‹ Le sud-est de la FranceChapitre 99 sur 134 · D'Avignon à Arles · texte numérisé non relu

D'Avignon à Arles

35 kil. Trajet en .S5 min. à 1 h. 20. Prix: 3 fr. 90, 2 fr. 65, 1 fr. 75.

Avignon, v. p. 349. Après le départ, vue à dr. et eu arrière sur la ville et jusqu'à Châteauueuf-Calcernier. sur sa hauteur. Viaduc de Champfleury (82 m.), puis pont de 534 m. de long (23 arches) sur la Durance, non loin de son confluent avec le Rhône. La Durauce (gaul. Diuentia, «l'Impétueuse»), longue de 350 kil., a un cours

364 IV.E.4n. Carie, p. 377. TARASCON. D'Avif/non

torrentueux et ii'régulier. Sa largeur est cxtraordinairenient variable: elle dépasse parfois 1200 m. (1500 m. dans les fortes crues), mais n'a que 120 m. à l'embouchure. — On s'éloigne du Rhône.

6 kil. Barbeutane, stat. pour le village de ce nom (2615 hab.), qu'on voit à 3 kil. à dr. sur un rocher, avec une belle tour du xiy» s. Un pont sur le Rhône le relie à Aramon (p. 301). Ligne d'Orgon, V. p. 360. — 12 kil. Graveson, à 2 kil. à g., avec une église de 1198. A 4 kil. au S.-E. de la gare, Alaillane, où l'on se rend le plus commodément en voit, de St-Remy (v. p. 365). — A ïarascou qu'on voit à dr., un viaduc et un haut remblai, sur lequel est établie la gare.

22 kil. TaraSCOn. — Buffet. - Hôtels: Terminus-Hôtel, place d'Armes, près de la gare (20 ch. de 2 à 3 fr., rep. 2.50); du Louvre é de la Poste, cours National, eu face de la poste, modeste (20 ch. de 2 à 5 fr., rep. 2.50, omn. 25 ou 50 c).

Tarascon (17 m.) est une ville calme de 8973 hab., sur la rive g. du Rhône, en face de la ville de Beaucaire (p. 296), à laquelle elle est reliée par un beau pont suspendu de 460 m., à cinq travées (1829). Il est censé devoir son nom à la Tarasque, monstre qui aurait ravagé le pays au i^'" s. de notre ère, et dont l'aurait délivré Ste Marthe, venue alors en Provence (v. p. 376). Jusqu'à ces dernières années, une fête populaire (24 juin), à laquelle on promenait une représentation du monstre, en rappelait encore le souvenir. Tarascon a été immortalisé par Alphonse Daudet qui y a placé la demeure de sou héros, le grand Tartariu.

Les principales rues sont le cours National, à dr. en quittant la gare, et l'avenue de la République qui y fait suite. On arrive par là au pont et, à dr., par la rue Pasteur, à l'église et au château.

L'église Ste-Marthe, fondée au xii^ s., a été en partie reconstruite de 1376 à 1449. Elle a encore un beau portail roman au 8.

On remarque à l'intérieur des tableaux de Vien, des scènes de la vie de Ste Marthe, de P. Parrocel, de C. Vartloo, etc. ; dans la 7^ chap. de dr., une Pietà (VA)uk Carrache. — Il y a sous l'église une crypte dont l'entrée est sous l'orgue. On y voit au premier palier l'autel de l'anc. église (x« s.), un bénitier fait d'un chapiteau antique et le tombeau de Jean de C'oesa (m. 1476), sénéchal de Provence sous le roi René, avec sa statue couchée; plus bas, derrière l'autel, le tombeau restauré de Ste MaHhe.

Le château, sur un rocher au bord du Rhône, édifice imposant des xiv« et xv^ s. qui a été commencé par le comte Louis II de Provence, achevé et habité par le roi René (v. p. 385), est restauré depuis peu. Il sert maintenant de prison et ne peut se visiter qu'avec une autorisation spéciale du sous-préfet d'Arles.

De Tarascon à Ninjes, v. R. 38 A; à ReiitouliuK, p. 303.

