I. De Paris à Tours, par Orléans
(Voir pour les détails le S'ijrd-Oi"'yt île l<t France, par B;pdeker.) 238 kil. Trajet en 3 h. à 3 h. 30. Prix: 26 fr. 75, 18 fr. 10, 11 fr. 85.
■Vue à gauube. — Ligne de Tours par Vendôme, v. le \ord-Ouest de la
France.
On remonte d'abord, sur la rive g., la vallée de la Seine.
60 kil. Etampes (,90 m.; buffet). 9245 hab. Eglises St-Basile, xv« et xvi« s.; Xutie-Daine, xu« s.; St-Gilles, xii«-xui« et xvi® s.; St-Martin, xu* et xiu^ s., avec une tour penchée. Ane. hôtels de Diane de Poitiers et d'Anne de Pisseleu, xvi«= s. Tour Guinette (ru* s.), près de la gare. — Puis une forte rampe et monotone traversée du plateau de la Beauce.
123 kil. Les Auhrais (buffet). Aux express, changement de voiture pour Orléans, relié à la ligne de Bordeaux par un embranchement que desservent seuls les trains omnibus.
125 kil. Orléans (116 m.; buffet; hôt.: St-.\ignan, Moderne & Terminus, de la Boulc-d'Or), chef-lieu du départ, du Loiret, sur la Loire. 72096 hab. (en 1911). Pour avoir une idée de la ville, prendre à dr. le boulevard et descendre à g. la rue Bannier qui va vers la Loire. A g., St-Paterne, église goth. en partie moderne. A l'extrémité de la rue Bannier, sur la place du Martroi, statue équestre de Jeanne d' Arc. A g., au bout de la rue Jeanne-d'Arc, la cathédrale " Ste-C'raix, du style goth. fleuri. A dr., en sortant par le grand portail, Vhôtel de ville, du xvi«s. A côté de la rue .Jeanne-d'Arc, sur une petite place (statue de la République), le musée de peinture et sculpture. Xou loin, du côté de la rue Koyale, se trouve le musée fiLstarique, dans une belle maison du xvi* s. Un poussera la proiiii'ii.idf jiisqn'.'^ la Loire. Au retour, on pourra prendre, à dr., à la
4 I. R.l. TOURS. De Vnrh
place du Martroi, la rue de la République qui raïuène directement à la gare.
Autres lignes, v. R. 21, 22, 2H, 29 et le N.-O. <lf In France, par Bii'fiekpr.
La ligne de ]5()i-deaux suit plus loin la vallée de la Luire (à g.).
] 50 kil. Beaugency. .'îlilJ.') haij. Tour de VHirrUiye, auc. porte de la ville. I Intel de cille de la Renaissance. Donjon du moyen âge. Nofre-Ddme, du xi'' .s. Ane. château, dn xv ,s. — Après Menars (173 kil.), on voit au loin (10 kil. env.) à g. le château de C'hambord.
l.S2kil. Blois(73m.; buffet: hôt.: de Hlois, de PVance, d'Angleterre), ehef-lieu du départ, de Loir-et-Cher, àg., sur la Loire. 23 972 habitants. Magniiique '''ehdteau, la plus belle partie du temps de Kraneois I«'". Kijlise St-Nirolns, des xii*-xiri« s., au delà du château. Statue de Papin et cathédrale St-Lou.is, dans la partie haute de la ville.
197 kil. Onzain, 2321 habitanis. — Château de ('hainnoul, qu'un voit ensuite à gauche.
lM 4 kil. Amboise. 4731 habitanis. ■'('Jiâleau liistorique, (ju'on apereoit à gauelie. On traverse la Loiic trois stations plus loin.
235 kil. St- Pierre -des -Corps (bon buffet), stat. desservant 'l'ours, comme les Aubrais desservent Orléans (v. p. 3).
238 kil. Tours (48 m.; buffet; hôt.: de l'Univers, Métropole, de Bordeaux, du Faisan, de la Boule-d'Or), chef-lieu du départ. d'Indre-et-Loire, entre la Loire et le Cher. 73 398 hab. (eu 1911). En prenant le boulevard à g. de la place de la Gare, on passe devant le nouvel hi'del de ville et l'on arrive à la rue Xationaie qui monte légèrement vers la Loire. Prendre à dr. la rue Emile-Zola, qui mène directement au musée (anc. archevêché), tout près duquel s'élève la ^cathédrale, très bel édifice goth. des xn^-xvi« s. Vers l'extrémité de la rue Nationale, St-Julien, du xiii« s. et, au delà, statues de Desi-artes et de Rabelais encadrant l'entrée du grand pont. En aval, à l'extrémité d'un pont suspendu, une rue mène tout près de Notre-Danie-la-Riehe, des xii« et xvi«s. En revenant, par le vieux qua rtier, les tours de l'aue. église et la nouvelle hasiVaiue St- Martin.
Autres lignes, v. i^. 2, 10, 13, 14 et le N.-O. delà France, par Ba'tleker.
n. De Tours à Poitiers.
98 kil. Trajet en 1 h. 20 à 1 h. 10. Prix: 11 fr. 10, 7 fr. 10, 1 fr. 80.
238 kil. (de Paris). Tours, v. ei-dessus. — Les trains en corresjiondance avec l'express se dirigent vers la stat. de St- Pierre-des- Corps (3 kil.; v. ci-dessus), sur la ligue de Paris; les trains oninii)us suivent un tronçon de raccordement. Laissant à dr. les lignes (h' Nantes et des Sables-d'Olonne (R. 2 et 10), ou traverse le Owr et l'on passe sur un viaduc, d'où l'on a une belle vue, au-dessus de la ligne de Châleaiiniux (R. 14). Knsuite, à g., le beau ihâteau de Candé, construit eu 1508 jtar Frani;ois lirit^ounet, et un viaduc, de
,, ii.,nh;u,.r. cHATKiJ.Kr^An/r. /./.•./. -.
7ôl m. lie l(iii;j; pt '21 m. <lo liant, sur la vallée de V Indre, qui ofrrc une ln'Ue vue. — 249 kil. Monts. — 258 kil. Vitleperdue.
