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LA CORSE

V. De Nice a Calvi ou a l'Ile-Rousse (alternativement): 95 ou 97 milles (17«> ou 180 kil.); le mercr. mat. (rapide) et le dim. matin. Retour: le mardi soir (rapide) et le dim. soir. Trajet en 0 h. =*/4 et 7 h. ou 7 h. et 7 h. 40. Prix: 29 et 19 fr., nourriture comprise.

VI. De Nice a Bastia: 123 milles ou 228 kil.; le sam, soir (rapide). Retour: le vendr. soir (rapide). Trajet en 8 h. '■^U. Prix: 25 fr. 50 et 10 fr. 50, sans nourriture.

VII. De Livourne a Bastia: 64 milles ou 118 kil. Comp. Fraissinet: le lundi mat. (rapide), le merer. à midi et le vendr. à midi (rapide); retour, le dim. mat. (rapide), le mardi mat. et le vendr. soir (rapide); trajet en 4 h. 85 (rapide) et 6 h. 25; prix, 17 et 14 fr., sans nourriture; — Navigazione Générale Italmua (agence, v. p. 483), bateau venant de Gênes (départ de Gênes, le mercr. à 9 h. du soir); le jeudi à 11 h. du mat. (pour le retour, V. p. 504); trajet en 0 h.; prix, 21 fr. 20 l't 1.') fr. 10, nourriture comprise.

B. Services côtiers.

I. D'Ajaccio A Propriano: le mercr. après-midi (t. les 15 j.), le jeudi à midi (rapide) et le sam. après-midi. Retour: le mercr. matin, le jeudi mat. (t. les 15 j.) et le sam. mat. (rapide). Trajet en 1 h. 55 (rapide) et 2 h. 25. Prix: 0 et 5 fr.

II. De Propriano a Bonifacio: le dim. à midi. Retour: le mardi à midi. Trajet en 3 h. Prix: 5 fr. 50 et 4 fr. 50.

III. D'Ajaccio a Calvi ou a l'Ile-Rousse (alternativement) : le mardi à midi (rapide; vue magnifique de la côte occidentale de l'île). Retour: le mercr. soir (rapide; trajet de nuit). Trajet en 4 b. 10 ou 4 h. 45. Prix: 8 f r. 50 et 6 f r. 50.

IV. D'Ajaccio a Bastia, par Propi-iano, Bonifacio et Porto- Vecchio : le sam. après-midi, t. les 15 jours. Retour: le lundi matin. Prix: 22 et 17 fr.

V. De Calvi a Bastia, par V Ile-Rousse, St-Florent et Macinaygio, ou DE l'Ile-Rousse a Ajaccio, par Calvi et Sagone (alternativement): le vendr. à midi ou l'après-midi. Retour: le dim. matin. Prix: 20 fr. .^)0 et 10 fr. 50 ou 15 fr. .50 et 12 fr. 50.

Nota. Un passeport peut être utile pour les courses dans l'île. On évitera de prendre des photographies et de dessiner aux alentours des forts et travaux de défense. — Une semaine suffit pour visiter Ajaccio, Vizzavona, Corte et Bastia.

La Corse (lat. Corsica, grec Kyrnos) est située par 43°-41° 21' de latitude N. et 6° 12'-7° 18' de longitude E. du méridien de Paris, à 180 kil. de la France et seulement 84 de l'Italie, et séparée de la Sardaigue par le détroit de Bonifacio, large de 12 kil. Elle a une superfi^cie de 8722 kil. carrés et elle comptait 291160hab. en 1906. Une large chaîne de montagnes, composée surtout de granit, la couvre presque en entier. Elle s'abaisse brusquement à l'O., en formant une multitude de promontoires escarpés et de golfes profondément découpés, tandis qu'à l'E. les alluvions ont été plus considérables et la côte paraît plate, surtout de Bastia à Solenzara, où elle est en outre parsemée d'étangs.

Cette île a un caractère sauvage et majestueux, grâce à ses montagnes très élevées, relativement à leur peu d'étendue, la chaîne centrale ayant eu moyenne de 1600 à 2300 m. de hauteur, le mont d'Oro, 2891 m., le Rotondo, 2625 m., et le C'into, 2710 m. La plus grande partie de la Corse est inculte, par suite de l'incurie des habitants et du manque de débouchés; mais il y a du moins dans la montagne des forêts superbes, jadis beaucoup plus étendues, dont on admire surtout les pins laricios, les chênes verts et les hêtres. Il y a aussi de magnifiques châtaigniers, et la farine de châtaigne est la base de la nourriture des montagnards corses. L'olivier y forme encore de grands bois. Mais bien des forêts d'autrefois (env. 500/,, jg la superficie totale de l'île) sont remplacées par le fameux maquis, broussailles composées de magnifiques arbousiers, de cistes, de lentisques, de bruyères arborescentes (2 à 3 m.), etc., où paissent les troupeaux et qui sont' le refuge des bandits (v. p. 501). De grands massifs forestiers ont été détruits par des incendies plus ou moins volontaires.

