. ville, qui n'a plus que 111 hab. (commune 301), mais qui en compta jusqu'à 4000 au moyen âge. Ce fut, aux xn« et xm« s., la capitale florissante d'une seigneurie, dont les titulaires furent longtemps très puissants en Provence, où ils finirent par posséder 79 villes et châteaux. Guillaume des Baux devint roi d'Arles. Jaume des Baux, empereur titulaire de Constantinople. La ville commença à se dépeupler au xiv^ s., après avoir été vendue à Charles d'Anjou (p. 366j. Le château existait encore tout entier en 1426. mais les parties défensives en furent déjà détruites par Louis XI et la place fut définitivement démantelée sous Louis XIII (1632), par ordre de Richelieu.
Ce qui fait de cet endroit une curiosité de premier ordre, c'est, outre l'importance et l'originalité de ses *ruines, sa situation sur un contrefort rocheux des Alpines fp. 364) et dans le sauvage *val d'Enfer (v. ci-dessous), bordé de rochers ruiniformes et dont le Dante se serait inspiré, d'après Mistral (p. 365), dans la description de son Enfer. Dans une situation dominante, les ruines du château seigneurial, qui datent en partie du xi<^ s. et où se tint, aux xn'' et xui® s., une des «cours d'Amour» les plus célèbres de la Provence. Celui-ci, ainsi que de nombreuses maisons, dont quelques-unes ont d'élégantes façades de la Renaissance, sont en partie taillés dans le roc vif. U église, en grande partie du xii« s., est des styles de transition et gothique. A côté est l'anc. maison des Porcelets, marquis de Maillane, transformée en école, dont le salon existr encore et qu'on peut visiter. Près de là. un petit musée lapidaire, dont l'entrée est libre. Un peu plus bas, dans les dépendances de l'anc. hôt. de Manville, l'anc. temple protestant, de la Renaissance (1571), avec l'inscription calviniste «Post tenebras lux». Plus haut, à dr. du château seigneurial, une anc. église St-Claude, assez bien conservée. On arrive de là à une sorte de place d'où l'on a une belle vue sur le delta du Rhône et où il y a une citerne.
Sur les rochers au S. ou à l'opposé de la localité, dans le bas de la colline, sont deux stèl^a sculptées dans le calcaire. La principale est donnée à tort, dit-on, comme représentant les trois Maries f'Trémaïé»; p. 376) et serait de fait un monument votif d'un cani]) de Marins, le représentant lui-même avec sa femme Julia et la propliétesse Marthe. — De l'autre côté de la colline, au N.-E., une construction dite pavillon de la Reine- Jeanne et, à 1/4 d'il- lie là, la grotte des Fées. En face du pavillon, le val d'Enfer (v. ci-dessus), où l'on peut faire une belle promenade de V2 b.
La route par laquelle on est arrivé aux Baux se continue par les Alpines vers St-Renty (10 kil. ; v. p. 365). Beaux coups d'œil en arrière sur les Baux et les rochers déchiquetés du premier plan, formés de mollasse blanche, dont on extrait avec la scie d'énormes blocs réguliers, très estimés pour les constructions. Les piétons vont à St-Remy jjar un chemin à dr. au delà des ruines, qui aboutit près d'un «mas» (ferme), à 35 min. des Baux, sur la route de Maussanne à St-Remy. Cette route, où l'on tourne A g. , pour traverser les Alpines, passe à 1 h. '/é fie là aux ruines de St-Reray (p. 365), qu'on voit déjà de loiu.
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17 kil. Mausnaune, stat. aussi à euv. 4 kil. des Baux et à 8 kil. de St-Remy ip. 365i. — 23 kil. Mon.riès; 31 kil. AureUle; 33 kil. La Ja^se-de-Brahia. — 38 kil. Eyfjnières (hôt. Payant, 2267 hab.
D'Egyuières ou peut monter facilement, à 2 h. Va au N.-O., au nwvt de VHoiiime-Xèffre (193 m.), point culminant des Alpines (p. 364). Belle vue.
D'Eyguiérks a Meyrargles: 17 kil., ligue d'intérêt local qui longe plus ou moins le ca)ial de Craponne (p. 378). le canal de Marseille (p. 379) et la Durance. — 6 kil. Latuanon. Ligue de Cavaillon à Miramas. v. p. 380. — 12 kil. AUeins. A 5 kil. au S.-E.. le village de Vernèguex. en grande partie détruit par le tremblement de terre de 1909 (v. p. 380), et près duquel se trouvent les restes d'un temple antique corinthien, dit de la Maison- Basse. — 15 kil. Jlallemoi-t, 2195 bab. — 26 kil. La Rvque-d' Anthévon . Château du xvie s. A i/,^ h. à l'E., Tanc. abbaije de Silvacane. de Tordre de Cîteaux, du xu* s. — 30 kil. St-C'hristophe. halte près du vallon de ce nom, où il y a un grand bassin de décantage du canal de Marseille, dont la contenance est d'euv. 1300000 m. cubes. — 38 kil. Le Puy-Ste-JRéparade. Euines. — 47 kil. Meyrargnes (p. 384).
On traverse ensuite les canaux de Craponne et des Alpines. — 40 kil. LesGahins; 42 kil. La Cabane. — 46 kil. Salon (p. 380).
n. D'Arles à Aigues-Mortes et au Grau-du-Roi. Ligne de Lunel.
A Aigues-Mortts: 52 kil.. dont 39 sur la ligne de Lunel, jusqu'à Aimargues; 1 h. 50 à 2 li.; 5 fr. 85, 3 fr. 90. 2 fr. 50. D'Aigues-Mortes au Graii-du-Roi: 6 kil.; 12 min.; 65. 45 et 30 c. — D'Arles à Lunel: 45 kil.; env. 1 h. 25 ; 5 fr. 05, 3 f r. 40. 2 f r. 20.
Arles, V. p. 366. On traverse le Grand-Bhône ou bras principal du fleuve (belle vue d'ensemble sur Arles, à g.\ puis l'extrémité X. de Vile de la Camargue (p. 376).
12 kil. La Camargue. Ou traverse le Petit-Rhône, puis le canal de Beaucaire ip. 297), à St-Oilles.
18 kil. St-Gilles ou St-Gilles-du-C^ard (liôt. du Globe i, ville de 6300 hab.. <à dr.. qui a dû son origine à une abbaye fondée par le saint de ce nom (JEgidius; m. 721) et qui fut la patrie du pape Clément lY (m. 1268). Elle possède une église dont le ^portail, du xii^ s., décoré avec un luxe extraordinaire, est tout couvert de bas-reliefs en marbre et en pierre d'une grande finesse, mais malheureusement fort mutilés. Ce portail rappelle, par les dispositions et le style, celui de St-Trophime d'Arles ('p. 368), mais il est encore plus riche et il y a trois portes. Le reste de l'église, restaurée au xvii« s., comprend une grande crypte à trois nefs, qui fut commencée en 1129 et terminée env. 30 ans plus tard, et la sacristie, à g., partie de l'église primitive. On visite encore derrière l'église, dans une tourelle, un escalier très pittoresque dit la Vis de St-Gilles, et dans le voisinage de la place, à l'O., une maison romane, restaurée de nos jours et servant de presbytère. A l'E., un hôtel de ville moderne, du style gothique, d'où l'on a une vue étendue.
De St-CTilles à Xitnes par Bjinllorgi/es. v. p. 320.
,^7J n\R.46. AIGUES-MOKTES. Excursions
Plus loin à g., un étang. — 29 kil. GalUcian. — 86 kil. Le Ca'dar, aussi sur la ligne de Nimes à Aigues-Mortes (v. p. 320), avec laquelle la nôtre se confond jusqu'à la stat. suivante.
39 kil. Aimm^gues (hôt. très modeste), 2762 hab. — Changement de voiture pour Aigues-Mortes. Il n'y a plus ensuite qu'une stat. du côté de Limel (p. 322), la petite ville de Marslllargues (3421 hab.), avant laquelle on traverse le Vidourle, et une du côté d'Aigues-Mortes, celle de St-Laurent-d'Aigouze, après laquelle on aperçoit, à g., la tour Carbo/imère, du xin« s.
52 kil. Aigues-Mortes. — Hôtkls: St-Louis, rue Amiral-Courbet, 12, près de la place St-Louis, bon (20 ch. dep. 2 fr. 50, rep. 1, 3 et 3.50, p. 9 à 10, omn. 50 c); du Luxembourg, à côté, n» 14 (20 ch., mêmes prix, p. 8 à 10 fr.); Fayn, place d'Armes, modeste (14 ch. de 1 fr. 50 à 2.50, rep. 2.50, p. 6 à 7). — Poste et télégraphe, rue de la République.
Aigues-Mortes est une ville de 3899 hab., située près d'étangs et de marais qui lui ont donné son nom («aquse mortuse»), principalement Vétang de la Ville, et sur quatre canaux navigables qui la relient à la mer (6 kil.), au Rhône (Beaucaire; v. p. 297) et aux étangs (salines). Aigues-Mortes n'a jamais été un port de mer, mais elle a perdu toute importance depuis le milieu du xiv^ s., époque où le canal qui la reliait à la mer commença à s'ensabler. — Beaucoup de moustiques à l'arrière-saison.
Aigues-Mortes a été fondée par St Louis, qui, ayant reconnu l'utilité d'avoir un débouché sur la Méditerranée, acheta ce lieu en 1246 aux moines de l'abbaye de Psalmodi et y construisit la tour de Constance. Il s'y embarqua pour ses deux croisades, en 1248 et 1270, et avait même commencé les remparts (1267-1269). Mais c'est surtout son hls Philippe le Hardi qui iit exécuter, de 1270 à 1275, les *'^fortifications qui sont une des curiosités de la France, peut-être supérieures à celles de Carcassonne et d'Avignon (p. 351), eu ce qu'elles forment un tout homogène, d'une même époque. L'enceinte forme un rectangle d'env. 545 m. sur 300, avec des murs crénelés, de 8 à 10 m. de haut, et quinze tours, carrées ou rondes, avec dix portes. On y a seulement fait des modifications aux créneaux après l'invention des armes à feu, et le fossé a été comblé. Dans l'angle N.-O., à dr. en venant de la gare, près de la porte de la Gardette (v. p. 375), par laquelle on entre dans la ville, se trouve la tour de Constance, la plus importante, commencée par St Louis. Elle atteint, avec la tourelle de guet qui la surmonte (belle vue), 54 m. 4 de hauteur (37 m. 1 jusqu'à la plate-forme) sur 20 à 22 m. de diamètre, et ses murs ont 6 m. d'épaisseur de la base au sommet. On en remarquera l'ingénieux système de défense. A partir de la révocation de l'édit de Nantes, cette tour servit de prison à bien des protestants, dont plusieurs y furent retenus jusqu'en 1767. Une autre, au S.-E., la tour des Bourguignons, a servi de tombeau aux Bourguignons qui s'étaient emparés de la ville en 1421 ; ils
d'Arles. ST-LOUIS-DU-RH. C, p. 377.- IV. B.46. 375
furent tous massacrés par les troupes royales qui, pour éviter la peste, jetèrent leurs cadavres dans cette tour et les recouvrirent de sel. Pour visiter ces tours et les remparts, où l'on fera une promenade intéressante (env. 1 h.), s'adresser au gardien, à g. près de la porte de la Gardette (p. 374).
Sur la place centrale, une statue de St Louis, bronze par Pradier (18-49). Plus loin à g., près de la porte des Cordeliers, la chapelle des Pénitents-Gris, dont ou remarquera l'autel richement décoré.
Les environs sont maintenant plantés de vignes (v. p. 376) dont la culture est fondée sur le fait que la capillarité du sable assure une imbibition suffisante pour noyer le phylloxéra.
D'Aigues-Mortes aux Scintes-Maries (p. 376): S2 kil. à travers la Camargue; voit, partie, 20 à 30 fr.
58 kil. Le Grau-du-Roi (hôt.: Bellevue. ouv. toute l'année, rep. 2 fr. 50 et 3; Icard. en été), bains de mer fréquentés par les habitants de Ximes. En été, un bateau à vap. y conduit, en passant entre des étangs et de g-randes salines.
m. D'Arles à St-Louis- du- Rhône.
41 kil. Trajet en 1 h. 25 à 1 h. 35. Prix: 4 fr. 60, 3 fr. 10, 2 fr.
Arles, V. p. 366. Cette ligne se détache à dr. de celle de Marseille, traverse le canal de Bouc et le longe, puis suit la rive g. du Grand-Rhône, dans une plaine marécageuse, entre la Camargue (p. 376) et la Crau (p. 378). — Six stations sans importance. Puis, à dr., le Salin-de-Giraud (v. ci-dessous) et le port de St-Louis.
41 kil. St-Louis-du- Rhône (hôt. St-Louis), hameau d'origine récente, de 2388 hab., avec un bon port, à l'embouchure du Rhône. Une tour (vue), bâtie en 1737 au bord de la mer et qui en est maintenant ta plus de 7 kil., donne une idée de l'importance des atterrissements, et quatre tours-sémaphores du même genre, échelonnées le long du fleuve, étaient devenues de même successivement inutiles depuis le temps des Romains.
Le port, achevé en 1871, se compose d'un bassin de 14 hect. et 6 m. 50 de profondeur, communiquant avec le Rhône par une écluse et avec le golfe de Fos par un canal de 3500 m. de long, terminé par un avant-port de 100 hect. et que protègent des jetées de 1740 et 2000 m. de long.