‹ Le sud-est de la FranceChapitre 96 sur 134 · Avignon et ses environs · texte numérisé non relu

Avignon et ses environs

Arrivée. Outre la grande gare (pi. B 4), sur la ligne de Marseille, il y a la gare du Pont-d'Avignon (v. pi. B 1), sur la ligne de Ximes (v. p. 301), rive dr.. desservie par un omnibus (v. p. 350).

Hôtels: *Gr.-H. de V Europe (pi. se, C 1-2), place Grillon, 12, maison ancienne mais très recomm. comme hôtel de famille (80 eh. dep. 4 fr., rep. 1.50, 3.50 et 4.50, omn. dep. 50 c); — Grand-Hôtel d'Avignon (pi. a, C 3), rue de la République, 24.* bon (75 ch. de 3 à 6 fr., rep. 1.60, 3 et 3.50, p. 11 à 12.50, omn. 75 c); H. Crillon (pi. d, B 3), cours de la République, 43, avec jardin-rest. (40 ch. dep. 3 fr., rep. 1, 3 et 3.50, p. dep. 10, omn. 50 c.) : H. du Louvre (pi. b, C 2), rue St-Agricol, 23, dont la salle à manger est une anc. salle du chapitre des templiers, du xni^ s., recomm. (50 ch. dep. 3 fr., rep. 1.25, 2.50 et 3, p. dep. 9); — H. Terminus, cours de la République, 44, avec rest. (40 ch. dep. 2 fr. 50, rep. 1, 2.60 et 3); H. du Cours, cours de la République, 36, en face de la poste (25 ch. de 2 à 3 fr., rep. 1, 2.50 et 2.50, p. 7 à 8).

350 /r. li. 43. AVIGNON. liem. prntiq?fes.

HôTKi. insuBLÉ: Modem Hôtel (pi. c, C 2), rue de la RéT)ubliciup, 7 (35 ch. dep. 3 fr., 1" dcj. 1 à 1.25).

Restaurants, outre les hôtels: 7'est. Lance, rue Baneasse, 26; C des Négociants (v. ci-dessous ; rep. 2 fr. 50 et 3) ; tav. Alsacienne, rue de la République, 3-5 (rep. 2 fr. 50); Rich-Tavern, rue Viala, 2; hrass. du C'oqd'Or, rue de la République, 15.

Cafés: de Paris, Althen (de France), place de l'Hôtel-de-Ville, 22 et 20; Gr.-C. des Négociants, rue de la République, 13; — brasserie du Palmier (concert), cours de la République, 38.

Voitures de place : course, 75 c. à l fr. ; à la gare du Pont-d'Avignon, 1 fr. 25; à l'ii., 1 fr. 60; la nuit, 50 c. en sus.

Tramways électriques: 1° de Vhôtel de ville (pi. C 2) à Sorgues (v. pi. F 3; p. 349), par St-Véran, au N.-E. (ruines d'un monastère), et le Pontet; 2° de Vhôtel de ville à St-Rvf, au S. (v. pi. C4; abbaye en ruine); 3° de Vhôtel de ville à Monclar, au S.-O. (v. pi. B 4) ; 4" de la place Carnot (pi. D 2) aux Rotondes (v. pi. F 3); 5° de la place Carnot à Sorgues (v. pi. F 3). Prix (en ville), 10 c, 15 c. avec correspondance. — Tramways a traction animale : 1« de la gare (pi. B 4) à Châteatirenard 360) et Sf-Remy (p. 365), huit fois par j.; 2» de \& place de V Hôtel-delle (pi. C 2) à Montfavet (p. 362), 4 à 5 fois par j., 30 c.

Omnibus : de Vhôtel de ville (pi. C 2) à la gare du Pont-d'Avignon (v. pi. B 1 ; p. 301 ; 10 c.) et à Yilleneuve-lès- Avignon (p. 358; 15 c), toutes les 1/2 h., trajet entier en 25 min.

Autocars: 1° pour St-Remy (25 kil. ; p. 365), par Châteaurenard- Provence (10 kil.; p. 360), 4 fois par j., en 1 h. 1/2 7 1 fr. 20 (pour Châteaurenard, 13 fois par j., en 40 min., 40 c.); 2° pour Carpentras, v. p. 360.

Automobiles à louer chez Mathieu, boul. St-Roch (75 f r. pour le mont Venteux, p. 362).

Poste et télégr. (pi. BC3, D3): cours de la République et place Pie.

Bains: B. de la Poste, rue de la République, 18; B. de la Place-Pie, rue d'Amphoux (pi. D 3).

Banques: B. de France (pi. C 2), place du Puits-des-Bœuf s, 2; Crédit Lyonnais, Compjt. d'Escompte, Soc. Gén., rue de la République, 12, 26 et 9.

Librairies: J. Roumanille, rue St-Agricol, 17 (littérature néo-provençale); Dailhe, place de l'Hôtel-de-Ville. — Photographies chez Noseda, rue des Marchands, 17.

Syndicat d'initiative, place des Corps-Saints, 28 (pi. C 3).

Temple protestant (pi. C 3), rue Joseph-Vernet. — Synagogue (pi. D 3), place Carnot.

Principales curiosités (1 jour): remparts (p. 351), palais des Papes (p. 353), cathédrale et promenade du Rocher des Doms (p. 354, 355), St-Pierre (p. 355), musée (p. 356).