De Tarascon à St-Reniy et à Orgon, ligne d'intérêt local de 35 kil., avec gare spéciale, près de l'autre, au delà du remblai (tourner à dr. à la sortie). 15 kil. jusqu'à St-Reimj, en 1/2 ^'i 1 f^. 15 et 85 c.

On longe au N. la petite chaîne de montagnes des Alpines ou mieux Alpilles («lis Aupiho», en provençal; v. p. 372), où il y a des

a Arles. ST-REMY. Cfnfe,p..'i77.-IV.B.4.'i. 365

carrières de pierre déjà exploitées par les Komaius pour les édifices d'Arles. Celte chaîne s'étend comme une grande muraille de 25 kil. de long dans la direction E.-O. entre le Rhône et la Durance. Plaine arrosée par le canal des Alpines et où l'on cultive, pour les graines, beaucoup de fleurs et de légumes.

15 kil. St-Remy {hôt. de Provence ou Teston, boni. Victor- Hugo, bon, 30 ch. de 2 à 5 fr., rep. 1, 2.50 et 3, omu. 25 c. ; tramw. et autom. d'Avignon, v. p. 350), ville riante de 6148 hab., entourée de boulevards qui ont de magnifiques arbres. C'est la patrie du télibre Roumanille (p. 352).

L'avenue de la Gare conduit tout droit à Véglise, construction moderne du style classique, à dôme, avec un clocher goth. de 1330. Ou tourne à g. après celle-ci pour suivre le boul. Marceau, puis encore à g. le boul. Victor-Hugo, et on prend à dr. dans ce dernier l'av. Pasteur qui conduit au « plateau des antiquités * (1200 m. ; ^/ ^ h. de la gare; écriteau), construit en partie de main d'homme et d'où l'on jouit d'une belle vue. C'est là, au pied des Alpines, que se trouvait la ville romaine de Glaaum Licii, détruite par les Visigoths en 480 et dont il reste un arc de triomphe et un mausolée. L'arc de triomphe, bien proportionné, n'a qu'une seule arcade dont la voûte présente des caissons hexagonaux sculptés. L'archivolte est ornée d'une guirlande de feuilles et de fruits sculptés, et l'on voit, à dr. et à g., des bas-reliefs représentant des captifs. Le haut du monument est en partie détruit. Le ^mausolée, situé à côté et mieux conservé, fut élevé, d'après l'inscription (peut-être postérieure) de l'architrave N., par 8extus, Lucius et Marcus Julius à leurs parents, d'où son nom de tombeau des Jides. Il a 18 m. de haut, et il se compose de trois étages: un soubassement carré, avec basreliefs dans le haut (des batailles et une chasse) ; une riche ordonnance de portiques et de colonnes engagées d'un quart et cannelées et enfin un petit temple rond composé de dix colonnes corinthiennes cannelées, où sont deux statues drapées, avec des têtes modernes. Ou n'est pas d'accord sur le siècle auquel ces deux monuments appartiennent, mais ils semblent être des environs de l'ère chrétienne.

Le corps de bâtiment, à peu de distance à g., est un asile d'aliénés, installé dans un anc. prieuré, St-Panl-dv-Mausolétj qui a une église et un beau cloître romans (xm s.). — Les piétons qui veulent aller de St-Remy aux Bcnix (p. 372) continuent par la route de Maussanne (8 kil. ; v. p. 372), taudis que pour s'y rendre en voiture il faut revenir prendre dans la ville une route plus longue (10 kil.), qui part de la place de l'église. Voiture: 10 f r. ; 20 fr. jusqu'à Arles, en s'arrêtant aux Baux.

A 6 kil. 5 au N.-O. de St-Remy se trouve le village de Maillane, patrie et résidence du célèbre poète provençal Fr. Mistral (né en 1830; v. p. 351), auteur de Mireille et d'un dictionnaire de la langue provençale.

La ligne d'Orgou traverse aussi après St-Remy une plaine à peu près dénuée d'intérêt. — 30 kil. Plan-d'O ri/on, où l'on rejoint la ligne de Barbentane (Avignon); v. p. 360.