A l'i kil. au iS.-K., se trouve Ste-Catherine-de- Fierbois, village qui !t une liolle église goth. du xv« s. (pèlerinage) possédant des reliques de Ste Catherine et ou Jeanne d'Arc trouva, dit-on, sur l'indication de ses «voix», l'épée avec laquelle elle oouihattit les Anglais. Devant l'église, une statue de la Pu celle (1895).
Viaduc, de 31 ni. de haut, sur la ]\faiisi'. On aperçoit à dr. le château de Brou. — 2(59 kil. Ste-Maure, vieille ville de 2529 hab., à 4 kil. à oj., aver une église romane remarquable. 11 y a, dans le plateau de terrain tertiaire supérieur situé au delà, des falunières ou dépôts de débris de en(|uilles amoncelées par la mer, qu'on emploie comme engrais. — 281 kil. F(H't-de- Piles.
Ligne do C'hinoii (Port-Boulet), v. p. 80.
Dk Poet-dk-Pilks AI' BhANc: 67 kil.; env. 2 h. 15; 7 fr. 50. 5 fr. 05, .S fr. 30. — Cette ligne remonte d'abord la vallée de la Creuse., puis celle de la Claise. — 10 kil. La Hni/e-Deacartes, patrie de Descartes (1,596-1650), où s'élève la statue île ce philosophe, par de Niouwerkerke (18^18). — 21 kil. Le Grand-Pressigny (hôt.) où se voient un donjon du xii<^ s. et un châti-au du xvii'^ s. On a trouve dep. 1867 et l'on trouve encore beaucoup de silex taillés dans les feruies de la C'iaizière. de Moisfi;/ et de V F.i>firgnv; musée préhistorique, à l'hôtel de ville du Gran.l-Pressigiiy. Ligue d'Esvres, avec embranch. sur Loches, v. p. 89. — 35 kil. Préuilly-sur- Glaise. Son *égli)ie .St- Pierre, qui dépendait Jadis d'une abbaye, est un édifice fort reuiarquabli- du style romano-byzantin, du couimenc. du xn» s., forteluent restaurée au xix»; la nef, le transept et l'abside présentent de fortes déviations d'axe. — La voie quitte ensuite les bords de la Claise pour retourner dans la vallée de la Creuse. — 51 kil. Tournon-St-Hartiv. Embranch. de Chàtellerault, v. p. 6; Angles-sur-l'Anglin, v. p. 93. — 58 kil. Fontgoinbiiiilt, où il y a une anc. abbaye de bénédictins. Fondée en 1091 par Pierre de l'Estoile, brûlée en 1569 par le duc luthérien de Deux-Ponts (Zweibriioken), elle fut occupée au xix" s. par des trappistes et achetée sur saisie en 1905 par M. Bonjean qui y a créé une école pratique de colonisation et diverses œuvres sociales. On peut visiter, avec une autorisation, les bâtiments monastiques, surtout la chapelle romane, du xi' s. — On rejoint la ligne de Poitiers (R. 15). — 67 kil. Le Blanc (p. 94).
La ligne de Bordeaux traverse ensuite la Creuse et remonte la vallée de la Vienne. — 285 kil. Les Ormes. — 289 kil. Danyé. — 297 kil. Iiif/randes-snr-Vien»e.
303 kil. Chàtellerault. — Buffet. — Hôtels: Novvel-Uôlel & H. Moderne, boul. Blossac, 38, bon (10 ch. dep. 3 fr., rep. 1.25, 3.50 et 4); de V Univers, rue du Berry, 2; de France, place du Marché. — Postes ET TÉLÉGRAPHES, ruc Dcscartes.
ChâteUerauU (fiO m.), ville de 18180 hab. et chef-lieu d'arr. de la Vienne, sur la Vienne, est célèbre par sa manufacture d'armes et renommée pour sa coutellerie.
On va dans le centre de la ville en prenant à g. le boul. Carnot, puis à dr. la rue du lîerry, au bout de laquelle s'élève Vhôtel de ville, qui contient un petit musée. Devant, s'étend le boulevard Blossai; sorte de place oblongue; c'est là le plus joli quartier de la ville. On se dirigera vers l'extrémilé de ce boulevard, à dr., pour arriver devant l'église St-Jean-Baptiste.
(5 l.n.i. CHATELLERAULT.
L'église St-Jean-Baptiste, consacrée en 1469 et remaniée au xix« s., a un clocher avec flèche en pierre sur la façade, trois nefs d'égale hauteur et se termine par un mur droit. A l'intérieur, beaux autels à retables en pierre, surtout celui de la chapelle du Sacré- Cœur (la 2« à g.). — A g. en sortant de cette église, un monument «aux enfants de l'arrondissement morts pour la patrie».
A l'autre extrémité du boulevard, se trouve le joli Tpetit s fjuai'e Gamhetta, avec un château d'eau que couronne un monument de la Révolution, orné d'une statue en bronze, par F. Dudoit (1890).
Sortant de ce square, prendre la rue des Mignons, la troisième à g., puis la rue St-Jacqnes qui lui fait suite; elles conduisent :'i Véglise St-Jaci/ues, consacrée en 1066, du style roman fleuri, qui a Une riche façade moderne, rappelant No(re-Dame-la-Grande de Poitiers (p. ] 1), et dont l'intérieui-, restauré (le cha-ur et le transept en 1895), est également remarquable par sa décoration.
En prenant devant St-Jarques la rue Sully (au n° 31, hôtel tSnlly, de la fin du xvi« s.) et en appuyant à g., on arrive au pnvt Henri IV, de 1.^)64-1611, qui se termine de l'antre côté par deux grosses tours rondes à toits en poivrière. De là se voit, en amont, la manu facture d'armes, qu'on ne visite pas. — Au delà du pont, la rue de Châteauneuf mène à g. à Véglise St-Jean-l'Erangéliste (moderne, dans le style du xiii^s.), où l'on peut voir (s'adr. au sacristain) une cloche offerte en 1897 par le Tsar à la suite d'une commande de 500000 fusils.
Ligne de Loi/d/m. v. ji. 82.