Avignon (19 m.) est une ville de 48312 hab. (env. 80000 vers 1345), le chef-lieu du départ, de Vauduse et le siège d'un archevêché. Elle est bâtie sur la rive g. du Ehône, au bord duquel s'élève un rocher, haut de 58 m., portant sur sa pente méridionale l'anc. palais des papes et la cathédrale. Ces édifices qui la dominent et les vieilles fortifications qui l'entourent lui donnent de loin un aspect original et pittoresque. Le séjour en est peu agréable quand souffle le mistral (v. p. 349 ; Pétrarque s'en plaint déjà), mais il y a beaucoup d'exagération dans le vieux dicton: «Avenio ventosa, cum vento fastidiosa, sine vento venenosa».

Avignon, Avennio ou Avenio, déjà puissante à l'époque gauloise comme capitale des Cavares, «les géants», fut une colonie florissante des Romains; mais elle n'a presque rien conservé de ses monuments antiques. Elle doit l'importance qu'elle a auj. pour le visiteur, aux papes qui en ont

Ronpaiis. AVIOXOX. IV- ■«• 43. 351

fait leur résidence depuis 1309 jusqu'en 1377: Clément Y (1305-1314), Jean XXII (1316-1334; v. p. 354), Berioît XII (1334-1342), Clément VI (1342-1352; v. p. 51), Innocent VI (1352-1362; v. p. 359), Urbain T'(1362-13T0; Y. p. 357) et Grégoire XI (1370-1378). neveu de Clément YI. Les antipapes Clément VII (1378-1394) et Benoit XIII (1394-1424), et ensuite des légats apostoliques y résidèrent jusqu'à l'annexion de la ville d'Avignon et du «Comtat-Venaissin» (p. 360) à la France, en 1791. Restée calme jusqu'à cette époque, la ville fut alors divisée en deux partis, l'un favorable et l'autre opposé à l'annexion, et l'assassinat d'un membre du premier parti fut suivi du massacre des adversaires, qui avaient été arrêtés par ordre du trop fameux Jourdan, dit Coupe-Têtes. Enfin les réactionnaires royalistes y commirent à leur tour en 1815 des excès, dont fut victime, entre autres, le maréchal Brune.

Avignon fut, du xiv<= au xviiic s., le centre d'une école artistique dont on rencontre les œuvres dans toutes ses églises. Parmi les maîtres principaux: Enguerrand Charonton (vers 1450, de Laon), Xic. Froment (m. 1470?), qui subit l'influence de l'école flamande; Si)non de Châlons, qui produisit de 1543 à 1585; Nie. Mignard (1606-1668, de Troyes), dit«Mignard d'Avignon», son frère Pierre Mignard (1612-1695) et Beynaud Levieux (1625-1698, de Nimes), ces trois derniers disciples des Carrache; Pierre Parrocel (1670-1739) et Jos. Vernet (1712-1789), le peintre de marines bien connu. — En sculpture, ce sont notamment les tombeaux des xiv«-xvi« s. qui témoignent du haut développement artistique de l'école avignonnaise.

Ue nos jours, Avignon est devenu le siège principal du félibrige, association fondée en 1854 par Mistral (p. 365), Eoumanille (p. 352), Aubauel (p. 352) et quelques autres, et dont les membres (félibres) s'efforcent, par la culture de la langue provençale moderne (la langue d'oc du moyen âge) et par leur œuvre poétique, de donner une vie littéraire propre aux populations méridionales françaises. Le mot «félibre» signifie «docteur de la loi» et fut découvert par ilistral dans une vieille poésie dont l'origine est d'ailleurs incertaine.

Dans le square devant la gare (pi. B 4) s'élève la statue de Philippe de Girard (1775-1845), inventeur de la filature mécanique du lin, bronze par Gruillaume (lS82j.

Les -remparts, que longent des boulevards et le chemin de fer et près desquels se trouve la gare, au S. de la ville, ont été construits de 1350 à 1368 par Innocent YI et Urbain Y, modifiés en 1489 et en grande partie restaurés de nos jours. La longueur totale en est de 4800 m. C'est un curieux spécimen des fortifications au xrv^ s. Les portes étaient au nombre de dix; deux ont été détruites, la porte l'Imbert (pi. D 4) depuis 1896, et la porte de l'Oulle (pi. C 1) depuis 1900; mais l'enceinte a conservé ses 39 tours rondes ou carrées, ses mâchicoulis et ses créneaux. Il y avait devant les portes des ravelins et des ouvrages de défense et tout autour aussi des fossés qui ont disparu presque partout sauf au nord-est. Enfin, on a pratiqué pas mal d'ouvertures, à mesure que la percée de rues nouvelles l'exigeait. C'est aux abords de la porte St-Lazare (pi. F 3) qu'on peut le mieux se faire une idée de l'état ancien.

On passe par la porte de la République (pi. B 4). qui est moderne, et on parvient dans le centre de la ville par le cours de la Répuhliqiœ (pi. B 4-3), puis la rue du même nom (pi. BC3-2), artères modernes fort animées et où sont les principaux magasins.

Yers l'extrémité du cours, à dr., au coin de la rue Joseph-Vernet,

352 ^r. F. 43. AVIGNON. église St- Didier.

le bureau des postes et télérp^aphes (pi. B 3). A côté, le temple protestant (pi. C 3), installé dans l'abside de l'anc. église des bénédictins de St-Martial, commencée en 1383. Sur la façade, à 1 m. 50 du sol, un trait de repère de nov. 1840 donne une idée des proportions que peuvent atteindre les crues du Rhône. Derrière le temple est le petit square St-Martial, où se trouvent un groupe de Lutteurs par F. Charpentier (1894), le buste de Bequien (1788- 1851), fondateur du musée mentionné p. 357, et les monuments di'Agricol Perdiguier, représentant du peuple en 1848, œuvre de J.-P. Gras (1904), et du félibre Jousé Roumanllle (1818-1891; v. p. 351 et 365), œuvre de Férigoule (1897).