366 /r. R. 4r>. ARLE.S. Arhie!^.

Après Tarascon, ia ligne d'Arles longe le Rhône. A g., la chaîne des Alpines (v. p. 364). — 27 kil. fSégo/maux. A g. encore les ruines de Montmajour (p. 371), à dr. la ville (V Arles.

35 kil. Arles. — Gares: Grande Gare (v. pi. El; buffet), sur la ligne principale; gare de Fontvieille, pour la ligne de Salon (p. 371), à 7 min. de la porte de la Cavalerie (pi. E 1) et à g. de l'avenue de Montmajour (pi. El), au delà des deux viaducs de la grande ligne; gare delà Camargue (pi. A 2), fauh. de Trinquetaille, pour les lignes des Stes-Maries (p. 375), de St-Louis-du-Ehône (p. 37.î) et de Nimes (ligne secondaire, ]). 320). Correspond, pour cette dernière gare à la première, 25 c.

Hôtels: duNord-Pinvs (pi. b, C3), plaeeduForum, recomm. (60ch. dep. 3 fr., rep. 1.25, 3 et 3..^>0, omn. .50 c); du Fomin (pi. a, C 3), à côté (50 ch., mêmes prix); du Midi., rue Amédée-Picbot, 65 (pi. E2), simple mais bon (15 ch. de 2 fr. 50 à 3, rep. 2.50, v. n. c). -- Poste et télégraphe (pi. D .3), place de la République. — Voit, de place, 1 fr. la course, 2 fr. 25 l'heure.

Principales curiosités: arènes (v. ci-dessous), théâtre antique (p. 367). St-Trophime (p. .367), musée lapidaire (p. 368), niuséon Arlaten (p. 269).

Arles (3 m.) est une ville de 28116 hab. et un ehef-lieu d'arr. des Bouches-du-RhOne, sur la rive g. du Rhône, près de l'endroit où il se divise en deux bras formant l'île de la Camargue (p. 376). Sur la rive dr. est le faubourg de Trinquetaille, relié à la ville par un pont de fer de 220 m. (pi. B 2) ; il n'a rien d'intéressant.

Arles, VArelate ^es anciens, dont les origines sont douteuses, rivalisait avec Marseille au temps de Jules César qui la fit colonie romaine. Elle s'embellit bientôt de nombreux monuments et elle fut surnommée la Rome gauloise». Constantin le Grand l'habita souvent et réunit par un pont de pierre (pi. D 1) à celui de la rive g. le quartier commerçant de la rive dr., aujourd'hui Trinquetaille. Elle est censée avoir eu sous les Romains jusqu'à 100000 habitants. Le christianisme y avait déjà été prêché, dit-on, par un disciple de St Paul, St TroxtMme d'Ejihèse (Act. des Ap. XX, 4). Arles devint sous Honorius le siège de la préfecture des Gaules; elle demeura assez longtemps indépendante après les invasions, puis elle fut la capitale d'un royaume (879) qui comprit depuis le xi« s. tout le pays situé entre le Rhin, la Saône, le Rhône, la Méditerranée et les Alpes et dépendait de l'Empire germanique. De 1150 à 1251 , Arles fut une république. Elle se soumit enfin à Charles d'Anjou, comte de Provence, et elle suivit dès lors la destinée de ce paj's qui fut réuni à la France en 1481. Son histoire ne relate plus ensuite que des faits d'importance locale, surtout la peste de 1720-1721 et une grande inondation en 1756. Arles a un port d'une certaine importance, bien qu'à 43 kil. de l'embouchure du Rhône. — Les Arlésiennes sont célèbres par leur beauté (type grec) et leur joli costume, avec sa <• cl^pelle» de fichu ))lanc et son ruban diadème en velours noir, adopté vers 1815.

On arrive de la firande Gare et de celle de Fontvieille dans la ville par \b jardin de la Cavalerie et la porte de ce nom (pi. E 1).

Arles a conservé près de là, au N. et à l'E., une partie de ses anc. remparts, le long desquels s'étendent de beaux boulevards qui se prolongent au S. jusqu'au Rhône. Les rues étroites et tortueuses de la vieille ville sont pavées avec les caillons de la Cran (p. 378). .