EMRiiANfn. lie 16 kil. sur Toiiruon-fit-Mdrfin (le Blanc; v. \i. h^, par la Roche-Posay f.32 ki].; hôt.: Contrai, bon, du Parc, tons deux fermés l'ii liivei). i>etitc villi; sur la rrcusc, qui a conservé nn donjon du xii« s., dos restes de remparts, et qui possède, à 1 kil. au S., un établissement de bains d'eaux carbonatées calciques et silicatées potassique.s, efficaces surtout contre l'eczéma (saison du l'i'juin au l" oct.). Jolies excursions : abbaye do la Merci-Dicu (xii» s. ; ruinée) et bords de la Creuse (truites, saumons).
Traniw. à vap. en construction de Cbâtellerault à Boiiresxe. par Chauvigny (p. 92) et Lhomraaizé (p. 9.5).
On traverse ensuite la Vienne et remonte la vallée du Clràn. — 311 kil. Les Barres. Dans le voisinage est l'emplacement du Vieux-Poitiers où l'on voit un menhir de 2 m. 70 portant une inscription gauloise, et plus loin, aussi sur la rive dr., Movssaisla-Bataille, où eut probablement lieu la seconde bataille de Poitiers, en 732 (v. p. 7). — 317 kil. La Tricherie. A dr., la tour de Beaumont (xiv®s.), an sommet d'une colline. A env. ^/^ h. au N.-E., le ehdteau de Beaudiment, édifice fort remarquable et bien restauré du xv* s. — 320 kil. Dissais, qui a un l)eau château des xvi* et xvuie s. — 324 kil. Clan- — 328 kil. Chassenenil. On traverse ensuite deux fois le Clain. A dr., la ligne de Parfhenay- Bressuire (R. 6). A g., on ajjcrçoit une partie de Poitiers, notamment les clochetons de Montierneiif et lanc. Grand-Séminaire. — 336 kil. Poitiers (buffet).
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Poitiers.
Hotels: *Gr.-H. dit Pnlaix (pi. a. B3), rue Boncenne. 2. en face liu palais «le justice, installation mixlerne (70 i-h. dop. 3 fr., rep. 1.50. 3 et- 3.50, oiuii. ilcp. 50 c); — H. de France (pi. I). B 1), rue Carnot, 28 (105 ch. (lep. 8 fr., rep. \.hO, 2.50 à 3 et S à 3.50); de V F.iirope (pi. <1. B 1). même rue, 39 (12 en. ilep. 3 fr., rep, 1, 2.50 et 3, p. tlep. 8); des Trois-Pilierg (pi. c, Bl). même rue, 37 (ch, 3fr., déj. 2,50, dîn, 3; voyageurs de commerce),
Restavrasts: *Diirocher, rue de la Tranchée, 9'''» (pi. B5; rep, 3 fr. et 3,50); Bobert'e. place d'Armes (rep. 2 fr. 50 et 8); Chédozeau, rue Magenta, 1 (rep, 2 fr. 25 et 2.50).
VoiTiRES: à 1 ehev., course, 1 fr. le jour et 1 fr, 50 la nuit; heure, 2 fr. et 2 fr. 50.
Taxi-attos: le jour en ville, la course, 1 fr. 50; dans les limites de l'octroi, 2; l'heure, 3,50; la nuit en ville, 2. 2.50 et 5; en dehors de la ville, 50 c. par kilomètre.
Omsihi-s, à la pare: 50 c. par pers., la nuit 60 c,; colis 20 c,
Tramways: 1" (à vapeur), de la gare (pi, A 1) an pont Neiif{^\. D2-S), par les hoidevurdu. dans le bas de la ville; à St-Murtin-Larg (hors pi, AH), V. p. 11. -- 2" (clectr.). trois lignes, de la gare à la place d'Armes (10 c.) et de là aux Tcoix-Boiirdoiis (hors pi. B6; 15 c.) et à la Pierre- Levée (hors pi. D3; 15 c).
Bairs: Modernes, rue Gamhetta, 29, et à la maison de santé de l'ont- Achnrd (modernes et propres, mais éloignés), route de Vasle, 1.
Basvii-es: B. de France (pi. B.S), rue de l'Eperon, 2; Soc. Générale et Crédit Lyonnais, rue Victor-Hugo, 5 et 21; Comptoir d'Escompte, rue (tauibetta, KH'''».
PosTKS et téléoraphks: provisoirement à l'hôtel de ville (cour intérieure; pi. C3): nouvel hôtel en constr. (pi. B3-4), rue de la Visitation.
SvM>i(Ar k'ihitiative, rue Victor-Hugo, 11. — Collection iconopraphii|ue du Poitou, chez M. Jnles Rohuchon, photographe, rue du Moulina-Vent, 3.
Principales curuwités : temple St-Jean (p. 9), Xotre-Daine-la-Grandc (p, 11), cathédrale (p, 10), St-HUaire (p, 13), parc de Blossac (p. 13),
Piritiers (76 ni, à la gare. 118 env, à la place d'Armes) est une ville (le 41242 hab. len 1911), anc. capitale du Pinton, auj. cheflieu du départ, de la Vienne, siège d'un évêché et dune université fondée en 1432 par Charles VII, supprimée en 1793 et rétablie en 1896. Elle est bâtie sur une colline, au confluent du Clain et de la Koivre ; la plupart de ses rues sont étroites, tortueuses et montantes. Elle a des monuments fort curieux et un certain cachet archaïque.
Poitiers est l'ancienne ville gauloise de Limonum, capitale des Pictons. Elle eut pour premier évêqne St Hilaire, vers 350. Comprise dans le royaume (('Aquitaine fondé par les Visigoths, en 419, elle fut réunie au royaume des Francs par Clovis, vainqueur d'Alaric II dans les environs (v. p. 8»), en 507, puis érigée en un duché dont les titulaires se rendirent plus ou moins indépendants. C'est un de ses ducs qui appela dans le pays les Sarrasins que Charles-Martel vainquit, non loin des murs de Poitiers, en 732 (v. p. 6). Le mariage d'Eléonore (Aliénor) d'Aquitaine ou de Guyenne, seule héritière des comtes de Poitou et ducs d'Aquitaine, avec Louis VII de France, en 1137, avait de nouveau réuni cette importante province au royaume; elle en fut séparée par leur divorce en 1152, et, pour le malheur de la France, elle passa à l'Angleterre par le mariage de la. fameuse héritière avec Henri Plantagenet, en 115^1, L'événement le plus important dans la lutte de plus d'un siècle dont ce pays fut ensuite l'objet, est la bataille «le Poitiers (v. p. 92), en 1356, dans laquelle le roi .lean tl le Bon fut fait prisonnier et perdit plus de 11000 hommes. Le Poitou, livré aux Anglais par le traité de Brétigny (1360), fit retour définitif à la couronne en 1372, par suite des victoires de Du Guesclin.