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et le maquis subit le même sort. — La flore de la Corse se distingue moins par sa variété que par son originalité, beaucoup d'espèces, surtout dans les montagnes, ne se retrouvant pas ailleurs. — Sous le rapport minéralogique, au contraire, la Corse le cède beaucoup à la Sardaigne; mais elle a quantité de sources d'eaux minérales, dont les plus connues sont celles à/Ch-ezza (p. 5U9), de Guayno (p. 497) et de Guitera (p. 498). ~ Diverses parties de l'île produisent d'excellents vins, surtout rouges, mais en général plus forts et plus âpres que ceux de France. Les meilleurs viennent de Sari d^Orcino, de C'aryèse, de Chiavari, etc., sur la côte occidentale, et la région du cap Corse en produit aussi de bons (quelques-uns blancs). Il y a beaucoup d'abeilles dans le maquis, et le miel est en Corse un article d'exportation. Au contraire, la production des céréales est loin de suffire aux besoins de la population. D'ailleurs, la Corse est un des départements les plus pauvres de France: elle ne rapporte qu'env. 6 millions à l'Etat, tandis qu'elle lui en colite 19, la population étant fort peu laborieuse et encore moins industrielle.

Par sa nature et sa position, l'île est italienne, et il en est de même de son histoire jusqu'en 1769, Réunie ensuite à la France, elle lui a été lattachée de la manière la plus étroite par les Bonaparte. Elle en forme le 86^ département, avec Ajaccio pour chef-lieu, et elle se divise eu cinq arrondissements: Ajaccio, Bastia, C'alvi, Carte et Sartène. La langue du pays, qui est un dialecte italien, se maintient encore, mais le français se parle à peu près partout.

Les beautés naturelles s'unissent dans cette île aux souvenirs historiques pour dédommager le touriste des fatigues et des privations auxquelles il doit se résigner; mais elle ne possède guère d'antiquités ni d'oeuvres d'art. La meilleure époque pour visiter la Cor.se est le printemps, à partir de fin avril, et le mois d'octobre; il faut éviter la plage en été, où elle est encore désolée par les fièvres paludéennes. Ajaccio est une station d'hiver, v. p. 488.

Les chemins de fer permettent de visiter quelques-uns des points les plus remarquables; beaucoup d'autres sont accessibles par des routes généralement bonnes. Des services automobiles ont remplacé en maints endroits les voitures publiques, souvent incommodes et malpropres. Consulter l'indicateur mentionné p. 483 ; retenir ses places la veille, de préférence en coupé. Si on est nombreux, on fera mieux de louer une automobile partictili'ert (s'entendre d'avance, v. ci-dessous). De bonnes voitures particuii'eri'S a ?, ou 4 places coûtent de 10 à 15 fr. par jour et davantage à Ajaccio: puurboire, 2 à ?> fr. On ne voyage guère à pied ; le Corse lui-même, ainsi que l'Italien, s'en abstient autant que possible. Le moyeu de locomotion le plus ordinaire et le plus pratique hors les routes est le cheval ou le mulet (8 à 10 fr. par jour, avec guide). Il importe toujours de bien s'entendre à l'avance, personnellement et au besoin par écrit. Enfin, les cyclistes, qui ne craignent pas les côtes longues et dures, trouveront des routes excellentes et sans pous.sière.

Les hôtels, sauf ceux d'Ajaccio et les auberges, ne sont pas chers, mais manquent trop souvent de confortable et de propreté. Dans les endroits les plus fréquentés, les hôteliers tendent à élever leurs prix, p. ex. en comptant à part le vin de table, contrairement à la coutume du pays. Il est d'usage de comprendre dans les prix faits aux touristes la nourriture du cocher. On fera bien de commander ses repas la veille par dépêche et de faire préparer d'avance des chambres dans les petits endroits, quand on est plusieurs. Enfin, il est souvent utile d'avoir des boîtes de conserves. L'hospitalité, qui doit être acceptée, quand on vous l'otfre, est absolument gratuite, mais non toujours agréable.

Le Corse est hospitalier et frugal, mais indolent. Dans les familles pauvres, les femmes étaient autrefois chargées des travaux des champs; les gens aisés emploient des Toscans, appelés « Lucquois » et qui sont méprisés (15 à 20000 par an). Le Corse est toujours armé, et ou sait qu'il aime à se faire justice par lui-même: quiconque a commis un meurtre s'enfuit par crainte de représailles dans le maquis (p. 48^1), où il mène parfois pendant

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