IV. Hôtels, maisons meublées, restaurants et cafés
Hôtels. — Il y a, dans le Sud-Est, à Aix-les-Baius et surtout sur le littoral méditerranéen, un certain nombre d'hôtels de luxe qui comptent parmi les meilleurs du monde. Ils sont organisés avfC tout le confort modernes: hall, salons, fumoirs, calorifères, ascenseurs, bains, etc. Leurs prix sont en conséquence. En outre, les premiers hôtels des grandes villes sont également bien organisés, mais il n'en est pas toujours ainsi des autres. Si les lits y sont généralement confortables et propres, et la table d'hôte bonne, ils laissent souvent à désirer pour le reste. Cependant, les eft'orts du Touring-Club (v. ci-dessus) ont déjà amené à ce point de vue des améliorations très sensibles.
Le mieux est donc, en province, de choisir les premiers hôtels ; mais il ne faut pas toujours s'en rapporter au nom. Xous avons tâché de classer ces maisons d'après leur importance, en marquant les plus recommandables d'un astérisque (*) ou des mots «bon» ou «recommandé» (v. p. vi) ; mais on se rappellera ce qui est dit à ce sujet dans la préface. Une des causes principales de changement, c'est le personnel, qui se renouvelle souvent.
Les hôtels près des gares sont en général d'ordre secondaire, et ils ont souvent l'inconvénient de posséder un café plus ou moins bruyant; mais il y a des exceptions.
h^è^ prix des chambres varient habituellement entre 1 fr. 50 et 4 fr., tout compris. Il n'y a guère d'exceptions à faire que pour les (fraudes villes, les villes d'eaux, les bai/is et les stations d'hiver, dans la saison. Il est toujours bon de s'informer des prix d'avance. Le l'*'" déjeuner coûte d'habitude 1 fr. à 1 fr. 50; le 2^ déjeuner, vers midi, 2 fr. 50 à 4 fr. ; le dîner, vers 7 h., 3 à 5 fr. Il faut s'attendre à uue majoration des prix indiqués dans le corps de ce volume pour le !«•■ déjeuner servi à la chambre et pour les autres repas en dehors de la table d'hôte. Le vin y est généralement
XX INTRODUCTION. Hôtels.
compris, sauf dans les maisons qui ont adopté les habitudes étrangères, surtout dans les grandes stations hivernales et balnéaires. La table d'hôte n'est pas d'habitude obligatoire, mais ou ne saurait guère, en province, être mieux servi ailleurs. Quelquefois, du reste, le prix de la chambre est plus élevé si l'on ne prend pas ses repas à l'hôtel. Aussi est-ce assez l'usage de compter à la journée (pension), de 7 à 12 fr.
Si l'on reste quelque temps dans un hôtel et qu'on n'y prenne point tous ses repas ou qu'on y fasse des dépenses exceptionelles, il est bon, pour éviter les «erreurs», de demander sa note tous les 3 ou 4 jours; il est plus facile alors d'obtenir des rectifications. Quand on doit partir de bon matin, se faire donner cette note la veille, sauf à ne la régler qu'au départ, quand ou n'a pas besoin de changer un billet. Demander toujours une note détaillée et se défier des additions sommaires et de vive voix.
On gardera dans sa malle son argent et ses valeurs, car les meubles des hôtels n'offrent pas assez de sûreté. Si l'on a de grosses sommes, il est bon de les confier, contre reçu, au maître de la maison ou mieux encore à un banquier ou à un ami. En arrivant le soir, demander par précaution où sont les cabinets, et se faire donner des allumettes, car il y en a rarement dans les chambres.
Les hôtels de province ont généralement des omnibus aux gares, ou, s'ils n'en ont pas, le service est fait par un omnibus du chemin de fer. Quelquefois l'omnibus n'appartient pas à l'hôtel dont il porte le nom, mais à un entrepreneur, qui se fait payer en arrivant, et autant pour un colis à la main qu'on lui confie que si l'on faisait personnellement usage de sa voiture. En outre, ces omnibus, qui sont prêts à vous transporter à l'arrivée, ne le sont pas toujours au départ, quand le train ne doit pas leur amener de voyageurs et que vous êtes seul. A noter encore qu'ils partent pour être à la gare à l'arrivée, même quand le train doit s'y arrêter longtemps, et par conséquent bien avant l'heure où l'on aurait besoin de partir.
A ceux à qui la société ne déplaît pas et qui ne sont pas trop exigents, nous recommandons les hôtels fréquentés par les voyageurs de commerce. On les reconnaît à l'arrivée aux omnibus chargés de caisses d'échantillons, noires, avec garnitures de cuivre. Ces maisons sont passables, sans être trop chères, et elles ont d'habitude une bonne table à un prix modéré. Mais il faut ajouter que les meilleures chambres y sont pour les clients habituels. Les voyageurs de commerce y paient d'ordinaire 7 fr. 50 par jour pour la chambre, le second déjeuner et le dîner.
Maisons meublées. — On trouve beaucoup de logements meublés dans les villes d'eaux et de bains et les stations d'hiver, à louer en totalité ou en partie, depuis la villa la plus luxueuse jusqu'à la plus modeste chambre garnie. Pour en avoir à sa convenance et à meilleur compte, le mieux est de s'en occuper soi-même,
Restaurants. INTRODUCTION. XXI
car les annonces sont généralement peu exactes et les agences sont toujours des intermédiaires coûteux, la remise que leur font les propriétaires devant se retrouver dans les prix de location. Si l'on se contente de peu, il n'est pas impossible de trouver en arrivant un logement garni, mais il vaut encore mieux descendre d'abord dans un hôtel, où il n'est pas rare que le propriétaire fasse pour la saison des concessions acceptables.
On fera bien de ne pas s'installer dans une maison ou un appartement avant d'avoir fixé les conventions par écrit, sur papier timbré (en double), et d'y avoir inséré un état des lieux détaillé, dans lequel on n'oubliera pas les défectuosités des meubles, de la vaisselle, du linge, des tapis, des papiers peints, etc. On conviendra aussi d'avance des indemnités qu'on pourrait avoir à payer. Plus on mettra de soin à faire un tel écrit, moins on courra le risque d'avoir des difficultés en quittant la maison.
Restaurants. — Il n'y a guère en province, si ce n'est dans les grandes villes, de restaurants qu'on puisse recommander aux étrangers. Les hôtels en tiennent lieu, car on peut toujours, sans y loger, s'y présenter aux heures des repas pour demander à déjeuner ou à dîner à la table d'hôte, et l'on peut même s'y faire servir à d'autres moments. On a toujours avantage à manger à la table d'hôte, car les repas à la carte ne valent pas les autres et coûtent plus cher. Dans tous les cas, s'informer des prix, s'ils. ne sont pas marqués sur la carte, ou dire à quel prix on veut être servi.
Cafés. — Les cafés sont nombreux en province, comme à Paris, et dans le même genre. On n'y saurait recommander la bière dans les petites villes du Midi. Le café et la brasserie sont, dans la. soirée, le rendez-vous des gens oisifs, qui y viennent lire les journaux et faire leur partie. Il n'y a le plus souvent aucune autre distraction. On y trouve ce qu'il faut pour faire sa correspondance.