LX INTRODUCTION ARTISTIQUE
fils Juan et François, peintres de portraits, au xix* aux peintres Roques, qui fut le maître d'Ingres, Benjamin-Coiistant, Jean-Paul Lanrens, Henri Martin, et aux sculpteurs Bachelier, Falguière, Marqueste, Mercié. Bordeaux, où se fixèrent plusieurs artistes étrangers, comme le Flamand Lonsiny et l'Espagnol Goya, compte aussi une nombreuse pléiade d'artistes locaux: Carie Vernet, les animaliers Rosa Bonheur et Brascassat, le paysagiste Diaz, le sculpteur Caussade, le dessinateur Maxime Lalanne. Sébastien Bourdon au xvii*' s., Vien au xyiii"^ et Cabanel au xix« ont illustré Montpellier (v. p. 334). Perpignan a vu naître Hyacinthe Ric/and (y. p. 463), le grand portraitiste du début du xviii® siècle. Enfin, au cours du xix<^ s., Ingres est né à Montauban (v. p. 251), P. Marilhat à Thiers. le sculpteur David à Angers, Fromentin et Bovguereau ■à la Rochelle (v. p. 53), le sculpteur Maindron à Champtoceaux (v. p. 29), et à une date plus voisine de nous, les sculpteurs Injalbert, D. Puech et R. Verlet, le premier à Béziers (p. 321), le deuxième à Bozouls (p. 338), et le troisième à Angoulême (v. p. 16), et le peintre L. Bonnat à Rayonne (v. p. 274). Mais tous viennent à Paris; et c'est de là que l'on fait venir les maîtres, lorsque l'on a une école à organiser ou un gros travail à faire exécuter. Cependant il est intéressant de noter les efforts faits par les grandes villes de province pour avoir leurs artistes et créer des centres artistiques en dehors de Paris. A Toulouse, dès le milieu du xvni« s., nous voyons Hilaire Pader, peintre et poète, et Jean de Troy fonder des ateliers, mais leur entreprise échoua, faute d'entente entre eux; un riche amateur, Dupuy de Graz, avait encouragé ces efforts, mais il ne réussit pas davantage, et c'est Antoine Rivalz et le sculpteur Marc Arris qui fondèrent, avec l'aide des capitouls, cette école, que Louis XV érigea en académie en 1750. On y enseignait le dessin, l'architecture, la peinture, la sculpture, la géométrie, la perspective et l'anatomie; seize professeurs dirigeaient deux cents élèves, et leur apprenaient «à dégoûter peu à peu les peuples du gothique». L'académie donnait solennellement des prix et organisait chaque année un salon où étaient exposés les onivres des élèves et aussi des tableaux pris dans les principaux cabinets de la région. Bordeau,T possédait aussi, depuis 1768, une académie qui exposait chaque année dans la galerie de l'hôtel de la Bourse. L'académie de Poitiers, dirigée par Aujolet- Payez, artiste agréé à Bordeaux, était en relation avec l'académie de cette ville. Malgré ces efforts, il ne s'est pas formé d'école originale dans le Sud-Ouest de la France, où les académies étaient cependant plus puissantes que dans le Nord. Dejmis la fin du xvin® s., l'enseignement des beaux-arts est centralisé à Paris, mais peut-être, grâce aux essais tentés de nos jours, reverrons-nous fleurir, pour le })ius grand bien de l'art, les écoles régionales.