VI. Excursions à pied. Refuges. Guides. Chevaux. Hygiène
Il est avantageux, si l'on veut faire des courses de montagne, d'être membre d'un club alpin. Le plus important de France est le Club Alpin Français («C.A.F. »; v. p. 232) dont le siège social est à Paris, 30, rue du Bac, et qui a en province de nombreuses sections mentionnées dans le Guide. Pour la Société des Touristes du DaupMné («S.T.D. »), v. p. 197 et 232.
Excursions à pied. — Le costume normal de l'excursionniste comprend, outre une chemise de flanelle, des bas de grosse laine et un caleçon en cretonne légère, une culotte ample retenue audessous des genoux par une boucle ou des boutons, une tunique ou un veston à un rang de boutons, muni de poches nombreuses et spacieuses se fermant avec des boutons et un chapeau de feutre souple. Le tissu des ces vêtements doit être un drap solide, qu'on ne craindra pas de choisir épais et pour lequel le loden tyrolien peut servir de modèle. Enfin, un manteau léger en tissu imperméable (éviter le caoutchouc), sans manches et formant pèlerine, est indispensable en cas de mauvais temps. Les meilleures chaussures sont les brodequins de chasse, à bouts larges, à fortes semelles et lacés sur le milieu; on les fera garnir de gros clous avant les grandes ascensions et pour aller sur les glaciers. Il importe qu'ils soient déjà faits aux pieds. Pour leur conserver la souplesse, on aura soin de les graisser après chaque course.
Si l'on doit prendre des bagages, il faut un sac qui puisse se porter facilement sur le dos. On trouve des bâtons ferrés, à raison de 1 fr. et davantage, aux endroits où l'on en a besoin ; mais pour les courses de montagne sur la neige et la glace, le bâton doit céder la place au piolet qui rend d'inappréciables services. Il faut aussi des conserves fumées ou bleues, garnies sur les côtés, et une corde (v. p. xxni) que possède d'habitude le guide (s'assurer qu'elle est en bon état). On n'oubliera pas un bidon, un gobelet en cuir et un bon couteau à tire-bouchon. On aura ensuite, suivant les besoins: une carte spéciale, une jumelle, une boussole, un thermomètre, un baromètre anéroïde, une pharmacie de poche.
Avant une excursion, s'informer du temps la veille, auprès de l'hôtelier ou d'un homme expérimenté. Il ne faut pas toujours ajouter foi aux assertions des guides. C'est un signe de beau temj^s durable lorsque le vent souffle le soir des hauteurs dans la vallée, ou quand les nuages se divisent et qu'il vient de tomber de la neige sur les montagnes. Quand les troupeaux paissent en remontant la montagne, on peut compter, dit-on, sur un ciel serein. Le mauvais
à pied. INTRODUCTION. XXIIT
temps se prépare dès que les sommets lointains, colorés en bien foncé, tranchent vivement sur l'horizon et paraissent plus proches; le vent d'ouest, les tourbillons de poussière sur les routes, les vents soufflant de bas en haut, sont autant de signes de pluie.
Règles pour la marche. On commence par de très petites journées, et l'on part de bonne heure. Après 2 à 3 h. de marche, on se repose Va^- à un endroit convenable, et l'on prend quelque chose. Il est bon d'arriver à son but vers midi ; si ce n'est pas possible, on se repose pendant les chaleurs de midi, pour continuer ensuite son chemin.
Dans les ascensions, la règle est de marcher lentement, d'un pas égal et suivi: Chi va, piano, va sano; chi va sano, va lontano. On admet en général qu'on monte de 300 m. à l'heure. Des jeunes gens vigoureux vont sans doute plus vite, mais il importe au moins de ménager ses forces dans les premiers jours. Le débutant et surtout le touriste d'âge mûr ne doit avoir égard qu'à ses aises et ne hâter sa marche sous aucun prétexte. On se fatigue vite en faisant une ascension immédiatement après un repas. Il n'est pas moins fatigant de monter à côté d'un cheval, dont le pas règle celui du voyageur.
Il est absolument nécessaire dans les courses de haute montagne d'avoir un compagnon ou, le cas échéant, un guide (v. p. xxiv) ; vouloir marcher seul est une imprudence et une folie; mais il faut éviter les compagnons de route que l'on ne connaît pas suffisamment: ils peuvent vous retarder, déranger tout votre plan et même vous mettre dans l'embarras.
On traversera les glaciei'S autant que possible avant 10 h. du matin, car les rayons du soleil amollissent la croûte de glace qui se forme durant la nuit sur les tissures et les crevasses. Il est d'ailleurs très fatigant de marcher à midi, par la chaleur et un soleil éblouissant, sur des champs de neige ou de glace à demi fondue. Sur les glaciers, on marchera toujours attaché à la corde, de façon qu'il y ait au moins 3 m. d'intervalle entre chaque personne, et on tiendra la corde bandée sans la laisser traîner. Beaucoup d'accidents ont été la suite de l'inobservation de cette règle.
Il importe à'arriver de bonne heure sur les sommets, avant 9 ou 10 h. du matin, parce que plus tard les brouillards résultant de l'élévation de la température masquent d'ordinaire la vue, surtout au midi. — A V arrivée, on ne se livrera pas tout de suite à un repos absolu. Après s'être assis un moment, on fera une courte promenade, pour conserver la souplesse des membres.
On tâchera aussi d'arriver à temps à l'hôtel, afin d'être plus sûr d'y trouver de la place, d'y bien dîner, de prendre ses mesures en vue du départ, si l'on continue son excursion le lendemain (guide, provisions, etc.), et de se coucher de bonne heure.
XXIV INTRODUCTION. Guides.
Signaux de détresse. — Pour les touristes qui peuvent être en danger dans la haute montagne, le C. A.F. a adopté le code de signaux de détresse élaboré et préconisé par d'autres clubs alpins. Ce code, qui comprend des signaux optiques (drapeau, vêtement ou morceau d'étoffe attaché à un bâton, lanterne, feu, etc.) et acoustiques (cris, appels de corne ou sons aigus d'un sifflet, d'une trompette, etc.), consiste surtout à répéter un viême signal six fois par minute, à intervalles réguliers et à recommencer après une pause d'une minute. La réponse, c.-à-d. l'offre de secours, se donne au moyen d'un signal répété trois fois par min. et suivi d'une pause d'une minute. Pour mesurer les intervalles réguliers entre les signaux, on peut se servir d'une montre ou encore compter en cadence de 1 à 20, faire alors le signal, puis compter de nouveau de 1 à 20 et ainsi de suite, en ayant soin bien entendu d'attendre une min. après le sixième signal.
Refuges. — Les refuges des clubs alpins, construits dans le haut des montagnes, facilitent les grandes ascensions. Il ne faut pas naturellement s'attendre à y trouver beaucoup de confort, et il n'est pas inutile de se renseigner pour savoir si on y trouvera de la place. Les guides protestent avec raison contre la mauvaise habitude qu'on a prise de casser dans le voisinage les bouteilles vides; on les mettra de côté, si on ne veut pas les remporter.
Guides. — On n'ira nulle part dans les hautes montagnes sans guide, quand il ne sera pas dit qu'on peut s'en passer. Il n'y a que le novice qui fasse fi des dangers que peuvent présenter même des excursions en apparence sans difficulté, par suite d'un accident quelconque, d'un changement de temps subit, etc. On évitera surtout, en principe, de traverser seul un glacier. Le salaire d'un guide est de 6 à 8 fr. par jour, dans une excursion ordinaire et ne prenant pas plus de 8 h. Pour les autres, ils se paient en raison des difficultés et de la longueur de ces excursions. Il y a, dans les principaux centres d'excursions, des guides brevetés du C.A.F. et de la S.T.D. (v. p. 232). On fera bien de ne pas en accepter d'autres et de se faire montrer leur livret qui contient le règlement et le tarif.
Chevaux. — Un cheval ou un mulet coûte 10 à 12 fr. par jour dans les Alpes, plus 1 ou 2 fr. de pourboire, et à certains endroits, par ex. à Chamonix, on vous fait payer autant pour le conducteur. Il est, jusqu'à un certain point, agréable d'être à cheval pour monter, mais souvent très incommode et fatigant pour descendre, et on ne saurait même le conseiller aux personnes sujettes au vertige.
Hygiène. Avant d'entreprendre de grandes courses, on fera bien de frotter l'intérieur de ses bas, jusqu'aux chevilles, avec du savon ou du suif. Lorsqu'on a des ampoules, on les perce en y passant un fil de soie, qu'on y laisse. On se préserve de la brûlure des glaciers en s'enduisant bien le visage avec un peu de lanoline ou mieux encore en se le noircissant avec un bouchon brûlé avant de faire des courses de glacier. Un mouchoir de batiste, étendu sur la tête sous le chapeau, suffit pour protéger les oreilles et la nuque. Les inflammations de la peau dues au frottement, à la transpira-
Poste et télégraphe. INTRODUCTION. XX Y
tion, etc., se guérissent avec des frictions de lanoline à l'ichtyol, de vaseline ou de suif.
Ouvrage à recommander: Manuel d'Alpinisme, rédigé sous les auspices du Club Alpin Français (Paris, Lucien Laveur, 1904; 5 fr.).
Vn. Poste et télégraphe. Colis postaux.
Les services de la poste et du télégraphe sont généralement réunis dans un même local. Les débits de tabac vendent partout des timbres-poste. Outre les boîtes ans lettres locales, placées le plus souvent près des bureaux de tabac, il y en a aux gares, dont la levée se fait un peu avant le départ des courriers.
Poste. — Une adresse de lettre doit comprendre, avec celui de la localité, le nom du département où elle se trouve et même celui du bureau de poste qui la dessert, si la localité n'en a pas. Pour les objets de correspondance à destination de Paris, l'administration recommande d'indiquer le numéro de l'arrondissement.
Les lettres adressées poste instante ne sont délivrées qu'après justification de l'identité : celles qui ne portent que des initiales on des numéros peuvent être retirées sans pièce justificative.
Tarif. — France . colonies, pays de protectorat français et le Luxemliourg. Lettres ordinaires, papiers d'affaires et de commerce, 10 c. jusqu'à 20 gr. ; 15 c. de 20 ? 50 gr. ; 20 c. de 50 à 100 gr., puis 5 c. par 50 gr. — Cartes postaies : ordinaires, 10 c. ; avec réponse payée. 20 c. ; portant 5 mots au plus. 5 c. — Echantillons: 5 c. par 50 gr. ; pour les colonies, 10 c. jusqu'à 100 gr. — Imprimés: 5 c. par 100 gr. ; pour les colonies, 5 c. par 50 gr. — Becommandation : pour les lettres et cartes postales. 25 c. en sus; pour les imprimés et échantillons, 10 c. — Lettres chargées ou contenant des valeurs déclarées (maximum de 10000 fr.). le montant inscrit en toutes lettres sur Tenveloppe et celle-ci fermée au moins avec deux cachets à la cire, outre le port : 25 c. de droit fixe et 10 c. par 500 fr. déclarés. — Mandats de poste: 5 c. par 5 fr. jusqu'à 20 fr., 25 c. de 20 à 50 fr., 50 c. de 50 à 100 fr.. 75 c. de 100 à 300 fr., 1 fr. de 300 à 500 fr.. puis 25 c. par 500 f r.
Etranger, pays de l'Union postale universelle moins le Luxembourg (v. ci-dessus). Lettres ordinaires: 25 c. jusqu'à 20 gr., puis 15 c. par 20 gr. — Cartes postales et corresp. recommandée, comme ci-dessus. — Lettres chargées: pour l'Allemagne, la Belgique. l'Espagne, l'Italie et la Suisse, en plus de l'affranchissement et de la recommandation . 10 c. par .300 fr. déclarés; pour la Grande-Bretagne. 20 c. — Impirimés . 5 c. par 50 gr. — Papiers d'affaires: 25 c. jusqu'à 250 gr.. puis 5 c. par 50 gr. — Mandats de poste: 25 c. par 50 fr., pour la plupart des pays de l'Union, avec maximum de valeur d'env. 1000 fr. : pour la Grande-Bretagne, 10 c. par 10 fr.
Télégraphe. — Le tarif s'applique par mot, avec un minimum de 10 mots dans la correspondance intérieure et de 5 mots ou sans minimum dans la correspondance internationale. Dans la première, les noms composés de départements, villes, communes, boulevards et rues, et les numéros des maisons ne sont comptés que pour un seul mot. Au service international ou peut écrire certains noms composés en un seul mot, par ex. «Aixlachapelle», pour Aix-la- Chapelle, et «rue Delapaix», pour rue de la Paix. Toutefois la longueur maximum du mot est fixée à 15 caractères pour le langage clair, 10 pour le langage convenu et 5 par groupes de chiffres.
XXVI INTRODUCTION. Géographie polit.
Tarif. — France. Dépêche entre deux bureaux quelconques de la France et de la Corse, de la princ. de Monaco, de l'Algérie et de la Tunisie, 5 c. par mot. avec minimum de 10 mots (50 c).
Des mandais télégraphiqties peuvent être expédiés à l'intérieur de la France jusqu'à 5000 fr., aux conditions des mandats de poste, plus le prix du télégramme.
Etranger, par mot: Belgique, Luxembourg et Suisse, 12 c. Vaî Allemagne, Espagne, 15 c. ; Hollande, 16 c. ; Italie, 17 c. '/a; Angleterre, Autriche- Hongrie, Danemark, IPortugal, 20 c. ; Roumanie, Serbie. Suède, 25 c. ; Norvège, 30 c. ; Russie d'Europe et R. du Caucase, 35 c.; R. d'Asie, 1 fr. 5; C4rèce, 50 c. ; Turquie d'Europe, 5.3 c. — Mandats télégraphiques entre la France et certains pays tels que l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie. la Belgique, la Hollande, l'Italie, la Suisse, etc., jusqu'à 500 fr., aux mêmes conditions que ci-dessus.
Lettres-télégrammes. On peut envoyer télégraphiquement aux bureaux à service de nuit des lettres dont la taxe est de 1 c. par mot avec minimum de 50 c.
Colis postaux. — Les petits colis, dits c(jlis postaux bien que leur service ne dépende pas de la poste, ne doivent renfermer ni or, ni argent, ni objets précieux, ni matières dangereuses, ni lettres ou notes ayant le caractère de correspondance.
Pour la province, pour la Corse, l'Algérie, la Tunisie et les colonies, le service est fait par les compagnies de chemins de fer et les compagnies maritimes subventionnées. Il y a trois catégories de colis: de 3 kilos et au-dessous, de 3 à 5 et de 5 à 10, les dimensions ne dépassant pas 1 m. 50. Le tarif est, pour la France continentale, de 60 c, 80 c. et 1 fr. 25 pour un colis livrable en gare ou à certains bureaux de poste, et 25 c. de plus s'il est livrable à domicile. Assurance, 10 c. par 500 fr. (maximum 5000 fr.).
Pour réfranger, le poids est fixé en général à 5 kilos. Les tarifs varient selon les pays: Allemagne, Belgique et Suisse, 1 fr. 10; Espagne, Italie, 1 fr. 35 ; Autriche-Hongrie, Danemark, Pays-Bas, 1 fr. 60: Grande-Bretagne, Suède, 2 fr. 60; etc. En outre, pour la Belgique. 10 kilos 1 fr. 50; pour la Suisse. 10 kilos 1 fr. 60; pour la Grande-Bretagne, 1 kilo 360 gr. 1 fr. 60, 3 kilos 2 f r. 10. Ces colis doivent être cachetés à la cire.
VTII. Géographie politique et administrative.
Administration civilk. — La France est divisée depuis 1790 en 86 départements, comprenant 362 arrondissements, 2911 canions et d(i222 communes. Le gouvernement est représenté dans chaque département par un préfet, dans chaque arrondissement par un souspréfet , assistés du conseil de préfecture. L'administration dans chaque commune appartient au conseil municipcd, élu parle suffrage universel; le conseil municipal élit maire un de ses membres. Dans chaque département il y a un conseil général et dans chaque arrondissement un conseil d'arrondissement, élus par canton pour six ans au suffrage universel et renouvelables par moitié.
Les départements du Sud-Est de la France sont, avec leurs pré-
et administrative. IXÏRODUCTIOX. XXVII
fectnres, en suivant l'ordre des numéros inscrits sur la carte en tête du volume:
43, Haute-Savoie (Annecy); 44, Savoie (Chambéry); 45, Ain (^Bourg); 46, Rhône (Lyon); 47, Loire (St - Etienne) ; 48, Haute- Loire (Le Puy) ; 49, Puy-de-Dôme (Clermont-Ferrand) ; 60, Lozère (Mende); 61. Ardèche (Privas); 62, Isère (Grenoble); 63, Drôme (Valence): 64, Hautes- Alpes (Gap); 65, Basses- Alpes (Digne); ^^., Alpes-Maritimes (Nice) ; 67, Var (Draguignan) ; 68, Bouchesf/'/-i?/io/ie (Marseille); 69, Vaucluse ikyiguon); 70, Go/y/ (Ximcsj ; 71, Hérault (Montpellier); 86, Corse (Ajaccio).
Chaque département envoie à la chambre plusieurs députés, élus au scrutin d'arrondissement, en nombre proportionnel à la population. La Chambre des députés exerce le pouvoir législatif de concert avec le Sénat, élu par départements au suffrage restreint et renouvelé par tiers tous les trois ans. Le Conseil d' Etat, recruté par voie de concours, donne son avis sur les projets de loi émanés des ministres ou des chambres. Le pouvoir exécutif est exercé par le président de la Réj)t(bUqiie, élu pour sept ans par les deux chambres réunies, et par le Conseil des ministres, choisi par le président de la République. Les ministres, présidés par l'un d'entre eux qui porte le nom de président du Conseil, administrent les affaires publiques conformément aux décisions des chambres, devant lesquelles ils sont responsables. Il y a douze ministères:
1" Affaires étrangères; 2° Agriculture ; 3" Colonies; 4*^ Commerce et Industrie ; 5" Finances ; 6^ Guerre ; 7° Instruction publique et Beaux-Arts; 8" Intérieur; 9° Justice et Cultes; 10" Marine: 11» Travail, Hygiène et Prévoyance sociale; 12o Travaux publics, Postes et Télégraphes.
Armée. — Au point de vue militaire, la France est divisée en 20 régions formant 20 corps d'armée, parmi lesquels le Sud-Est comprend, en tout ou en partie, ceux de Clermont-Ferrand (13®), Grenoble (14®), Marseille (15®) et Montpellier (16®).
Le service militaire est obligatoire pour tous les Français valides de 20 à 45 ans. Chaque citoyen reste 2 ans dans l'armée active, 11 ans dans la réserve de l'armée active, 6 ans dans l'armée territoriale, 6 ans dans la réserve de l'armée territoriale.
L'armée active comprend 604 bataillons d'infanterie, 85 régiments de cavalerie, 615 batteries d'artillerie (réparties en 40 régiments, qu'on doit prochainement porter à 62, et 22 bataillons de forteresse), 7 régiments de génie, 20 escadrons du train des équipages et 20 sections d'administration.
La réserve de l'armée active comprend 465 bataillons d'infanterie, 40 régiments de eavalerie et 216 batteries d'artillerie montées.
L'armée territoriale comprend, outre 145 régiments territoriaux d'infanterie, divers corps auxiliaires, tels que douaniers, forestiers,
XXVIII INTRODUCTION. Géographie polit.
puis 121 escadrons de cavalerie, 18 régiments d'artillerie, 18 bataillons de génie et 18 escadrons du train.
Sur le pied de paix, l'armée active avec sa réserve compte 572000 hommes et l'armée territoriale 800000; sur le pied de guerre, les deux armées réunies peuvent compter 4000000 d'hommes.
Le budget de la guerre dépasse chaque année 700 millions.
Marine. — Les côtes de France sont divisées en cinq arrondissements maritimes, dont les chefs-lieux sont les cinq ports militaires de Cherbourg, Brest, Lorient, Rochefort et Toulon.
La flotte, divisée en deux escadres, se compose d'environ 500 navires, jaugeant environ 710000 tonneaux, parmi lesquels 48 cuirassés, 66 croiseurs, 236 torpilleurs, env. 70 sous-marins et 20 transports. L'effectif de l'armée navale est d'env. 43000 hommes et 2000 officiers.
Le budget de la marine atteint environ 325 millions.
Instruction publique. — La France est divisée en 17 académies régionales, administrées chacune par un recteur ; il y a dans chaque académie un conseil académiqtie et dans chaque département un inspecteur d'académie. Le Sud-Est comprend les académies de Grenoble, Chambéry et Aix, la plus grande partie de celles de Lyon et de Montpellier, un coin de celle de Clermont-Ferrand.
Ij'' enseignement supérieur est donné dans seize universités, réorganisées en 1896, parmi lesquelles quatre dans le Sud-Est: Lyon, fréquentée en 1910 par 2922 étudiants; Grenoble, par 1156; Aix- Marseille, par 1236, et Montpellier, par 1965. Il y a en outre une école préparatoire à l'enseignement supérieur des lettres et des sciences à Chambéry; des observatoires astronomiques à Marseille, à Lyon et à Nice et des observatoires météorologiques au mont Ventoux et au mont Monnier; une école nationale des Beaux-Arts à Lyon; une école nationale des Arts-Décoratifs à Nice; des écoles de musique à Lyon, Aix, Nimes et Chambéry; une école nationale professionnelle à Voiron; une école des Arts et Métiers à Aix; un institut national de Sourds-Muets à Chambéry.
Jj' enseignement secondaire est donné dans 112 lycées (dont 12 à Paris) et dans 227 collèges, sans compter les établissements d'enseignement libre, qui font à l'Etat une assez forte concurrence. 11 y a en outre 38 lycées et 23 collèges pour les jeunes iîlles.
lu enseignement primaire, gratuit, obligatoire et laïque, a été définitivement organisé tel qu'il fonctionne aujourd'hui par Jules Ferry en 1881 et 1882 et par René Goblet en 1886. Il est dcmné par des instituteurs communaux, formés dans les écoles normales (1 par département), sous la surveillance des inspecteurs primaires (1 par arrondissement). Il y a en France env. 81 700 écoles primaires.
La proportion des illettrés est de b^L pour les deux sexes au-
et administrative. IXTRODUCTION. XXIX
dessous de 20 ans; au-dessns, elle est de 14 ^/^ pour les hommes et de 21% pour les femmes.
Le budget de l'instruction publique atteint en 1910 le chiffre de 282 millions de francs.
Langues. — Au point de vue linguistique, le Sud-Est de la France appartient au groupe provençal qui n'est, comme le français, qu'une subdivision du roman ; mais il va sans dire que le français lui-même y est à peu près partout compris. Toutefois, la limite linguistique ne coïncide pas absolument avec la frontière politique; ainsi le provençal s'étend au delà de la frontière dans quelques vallées des Alpes, notamment dans la vallée d'Aoste et sur le cours supérieur de la Doire Baltée jusqu'à Settimo Vittone. En revanche, les cantons de Breil , Sospel et Menton dans les Alpes-Maritimes appartiennent à l'italien (dialecte génois). Enfin, en Corse, on parle un dialecte italien.
Cultes. — La liberté des cultes a été proclamée en France en 1789. Jusqu'en 1905, l'Etat en reconnaissait officiellement trois, les cultes catholique, protestant et is^raélitej dont il salariait les ministres. Depuis le 6 décembre 1905, le Concordat qui j-églait les rapports de l'Etat et de l'Eglise catholique est abrogé, et les églises sont désormais indépendantes de l'Etat.
La grande majorité de la nation appartient, au moins nominalement, à la religion catholique; il n'y a guère plus de 600 000 protestants (luthériens ou calvinistes) et de 77 000 juifs.
Le pays est divisé en 84 diocèses catholiques, formant 17 archevêchés et 67 évêchés suffragants: il y a des archevêchés dans le Sud-Est à Lyon (suffragant: Grenoble), Chamhéry (suffragants: Annecy , Moûtiers, St-Jean-de-Maurienne), Avignon (suffragants: Nîmes, Valence, Viviers) et Aix (suffragants: Ajaccio, Digne, Fréjus, Gap, Marseille, Nice): l'évêché du Puy est suffragant de Bourges, et celui de Belley de Besançon. — Le clergé catholique français compte plus de 55 000 membres.
Il y a deux principaux cultes protestants, le culte luthérien ou de la confession d'Augsbourg et le culte calviniste ou réformé. Tous deux sont divisés en paroisses administrées par un conseil presbytéral composé de pasteurs et de membres laïques élus par le suffrage paroissial. La réunion de plusieurs consistoires forme un synode particulier. Il y a en outre dans la confession d'Augsbourg un synode général. Le département de France où il y a le plus de protestants est le Gard (environ 120 000): après viennent, dans le Sud-Est, l'Ardèche (45 000; et la Drôme (36000).
Au point de vue Israélite, la France est divisée en douze consistoires (dont trois pour l'Algérie), au-dessus desquels se trouve un consistoire central, siégeant à Paris. Les consistoires de Lyon et de Marseille se partagent les divers départements du Sud-Est.
Justice. — Il y a une justice de paix dans chaque canton, un
XXX INTRODUCTION. Géographie
tribunal de première instance dans chaque arrondissement, nne cour d'assises ou tribunal criminel dans chaque département, une cour d appel dans 26 villes principales, parmi lesquelles, dans le 8ud-Est, Lyon, Chamhéry, Grenoble, Nimes, Aix et Bastia. La Cour de cassation, unique en France, siège à Paris. Il existe en outre des tribunaux de commerce dans les villes importantes et des tribunaux spéciaux (conseils de guerre) pour l'armée au siège de ebaquc corps d'armée et pour la marine dans chaque port militaire.
Finances. — Le budget annuel de l'Etat dépasse, depuis 1908, 4 milliards pour les recettes comme pour les dépenses. Les principaux éléments de revenus sont: les contributions indirectes, l'enregistrement et le timbre, les contributions directes, les douanes.
Les contributions directes sont levées dans chaque département par un directeur qui a sous ses ordres des inspecteurs et des contrôleurs. Il y a de même dans chaque département un trésorierpayeur général, un directeur des contributions indirectes et un directeur de l'enregistrement, des domaines et du timbre, sous les ordres desquels se trouvent des inspecteurs, sous-inspecteurs, receveurs et contrôleurs.
La dette publique, qui s'est beaucoup accrue depuis 1870, atteint environ 30 milliards, dont 1 milliard 1/2 V^'^'^ ^'^ partie flottante. Les intérêts de la dette représentent par tête d'habitant 31 fr. 90 (18 fr. 40 en Italie, 13 fr. 90 en Angleterre, 11 fr. 60 en Allemagne^.