8 I. R. I- POITIERS. 1l<''tel fie ville.
Charles VU y fut couronné et y résida jusqu'au jour où Jeanne il'Are vint le trouver. Les protestants, sons Colifrny, assiégèrent inutiienient Poitiers pendant sept semaines, en 1569. En 1822, le général Berton fut exécuté à Poitiers pour avoir tenté un mouvement insurretitionnel.
Au sortir de la gare Cpl. A4; traniw. électr. diroct pour la place d'Armes, v. p. 7), daiis le bas de la ville, on montera en face par le boni. Solterino (à dr., grands escaliers qui mèneraient plus rapidement vers la préfecture), où se voit à dr. le monument des Coloniaux, par Rigolage (1904) ; contourner cette statue et continuer tout droit pour arriver devant la. préfecture (pi. AB4), construite en 1864-1868, dans le style Louis XIIJ, par Alph. Durand. En face, la rue Victor-Hugo mène à la place d'Armes (v. ci-des.sous;.
A g. dans cette rue, au n° 9, se trouve le musée des Augustins, ou de Chièvres, du nom de son fondateur qui le légua à la Société des Antiquaires de l'Ouest (v. aussi p. 13). On peut toujours visiter. A remarquer le beau portail du milieu de la Kenaissance, provenant de l'anc. église des Augustins et transporté ici en 1895.
Dans la cour, antiquités lapidaires; puis, dans le Ijàtiment du fond, petites collections et curiosités qui occupent un vestibule, trois salles et une galerie. Ce sont des faïences, des porcelaines, des meubles, de petits tableaux, dont surtout un Rt Jean-Baptisto de Vécole lombarde (? et non de L. de Leyde), un paysage attr. à tort à Hohhema, une Ste Famille de Jules Romain, un Sabbat d'après Ttniera, une nature morte de Fi/t, un Hiver A& Marten van Valckcnburch, deux Batailles du Bourguignon; des gravures, ivoires, émaux, bagues, montres et médailles.
\ja. place d^ Armes (pi. B8-4) forme le centre de la ville.
L'hôtel de ville (pi. B C3j, au fond, est un bel édifice du style (le la Renaissance française, de 1869-1876, sur les plans deCtuérinot. 11 renferme un musée des Beatix-Arts et d^ archéologie, visible tous les jours de midi à 4 h. Vestiaire obligatoire. Conservateur, M. G. Gilbert. Catalogues, de 1884 et 1886, 50 c. chacun.
I'" Ctai^erle, à g., au rez-de-chaussée. — Tableaux anciens, attribués eu grande partie à des peintres célèbres, entre autres (de dr. à g.): 118, le Titien (?), son portrait; 124, J. van Oont (f). portr. de femme; 197, Mierevelt (?et non éc. espagnole), un Chevalier de l'Annonciade; 1.33, ranùyck (f), portr. d'homme ; 138, Vanloo (f), portr. du duc d'Orléans ; 11-t, le Tintoret (n'). portr. d'homme; 63, Largilliére (f), portr. d'un membre du Parlement; 191, éc. ital., Nymphe et Amour; 10, Fr. Boucher (f), la Chaste Suzanne (1740); 88, //. Rigaud (?), portr. d'homme: 74, P. Mignard (f), portr. d'un tils de Louis XIV. Dessins de Rubens, Raffrt, Vunloo, Rembrandt (f), Wattean, Diirer, etc. ; au milieu, dessins de Puvis de C'havannes. Petites sculptures (moulages principalement) de l'antiquité et du moyen âge; poteries et petits bronzes antiques; chapiteaux. Au milieu de la galerie, dans des vitrines, objets préhistoriques et gallo-romains, verres, vases en terre cuite. Sculptures: 3f. Bourgeois, Charmeur de serpents (bronze); Rscoula, le Sommeil (marbre); Charron, Théophraste Renaudot (reproduction do la statue qui est à Loudun, p. 81); 805, Jean Goujon, statue tombale en marbre blanc de Jeanne de Vivonne (m. 1588).
Galerie de la Minerve. — Au milieu, *8tatue de Minerve, œuvre grecque de style archai'que ionique (vi« s. av. J.-C), trouvée à Poitiers en 1902 dans la cour de l'école des tilles, au bas de la rue du Moulin-à-Vent (pi. A3). Peintures (de dr. à g.): s. n". Léon Perrault (de Poitiersl, la Mort d'Able; 9, Boiniat, Œdipe et Antigone (1865); s. n«, BrouiUel, Au chantier; s. n", Brunet (de Poitiers), les Gibets du Golgotha; 61. l^eba^.
Ternjyle St-Jenn. POTTIKRS. /• H- /• 9
Forêt (lo Fontainnhlcaii ; s. ii", L. Perrtiult, le Petit naiifragû; -12, Dehodencq, Fôte juive à Tanî,'er; 243, Bniitet, Caron. — Dessins: le Ouerchiii, le Titien, (.'arrache, Bronzino, Salvator Rosa, Fragonard, Fr.. Boucher, etc. - linéiques sculptures.
III» (lALKKiE. — Peiiitiires, l'ouiprcnaiit priiicipalciiiont les œuvres ilo A. de Citrson (1820-1895). peintre poitevin. - Dessins: Amhr. Dubois, H. Veriiet. II. Robert, W'atteaii, Callot, Delacroix, etc. -- P^nsuite des faïences, des anticiiiitcs lajiidaires, dos meubles ; h <:., un talileau de IHIS). représentant le siège de Poitiers par Coligny en 1569 (v. p. 8), des armes, des ivoires, des émaux reniarquables, des antiquités préhistoriques et d'autres curiosités, par ex., à g. à la sortie, une frise siMilptée du xvi" s.
Le bel escalikr qui monte au !«■• étage est précédé de deux modèles des lions (|ui ornent le camjiauile de l'hôtel de ville, par Caiii. Au 1"' palier, des cariatides par Barria», rArchitectun- et la Peinture, et dans le naut deux peintures par Piicits de Chavaiiites, Réception de Charles-Martel à Poitiers et Ste Kadegoude protectrice des lettres contre la barbarie.
La SALLE DES ?''ftTES, eu haut de l'escalier, a un vitrail par Steitiheit et Briqiiier, Eléonore d'Aquitaine confirmant les privilèges (le la ville, et un plafond par Briinet. Du (îucsclin délivrant Poitiers des Anglais. — La SALLE i)i: Conseil, à dr. en arrivant, a un plafond par rerrai/lt, la Loi et la Justice, et deux tableaux par de Viir-o», Diane enlevant Endymion et Mercure enlevant Psyché. - La salle des Mariages, de l'autre côté, a aussi rn plafond par Perrault, le Triomphe de l'hyménée, et deux toiles par de Viirzon, Orphée ramenant Eurydice et l'Aurore enlevant Céphale,
Kn siirtant de l'hôtel de ville, descendre à g. la rue Leba.scles, an fond de laquelle s'élève le joli hôtel Jehan-Bauce (pi. 1, C3), de la Renaissance (1554), dans un style étranger à la contrée et qu'on retrouve en Saxe et en Franconie.
La rue du l'uygarreau descend à g. de l'iiôtel Bauee à la rue du Lycée, où se trouve le lycée (pi. 0 3-4), ancien collège des Jésuites, fondé par Henri IV en 1(508. La chapelle est remarquable par ses sculptures et ses peintures de l'époque, surtout son bel autel à retable de lfi97, avec tableau de Finsonins, élève du Caravagc (la Présentation ; 1615) ; dans la sacristie, belles boiseries et peintures de la tin du xyii® s. — La rue du Lycée passe, à g. en sortant du lycée, contre le petit square de la République (pi. 04), où est le motinment des soldats de la Vienne morts en ÎSIO-IHII, obélisque orné il sa base d'un soldat blessé, en bronze, par Ooutan (1895).
Retourner par la rue de Magenta à la place d'Armes, et suivre, à g. de l'hôtel de ville, la voie du tramway qui descend plus loin la rue du Pont-Xeuf (pi. 0 3).
Le curieux *temple St-Jean (pi. D 3), au milieu de cette rue, est le plus ancien édifice chrétien qui reste en France. O'est un rectangle de 13 m. de long sur 8 de large, bâti au iv« s. en petit a[ipareil et augmenté d'un narthex au xii'' s. Au vn* s., la piscine fut comblée; on éleva autour de la salle centrale trois absidioles et surhaussa les murs qui furent percés de six fenêtres et décorés de colonnettes avec des frontons à pilastres pris à des monuments antérieurs. DésatTecté sous la Révolution, l'édifice fut restauré vers 1850 et mis par l'Etat en 1885 ii la disposition de la Société des Antiquaires de l'Ouest. Le S(d du bâtiment est maintenant de plus de 3 m. 50 en contre-bas de la rue.
10 l- H- 1- rori'lERS. Cuthédrah:
On visitu le matin de 10 li. à 11 h. et li^ soir de 2 h. à 4 li.; quand le gardien n'y est pas, s'adr., près de là, rue St-Simplicien, 30. L'intérieur est sombre et nu; le pourtour inférieur eut évidé d'arcatures en plein cintre, et en haut rèj^nent d'autres arcatures, alternativement en plein cintre et en mitre. Au milieu est la piscine. On a déposé alentour des sarcophages (notamment à dr. un beau sarcophage double) et d'autres antiquités lapidaires, des vi''-i.\<' s. Aux murs, restes de fresques des xi« et xii« s.
La rue du Pont-Neuf aboutit au pont Neuf (v. p. 11).
En sortant du temple St-Jean, remonter la rue du Pont-Neuf, puis prendre à dr. la rue Paschal-le-Coq et descendre à dr. la rue de la Cathédrale qui débouche devant la façade de
la cathédrale, Sf-Pierre (pi. C D 2), commencée en 1162 par Henri II d'Angleterre, mari d'Eléonore d'Aquitaine (v. p. 7), mais consacrée seulement en 1379. Certaines ])arties sont encore du style roman, cependant le style plantagenet (v. p. xi.ixj y domin»-. La façade, du xiv« s., en partie restaurée au xix«, est trop large et flanquée de tours inachevées qui l'alourdissent; elle a trois portails dont les voussures et les tympans ont conservé des sculjjtures, malheureusement mutilées, relatives au milieu au Jugement dernier, il g. à la Vierge, à dr. à St Pierre. Près du croisillon N., se voit la jolie porte St-Michel, du xni« s.
L'intérieur, de 12 degrés en contre-bas du parvis, est imposant i)ar la hardiesse de ses proportions, la hauteur et la largeur de .ses trois nefs. Pour ajouter à la fuite des lignes et à la profondeur de la perspective, l'architecte a diminué la largeur des nefs et abaissé légèrement les voûtes vers le chœur. Le chceur se termine par trois absidioles encastrées dans le mur droit du chevet (v. ci-dessous), et il y a au transept deux absidioles du même genre. Magnifiques verrières des xii"= et xin» s. ; la plus remarquable est celle de la fenêtre médiane du chevet représentant la Crucifixion. Les belles stalles du chœur passent pour être de la seconde moitié du xiii'- s. Grands autels à retables, surtout dans le bras dr. du transept, où se trouvent de mauvaises reproductions de statues d'apôtres, du xv« s. Dans le chœur, à dr., remarquable Descente de croix, en bois sculpté et peint du xvi» s. Dans le bras g. du transept, le tombeau du cardinal Pie (m. 1880), avec statue par Bonnassieux (188ij).
Derrière la cathédrale (remarquer son chevet, mur plat de 49 m. de hauteur portant encore des traces de biscaïens, lancés du haut des Dunes lors du siège de 1569), on descendra directement à Ste-Radegonde (pi. D 2), église fondée vers 560 par la reine de ce nom, femme de Clotaire I®'', qui s'était retirée ici à son couvent de Ste-Croix et y fut enterrée (v. p. 11) en 587. Toutefois l'édifice a été reconstruit du xi« au xiye s., notamment la nef, du xn« s., dans le style angevin (v. p. xlix); le portail est seulement du xv* s. Elle est précédée d'un parvis fort ancien, mais refait vers la lin du XV" s., où se tenaient les assises dont l'église avait le privilège.
11 y a à la façade un curieux clocher du xi" s., flanqué d'une tourelle à gauche.
A l'intérieur, côté dr. de la nef, est une sortr déniche, la «chapelle du Pas-de-Dieu ,<, avec deux statues modernes sans valeur, entre lesquelles est une empreinte de pied dans la pierre, laissée, dit-on. par Jésus-Christ dans une apparition à Ste Radegondc, le tout autrefois dans la chapelle
Sotre-Duvif-la-Crtindt. POITIERS. I.R.I. \\
■ lu monastère. Sous le chœur s'ouvre uiic crypte du \i" ». avec le sarcophage, vide aujourd'liui, de îSte Radogonde, but de pèlerinage. Devant, une statue en marbre de la sainte, sous les traits d'Anne d'Autriche, qui l'a donnée en roi-onnaissance de la guërison de son fils, Louis XIV (1658); i-ette statue est de Nie. Le Gendre et non de Girardon. Cette église a aussi des vitraux anciens: la rose du 2« à g., du xiv« s., représente le .Ingénient dernier. A dr. du chœur, la sacristie, anc. salle du chapitre, liàtie vers 12()0 et qui présente une belle voiite du style plantagenet.
En sortant de Ste-Radegonde par le grand portail, prendre à g. la rue des Carolus qui débouche près dn pont A^et//" (pi. D 2-3 ; xvm* s.V sur le Clain.
TravtTser ce pont, suivre la rue do Faubourg-du-Pont-Neuf, puis, à g., celle de la Pierre-Levée qui aboutit au dolmen du même nom (a g.), mentionné par Rabelais, et brisé en deux morceaux inégaux depuis 1835. Revenir alors sur ses pas et, il l'extrémité des bâtiments militaires (|u'(>n longe à ilr., tourner à dr. ; on arrive derrière un bâtiment moderne construit au-dessus de la sépulture du chanoine Mellebaude qui voulut la sani-titier en y recueillant des ossements do martyrs chrétiens, et appelée Hypogée-Martyrium. C'"est une salle â demi creusée dans le rocher, lie la tin du vu' s., déi'ouverte en 1878, mais dégagée seulement lors de la construction du bâtiment qui la recouvre; s'adr. pour visiter â Mme Berger (maisons de côté). Devant l'hypogée, le buste du R. P. de La Croix • (qui a mis à jour cette sépultureV bronze par Octobre (19121. En quittant l'Hypogée, se diriger à dr., et laissant à dr. un terrain militaire, gagner droit devant soi le boni. Aboville qu'on suivra à dr. pour arriver devant la caserne des Dunes (pi. DlK d'où l'on découvre subitement un superbe *pannrnma sur Poitiers. Descemlre ensuite, à g., le boulevard Coligny. -A dr.. piton rocheux appelé rocher de CoUj/ni/ (pi. D2; v. p. 8); â g., statue dorée de Sotre-Vnme des Dunes, érigée en 1872. On traverse de nouveau le pont Xeuf.
Suivre à dr. le boul. dn Pont-.Tonbert, et arrivé au pont Jonhert l'I. P 2; du XII* 8., reconstruit au xV et au xvi». et modernisé en 1906), monter à g. \?i GrfuuV rue {\A. D-R2), (jui acimservé plusieurs vieilles mai.sons. notamment au n" IIS la «maison de f'harles Yll» (lu «des Trois-rious». du xv« s., et au n" 159 r« hôtel du Grand Prieur d'.Vquitainei.. de 16(57. La Grand'rue aboutit à
*N"otre-Daine-la-Grande (pi. B2). édidce de style romanobyzantin. «la perle des églises de Poitiers et l'une des plus belles églises romanes du centre de la France». Réédifiée vers la tin du xi« s., elle fut remaniée aux xv* et xvi* s. Cette église est célèbre par sa *façade, du xii* s., qui rappelle par sa décoration, comme celle de la cathédrale d'Angouléme ip. 17), un grand ouvrage d'orfèvrerie au repoussé. Elle a trois étages d'arcades, dont celles
lu bas comprennent une porte à plein cintre et deux fausses portes • n arc brisé, qui encadrent deux arcades à plein cintre. Celles du iiaut, interrompues par une grande fenêtre, renferment des statues mutilées de St Hilaire. de St Martin et des apôtres: au fronton est un Christ bénissant, entouré des attributs des évangélistes. Il y a en outre des bas-reliefs dont les sujets rajipellent la vie mystique de la Vierge. Cette façade est tlan(|uée île tourelles à toits coni- ()ues ap|)areillés en écailles. .\ la croisée, la coupole sur trompes
iveu flèche conique, est appareillée de la même façon. L'intérieur,
12 I.li.t. POITIERS. Palnix (le jiiytiCf.
défiguré en 1857 par une décoration polychrome, est divisé en trois nefs, celle du milieu à voûte en berceau, les bas côtés à voûtes d'arêtes. Les chapelles latérales ont été ajoutées au xv« et au xvi*s. Il n'y a pas de transept, mais les collatéraux se prolongent autour du chœur. Celui-ci a un reste de fresque de la fin du xii« s., à la voûte, et deux lutrins en cuivre du xyiii*^ s. Dans une chapelle à dr., un saint-sépulcre du xvi«s., tombeau de l'abbesse Marie d'Amboise.
En face de Notre-Dame, l' Université (pi. B 2) occupe depuis 1806 l'ancien Hôtel-Dieu. Elle a été transformée et agrandie de 1892 à 1894; on a notamment restauré la façade sur la place.
Outre la bibliothèque universitaire, elle renferme la bibliothèjjite municipale (ouv. t. les j. do 1 h. à 5 h., sauf en août et sept.), qui compte 7.5000 vol. env., 629 nian. et 214 incunables. Raretés bioliographiques : évangéliaire du viii" s. ; une Vie de Stn Radegonde par St Fortunat. du x"^ s. ; un rituel du xii" s. ; une bible du xiii" s. ; divers missels et livres d'heures, dont les plus remarquables sont les heures de Jeanne de Laval. femme du roi René d'Anjou, ini xv^ s. ; un incunable, imprimé à Poitiers en 119.Ï. A remarquer encore une collection de numismatique.
On repassera devant Notre-Dame pour prendre la rue du Marché- Notre-Dame (au n" 9, maison de 1557), puis à dr. la rue des Cor- • deliers. A dr. de cette rue, on voit la partie anc. du palais de justice (v. ci-dessous), notamment la tour Maoheryeon, de la fin du xiv*" s., qui a été l'objet de très heureux travaux de dégagement et de réfection. Au bout de la rue, tourner à dr. pour arriver devant
le palais de justice (pi. lî 3) qui, derrière des parties modernes insigniliantes, a des restes du château des comtes de Poitou (xii«-xiv® s.). La plus belle partie est la ^sallf des Pas- Perdu.". ancienne salle des Gardes, bâtie de 1398 à 1415 par Jean Guérard pour le duc Jean de Berry, frère de Charles V; elle a 49 m. 30 de long sur 16 m. 30 de large et est voûtée en bois. A l'une des extrémités, se trouve une triple cheminée richement sculptée, de 10 m. de large, surmontée d'une galerie à balustrade et de trois belles fenêti-es du même style, entre deux tourelles contenant des escaliers. Belle vue du toit du palais; s'adr. au concierge (pourb.).
En sortant du palais, prendre à dr. la rue du même nom, jiuis celles des Vieilles -Boucheries et Cloche -Perse qui lui font suite: tourner à g. sur la place de la Liberté pour arriver (à g.) devant la Prévôté (pi. AB 2), de son vrai nom Vhntel Fumée (qui était en face de la Prévôté), construction des xV et xvi« s., à façade très remarquable, avec quatre tourelles et de jolis frontons aux fenêtres. La cour est également curieuse. ,
Plus bas, rue de la Chaîne, 24, l'hôtel Beiihelot, curieuse maison de la Renaissance, commencée en 1529; on peut visiter (pourb.V — Au bas de la rue de la Chaîne, les rues des Trois-Rois et Jean- Bouchet conduisent à la place Montienieuf, sur laquelle s'élève à dr.
V église Moiitiernevf (Moust{ei--Neuf: pi. Al), anc. église de bénédictins, consacrée en 1096 par le pape Urbain II et l'un des types de l'architecture romane poilevine; elle a été modifiée
St-Jlihiire. l'OITlKRS. l.ll.l. i;5
plus tard, nolaiiimt'iit aux xiv" et xv* s. Klle a trois nefs de niêitie hauteur et uue jjetite coupolf au transept, surmontée de deux cloehetous réunis par trois arcades, seuls restes de l'ane. elocher eai'ré.
Ke\ eiiu au palais de justice, on retournera dans la direction de l'hôtel de ville par la rue (ranibetta. La rue des (îrandes-Ke(des, à g., rapi)elle l'anc. université de Poitiers, dont il ne reste qu'une petite cliapelle du xV^s., occupée auj. par le rimnêf dr:i A/itlr/iiaireH df l'ihicst (pi. B3; «Sociétés Savantes»), l'our visiter, s'adr. au gardien (pourb.). Catalogue, de 18S4, 1 fr. 1/eiitrée est dans le passage (iauilietta.
Dans la chapelle se voient toutes sortes de déhris de sculptures çalloromainea et autres, des inscriptions, des sarcopliafjes. Dans la salle du l«r étage, de petites antiiiuités: bronzes, poteries (3t8 signatures de potiers gallu-romains'i, verres, médailles (3000 monnaies gauloises, romaines, ml'rovingiennes et modernes), des objets du moyen âge et d'autres moins anciens (p. ex., deux beaux jietits canons en bronze, du xve' s.). i;omme au rez-de-chaussée. Au 2" étage, la bibliotlièiiue de la société.
Dans la rue Ganibetta, que l'on regagne par le passage du musée, se trouve, près de la place d'Armes, Ht- l'or chaire (pi. B3), église du XVI* s., précédée d'un beau "i-hx-Uvr roman (fin <\u xi«s.).
En sortant île St-Porchaire, tourner à g., traverser la place d'Annes, suivre la rue Carnot, tourner à dr. dans la rue Aliénord'Aquitaine, puis à g. prendre la me Théophraste-Reuau(b)t et à dr. la rue St-Hilaire qui amène devant
*St-Hilaire ipl. B5), anc. abbatiale, fondée, dit-on, avant le VI" s., reconstruite aux x« et xi* s. et en partie aussi de 1869 à 1875. Plus de cent églises de France et d'Angleterre relevaient jadis de son chapitre. C'est un édifice des plus intéressants pour l'évolution de l'architecture religieuse. Le chœitr, terminé eu 1049. est très élevé au-dessus de la nef; il a un déambulatoire à arcades surhaussées et une remarquable *couronne d'absidioles encore intactes. La *iief, fort curieuse, est voûtée dans sa partie centrale de coupoles octogonales; lorsqu'on appliqua ici, vers llîiO, ce système de voûtes, on dut rétrécir la nef par l'adjonction de deux collatéraux très étroits aux doubles bas côtés primitifs, de sorte qu'aujourd'hui l'église présente un ensemble de sept nefs. Toutefois, elle a été raccourcie d'une travée (de là trois coupoles octogonales au lieu de quatre jadis), lorsqu'on refit de nos jours la façade et la tour, endommagées à la suite du siège de 1569. A dr. de l'entrée, un couvercle de sarcophage du iv* s. Il y a une crypte sous le chœur avec un reliquaire ccmtenant uue petite partie des reliques de St Hilaire.
Derrière l'abside de l'égli.se, l'anc. Doyenné de St-IIiUiire, de la Renaissance, transformé en école normale. — La rue du Doyenné, liuis celle du Ciiateau-d'Eau condui.seut de là au
*Parc de Blossac ijil. BC5-6), à l'extréuiité S. de la ville. C'est un parc iiiiposant de 9 hect., créé de 1752 à 1771 par M. de
14 /. /?. /. POITIERS. Knvirom.
la Bourdonnaye, comte de Blossac, intendant du Poitou. A l'entrée, deux groupes en marbre par Etex, les .loie.s et les Douleurs maternelles; dans le jardin anglais, buste du peintre poitevin Perrault (1832-1908) par Sudre (1910). A l'extrcmilé S. du parc, la tour à l'Oiseau otl're une très jolie vue sur la vallée du Olain.
On longera la terrasse 0. qui domine le champ de manœuwe de la Madeleine (pi. B 6) et, quittant le parc, par un escalier (à g., restes des anc. fortifications du xiv" s.) qui aboutit au boni, du ]'onl-Achard (pi. BA6-4), on reviendra par ce dernier à la gare.
A 3 kil. env. à l'O. de la gare, Vécole de lAinidH, où des sœurs font l't'ducatiou de jeuues fllles sourdes-muettes et aveugles à la fois; c'est le seul établissement de ce genre en France. — A Va h. de la ville, à g. de la route de Bordeaux, se trouvent les arcs de Puriytiy, restes peu importants d'un aqueduc romain. Eu face, sur la rive g. du Clain, les f/rotfes (le Calvin, où Calvin instruisait ses disciples, et les grottes de l'asarluiiirlln, célébrées par Rabelais.
Excursion recommandée dans la même direction à Liguyé (v. ci-dessous). — La vallée de la Boivre vers Bériiycs et Montreuil-Boniiin, abonde en paysages gracieux et accidentés. C'est de ce côté et aussi sur la route de Poitiers à Vivomie par Ifeiiil (v. ci-dessous) que se rencontrent les plus jolis environs de Poitiers.
De Poitiers à Nantes, v. R. 6; à Niort, la Rochelle et Rochefort, R. 11; à C'hâteaui'oux, R. 15; à Limoges, R. 16.
De Poitiers a St-Martin-Lars : 48 kil., tramw. partant de la gare; 3 fr. 70 et 2 fr. 45. On passe par St-BenoU (7 kil.) et son viaduc (v. cidessous). — 27 kil. Gençay, bourg sur la rive g. de la Clouère, dominé par les ruines remarquables d'un château des xiii' et xiv" s. Sur la rive dr., à 1 kil. au N., fit-Maurice, qui a une belle église romane du xii' s. — On remonte la vallée de la Clouère. A 1 kil. au S., le château de lu Roche, des xvi" et xvii" s. — 42 kil. Usson-dii- l'oitoti , 2568 hab. — 48 kil. St-Martin-Lars (p. 15).
Tramw. en projet de Poitiers à Lavausseau, par la vallée de la Boivre.
m. De Poitiers à Angoulême.
113 kil. Trajet en 1 h. 15 à 1 h. 35. Prix: 12 fr. 75. 8 fr. 55, 6 fr. 60.
336 kil. (de Paris). Poitiers, v. p. 7. — Au départ, à g., restes des fortifications de la ville (v. ci-dessus). Tunnel de 300 m., à la sortie duquel on a à g. une vue pittoresque sur les remparts du parc de Blossac. On traverse trois fois le Clain.
340 kil. St- Benoît, lieu de divertissement des habitants de Poitiers, où se détachent les lignes de Niort (R. 11), du Blanc (R. 15) et de Limoges (R. 16). Le tramway de St-Martin-Lars (v. ci-dessus) traverse ici la voie sur un viaduc. Tranchée dans le roc et pont sur le Clain, qui coule ensuite à gauche.
343 kil. Liguyé, localité célèbre par son abbaye de bénédictins fondée vers 360 par St Martin, rouverte en 1853 et fermée en 1904. La belle éylise goth. de l'abbaye, du xv" s., sert d'église paroissiale. Plus loin, à dr., le château de Bernay, du xv* s. — 350 kil. Ifeuil : plusieurs châteaux. Tunnel, après le(|uel on longe encore le Clain. — 356 kil. Vironne (hôt. de la Croix-ISIanchi i. ville de 2442 hab., où naquit la célèbre marquise de Ramb(uiiilel.
ClVIi.W. /. «■ /• If)
A ') kil. H l'K., t'hâleau-Larcher, qui a dans le l'imetière une lanterne lies morts cylindrique, <lu xiii» s. (v. p. Lii). — Excursions dans la vnUét de la Vonne (beaux sites) et dans celle de la Clouère.
365 kil. Anché-Voulon (1™ bataille de Poitiers, v. p. 68). — 370 kil. Couhé-Vérac. La localité est à 6 kil. à l'O. (oiiin.). — 379 kil. EpanviUiers. — 388 kil. St-Saviol (;deu.v hôtels). A dr. de la stat., le dulinen de Pierre- Pèse, de 7 m. M de long.
De St-Savioi- a LfSSAC-i.Ks-C'iiATKAfx (Montiuorillon): G-t kil.; 2 h. ;'i 2 h. 25; 7 fr. 15, 4 fr. 85, 3 fr. 15. On remonte d'abord la vallée de la Chureutr. - 7 kil. Civray (137 m.; hôt. de France), ville de 2393 hab. et chef-lieu d'arr. de la Vienne, sur la Charente. Son *éylii<e St-XiculaH, du xii« s., a une faijade fort curieuse dans le genre de celle de Notrel)ame-la-(irande de Poitiers (p. 11), à deux étages d'arcades, et une couronne tl'absidiules encore intactes. L'intérieur, bien que défiguré par des peintures, se distingue par les belles proportions des absidioles et la fa^'on intéressante dont le passage du carré à l'octogone se fait dans la coupole. Vieilles maisons, notamment celle où est l'hôtel de France, du XV s., et. dans la rue Louis XIII près de la grande place, la maison dite (b- Louis XIII, du .xvi" s. — 11 kil. Sariyné, près des fameuses t/rottfs du Chdffuiid. où l'on a découvert quantité de silex taillés. — 17 kil. C'harruiiJ- (hôt. du Lion-d'Or; 2055 hab.), qui a quelques restes d'une al)baye célèbre au moyen âge, notamment une curieuse tour octogonale de la tin du XI» 8., dite tour Vharlevuiffne. — 30 kil. St-Martin-Lars. