‹ Le sud-ouest de la FranceChapitre 133 sur 164 · De Bayonne à St-Sébastien · texte numérisé non relu

De Bayonne à St-Sébastien

51 kil. Trajet en 1 h. 50 à 3 Ii. 10 (2 h. par le <^ Sud-Express ^; v. p. xiv). Prix : H fr. 25, 4 fr. 40 et 2 fr. 75; jusqu'à Iriin, où l'on change de voiture (v. p. 3«9), 4 fr. 25, 2 fr. 90 et 1 fr. 90. Trajet intéressant. Wagon-restaur. jusqu'à Irtin à l'express du matin (prix, v. p. xni). — L'Espagne compte

fiar pesetas (piéeettes) et centimos équivalant aux francs et centimes, mais a monnaie espagnole suijissant une notable dépréciation par rapport à la monnaie française, on fera bien de se munir d'argent espagnol chez un changeur à Rayonne (p. 271) ou aux gares d'Heudaye ou d'Irùn («cambio de monedas ■>). On évitera toutefois d'en trop prendre, parce qu'on ne pourrait nullement s'en servir en France au retour et serait obligé de passer de nouveau chez un changeur, on le change serait défavorable. - - On fera bien au.ssi d'emporter le moins possible de bagages, à cause de la douane, qui est sévère à Iriin.

La ROUTE s.ATioH.^UE est très belle entre Biarritz et Béhobie (28 kil.), village français sur la frontière, à 3 kil. d'Hendaye (v. p. 279).

De Bayonne à la Négresse (10 kil.), y. p. 275-276. — - Puis, à dr.. le bois de Boulogne de Biarritz, avec le lac Mouriscot (p. 279), et la mer. Tunnel. A g., les Pyrénées.

15 kil. Bidnrt. La voie s'est maintenant rapprochée de la nier qui présente bientôt un très beau coup d'œil.

17 kil. Guéthary (hôt.: de la Plage, 40 ch. dep. 3 fr., rep. 1, 3.50 et 4, p. dep. 9; Juzan), où il y a un établissement de bains de mer. Belle vue aussi à g. .sur les montagnes que domine la Rhnne <p. 367). En arrière, à dr.. Biarritz.

3fî6 IV.R.rii. C'.,p.3i;3. SÏ-JEA\-I)E-I,LZ. De Bai/oniic

23 kil. St-Jean-de-Luz. — Hôtei.s. Sur la plage, (1« 1" ordre: *Golf-Hôtel Beau-Rivage (100 ch. dep. 5 fr., avec salle de hains dep. 10, rep. 1.50, A et 5, v. n. c, p. dep. 12, omii. 75 c.); *Modern Hôtel (100 cli. dep. 5fr., déj. J, dîn. 5, v. n. c, p. dep. 12, oinn. 50 c.); *Or.-H. d' Angleterre X- de la Plage (140 ch. dep. 5 fr., rep. 1.50, 3.50 et 5, p. dep. 12 ou 10, omn. 50c.). - En ville: H. de la Poste, rue (iarabetta, 85 (cli. dep. 2 fr., rep. .S et 3.50, p. dep. 7 ou 8); H. de In Côte- Basique, rue Tourasse, 10 (ch. 3 fr., rep. 2.50 et 3, p. dep. 7); H. de Pari», en face de la gare (20 ch. «Icp. 2fr. 50, rep. 2. .50 et 3, p. dep. 7); H. du Commerce, boul. des Pyrénées, près de la gare (24 ch. dep. 2 fr. 25, rep. 2.50, p. dep. 7.25).

HôTELS-PENSioKs : Villa Bel-Air (Mi.ss Stewart), sur la plage (24 «rh., p. dep. 8 fr.); Villa de V Océan, rue des Bains (23 ch., p. dep. 7 ou 5 fr.). - Il y a en outre des maison.s meublées.

Postes et télégraphes, rue Tourasse, près de la place Louis XIV.

Bains r>B mer: cabine, 35 c. ; costume, 20 c. ; peignoir, 15 c. ; serv., 5 c

Casino: entrée, 1 f r. ; .journée et soirée, 1 fr. 50. — Golf: Golf -Club de St-Jean-de-Luz, Golf-Club de la Nivelle, Golf-Cl/ib de Ste-Barbe.

St-Jean-de-Luz est un petit port paisible de 5372 hab. (en 1911), sur la baie du même nom et à dr. de l'embouchure de la Nivelle. Ses bains de mer sont de plus en plus fréquentés, surtout par les Anglais; on y va aussi en hiver.

St-Jean-de-Luz, situé dans le pays basque (v. p. 272). a joui d'une assez grande prospérité du xiv s. au milieu du xvii»: elle a eu jusqu'à 12000 hab., dont 3000 occupés à la pêche de la baleine dans le golfe de Gascogne et à la pêche de la morue. Mais la baleine ayant disparu du golfe, la France perdu Terre-Neuve et la mer compromis la sûreté du port, au point qu'une partie de la ville fut détruite par les eaux au xviii« s., la décadence est vite venue. On a bien essayé de protéger l'entrée de la b;iie par des digues, mais la Mer est si terrible sur cette •^ i^ôte de fer» qu'elle a complètement anéanti dans une tempête, en 1822, une digue de 140 m. de long, 15 m. de large à la base et 10 m. de haut. Des travaux encore plus considérables ont été exécutés depuis 1863 à la pointe du Socoa, et ils ont résisté jusqu'à présent. — St-Jean-de-Luz a été témoin du mariage de Louis XIV avec l'infante Marie-Thérèse, en IfiHO.

L'avenue de la Gare laisse àg. le pont de Ci boure (route d'Espagne) et le port, à dr. le nouveau boul. Victor-Hugo et la place Pluviôse, et aboutit à la place Louis XIV. Sur celle-ci, à g., au n" 5, la maison Louis NIV, ainsi nommée parce que le roi y logea lors de son mariage (v. ci-dessus). C'est une con.struction assez originale du XVI® s., avec deux tourelles carrées en encorbellement. Plus loin à g., sur le quai, la maison de V Infante, <lu xvii" s., avec des tours carrées aux angles et deux étages d'arcades du côté du port (.à l'intérieur, qu'on peut visiter, deux tableaux de Gérôme relatifs au mariage de Louis XIV). — De la place Louis XIV, à dr. en arrivant, part la rue Gambetta, à g. de laquelle on voit bientôt Vëglise St- Jean, du xiu* s. Comme toutes les églises basques, elle a trois étages de tribunes en bois pour les hommes, les places de la nef étant réservées aux femmes. Il y a au fond un grand retable tout doré, dans le genre espagnol, et garni de vingt statues. A dr. dans la rue, comme curiosité, trois maisons que recouvre une même toiture.

La rue Garât, qui passe derrière le chœur de l'église, mène directement à la, plage, où se trouvent, à dr., le casino (v. ci-dessus) et VétahUssement des baiiis. La baie, presque circulaire, est en par-

à Sl-Si'l>/ist!,„. IIFA'DAYK. V..p.:itj:i. IV.K.r,-. [507

tie ffiiiiée par des digues, cutiT la pointe Sle-lJarbc, à dr.. et le i»i'tit |)ort du Socoa (v. ci-dessous), à gauciie. Au delà de l'établissemeul des bains, la digue-promenade, transfornit^e en boulevard, laisse à dr. le boni. Thiers et conduit plus loin à \..\.pointeSte-Barhe(}liA'\\.; belle vue). Le boulevard Thiers ramène vers la rue Gambelta, d'où l'on regagne le centre de la ville à droite.

l*ar le pont mentionné p. 366, on arrive à Ciboure, village à g. de l'embouchure de lu Nivelle, avec de curieuses maisons basques et une belle église; de là, on longe le port à dr. pour aboutir à la grande digue du Socoa. Falaises schisteuses, où il y a des grottes, un vieux fort, auj. j)Oste de douaniers, et un sémaphore. Belle vue.

Dk St-Jean-kk-Li'z a la Khi'ne, excursion iiitéres.santc d'euv. 7 li.. aller et retour (4 h. de montée). Une route expoKée au soleil conduit au îS.-E. par la vallée de la Nivellf jusqu'à ^Uta/w (7 kil. ; voit. pul)l.: rest. à la Kliune, simple mais bon), où l'on se procurera ^uide et mulets (10 fr.). On traverse le village et monte à dr. par un chemin pierreux pendant '/■j II.. l>ar le versant X., tourne à dr. pour arriver '/a !>• pIu* loin à un clialet, tc>urne à fr. à 1 li. de là, ai)rès un second chalet, et srravit le sommet en /it;zag. La Rhune ou lAimine (9t)iJ m.), la première moiitaf^ne importante à l'extrémité O. des Pyrénées, sur la froLitière, offre une *vue superhe (tahle d'orientation), s'ctendunt sur les vallées du N.-(). jusqu'à l'Atlantique, et de l'O. à l'K. sur une série <le montagnes depuis la Haya jusqu'au pic du Midi de higorre (p. 417). à env. 150 kii. de distance en ligne droite. ■ - Ka Khune, sur laquelle ou avait élevé des fortifications, fut l'ohjet de coinhats acharnés en 181.'!, lors de l'invasion des armées angloespagnoles. Le général Clauzel dut l'abandonner lorsqu'il se vit tourné à l'K. par les Espagnols et menacé à l'O. par Wellington,

Le chemin de fer traverse ensuite la Nivelle. — 2;") kil. Uirugm (3()4.S hab.), avec une belle église du xv« s., dont le cadran solaire |)orte l'inscription mélancolique: «Vulnerant omnes, ultima necat» (toutes blessent, la dernière tue;. Puis un tunnel de 404 m., et on arrive dans la vallée de la liidassoa, qui présente un coup d'(Kil magnilique. k g., sur le territoire espagnol, la Haya, reconiiaissable à ses trois pics (v. p. 369); à dr., un beau château moderne, la plage d'Hendaye, le lit très large et sablonneux de la rivière et la jiittorcsque Fontarabie (p. 368), dominée par le Jaizquibel.

3;') kil.Hendaye. — Bon bufftt (rep. 3 fr. et 3. .50). — HOtels. En ville: de Francf ■£ d'Avgleterre (ch. dep. 3 fr. .ôO, rep. 1.25, 3. .50 et 4, p. dep. 10. omn. 75 c), Imut:: (10 eh. dep. 3 fr., rep. 1.25, 3.50 et 4, p. dep. 9, omn. .50 c), tous deux convenables. Sur la plage (v. ci-dessous): Gr.-H. Eishtiidduiia, ouv. en 1911, installation moderne (150 ch. dep. 12 fr., rep. 1.50, 5 et 7, v. u. e., p. dep. 20, omn. autom. 1); Cniitineiital & de In l'Inge (50 ch. dep. 5 fr., rep. 1..50, 3.50 et 5, v. u. c., p. dep. 12.50, omn. 1); Centrul (2(i ch. dep. ;i fr. .50, lep. 1, 3. .50 et 4, p. dep. 9).

'l'itA.MWAY Ki.KCTK. (le la gare en ville (10 c.) et à la plage (25 c). — Trauiw. électr. di> Hendaye à Iliii/rif: (p. 276) en construction. - Voit. i>K i>l.\(:e: de la gare en ville, 1 à 2 f r. ; à la plage, 2 fr. à 2.50.

Ilenduye, en esp. Heiidut/u, dernière stat. française, est un gro8 village dénué d'intérêt, à 10 min. de la gare. 11 s'y fabrique une li(|ueur renommée. Ses bain.s (le mer (liôL, v. ci-dessus) sont env. 2 kil. plus loin, à l'embouchure de la liidassoa. Sur la plage, qui e.st belle et bien exposée, un grand rwàno dans le style mau-

.368 IV.R.m. — C.,p.Se.H. IRUN. De Bm/mnie

resqiie. Sanatorium île la villi' de J'aris pour enfants. Vnjeuile yolf est installé depuis 1911 dans le parc d'Abbadia.

♦Excursion a Fontakahie (3 à 4 h.). Pour y aller d'Hendaye, en traversant la Bidassoa, il faut monter au bourg (tramw., v. p. 307), afin de trouver une barque (prix à débattre avec le batelier; 2 fr. par pers., aller et retour). Le trajet en chem. de fer et tramway, par Irûn (v. ci-dessous), est moins intéressant. La Bidassoa a env. 1 kil. de largeur à cet endroit (à dr., la maison de Pierre Loti), et elle en atteint 4 h son embouchure, à peu de distance, entre la pointe Ste-Anne et le cap du Figuier (Espagne; en psp. cabo de Bignér). Cette rivière forme, sur une longueur de 15 kil., la frontière entre la France et l'Espagne. En amont, au delà du pont international (v. ci-dessous), Vile des Faisans ou de la Conférence, territoire neutre où eurent lieu diverses entrevues de souverains et d'ambassadeurs de France et d'Espagne et où fut entre autres conclu, en 1659, le traité des Pyrénées (monument commémoratif).

Fontarabie, en esp. Fuenterrabia (hôt. : Concha, Peûôn Cantâbrico, ù la plage; Mouriseot, près de la puerta Mayor, déj. 3, pens. dep. 7 p.; casino, au même endroit), est une petite ville dont la population basque (v. p. 272; 933 âmes) est très curieuse à observer. Ane. place forte de la frontière, souvent assiégée, conquise et bombardée, elle présente l'aspect pittoresque d'une vieille ville espagnole aux rues étroites avec maisons massives ornées d'armoiries, de balcons en fer forgé et de toits saillantH. De la ptœrta Mayor, petite porte timbrée des armes de la ville, la rue principale ou calle Mayor monte à l'église et au château. 'L'église, de style gothique, a un portail de la Renaissance et un campanile du xvu" s. L'intérieur présente la profusion d'ornements qui caractérise les églises espagnoles; retables sculptés et dorés, etc. Le château, dit jialacio de Carlos V, est en partie en ruine et vide à l'intérieur (entrée, 25 c); la partie la plus ancienne, regardant la Bidassoa, remonte au xii^s. ; cour pittoresque; belle vue de la terrasse. On visitera aussi la calle de las Tiendas (rue des Boutiques), en face de la tour de l'église, la colle Panipinot, la 1"= à g. de la précédente, bordée de maisons de bois, et la calle de Fuentes y Gorgot qui ramène à la calle Mayor. • — Le 8 sept., Fontarabie commémore par nue fête populaire la levée du siège que le Grand Condé avait mis devant la ville eu l(i38. Une procession se rend alors à V Ërmita de Gtiadeliipe, située à 1 h. à l'O. sur le versant du Jaizquibel (v. ci-dessous); costumes originaux, danses basques et musique caractélistique, avec tambourin et flûte à trois trous (v. aussi p. 385). Le fuerte de G^uaàelupe (fort; ne pas prendre de croquis) est occupé par une petite garnison. — On peut continuer en suivant la croupe de grès dénudée du mont JaisQuibel (550 m.), couronné par un fort délabré (fuerte FiiHqite) et, en ayant constamment la vue des monts Cantabres à g. et de l'Océau à dr., descendre sur Pasujes (3 à 4 h.: p. 369).

Après Hendaye, on aper(;oit de l'autre côté de la Bidassoa: à dr., Fontarabie et le cap du Figuier (v. ci-dessus); en face, la Pefia de Haya (p. 369). A g., dans la rivière, l'île des Faisans (v. cidessus). Plus loin, au S.-E., l'Ermita de San Marcial (p. 369). On passe le pont international de la Bidassoa, long de 130 ni., dont le milieu fornie la frontière entre la Krauce et l'Espagne, et l'on se trouve dans la province basque de (ruipûzi-oa (v. p. 272).

38 kil. Irùn. — Buffet. -- Hotels: Palace H., paseo de Coluu. 8-10, Casino de la Ainistad. avec restaur., plaza de la Oonstituciôn, bons tous deux; //. de Bayonne, près de la gare, simple. — Tbamwats: de la gare à la plaza de la Oonstituciôn, 10 c; pour Fontarabie (v. ci-dessus), en 20 min., 25 c. (peu de trains; à pied, 40 min.).

Irûn est une ville de r)799 hab., assez moderne, et dans un site charmant, à 10 min. de la gare. 1/église, consacrée h Nuestra

,1 AY-&V7)aW(V«. PASA.IKS. <-'•. J>- ■'<'■■''• -^J'- ■«• •'''7- 369

Senara del Juncul (N.-D. des Joues), date de la Keuaissance. C'est un édifice sans ornements avec une nef longue de 43 m., sur 28 ni. de large, un autel surchargé de décorations (^retablo) et quelques tombeaux, entre autres celui de l'amiral Pedro de Zubiaur, de 156îS. L'hôtel de ville (casa consistorlal), sur la plaza de San Juan ou de la Coustituciôn, date du xn« s. Jolie vue de VErmita de San Marcial, ermitage proche de la ville. — Visite de la douane. Changement de voitures, la voie ferrée étant plus large en Espagne qu'en France i^l m. 74 au lieu de 1.44). Pour les voyageurs venant d'Espagne, le changement n'a lieu qu'à Hendaye. Monnaie espagnole, v. p. 365.

La Pefla de Haya ou dd Aya, en franc. Tr&is-Couronnes, au S. d'Iriin, est un pic de ^anit dentelé et visible de très loin. On monte aisément d'Iriiu, en 3 à 4 li., jusqu'au point géodésique «115 m.; ou pput même aller à cheval, en 2 h. ';.j, jusqu'.-i la prairie dite Pradera de LaiiiaiiffH. L'ascension du plus haut sommet (832 m.) est réservée aux bons grimpeurs. La vue sur les monts Cantabres de la Navarre à l'E. et au S., SUT les vallées d'Iriin et d'Oyarzun, St-Sébastien, l'Océan et la côte de France, est justement célèbre.

A env. 6 kil. au S.-O. d'Iriin. sur la route d'Oyarzun qui se détache à g. de la grande route de Renteria à 2 kil. 5 d'Irùn, s'élève à dr., non loin d'une anc. chapelle, un haut bloc de granit, où les contours d'uu cavalier ont été grossièrement gravés. C'est la pierre tombale d'un soldat cantabre, dont le nom (Ulbeltesonis), en caractères du i" s. apr. J.-C, se lit au-dessous du cavalier.

D'Irùn, le train court au S.-O., eu longeant à dr. le Jaizquibel (p. 368), et traverse un joli pays ondulé avec des arbres fruitiers et des caserios (fermes) basques. Tunnel du col de Gainchvrisqueta. — 48 kil. Lezo-Renteria (rest. Oarso-Ibai, déj. 5 p., et d'autres, près de la stat. terminus du tramw. de St-Sébastien, p. 370), station pour Lezu. où il y a un Christ miraculeux (fête le 14 sept.), et pour ReiUeria sur VOyarzun, l'anc. Oarso, nom qui était aussi celui de la ville située sur ses bords.

Le train franchit l'Oyarzun sur un pont à treillis étroit, traverse eu tunnel une presqu'île, où est la fonderie de plomb de Capuchinos, et atteint la magnifique baie de Passages (Pasajes), qui est presque entièrement fermée et ressemble à un lac alpestre.

50 kil. Pasajes (en franc, les Passages), jadis important port de commerce d'où partaient aux xvi«-xvme s. les baleiniers basques et où La Fayette s'embarqua en 1776 pour l'Amérique, devint plus tani un simple village de pêcheurs; c'est anj. une localité industrielle de 789 habitants. La gare se trouve dans le quartier d'An^ho, de création récente, qui se rattache au vieux quartier de San Pedro (Fonda del Puerto, pens. 5 p.). Sur la rive dr. de l'Oyarzun, San Juan (rest. Câmara), avec la mai.son où demeura Victor Hugo en 1843, transformée en une sorte de musée-souvenir par MM. Paul Deroulède et Marcel Habert. Au S., les forts de San Marcos et de Chorituquieta. Sur la rive E. de l'entrée très étroite du port, le fuerie de Sa/Ua Isabel, qui est délabré.

370 ir. R. m. c, p. 363. ST-SEBASTIEN.

Lu ligne suit sur une jetée la rive O. de la baie et traverse plusieurs collines. A g., Alza; à dr., le mont Ulia (p. 373) et, au pied, le Barrio de Gros (pi. GHl-2), faubourg E. de St-Sébastien.

55 kil. St-Sébastien (San Sébastian). — Gaeks: i, estadon

del Norte (pi. G H 3 ; p. 371 ; buffet, avec ch., déj. 3 p., dîn. 3.50) ; 2, esUiciôn de Bilbuo (pi. F 4), pour la ligne à voie étr. de ce nom. A la première gare, stationnent les omnibus des hôtels (une pers. 1 p., colis a la main jusqu'à 10 kilos 50 c, malle jusqu'à 30 kilos 1 p.), ainsi que les voit, de place (v. ci-dessous).

Hôtels (du 10 juillet au 1'^' oct., prix plus élevés): *]ï. Continental (pi. a, F 3), paseo de la Conclia (vue), avec une dépendance (l.W ch. dep. 7 p., rep. 2, 6 et 7, v. n. c, peiis. dep. 20); H. Maria CriHina (pi. i, 0 2), paseo de la Zurriola, ouvert en 1912 (200 ch. dep. 4 p., rep. 2, 6 et 8, V. u. c, pens. dep. 15); *H. du Palais (pi. b, F 3), av. de la Libertad, 21, fermé en hiver (100 ch. dep. 5 p., rep. 2, 6 et 8, v. u. c, pens. dep. ir> à 20); *H. de Londres & d' Angleterre (pi. c, F 3), paseo de la Coucha, 1 (vue; 100 ch. dep. 5 p., rep. 2, 5 et 0, pens. dep. 18); *H. Ezcurra (pi. il, Gr 2), paseo de la Zurriola (pens. dep. 15 p.); — //. Èeina Victoria (f\. g, G S), calle de Prim, 2, au coin de la calle de San Martin, ouv. d'avril à nov. (50 ch. dep. 5 p., rep. 1, 4 et 5, pens. dep. 12.50); //. de France (pi. e, G 2), calle de Caminos, 3, bon (50 ch. dep. 4 fr., rep. 1.50, 4 et 5, pens. dep. 10 ou 12); H. Ursula, calle Easo, au coin de la calle del Frincipo (pi. F3; mêmes prix); H. de Paris, calle de Fueuterrabia, 11, au coin do la calle del Principe (pi. F 3; 38 ch. dep. 3 ou 5 p., rep. 1, 4 et 5, peus. dep. 10 ou 12); Family- H. (pi. h, F 3; français), calle Miramar, 4, avec restaur. et pâtisserie (pens. dep. 17 p.); //. Berdejo (pi. f, G 3), calle de Guetaria, 7 (voyageurs de commerce); H. Central, Alameda (50 ch. dep. 4 p., rep. 1, 4 et 5, pens. dep. 10); La Perla, calle de Fueuterrabia, :!<! (pi. G3; pens. dep. 10 ou 15 p.); H. Niza (pi. k, Fj4), calle de Zubieta, 56, et sur la Concha (mêmes prix); U. Arana, calle de Easo, 8 (pi. F 3-4); H. de Biarritz, calle de Guetaria, 8 (pi. G 3); H. Albeniz, calle de Vergara, 16 (pi. G 3).

Restaurants : casino (v. ci-dessous ; rep., avec entrée, 6 et 8 p., V. u. c); Bourdette (franc.), av. de la Libertad, 35 (déj. 3 p. 50, dîn. 4); Urbana, plaza de Guipùzcoa, 15 (déj. 4 p.).

Cafés: Novelti/, Alameda, 15 (prix élevés); C. 0-riental, Alameda, (>, à la stat. terminus du tramway (v. ci-dessous); C. Kutz, Alameda, 23, au coin de la calle <le Garibay (très fréquenté), et au coin des rues San Martin et Urbieta; C. del Norte, Alameda, 7; C. Royalty, av. de l;i Libertad, 1 et 11 ; C. del Rhin, av. de la Liberta, 13 ; C. Guipï/scoa (cercle français), plaza de Bilbao. — Brasserie : Cerveceria Alemana (Kutz), près de la route de Pasajes (pi. H 2), non loin des arènes, avec jardin.

Voitures de place (coches de punto) : en ville, la course, voit. A 1 chev., 1 p. à 1.50; voit, à 2 chev., 1 à 2 p.; l'heure, 2 ou 3 p.; hors de ville, faire prix. — Taxi-autos (coches antomôriles): jusqu'à 1 kil., 1 p. 25; puis 10 c. par 100 m.; attente, 25 c. par 5 min.; le double lors de certaines fêtes.

Tramways électriques : du coin N.-O. de l' Alameda (pi. F 2) à At^fiorrieta (hors pi. H 2), t. les 7 min.; k Renteria (hors pi. H 2; p. SCit), par Âtegorrieta et Pasajes, et à VentuBerri (hors pi. B4), par Antiguo, t. les '/4 d'il. (10 à 30 c); au funicnluire du vionf Igueldo (pi. B3; p. .S72), par Antiguo, t. les 10 min. (20 c. ail. et ret.): au mont Ulia (hors pi. H 2; p. 373), t. les 20 min. (1 p. 50 ail. et ret.); — de la calle de Elcano (pi. F 2) à Jlernani (hors pi. G 4), t. les 25 min. ^

Postes (co/tco; pi. F 2), plaza de Guipùzcoa, à la DiputaciAn. ■^ Télégraphes (pi. G 3), au coin des rues San Martin et Guetaria. ''

Casino {Grun Casino Easonense, pi. F 2; ouv. toute l'année), avec terrasse, restaur. (v. ci-dessus), salles (le fête, de lecture et de jeu; dans la saison, concerts de 5 h. à 7 li. et de 9 h. '/a >' H h. du soir; entrée 1 p.,

se trouve le cttsino (pi. K 2; v. p. 370), imposant édifice bordé à VE. pat VAloiieiht («Boulevard») et au S. par le parc iVAlthrdifdei-

ST-SEIUSTIEX. 0..p..v;.'i. IV.R.r.T. 371

«proH 7 II. (lu Hoir 1 p. 50, les soirM de bal ou lie fête, 8 j). AbouuciiientH: un mois 15 p., trois mois 30 p., saison d'hiver 50 p., saison d'étc 70 p. — Ciimcrts aussi à l'Alameda (v. ci-dessous).

Théâtres: Tcatro principal (pi. F 2), calle Mayor; Teatro Victoria Kiiyenia (pi. FUï; p. 372), paseo de laZurriola; Teatro Circo (pi. F 1), ealfe de Soralure (spectai-les divers). — Jet-n. ijk i-ki.otk BA««iUE (jueyon de pelota): Fronton de Atocha (pi. H2-.S); Jai-AUii, à côté des arènes (pi. H 1). — Coi-RSES 1>K TAfKKAUX, les dlui. du 1" août au 15 sept., aux arènes, v. p. 878 ; loeatiou de billets (2 il 20 p.), calle de Eleaiio, 5.

liAiNs ciiAi-i>s: au casino (p. 870; 2 p.), à la l'erla ciel Océuno (pi. El) et calle de San Juan, 13, eu face de la Pescaderia (pi. F 2; p. 372). — Bains dk mkk: sur la plaija de Bafio» (pi. EF3-1; 25 c, avec linge .'iO c.), sur la plai/a del Antiyiio (pi. B0 3-4) et sur la plai/a de la Ziirriolu (pi. C 1-2). Les cabines sont traînées jusqu'à place par des bienfs.

Hasvjies: Crédit Li/onnais, au coin de l'av. de la Libertad et de la ealle Miraniar; Société (îénérale. au coin des rues Miraniar et Andia; Comptoir National d' Kscoinjite de l'arin, au coin des rues Hernani et l'enarii>rile; B. d'Kupayne, calle de (Jarihay, 2ti; ./. tiriineA & C'", av. <le la Libertad, 20. — L'iiANdF.iR {caiiihio de monedax ; v. p. 365): J. Uarhai/o, calle de (laribay, 36.

LiBRAïuiKs: A. Aramburii, Alameda, 21; F. Jornet, calle de Eluano, 2 (agence de la C» des Wagons-Lits); </. Lopez, calle de Uhurru(^a, 6.

Consulat de Frftnce. calle de San Martin, 21. — Syndicat dUnifiatire (Sindicato de Inieiativa y Propaganda), .Vlanieda, 14.

St-Séb(istien, Viinc. Donostiyu ou Iruchiilo des Ha.sque.s, ville il'eiiv. 41)000 h;ib. (eu 1911), est le eliel-lieu de la province e.spagiKtle de (Tuipûzeoa (v. p. 272) et la résideiiee d'été de la famille niyale. Ses bains de mer sont le rendez-vous de la haute société espagnole ainsi (|ue d'un grand nombre d'étrangers.

La ville occupe un site très pittoresque, en partie dans une presqu'île du golfe de (lascogue, au pied du niout Ur/jnll (p. 372), anc. île rocheuse, et sur des alluvions entre l'emboucliure (riaj de VUriinica à l'E. et la baie de la Coucha à l'O. Prise le 31 août 1H1;î p;ir les troupes anglaises, espagnoles et portugaises, comnutndées par (iraham, la ville fut incendiée, et les Fran(;ais, qui occupaient la forteresse de l'L'rgull, sons les ordres du général Rey, durent capituler. Les fortilications ont été rasées en 186G. Depuis lors, une nouvelle ville avec de larges rues et de belles promenades à la végétation luxuriante s'est développée au S. de l'Alameda (v. p. 372). Courses de taureaux, v. p. 373.

La gare {estar-ion del Xorte; pi. G 3) est sur la rive dr. de VUrumea, rivière qui fut canalisée eu même temps qu'on créait le quartier neuf de l'autre rive (v. ci-de.ssus). Il y a deux ponts sur cette rivière: le puetife Maria Cristîna (pi. G 3), inauguré en 190.'), prés de la gare, et le puente de Sauta Cataliita (pi. G 2), plus bas, |>rés de la Zurriola (p. 372). Du second pont, la large (ive)il(la de la Libertad (pi. G F 2-3) mène à la Coucha.

i,a *Concha est une magnifique baie, barrée au N.-O. par l'île de Sauta Clara et encadrée au X.-E. par l'Crgull et ;i l'O. par le mont Igueldo (V. p. 372). C'est là que se concentre la vie balnéaire, et que se trouve le raf<ino (pi. F 2; v. p. 370), imposant édifice bordé à l'E. pat VAla)neda i« Honlevard»! et au S. par le \t:\rc iVAlden/leder

372 IV- R 57. - C, p. 363. ST-SEBASTIEN.

(mot basque qui signifie «belle place»), dont le prolongemeut est formé par le paseo de la Concha (pi. FE 3-4). La plage est excellente; la Caseta Real (pi. E4) renferme les bains de la famille royale. — La route prolonge le paseo à l'O. jusqu'au faubourg d'Antiguo (pi. AB4; tramway, v. p. 370), en passant en tunnel sous le palacio de Miramar (pi. 04), jolie villa construite pour la famille royale sur les plans de l'arciiitecte anglais Selden Wornum.

Le centre de la ville neuve est formé par la plaza de Guipûzcoa (pi. F 2), entourée d'arcades. Le heau palacio de laDiputaciôn (pi. F 2) contient les salles des séances de la Diète provinciale (pourb. 50 c). L'escalier a un beau vitrail, exécuté à Munich d'après le dessin d'Echena, et qui représente Alphonse YIII coufir- )naut les fuéros (franchises) du Guipùzcoa en 1202. — Au iS. de l'avenida de la Libertad, un nouveau quartier (Barrio de Auiaray s'est formé autour de Véylise du Bon-Pasteiir (Buen Pastor; pi. F(t3-4), construction goth. terminée en 1897. Derrière l'église, ]i' palais des Arts et Métiers (Escuela de Artes y Oficios, pi. G 4~i renferme le musée d'art et la bibliothèque municipale (9 h. ù 1 h. et 3 h. à 6 h.). — Sur le largo de la Zurrlola (pi. G 2), ont été inaugurés eu 1912 le teatru Victoria. Eugenia (pi. F G 2) et Vhôt. Maria Cristina. Entre les deux, au milieu de beaux jardins, le monument d'Antonio de Oquendo, amiral basque, qui commanda la flotte espagnole contre les Hollandais en 1631 et 1639; c'est une œuvre de Marcial de Aguirre (1894).

Dans la vieille ville, la plaza de la Constitution (pi. F 2) est entourée de malsons à arcades. Des courses de taureaux y avaient lieu autrefois, ce qui explique les numéros qu'on voit aux fenêtres à balcons qui servaient alors de loges. A l'E., la Pescuderla (pi. F 2; marché au poisson). San Vicente (pi. FI), église goth. de 1507, qui a un curieux porche en forme de tour à l'O. et de grands contreforts, contient nu retable richement orné de statues. La calle del 31 de Agosto conduit de là à Santa Maria (pi. EF 2), église du style baroque (1743-1764) qui a une riche façade.

En tournant à dr. derrière cette église, on accède par des marches aux sentiers qui contournent les versants à pic du mont Urgull ou Orgullo (135 m. ; pi. E 1) et offrent une très belle promenade. Le sommet (^/4 d'h.) est couronné par le château de la Mota qu'on ne visite pas. Au N., à mi-côte, les tombeaux des officiers anglais qui succombèrent eu 1813 (v. p. 371) et en 1836.

Du port (pi. E 2), on peut aller en barque ou, de juillet à sept., en bat. î vap., à l'île de Santa Clara (pi. C2; 50 c. aller et retour^, où il y a un petit phare.

Le mont Igueldo (pi. A 2), situé à l'O. de la Coucha, se visite depuis août 1912 par le tramway inentionné p. 370 (trajet eu 10 min.) et un funiculaire qui monte au sommet en 3 min. '/a (50 c. ail. et ret.). De la prison (cdrcel, pi. B3), des chemins très

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raides y nièuent en 40 min. Au suiniiiet, uu rcstauraut et uu casinu, une vieille tour eu rninr [tnrre lyueldo; 184 ni.) et un phare (faro; 120 m.), (le 1855.

L'excursion au *mont Ulia (230 m.), situé à l'E. de la ville, est 11 reconunander. Le tramway nientionué \>. 370 fait le trajet eu '/;, h. En haut, près de la stat. terminus du tramway, un pavillonrestaurant (reji. 5 et 6 p., v. n. c.). Vue nia^niHque, plus étendue eneore de la i'eùa del Ayuila, qu'on atteint en quelques min. par uu funiculaire aérien, long de 280 ni. (1 p. aller et retour).

Autres excursions, v. Espagne et Portugal, par Bœdeker.

Les arènes (pi. H 1-2), dans le faubourg Je Gros, ont été ouvert>'s en 1908 et peuvent contenir 13 000 personnes. C'est là (|ue se donnent li-s course» de taureaux (* corridas; toros de rauerte»), dont les Espagnols sont si grands amateurs. Elles sont annoncées d'avance, même dans les régions limitrophes de la France, ou l'on en donne atissi du reste de plus en plus (surtout à Bayonne, p. 271). La mise eu scène et surtout les spectateurs, enthousiastes jusqu'à la frénésie, offrent alors à l'étranger, plutôt que les courses elles-mêmes, un spectacle indescriptible qu'on ne devra pas manquer de voir. On n'oubliera pas qu'il est très difiicile de trouver à se loger «'es jours-là à St-Sébastien.

L'intérêt qui s'attache à ces courses est dû en partie à l'adresse que doivent déployer les «> toreros» et aux dangers de mort qu'ils y courent. L'espadav, qui doit mettre le taureau à mort, est ici un véritable personnage. Il porte un costume très élégant, qui est aussi plus ou moins l'elui de ses aides: veste de velours, culotte-maillot en satin rose, rouge, jaune ou bleu, gilet ouvert et brodé, cape de parade, qu'il remplace ensuite par un manteau de combat; chapeau spécial posé sur le front et retenant en arrière les cheveux tressés ou la perruque, etc. Une course présente trois phases principales, plus ou moins variées, selon les c-irconstances. Après l'entrée solennelle des toreros, au son de la musique, le taureau est introduit dans l'arène. Surpris par la lumière au sortir du «toril» et par la vue de la foule, déjà agacé par la toutîe de rubans (-•divisa--) aux couleurs de son élevage, qu'il porte entre les épaules, il attaque les «picadores», armés de piques («garrocha») et montes sur de pauvres chevaux qui sont généralement éventrés. Puis ce senties «banderilleros», qui plantent dans le cou du taureau des dards barbelés enjolivés de rubans et le rendent furieux. L'«espada > s'avance enfin pour l'acte émouvant de la mise à mort ( ■ muerte ■ ), tenant devant lui la «muleta», pièce d'étoffe écarlate sur laquelle fonce l'animal qui s'enferre et reçoit le coup d'épée final. Le taureau tombe et un attelage de mules empanachées vient l'enlever, pour faire place à un autre. — Les courses landaises, auparavant les seules tolérées en France sont données avec des vaches, non avec des taureaux; l'animal n'est pas mis à mort, et les exercices consistent principalement en sants périlleux à pieds joints et à la perche exécutés par les «écarteurs».

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