La rue Joseph- Vernet se continue de ce côté par la rue des Lices, qui passe à g. devant une caserne et V école ifes Beaux-Arts (pL C D 4-3), l'anc. «Aumône générale», du xviies. ; puis devant une anc. chapelle du xvne s., transformée en magasin; et à dr. au collège St-Joscph (pi. D 4), qui comprend les restes de l'église des Cordeliers (de 1390; clocher et collatéral g.), où était, dit-on, le tombeau de la belle Laure, immortalisée par Pétrarque (p. 363), maintenant détruit. — Près de là, rue des Teinturiers, que longe la Sorgue, avec de pittoresques roues de moulins, la chapelle des Pénitents-Gris (pi. D 4), de forme très irrégulière et qui a des tableaux mal éclairés de X. Mignard et de P. Parrocel. La confrérie des Pénitents-Gris, fondée au xin^ s. par Louis VIII, a le privilège de l'exposition perpétuelle du saint-sacrement.

Dans l'autre partie de la rue Joseph-Vernet, à g. du cours, est le musée Calvet (p. 356).

En suivant la rue de la République, on laisse à dr. le lycée (pi. 0 3), anc. collège des jésuites, dont la chapelle, de 1615 à 1655, ouverte seulement pendant la messe de 7 h. (entrée par la rue du Oollège), possède une grande et belle toile de N. Mignard, la Visitation. — Ensuite, un monument en mémoire de P. Pamard, maire de la ville de 1856 à 1865.

La rue Prévôt, à dr., conduit à la place St-Didier, décorée d'un monument en bronze du félibre Théod. Aubanel (1829-1886; v. p. 351), par Et. Leroux (1894).

L'église St-Didier (pi. 0 3) est une anc. collégiale rebâtie en 1358. Elle a, au-dessus de la 2^ arcade de g., une curieuse petite chaire goth. en pierre. Dans la l^e chap. de dr., un beau Portement de croix en haut-relief, par Francesco Laurana (1481; v. p. 357). Maître-autel par Péru, d'Avignon. A dr. et à g. de l'abside, St ■Jean-Baptiste et St Bruno, deux statues en pierre provenant de la chartreuse de Villeneuve (p. 359). Tableaux de Sim. de Châlons, P. Parrocel et Saavan. — Près de cette église, rue de la Masse, 7, l'anc. hôtel Crillon (pi. 0 3 ; v. p. 357), du début du xvii^ s., dans le style de la Renaissance. Il a de grandes fenêtres surmontées de guirlandes, médaillons et cartouches, ainsi qu'une belle porte en bois.

Au N. de St-Didier, snr la place Principale, l'anc. chapelle des Pénitents-Blancs (pi. 0 3), fondée en 930 mais rebâtie au xv^ s., renferme d'importants tableaux de Sim. de Ohâlons, P. et N. Mignard, P. et Oh. Parrocel. — La place du Ohange conduit de là à

Palais des Papes. AVIGNON. ^^^- ^- ^3. 353

la place de l'Hôtel-de-Ville ou de l'Horloge (pi. G 2), très animée dans les belles soirées, et qui est comme le centre d'Avignon.

Dans la rue du Collège-du-Roure, 3, à g. à l'extrémité de la rue de la République, derrière le bureau des tramways, se voit Vanc. hôtel du Roure, maison qui a un encadrement de porte goth. richement sculpté (xvie s.). Il y a du reste çà et là dans la ville de vieilles constructions particulières intéressantes, et l'on y remarque aussi beaucoup de Vierges dans des niches aux coins des rues.

L'hôtel de ville (pi. G 2) date de 1845. Son beffroi, qu'on voit le mieux de derrière, a été construit de 1353 à 13G3; il a une horloge avec un jaquemart du xv^ s.

Plus loin, aussi à g. de la place, le théâtre, construction moderne style renaissance, à loggia, sur les plans de Feuchères (1845- 1848), et avec des statues de Corneille et de Molière, par Brian.

Un monument du Centenaire, par Charpentier et Férigoule, a été érigé en 1891 au fond de la place, en mémoire de la réunion d'Avignon et du Comtat-Venaissin à la France (v. p. 351). Il se compose d'une statue symbolique en bronze, sur un haut piédestal entouré d'autres groupes eu pierre; sur le socle, un lion en bronze.

Plus loin, au N., sur la place du Palais, à dr., est l'ancien *palais des Papes (pi. D 2), puissant édifice de plan irrégulier, à créneaux et mâchicoulis, avec de hauts murs épais de 4 m., plutôt forteresse que palais. Sa construction, exécutée par des architectes du Midi de la France, d'après des plans différents, date de 1335 à 1365. Sur l'emplacement du palais épiscopal restauré et agrandi par Jean XXII, Benoît XII fit élever les constructions qui entourent actuellement la cour septentrionale et limitent au N. et à l'E. la cour principale ; elles comprennent notamment la tour de la Campane, la toiir de Trouillas (achevée par Clément VI), la tour de la Glacière et la tour St-Jean, ainsi que la tour des Anges, au sud. Une partie de ces bâtiments, restaurée parEévoil en 1878, renferme aujourd'hui les Archives départementales. Clément VI fit construire la partie 0., avec la façade actuelle, le grand bâtiment du Midi qui contient la salle de V Audience et la. grande chapelle, et enfin la tour St-Laurent, la plus au sud. C'est aussi de son pontificat que datent la plupart des décorations du palais. Innocent VI et Urbain V ne modifièrent que fort peu celui-ci. — L'antipape Benoît XIII (p. 351) y soutint victorieusement un siège, de 1398 à 1403. L'édifice a servi de caserne d'infanterie, de 1822 à 1906; il est actuellement en restauration sous l'habile direction de l'architecte Nodet.

Pour visiter l'isTÉRrEtTR, s'adresser au concierge (50 c). — On entre dans la cour d'honneur (méridionale), l'anc. cour de la caserne, où l'on a à g. et en face la partie du palais construite par Benoît XII (r. ci-dessus) et à dr. le grand bâtiment du Midi de Clément VI. C'est par ce dernier que commence la visite. Au rez-de-chaussée, la salle de l'Audience, vaisseau rectangulaire de 52 m. de long sur 16 m. 50 de large, divisé en deux nefs. Elle était jadis décorée de magnifiques fresques, dues à un artiste italien; il n'en reste que dix-neuf personnages de l'Ane. Testament et une sibylle, à la voûte de la dernière travée de la nef N. Cette salle, ainsi que la

354 IV.B.4S. AVIGNOK. Cathédrale.

chapelle mentionnée ci-dessous, avait été divisée en étages par des cloisons pour les besoins du casernement. Par un escalier restauré en 1659, on monte à la grande chapelle, haute de 20 m. et dont la riche porte sculptée avait été murée. A côté, dans la tour St-Laurent, une pièce ayant servi de vestiaire pour les officiants. — La tour de la Garde-Robe, construite par Clément VI en 1342-1343, renferme dans la chamhre du 3^ étage des fresques récemment découvertes et restaurées qui doivent être attribuées à des artistes italiens (2^ moitié du xiv^ s.); elles représentent des scènes de chasse et de pêche. - La tonr des Anges, à côté, contenait la trésorerie pontificale, l'appartement du camérier, la chambre à coucher de Benoît XII, la bibliothèque et un chàtelet fortifié. — La tour St-Jeau renferme deux petites chapelles superposées: celle du bas est consacrée à St Jean-Baptiste et a des restes de fresques assez bien conservées (école ital. du xiv^s.); celle du haut, dédiée à St Martial, présente des restes de fresques relatives à la vie du saint et dues à Matteo Giovanetti de Viterbe. — La tour St-Jean est accolée à l'E. à l'aile du Consistoire et de la grande salle à manger («salle briilée »), à l'extrémité de laquelle se trouvent la cuisine de Benoît XII et la toi/r de la Glacière. — Ou visite enfin, à l'extrémité N.-E. du palais, la totir de Trouillas, dont on peut faire l'ascension (env. 52m. de haut; vue magnifique au sommet); elle passe à tort pour avoir servi de prison à Rienzi en 1352.

Sur la même place, en face du palais, un anc. hôtel qui était jadis Vhôtel des Monnaies (pi. C 2), construit en 1610 et maintenant transformé en conservatoire de musique. Son étrange façade a pour principaux ornements, au l^^" étage, deux grosses guirlandes et, au 2«, un grand écusson. Les deux étages n'ont pas de fenêtres sur la place. — Plus loin, la statue de Crillon (1541-1615), le «brave Grillon» de Henri IV, bronze par Véray (1858). Au fond de la place, Vanc. Petit-Séminaire (pi. D 1) , autrefois palais archiépiscopal, construit en 1315 ; il sert anj. d'école primaire supérieure.

Lacathédrale oxxNotre-Dame-des-Doms (de«Domo»; pl.D2), sur le rocher au X. du palais des Papes, est une église romane massive et sombre, fondée, dit-on, au iv^ s., mais construite tout entière au xii^ s. et encore plusieurs fois remaniée et partiellement reconstruite. Elle est précédée d'un porche qui date de la fin du xii^ s. et qui fut décoré par Sim. Martini (m. 1345) de fresques dont il reste peu de chose. Le clocher, reconstruit en 1425, est couronné d'une statue dorée de la Vierge, de 1859.

L'intérieur, à une seule nef, modifiée au xvii^ s., est assez richement orné. Il y a des tribunes ajoutées en 1672 avec de belles balustrades en marbre. Dans la grande chap. du côté g., le tombeau dit de Benoît XII (v. p. 351), du style goth., et des fresques (détériorées) à'Ettg. Devéria. Dans la 3^ chap. à dr., construite eu 1671 par l'archevêque Libelli, un St Pierre de Puget et, sur l'autel, une Vierge de Pradier. La lanterne, à l'entrée du chœur, a aussi des restes de peintures, et le chœur même renferme, à g., l'anc. siège épiscopal, en marbre,- de la fin du xii^ s. et en partie restauré. Autour du chœur se voient les portraits modernes des sept papes d'Avignon (v. p. 351). Mais la principale curiosité de l'intérieur est le tombeau de Jean XXII (Jacques d'Euse; v. p. 351), chef-d'œuvre du style goth. du xive s., mutilé à la Révolution et mal restauré de 1840 à 1842. Il est dans une chap. fermée, mais qu'on peut se faire ouvrir, à dr. du chœur, près de la sacristie (pourb.). La statue du pape ayant disparu, a été remplacée par celle d'un évêque représenté couché sous un baldaquin goth. fort riche. — Beaucoup de toiles de LevieuT, des Mignard et des Parrocel; à remarquer une Assomption, par Pierre Mignard, dans la chap. du tombeau, et un St Ruf de P. Parrocel, dans l'abside.

Bocher des Dvm^. AYIGNOX. I^- R- 43. 355

A côté (le la cathédrale se trouve la belle promenade du Rocher des Doms (pi. D 1): elle s'étend jusqu'à l'extrémité du plateau qui se termine à pic à env. 60 m. au-dessus du Khône. On y remarque, du côté du Rhône, la statue d'Althen, bronze par Brian (1846). Jean Althen est le Persan qui introduisit dans le Comtat- Venaissin, en 1766, la culture de la garance. Cette plante, dont la racine donnait la teinture rouge employée à colorer les pantalons d'uniforme de l'infanterie française et des zouaves, fut pour la région une source de richesse, jusqu'à ce que (depuis 1871) on remplaça son emploi par celui de l'alizarine qui fournit un rouge plus économique. — Près de là, à g., le buste en marbre du félibre Félis Gras (1844-1901), par J.-P. Grras, et le monument du peintre Paul Sam (1853-1908), par Charpentier. Dans une pièce d'eau, un bronze par Charpentier, la Vénus aux hirondelles.

