‹ Le sud-ouest de la FranceChapitre 22 sur 164 · II. Géographie économique · texte numérisé non relu

II. Géographie économique

PopUL.ATroN. — La France comptait au recensement <le mars 1911, sans les colonies, 39 601509 hab., parmi lesquels 1 132H9H étrangers, surtout des Italiens, des Belges, des Allemands, des Espagnols et des Suisses. L'augmentation sur le recensement de 1906 était seulement de 349 264 habitants.

Depuis le commencement du xix" siècle, la natalité a beaucoup diminué en France; le rapport du nombre des naissances ii celui des mariages de l'année est régulièrement en baisse, et, en 1911, b's décès ont même dépassé de 34 869 le nombre des naissances (diminution de 9 pour 10000 habitants, contre une augmentation de 150 en Hollande, 136 en Allemagne, 133 en Italie, 125 en Norvège, 115 en Angleterre, 109 en Autriche, 85 en Belgique). La dépopulation résulte en grande partie de l'énorme proportion de la mortalité infantile, laquelle tient surtout à l'émigration des populations rurales dans les grandes villes, où les conditions matérielles sont moins favorables h l'existence. Elle est surtout sensible dans les régions agricoles de l'Est, du Centre et du Sud-Ouest. De 1906 à 1911, la population a diminué de 4,4g''/o dans le Lot, de 'S,Qi°/^ dans le Tarn-et-Garonne, de 3,ogY„ dans le Gers, de 2,85*>/o flans les Hautes-Pyrénées, de 2,3q''/p dans l'Ariège. En revanche, la population des villes qui ont aujourd'hui plus de 40000 hab. a augmenté d'une façon étonnante depuis le commencement du xi-x"" s. : de 18(ii à 1911, Bordeaux a passé de 90992 hab. à 261678. Toulouse de 50171 à 149 576, Limoges de 20550 à 92181, Montpellier de 33 913 à 80230, Clermont-Ferrand de 24478 h 65 386, etc. Mais cet accroissement est dû autant à l'immigration des campagnards qu'à l'excédent des naissances.

ÂGRrcuLTURE. — Le sol de la France est en général très fertile

G EOG R A l'Hl K E( OXOMlU L' H. X X X I

et l;i véf^étalidii y est très variée. Le Sud-Ouest est une îles régiidis (le France les |)lus favorisées skus le rapport afjricole. F^es céréales par exemple, liont la culture occupe eu France ])rés de 33 millions d'hectares, y sont très l)ieu représentées. La culture du froineiit y est localisée dans le bassin de la basse Loire (dé|)art. de Maine-et- Loire, Loire-Inférieure et Vendée) et sur certains points du hassiu «le la Garonne (notamment dans les départ, de Tarn-et-Garonnc et de Lot-et-Garonne). T>e seiifle, qui s'accommode de terres léj^ères et de contrées froides, est cultivé dans le Massif Central (dé|)art. du Cantal, de la Creuse, de la Corrèze, de la IIaute-^'ienne, surtout du Puy-de-Dôme); ces mêmes départements produisent aussi du hlé noir ou sarrazin. La culture de Vorge est à ])eu près restreinte aux flépartements du T,oiret, de Loir-ct-(,'her et de la Vienne; celle de Vavolne, assez active dans les mêmes départements, s'étend en outre à ceux de l'Allier, du Cher et de l'Indre. Le maïs se rencontre surtout dans la Haute-Garonne, les Basses-Pyrénées et les Landes.. Enlin, la pomme de terre vient en abondance dans les terres niaio;res et sablonneuses de l'Allier, du Puy-de-Dôme, de la Haute-Vienne, surtout de l'Aveyron; on la cultive aussi beaucoup dans l'Ariège. Les environs de Brive sont renommés pour les primeum.