On entre directement en ville par la rue Voltaire (pi. E 1-2) ; à une bifurcation, la fontaine Fiehot (pi. E 1), à la mémoire d'Amédée Pichot (1796-1877), écrivain originaire d'Arles.

Les ^arènes (pi. E3), plus loin à g., sont un des plus grands amphithéâtres que les Romains aient élevés dans les Gaules, mais

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Théâtre antique. ARLES. ^^' -R- ^•>- 367

elles sont moins bien conservées que celles de Nimes (p. 314). Construites de gros blocs de pierre sans ciment, elles forment une ellipse dont le grand axe mesure 136 m. 15 et le petit 107 m. 82. Elles pouvaient contenir 26 000 spectateurs. L'extérieur présente deux étages de 60 arcades, avec des pilastres et des colonnes engagées, le premier étage d'ordre dorique, le second d'ordre corinthien. Il y a quatre portes, aux extrémités des axes, la principale, l'entrée actuelle, du côté N. L'attique a disparu. Ces arènes sont probablement du ler ou du ne s. de notre ère. Elles furent transformées en forteresse au vin« s., où l'on éleva au-dessus des portes des tours, dont trois subsistent encore: celle de l'O., la plus haute, offre une belle vue. Plus tard, elles furent encombrées de masures, et elles n'ont été déblayées que de 1825 à 1830. On peut les visiter, en s'adressant au gardien, en face, Rond-Point-des-Arènes, 6 (pourb.). Elles servent en été à des courses de taureaux, qui ont lieu le dimanche (v. p. 315).

A l'E. ou à g. des arènes, l'église Xotre-Dame-la-Majur (pi. E 3) , où se tint le concile de 453. L'édifice actuel ne remonte toutefois qu'à 1152 et a été fort remanié.

Le théâtre antique (pi. DE 3), au 8.-0. derrière les arènes, après la «tour des Cordeliers», passe pour avoir été commencé sous Auguste, mais achevé au ni^ s. Il était aussi grand que celui d'Orange (p. 347), mais il fut détruit dès le v« s., et les matériaux employés à la construction de plusieurs églises, notamment du cloître de St-Trophime. Sur la scène se trouvait un portique , dont il est resté debout deux colonnes entières, l'une en marbre dit africain, l'autre en marbre de Carrare. On aperçoit encore les rainures qui servaient à abaisser le rideau. Comme le prouvent des restes de sculptures, ce théâtre était richement décoré; on y a trouvé des œuvres d'art qui sont au musée lapidaire (v. p. 369), et en 1651 la Vénus d'Arles que possède le Louvre.

Au delà des ruines, mw jardin publie (pi. D E 4), avec un groupe en marbre de Xiobé, par H. Lefébure (1903).

De l'angle X.-O. du théâtre, la rue de la Calade (pi. D3) conduit à l'hôtel de ville qui est de 1673-1675, sauf la tour de l'Horloge, de 1547, et le Mars en bronze qui la couronne, de 1555. On remarquera la voûte plate du vestibule. Au palier du l^^ étage, moulage de la Vénus d'Arles (v. ci-dessus).

La place de la Bëpublique (pi. D 3) a au milieu un obélisque romain, sans hiéroglyphes, en porphyre bleu de TEstérel (p. 416), érigé ici en 1675. C'était la «meta» d'un ancien cirque, au S.-O. de la ville (pi. A4). La base est une fontaine moderne, avec quatre lions de bronze dus à Dantan (1829). La hauteur totale du monument est de 19 m. 82, celle de l'obélisque même de 15 m. 28.