On a de cette promenade de beaux *points de vue que les arbres obligent de chercher en faisant le tour du plateau: au X., les bords du Rhône etYilleneuve-lès-Avignon, par delà l'île de laBarthelasse; plus loin, sur une hauteur de la rive g., Châteauneuf-Calcernier (p. 349); à l'horizon, à l'O., les Cévennes; au S. et à l'E., la vallée de la Durance et les Alpes, précédées du mont Yentoux (p. 362).

On voit de la promenade, à g. sur le Rhône, le célèbre ^a/zf d'Avignon ou St-Bénézet (pi. D 1), en ruine depuis 1669. Il a été construit de 1177 à 1185, sous la direction de St Bénézet. et reconstruit bien des fois depuis. Sur une des piles, la chapelle à deux étages de St-Bénézet, reconstruite de 1234: à 1237 et agrandie d'une seconde abside supérieure en 1513. Le pont d'Avignon a donné son nom, on ne sait pourquoi, à une célèbre ronde enfantine: «Sur le pont d'Avignon, tout le monde y danse». L'extrémité sur la rive dr. était à la tour Philippe-le-Bel qui subsiste de l'autre côté (p. 359). On accède au pont par une petite maison du boul. de la Ligne. Belle vue. — En aval est un pont suspendu (v. p. 358).

Au S.-E. de la promenade, l'escalier Ste-Anne (pi. D 2) conduit à la rue Banasterie, en haut de laquelle se trouve, près des prisons, la chapelle des Pénitents-Noirs (pi. E2). L'intérieur a de belles boiseries, dans lesquelles sont encastrés 26 tableaux, surtout de Levieux, N. Mignard et P. Parrocel. L'ordre des Pénitents-Xoirs de la Miséricorde date de 1586. — La rue des Trois-Colombes (pi. E 2) conduit de là à la place des Carmes où l'on voit à g. St- Symphorien (pi. E 2-3), anc. église des Carmes, qui possède, outre de beaux fonts imités de la Renaissance, quelques tableaux remarquables par Gruilhermi, X. Mignard, Sauvan et P. Parrocel.

On ira voir de là, rue Carréterie, l'anc. clocher des Augustins (pl.E3), et en face, au n» 31, un beau portail (xyi^ s.) d'une anc. église servant auj. d'écurie. Par les rues Portail-Matheron et Carnot, on gagnera la place Carnot. près de laquelle s'élève

St- Pierre (pi. D 2), église gothique de 1358, avec une belle façade de 1512, modifiée vers 1854. Au trumeau, une belle madone attr. à J. Bernus (dernier quart du xvii« s.) ; les portes ont de très

Bpedeker. S.-E. de la France. 9e édit. 23

;{5() /r. ff. ^.V. AVIGNON. SfAorlrol.

belles sculptures en noyer: le Combat de 8t Michel contre Lucifer, 8t Jérôme et l'Annonciation, par Ant. Volard, d'Avignon (1551). L'intérieur est à deux nefs avec chapelles latérales. Tribune de l'orgue en pierre, dans le style goth. fleuri. Cliaire donnée par Jacques Maille, vers la tin du xv» s., et garnie de six jolies statuettes eu marbre dont quelques-unes proviendraient du tombeau de Jean XXII (p. 354). Treize tableaux de P. Parrocel, sept dans la grande nef et six dans les chap. voisines, dont dix épisodes de la vie de St Antoine de Padoue. - - 2» chap. de g.: .V. Mi(/)iard, Ste Barbe et Ste Marguerite; 4^ ^hap. de g. : retable de la Renaissance, en marbre, par Imbeii Boachun, d'Avignon (1526). — Basrelief du Baptême du Christ, aux fonts, dans le bas côté gauche. Adoration des Bergers par Simon de Châlons, au l"»' pilier de g. ; au 2», X. Mignard. Immaculée Conception. A l'extrémité du bas côté dr., un grand saintsépulcre et un crucitix, du xv» s. — Riches stalles du xvn«^ s., dans le chœur.

La rue des Marchands ramène à la place de l'Hôtel-de-Ville.

St-Agricol (pi. C 2), dans la rue du même nom, à la suite de la précédente, est une église qui passe pour être de fondation très ancienne; elle fut rebâtie en 1321 par le pape Jean XXII et restaurée au XV® s. Les deux étages inférieurs du clocher datent de 1545, la partie supérieure du xviii® s. La façade est du xv« s.

A l'entrée, grand bénitier du xvi^ s. Dans la belle chap. de la Vierge (3e à dr.), construite par Péru, d'Avignon : Vierge en marbre par Coysevo.v (1720); Ste Elisabeth et St Jean-Baptiste par Péru. — 4e chap. de dr. : Ste Famille par Trevisani ; Assomption attr. au Botirguigtiou. — Au fond du bas côté dr., le «tombeau des Doni», sorte de retable de la Renaissance, par Imbert Boachon (1525). — Dans le chœur : Descente du St-Esprit, par Guilhermi, d'Avignon (xvie s.); au fond, St Bernard en prière, par P. Parroctl. — A un pilier entre la 3e et la 4e chap. de g. : N.-D. de Pitié, d'après Louis Carrache, par N. Mignard. — A un pilier entre la 2e et la 3e chap., une Nativité par A". Mignard.

La rue St-Agricol aboutit à la rue Joseph-Vernet, en face de VOratoire (pi. BC2), chapelle construite de 1717 à 1741, ordinairement fermée (s'adresser à 8t-Agricol). Elle a au maître-autel une Adoration des Bergers par N. Mignard.

Le *inusée Calvet (pi. B 2-3), plus loin à g., dans le bel hôtel de Villeneuve, datant de 1742, doit son nom au Dr Calvet (1728- 1810), dont les importantes collections furent réunies à celles que possédait déjà la ville. Il est public le dim. de 1 h. à 4 h. et visible les autres jours de 9 h. à 11 h. ^/^ et de 1 h. à 5 h. moyennant 1 fr. par pers. seule (50 c. par pers. en nombre). Catalogue des tableaux et dessins, 2 fr. Conservateur, M. Jos. Girard.

Rez-de-chaussée. — Vestibule: antiquités romaines trouvées dans la contrée, particulièrement à Vaison (p. 349). Côté g., statue de chef gaulois trouvée à Vachères (Basses-Alpes); fragment de statue de guerrier gaulois avec bouclier, trouvé à Montdragon; statue de Vénus décapitée, trouvée à Pourrières (p. 392) en 1886. Côté dr. : moulage du Diadumène de Vaison (v. p. 349) ; statue de Jupiter gaulois (et non de Mars), décapitée, la roue (v. p. 318) à la main; bustes, dont celui de Calvet, en marbre, par J.-B. Péru, au milieu. — I" galerie, à dr. au fond du vestibule: à l'entrée, sculptures gauloises, dont «le Lion», trouvé à Noves (p. 360) en 1849. Sculptures modernes par Véray, Callamard, Bosio, Simian, Pradier, 2fathet, David d'Angers, Espercieux, Bi'ian, Cordonnier, F. Charpentier, Bastet, Férigoule, etc., et peintures modernes, œuvre et legs de P. Grivolas. - Au bout de la galerie, à g., se trouve, une petite

Mffs,'c C'ahrt. AVlTiNOX. IV. R. 4:i. y.-jj

SALLE i-ontonaut dos autels votifs grecs et romains, un fragment de *b(ixrelief funéraire nttlqiif. d'un tombeau de jeune tille (me s. av. J.-C), un décret de Uémosthèiie, provenant du musée Nani, de Venise, et des antiquités égyptiennes. — Ile (4alekie, du côté de la cour: scidj^tures du moyen nye it clr Ui Reitam^ance. dont beaucoup provenant d'édifices du pays; à g., statuettes d'apôtres en marbre; tête de Clément Wl (p. 351); St Lazare et Ste Marthe, statues en pierre dorée (xv^s.); tombeau goth. du card. de Brancas, avec diverses statuettes rapportées ; moulage du Portement de croix par Franc. Laurana (p. 352); Ste Hélène, la Vierge entourée d'anges, deux bas-reliefs italiens du xve s. : cheminée du xvie s. ; au fond, cheminée de la salle des Gardes de l'hôtel Crillon (p. 352); à dr. en revenant, tombeau de Gaspard de Simiane par Michel Péru; puis un *haut-relief, la Justice, la Force et la Tempérance, en marbre, du tombeau du maréchal de Chabannes. tué à la l)ataille de Pavie (1525); des *fragments du magnitique tombeau du card. de La Grange (m. 1102): et, eu retournant vers l'entrée, la statue d'Urbain V (p. 351). dans un tombeau gothique.

Au rez-de-chaussée se trouve aussi, à g. de l'entrée, la bibliothèque rie la fille, qui compte env. 14UU0Ovol., 814 incun. et 4400 man., ouverte t. les j. non fériés de 9 h. à midi et de 2 à 4 ou 5 h. Parmi les man. on cite un livre d'heures de Pierre de Luxembourg, un psautier du maréchal de Boucicaut et le missel de l'antipape Clément VII.

Au fond du jardin, à g., la ><alle des illustrations vauclusiennes, qui contient quantité de portraits et de bustes, désignés pour la plupart par des inscriptions; à remarquer le portr. de Parrocel par lui-même, le portr. de Calvet par Devéria et celui de Péru par Duplessis. Au milieu, une grande mosaïque antique de Vaison (p. 349). — A la suite, le Muséum Requien. musée d'histoire naturelle qui doit son nom à son fondateur (p. 352) et qui est important par ses collections relatives au département.

Au jjied de l'escalier du !>=>• étage, deux autels romains et deux grands monuments funéraires provenant de Vaison: l'un représente lui sacritice à Mercure, l'autre un char funèbre (?). -Dans l'escalier, divers tableaux et un buste de P. Parrocel (p. 351). par Bastet (1890).

I^T étage. — Galerie, l^e travée, à dr. : 377. T/. raïi den Eeckhouf. le Calvaire; 3(57, 3(36. Breughel de ^"elours, les Quatre Eléments, le Feu (allégorie); — de l'autre côté, priitiitift< avignonais: 154, la Fontaine de sang: 384, Adoration de l'enfant Jésus: *252, Simon de C'hâlons, Adoration des Bergers (1548); 147, l'Extase du bienheureux Pierre de Luxembourg: 253, Simon de C'hâlons, Descente de croix (1550): 455, portrait de Charles le Téméraire; 368, Fh. de Champaigne. portrait: 463, inconnu du AK/e-s.. St Jérôme: s. n-^, Simon de C'hâhmn. Ste-Famille (1543, la plus anc. œuvre connue du maître); 172. 173, Le Xain. portr. de la marquise de Forbin. jeune homme; *s. n", attr. à Nicolas Froment (p. 351), St Sift'rein (p. 360; vers 1470); 4.58, 459, éc. de Xic. Froment. l'Archange St Michel et l'Annonciation (vers 1.500).

2» travée, à dr. : 430, Teniers le J.. Intérieur: 421. J. van Ruisdael, 387, Hobbema (?), paysages; 362, A. Brouu-er (f). Buveur endormi; 370, Craesbeck. le Buveur et la Mort; 427, Sttenunjck, St Pierre-aux-Liens; 411, van der Xeer, Effet de lune: *o80, Fr. Floris (deVriendt), Crésus et Solon; 418, Rottenhammer. Adoration des Bergers; 406, Mierevelt. portrait; 462, inconnu du xvi^ s., la Création du monde; 364, 365, man. de P. Breughel le V., Procession, Kermesse; 410, P. Xeéfs le Vieux, Intérieur d'église; 389, Holbein on le Pseudo-Amberyt-r. portr. d'homme; 460, Jérôme Bosch, l'Adoration des Mages: 456. inconmi du xv^ s.. Résurrection de Jésus- Christ; 335, 336. Salv. Rosa, paysages; 329, Piazzetta. Enfant: 338. Sassoferrato, la Vierge et l'Enfant; 348, Àl. Turchi, la Femme adultère; 296, le Guerchin, Agonie de St Jérôme; 475, inconnu du xvi^ s., portr. d'André Doria; 306, Ann. Carrache. Polyphème etGalatée; 308, Louis C'arrache, Jésus pleuré par les anges; 347, Al. Turchi, les Noces de Cana: 319. Francucci (Inn. da Imola), Ste Famille: 812, Lor. di C'redi (?), 461. école ital. du xvi^ s.. 118, inconnu du xiv^ s., Vierges: 318, Jacobello

;j5S TV.B.iH. AVIGNON. Musée L'alvfi.

del Fiore, la Vierge allaitant l'enfant Jésus; 322, école de Giotto, le Couronnement de la Vierge. Buste d'Hor. Vernet, par Thoriraldseit. — Côté gauche, en recouimençaut, peintres français: *192, 191. Xic. Mlgnard (p. 351), J.-C. mort, le vice-légat Frédéric Sforza mettant Avignon sous la protection de St Pierre de Luxembourg (v. p. 357, no 447); 199, P. Mignard. portr. des enfants de Mme de Moutespan: 51, 54, Séh. Bourdon, Baptême de J.-C, portr. de l'artiste: 177, 179, É. Lcvieux, Zacharie et St Jean, Apparition d'un ange à Zacharie; 816, 315, 314, 317, Dughet (Gaspre- Poussin), paysages; 213, 211, P. Parrocel, l'Annonciation, St François d'Assise; 128-130, J.-A. Grimou, portraits; 158, *159, LargiUière, portrait, portr. du maréchal de La Feuillade ou baron de G-rignan; 111, Duplessis, portr. du médecin Lassone; 219, 220,'Pilleme^it, paysages; 97, J.-L. David, Mort de Jos. Bara, ébauche; 234, Eegnault, portr. de femme en bacchante; 289, 3Ime Vigée-Lebrun, portr. de la cantatrice Mme Grassini; 233, Regnault, l'Education d'Achille; 117, baron Gérard, portr. de la reine ïïortense, enfant. Buste de Cl. -Jos. Veriiet, par Brian (1825).

3^ travée, à g.: marines et paysages de Jos. Vernet (p. 351); 252, 283, Carie Vernet (fils de Jos.), Cosaque, le Corso à Kome; dessins de Mantegna et de Jos. Vernet; à dr. , deux bahuts de la Renaissance italienne.

4e travée, tableaux modernes: à dr., 119, Géricault. tête de femme; 74, Chassériau, Nymphe endormie; P. Vayson, le Retour du marché, le Berger et la mer, les Chercheurs de truffes; au fond, van Marcke, Cour de ferme; 82, Corot, paysage d'Italie; 138-140, P. Huet, paysages et vue d'Avignon; à g., 118, Géricault, Combat de Nazareth en 1799; Rondel, Vision de Fra Angelico; 133, Gudin, l'Entrée du port du Havre (1834); Hor. Vernet, 284, 285, Mazeppa, 286, Jos. Vernet attaché à un mât pour étudier une tempête: Devéria, les quatre Henri; 91, Daubigny, paysage; — au centre, Garibaidi, Vieux-Port de Marseille ; ChayUery, Logis familial ; Jacquesson de la Chevreuse. portr. de sa femme.

1"* SALLE LATÉRALE '. tableaux modemes de Carrière, Fraiiçais, Roll, P. Sain, Caillou, Grésy, Pierre et Ant. Grivolas, Beauverie, J. Laurens. Jleynier. V. Leydet, Cl. Firmin, A. Moutte, J.-B. Duffaud. — *Christ en ivoire, de 70 cent, de hauteur, par Jean Guillennin (1659), avec deux bras de rechange; diverses curiosités, médailles, ivoires, émaux, faïences italiennes, miniatures, reliures des xvF-xixe s., etc.

Salle suivante: antiquités égyptiennes, grecques et romaines, beaux verres, petits bronzes, terres cuites, objets du moyen âge, à dr. (dans la 5« vitr., un buste d'enfant, par De.-<idtrio da Settignano?); au milieu, des vases, des ustensiles de cuisine et une lampe en bronze, trouvée à Apt; puis des médailles plus anciennes et de petites sculptures modernes.

Dekkiére salle: suite des médailles; petite collection ethnographique, Bouddha à 46 bras, du Tonkin; objets d'art de la Chine.

On pourra aller voir en revenant, rue du Collège-d'Annecy, 17, le portail de la chapelle de l'anc. collège d'Annecy, du x^^Ie s.

Au cimetière, situé à 10 min. de la ville (v. pi. F 3, 4), se voit un beau monument de Charpentier, la Sentinelle des morts (1899). L'illustre philosophe anglais Stuart Mill (1806-1873) y est enterré.

Villeneuve-lè s- Avignon.

On visitera avec intérêt Villeneuce-Vts- Avignon, que dessert l'omnibus mentionné p. 350. Il est préférable d'y aller en voit, partie, ou à pied: passer par le pont suspendu (pi. B 1), Vile de Piot (pi. A B 1), un nouveau pont de pierre et remonter enfin la rive droite.

Villeneuve -le S- Avignon n'est plus qu'une ville de 2890 hab., mais elle fut très prospère au temps des papes d'Avignon, à partir du xiv^ s., où elle fut habitée par des cardinaux et des prélats

VILLENEUVE -LÈS-AVIGNOX. IV. R. 43. aôO

de leur cour, et encore plus tard comme place forte des rois de France à la frontière de Provence et en face du domaine papal. Aussi a-t-elle encore des constructions curieuses qui attestent son anc. prospérité, mais elles sont en nombre relativement très restreint et plus ou moins en ruine, car elle a compté, par ex., jusqu'à une vingtaine d'églises ou chapelles publiques.

Au bord du Rhûne, en face du pont St-Bénézet (p. 355), la four de Philippe-le-Bel (1307), qui en commandait l'extrémité, et d'autres restes des fortifications du xiv« s.

U église Notre-Dame, dans la Grande-Rue, est une anc. collégiale de 1333, avec une haute tour carrée à créneaux. Elle renferme des tableaux remarquables qui sont le mieux éclairés l'après-midi.

Côté g.: 2^ chap., restes du tombeau du cardinal Arnaud de Via, fondateur de l'église; 3^ ohap., St Bruno à genoux devant la Vierge, par N. Migiiard : 5* chap., Visitation, par Ph. de Champaigne. et Annonciation, par le Giierchin. Côté dr.: -i^ chap., *Mariage de Ste Catherine, par A". Mignard : Ste Famille, par iî. Levieux. — Au chœur, un *Christ aussi de Levieux et peint sous l'influence du Guide; St Bruno, par A'. Mignard. Joli siège en marbre blanc. — Dans la sacristie, une célèbre *Vierge en ivoire du xiv^ s.

li^hospice, un anc. couvent, desservi par des religieuses triuitaires, à dr. dans la rue à arcades en face du portail S. de l'église, est visible de 9 h. à midi et de 1 à 4, 5 ou 6 h. (offrande).

L'hospice possède, dans sa chapelle, le *tombeau d'Innocent VI (v. p. 351). provenant de la chartreuse (v. ci-dessous) et qui rappelle celui de Jean XXII (p. 354). Il est du stj'le goth., à baldaquin en pierre, jadis tout garni de statuettes et abritant encore la statue en marbre du défunt.

Il y a au I*"" étage un petit musée modestement installé. Catalogue en préparation. — 1»^ salle: 33, R. Levievx. le Christ pleuré par les anges; 34, Shn. de Châlons. Mise au tombeau (1552) ; *36, Enguerrand Charmiton (v. p. 351), Couronnement de la Vierge (1453): 65, À'. Mignard, Annonciation (copie d'un tableau perdu du Guide) ; 72, attr. à Phrl. de Champaigne, le Christ en croix; 91, A". Mignard, Jésus parmi les docteurs (1649); 96, C'h. Bourgeois. François 1^^ à la fontaine de Vaucluse (p. 363); 100, R. Levieux, le Christ en croix. — 2« salle: tableaux moins importants^ gravures, sculptures; dans une vitrine, un beau masque de femme en marbre qu"on dit sans preuve être celui de Jeanne de Laval (p. 390).

Au delà de l'église, à dr., la montée du "^fort St- André., qui a une belle enceinte flanquée de tours, de la fin du xni» s. Belle vue sur Avignon et la vallée du Ehône du haut des tours jumelles de l'entrée, reconstruites vers la fin du xiv^ s.

Plus loin, à g. de la Grande-Rue, d'anciens hôtels particuliers. Ensuite, à dr., les ruines de l'anc. chartreuse du Val-de-Bénédiction, fondée en 1356 par Innocent VI. Une partie des bâtiments est habitée par quelques familles. Pour visiter, s'adr. au gardien, à dr. de l'entrée (pourb.). On remarquera le portail sur la rue (1659\ les cloîtres et les corridors qui servent maintenant de ruelles, les ruines de l'église et de la chap. d'Innocent VI. avec des restes de fresques, la fontaine St-.Tean, un grand puits, etc.

D'Avignon à Arles et à Marseille, v. R. 45 et 47; à Aix, Apt, Digne, etc., R. 48 et 49.

;{(j() Vl.It.44. - Vartf'.p.:i77, CARPENTKAS. K.raa:^iom

D'Avignon a Orgok: 34 kil., ligne d'intérêt local s'embranchant à Barhentane (6 kil.; v. p. 364), et prenant à l'E. la direction de la Durance. — 13 kil. Châtean renard- Provence, ville de 8036 hab., dans un beau site. Commerce considérable de fruits et de primeurs. Tramw. et autom. d'Avignon, v. p. 350. — 17 kil. Xoves (2408 hab.), aux vieux remparts flanqués de tours, qui passe pour la patrie de Laure, immortalisée par Pétrarque. — 29 kil. Plan-cVOryon. aussi sur la ligne de Tarascon (v. p. :5(;r>). .'i:'. kil. Orçion, halte pour la ville. 34 kil. Orgon, gare (p. 380).

Page 1