Au point de vue viticole, la France est sans doute le premier pays du monde. Son vignoble occupait en 1911 une superficie de 1 million 617 714 hectares (dont plus de 900000 reconstitués sur cépages américains à la suite du phylloxéra^ et la production moyenne de vin dépasse annuellement i'2 millions d'hectolitres (le chiffre énorme de 57 963514 hectol. a même été atteint en 1901). C'est le Sud-Ouest qui produit de beaucoup le plus de vin. L'Hérault vient en tète des départements français avec une moyenne de 9 millions d'hectol. de vin sur une superficie de 177 632 hectares; puis viennent l'Aude (5 millions d'hect(d. sur 132 940 hect.) et la Gironde (2 millions 500000 hectol. sur 138101 hect.). Au ])oint de vue de la qualité des vins, c'est le département de la Gironde qui avec celui de la Côte-d'Or contribue le plus à soutenir la réjiutatinn du vignoble français. Le fameux Bordelais se divise en cinq régions qui sont, par ordre de mérite: le Médoc (vins rouges), sur la rive gauche de la Garonne et de la Gironde depuis Blanquefort jusqu'à Soulac, comprenant les crus de Margaux (Château-Margaux), Pauillac (Château-Latite, Château-Latour), St-Julien, St-Estèphe et Cantenac; les Graves (vins rouges^ qui font suite au Médoc sur la rive gauche de la Garonne de Blanquefort à Barsac, avec les crus de Talence, Pessac (Château-Haut-Brion i, Lésignan et Martillac des Petites-Graves ont des vins blancs et rouges de deuxième ordre); le pays de Sauternes (vins blancs), entre Barsac et Langon, coniiirenant les crus de Sauternes (Château- Yquem), Barsac et Preignac; les Côtes (vins rouges), sur la rive droite de la Gironde et de la

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I)ordi><!;iH' filtre Ciistilldii et Blaye. comprenant les crus de Nt-Eiiiiliun, Libuurne, Poineml, Fronsac, St-André-de-Cubzac, Bnurfi et I51aye; enfin, V Kidre-Dev^-Mers (vins blancs et roiiges), formant presqu'île entre la Garonne et la Dordogne et comprenant des crus de deuxième ordre. -- Outre les vins de Bordeaux, le Sud-Ouest produit en nonibi-e d'endroits des vins lins estimables; on peut citer: dans la Dordogne, Bergerac (bl. et r.), Creisse, Lalinde et St-Cyprien (r.), Poniport et Montbazillac (v. liquoreux); dans le Lot-et-(laronne, Buzet {r.| et Clairac (bl.); dans le Lot, Cahors, Castelfranc. Luzech et ïouzac (r.); dans le Gers, Kisde et Viella (r.), Nogaro et ('azaubon (bl.); dans les Landes, Capbreton, Me.ssanges, Soustons et Vieux-Boucau (r.j; dans les Basses-Pyrénées, Juranc^on et (îan (r. et bl.), Monein et Aubertin (r.), Montpezat (bl.); dans les Hautes- Pyrénée.s, (Jastelnau et Madiran (r.), Cabanac et C'astelvielh (1)1.); dans le Tarn, Cordes et Cunac (r.), Boissel, la Borie et Gaillac (bl.); dans le Puy-de-Dôme, Corent (bl.). Chanturgues, Châteldon, Dallet et Neschers (r.); dans l'Aude, Limoux (bl.), Tuchan, Fabrezan et le Minervois. Leucate, iSigean et Treilles (r.i; dans les Pyrénées-Orientales, Banyuls, Casperous, Collioure, Port-Vendres, Kivesaltes (r. et liquoreux).

Les arbres fruitiers, que l'on trouve à i)eu près cultivés dans toute la France, sont particulièrement abondants dans la vallée de la Garonne, surtout les pêchers, abricotiers et iiruniers (prunes d'Agen); le Périgord (Dordogne) a aussi beaucoup de pêchers, et les abricotiers de la Limagne (Allier et Puy-de-Dôme) sont célèbres. Les poniniiers se rencontrent un peu partout, notamment dans le Poitou, la Touraine, le Berry; les noyers dans le Périgord, les Charentes et le Bas-Limousin. On cultive en grand les châtaigniers dans certaines jiarties de la Haute-Vienne, de la Corrèze et de la Creuse. Enfin, il faut mentionner le chasselas de la vallée de la Garonne (Moissac), les truffes du Périgord et du Lot.

Les forêts ont été réduites en France, depuis la Révolution, de 12000000 à 8400000 hectares; mais l'Etat fait maintenant beaucoup pour le reboisement. Parmi les forêts du Sud-Ouest, on peut citer celles de Chinon (Indre-et-Loire; Meulière et Châtellerault (Vienne), Chizé (Deux-Sèvres), Vouvant et Aizenay (Vendée), la Braconne (Charente), Bomniiers et Châteauroux (Indre), Chamberet (Corrèze), Aubrac et Mercoire (Lozère), les Palanges (Aveyron), la Grésigne (Tarn), Alaric et Fanges (Aude), Arcachon et la Teste (Gironde), surtout les grandes forêts des Pyrénées et des Landes.

Animaux. — La France occupe un rang important en Europe pour l'élève du bétail. Le Sud-Ouest en particulier renferme des régions de grand élevage: j)our les chevaux, le Poitou (environs de Saint-Maixent), le Limousin (avec le fameux haras de Pompadour), les Landes et les Pyrénées (environs de Tarbesi; pour les hovidées, le Maine-et-Loire, l'Auvergne (races l'errandaise et de Salers). la

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Marche, le Limousin, laGasci»i;ne (iiotarmneiit la région pyrénéenne). On élève des àin's et des mtdett dans le Périijurd et dans le Poitou (surtout dans les Deux-Sèvres;, des moutons dans le Limousin et surtout dans la région des Causses (Aveyron, Lozère), des porcs dans le Poitou, le Limousin, le Bourbonnais et le Périgord. La volaille de la vallée de la Garonne est renommée. Les abeilles se rencontrent dans le Bas-Languedoc, notamment dans l'Aude (miel de Narbonnei. Entin, l'élève des vers à soie se développe beaucoup depuis quelques années dans les Pyrénées-Orientales. — La pèche fluviale est de moins en moins fructueuse par suite de l'emploi réitéré de procédés trop rapides et d'engins trop perfectionnés qui dépeuplent les rivières; toutefois dans les cours d'eaux du Sud- Ouest, surtout des régions montagneuses, se maintiennent les perches, brochets, anguilles, truites, saumons, etc. Les pêcheries de mer qui occupent en France près de 100 OOU hommes et rapportent aanuellenient plus de 120 millions sont au contraire en état de prospérité. — L'industrie ostréicole est particulièrement développée sur les côtes de l'Océan: les principaux centres sont: les Sablesd'Olonne, Marennes, la Tremblade et .\rcachon.

MivÉRAi'x. — Les ressources minérales de la France ne sont pas très considérables, et en particulier la production de la houille ne suffit pas aux besoins de la consommation. Ce sont les bassins du Nord et du Pas-de-Calais qui fournissent à peu près les deux tiers de la production totale (27 millions de tonnes en 1911), et le bassin du Centre en y joignant celui de St-Etienne fournit une bonne partie du reste. C'est dire que le Sud-Ouest ne contient que des bassins d'importance secondaire. Ils sont en revanche assez nombreux; on peut citer ceux de Commentry et Doyet (Allier», St- Eloy, Messeix. Hourg-Lastic et Brassac-les-Mines (Puy-de-Dôme), Champagnac iCantalt. Ahnn. Bosmoreau et Lavaveix (^Creusei. Decazeville et Aubin (^Aveyroni. Carmaux (Tarn). On trouve du lignite dans les vallées de la Dourbie et du Lot et sur quelques points des Pyrénées-Orientales.

Le Sud-Ouest renferme un nombre considérable de petits gisements de minerais métalliques, mais très peu sont exploités; on ne peut citer, pour le fer, que les mines de Decazeville, Aubin et Cransac (Aveyron\ Vicdessos (Ariège), Villerouge et la Canette (Aude). Les mines de plomb argentifère de Pontgibaud (Puy-de-Dôme) sont aujourd'hui abandonnées.

Il y a des marais salants importants sur la côte de l'Océan dans la Vendée et surtout dans la Charente-Inférieure.

Les carrières iW pierres sont généralement ab(mdantes en France et fort variées: les granits de Vendée et du Limousin, les pierres de taille de l'Ariège iGudas» et de l'Aude, les laves et les basaltes d'Auvergne (Volvic), les marbres si variés des Pyrénées (Campan,

Baedeker. S.-O. de la France. 9» cdit. n

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