^St-Trophime (pi. D 3), l'anc. cathédrale, sur la même place, est un édifice très ancien, que l'on a dit fondé sur les ruines du

368 lV.B.4r,. AKLKS. St-Trophhnc.

prétoire romain; mais il a été remanié plusieurs fois, rebâti de 1152 à 1180, agrandi de tout le chœur en 1430 et restauré au xixe s. par Révoil. Il est du style roman, à trois nefs et à transept, avec tour sur la croisée, les collatéraux voûtés en quart de cercle. La partie la plus remarquable est le "^portail, du style roman du xii*' s., avec six colonnes, en partie sur des lions; entre ces colonnes, des statues d'apôtres et de même entre les pilastres, où l'on voit en outre à g. St Trophime (p. 366) et à dr. une Lapidation (le St Etienne. Au-dessus court une frise richement sculptée représentant à g. les Elus, au milieu le Christ et les apôtres, à dr. les Képrouvés. Au tympan, le Christ avec les symboles des évangélistes: dans Parchivolte, des chérubins.

L'intérieur, à trois nefs avec transept, est simple. A g., un Christ en croix par un peintre inconnu: les fonts, sur un devant de vieux sarcophage chrétien en marbre blanc. Aux murs des bas côtés, douze vieilles tapisseries. - Au-dessus de l'arc de triomphe, une Lapidation de St Etienne, par Louis Finson . de Bruges, élève du Caravage (m. à Amsterdam en 1617); dans la chap. de dr.. une Adoration des Mages par le même et un tombeau mutilé d'archevêque (1630). — Dans la chap. sombre à dr. de l'abside, un saint-sépulcre du xvi» s. , composé de dix personnages; un vieux sarcophage chrétien à autel et deux du moyen Age sur les côtés. Plus loin, une grille du xviiie s. — Dans la chap. 'voisine du transept g., un vieux sarcophage chrétien (le Passage de la mer Rouge) , au-dessus duquel est un grand bas-relief représentant l'Assomption. — Sur le mur occidental du croisillon g. du transept, uu Concile d'Arles présidé par St Césaire, par un inconnu (xv^ s.J.

Un escalier à dr. du chœur après la sacristie (inscription) conduit au ^cloître de Sf -Trophime, qui se compose de quatre galeries de 19 et de 17 m. de longueur, de diverses époques: le côté N., du xii^ s., et le côté E., de 1221, sont romans; le côté 0., de 1380, et le côté S., de 1505, sont du style gothique. Partout, même dans les parties gothiques, des colonnettes gemellées en marbre aux riches chapiteaux, représentant des scènes de la Bible, Ste Marthe et la Tarasque (v. p. 364), etc., des pilastres cannelés et des statues. Un gardien (pourb.) donne les explications. Sur le côté S., une sortie donne sur la rue du Cloître.

Le -musée lapidaire (pi. CI) 3), dans l'ancienne église 8te- Anne, construite de 1619 à 1629, en face de St-Trophime, est surtout très riche en sarcophages antiques et chrétiens, en marbre et à basreliefs, provenant des Aliscamps (p. 370). Il est public le dim. de 10 h. à midi et ouv. t. les j. de 9 à 5. Il n'y a pas de catalogue. Conservateur, M. C. Férigoule.

Côté gauche. A l'entrée, colonne provenant du port (p. 366) et entaillée par les amarres des navires, avec une inscription en l'honneur de l'empereur Constantin. — l""^ travée: groupe de Médée et ses enfants; partie de sarcophage avec Cueillette des olives. — 2» travée: tombeau de Junius Messianus, chef des navigateurs utriculaires d'Arles (iv» s.). — .^«travée, les plus beaux *sarco2)hages chrétiens: à g.. Miracles de J.-C; au mur du fond , le tombeau des douze Apôtres . surmonté de son couvercle où l'on voit, dans deux médaillons, les portraits des défunts; audessus, un sarcophage à cinq tableaux divisés par des colonnes (de g. à

Miiaénn Arlnfen. AKLP]S. ^l- ^- ^■'>- IjGQ

(Ir., le Lavement des pieds, le Bon pasteur entouré de quatre apôtres, le Christ devant Pilate; 2^ moitié du iv^ s.); à dr., le tombeau de Chrysothe (Jésus avec ses apôtres et d'autres personnages), au-dessus, le Passage de la mer Rouge. — Entre les travées 3 et 4, jolie tête d'enfant rMareellus?) sur une colonne. — 4« travée, encore des tombeaux remarquables: à g., le Christ et les apôtres (décapités;), au-dessus, le couvercle du tombeau païen d'Hydria Tertnlla et de sa tille Axia, et le beau sarcophage dit de rOrante ou de Moïse; :'i dr.. les tombeaux dits de la chaste Suzanne (en basj et de Jonas (en liant), avec des mc"daillons représentant les tètes des défunts. — Entre les travées 4 et .'). statue de danseuse mutilée. — de travée: à g., sarcophage dit du Miracle de la multiplication des pains et dont le couvercle est celui du sarcophage de St Hilaire, évêquo d'Arles de 429 à 149: au milieu, partie d'un autel du théâtre antique (sur le sevant, Apollon; sur les côtés, Marsyas et le Scythe). — A g. du chœur, .'>ur un autel de Cybèle (la Bonne Déesse), un *buste d'Aphroâift-, dit aussi buste de Livie, copie antique d'après un original inconnu, peut-être de Praxitèle (iv« s.).

Chcfa*r. — Petit autel dit de Léda (plutôt d'Apollon), orné de cygnes, d'une guirlande de lauriers et de palmiers; dans les vitrines, de petits fragments et de petites antiquités, notamment des vases, des terres cuites, des verres, des bronzes, des médailles, des bijoux, en particulier une sorte de grosse perle en or, dans la vitrine de gauche.

Côté droit. — 6^ travée, à g. en revenant: le Dieu Mithra (décapité), entouré d'un serpent et avec les signes du zodiaque: piédestal antique de l'obélisque mentionné p. 367. — Entre les travées 6 et 7, danseuse antique, mutilée, — 7^ travée: à g., tombeau avec la Résurrection de la lille de Jaire: en face, une chasse au cerf et au sanglier, d'un tombeau du uf s.: au milieu, statue colossale de l'empereur Auguste. — 8e-10e travées: sarcophages païens et chrétiens ou j^arties de sarcophages; Mariage romain, Multiplication des pains; fragments d'architecture.

Xef. — Sarcophages, notamment le premier à dr. (instruments de •musique), le ^dernier à dr. (Cornelia Jacaena) et *celui du fond (Mort d'Hippolyte); cippes, tuyaux en plomb d'aqueduc romain portant le nom du fabricant. A dr. et à g., deux silènes couchés ayant orné des fontaines et provenant du théâtre. Au milieu, une belle mosa'ique (l'Enlèvement d'Europe).

Le -muséon Arlaten ymusée Arlésie/i ; pi. C3), créé depuis 1897, sur l'initiative du poète Mistral (p. 365), a été iustallé eu 1909, avec les revenus de son prix Xobel, dans l'ancien palais de Laval (xv^ s.), dit Palais du Félibrige, rue de la République. C'est une collection ethnographique régionale, ouv. le dim. de 1 :'i 4 h., et visible les autres jours (ôO C). Les salles contiennent des objets ayant trait aux habitations, mobilier, ustensiles, costumes anciens et modernes (la Visite ;i Taccouchée, Xoël dans une anc. cuisine provençale), traditions et fêtes populaires. Il y a des inscriptions en langue provençale.

La place du Forum (pi. CD 3), à quelques min. ;i g. derrière l'hôtel de ville, par la rue du Palais, est l'anc. forum romain et encore le centre de la ville. On y a élevé, en 1909, un monument de Frédéric Mistral (p. 365). avec la statue du poète par Théod. Rivière. A g. de l'hôtel du Xord, deux colonnes corinthiennes avec un reste de fronton.

Les autres restes de l'antiquité dispersés dans la ville sont sans importance, si ce n'est toutefois ceux du prétendu palais de Constaiitiri (pi. D 2j, dit «la Trouille», engagés dans des maisons ati X..

370 ^T- ^- 45. ARLE8. AUncampsi.

près (lu Rhône, mais qu'on A^oit du quai. C'étaient en réalité des thermes, dont une partie très importante ne laissant aucun doute sur la destination, a été dégagée. Il est possible cependant qu'au S, un palais y ait été accolé.

Près de là, dans l'anc. Grand-Prieuré, le petit musée Réattu (pi. D 2), ainsi nommé de son fondateur, un peintre arlésien (1760- 1833). S'adr. au concierge. Il n'y a pas de catalogue.

Rez-dk-chaxtsske et escalier, tapisseries d'Arras. — Premier étage. — Salle A: dessins, pastels, etc., par Réathi. — Salle B, anc. atelier de Réattu: à g., 19, Bibera, St Jacques; 14, le Co ravage (9), Brigand calabrais ; 158, Fouqvé, portr. de la fille de Réattu, donatrice de la collection ; 9, le Guerchin, Catherine d'Aragon ; devant, un reliquaire contenant des souvenirs de Réattu ; 21, le Tintoret, Sénateur vénitien : 22, Anii. Carrache, portr. de femme; 28, R. Metigs, portr. de femme: 25, Ruhens, Persée délivrant Andromède (tableau d'atelier); 46, Réattu^ Narcisse se mirant dans l'eau; 8, Ribera, St Jérôme; fi7, Watteau, Joueur de guitare; 70, Jos. Vernet, Tivoli; 58, 59, Salv. Rosa, paysages; autres tableaux de Réattît, en particulier des grisailles faites pour le temple de la Raison à Marseille, etc.; au milieu, buste en marbre de Balechou, graveur d'Arles, par Dieudonné (1881). — Salle C: 142, A. Potier^ les Saintes-Mariés (p. 376) ; 140 (en haut), Raspal, Arlésienne au xviii" s. ; 148, Poilpot, la Proie; 154, école ital. dv Are .s., Vierge. — Salle D: 183, L. Glaize, le Premier duel (1870). — Salle E: encore quelques tableaux et des photographies de monuments du pays. — Salle F, de l'autre côté de l'escalier: des estampes et un bas-relief faussement attribué à Jea7i Goujon.

La rue Réattu, en face du Grand-Prieuré, et la rue du Quatre- Septembre, à g., ramènent à la rue Voltaire (p. 366). Dans la seconde est Véglise St-Anfoine (pi. D 2), reconstruite dans le style goth. en 1647. Elle a dans le chœur une sorte de grand retable en bois de l'époque, d'une ornementation fort riche, et à dr. de l'entrée, une cuve baptismale en métal, reposant sur quatre bœufs.

On devra encore visiter les Aliscamps, au delà de l'avenue Victor-Hugo, par le boni, des Aliscamps (pi. E4), puis à g. le long du canal de Craponne.

Les Aliscamps ou Champs-Elysées (v. pi. E 4) sont l'anc. cimetière romain, consacré, d'après la tradition, par St Trophime (p. 366) aux sépultures chrétiennes. Ils eurent au moyeu âge une telle célébrité qu'on y apportait les morts de fort loin et que le Dante en fait mention dans son Enfer (ix, 112), Plus tard, ils furent négligés, les monuments en furent détruits et dispersés et les terrains morcelés. On a toutefois recueilli de nos jours les sarcophages qui s'y trouvaient encore et on en a placé la plus grande partie le long d'une promenade nommée Vallée des Tombeaux. Ils sont nombreux, mais sans ornements, les plus remarquables étant au musée et à St-Trophime. A l'entrée, une petite chapelle, avec un reste de la porte du cimetière. Puis la maison du gardien qui fait voir l'église du fond. Vers le milieu, à dr., le monument des consuls victimes de la peste en 1720. A l'extrémité, les ruines d'une église St-Honoraf, reconstruite au début du xiii^ s., dans le style roman, remaniée au xvii® s. et inachevée, avec une tour octogone.

E.rc. d'Arien. MONTMAJUUR. Carte, p. 377. IV. B. 4o-. a71

On pourra enfin voir en revenant l'anc. église romane de Sf-Jeatide-Moustier (pi. E 4) , dont l'abside en demi-coupole a extérieurement des contreforts en forme de pilastres cannelés (xn^ s.).

D'Arles à Jlai-seiUe. v. E. 47; à Nitnes, par le cLemiu de fer de la Camargue, v. p. 320. — Excio'sians d'Arles, v. E. ifô.

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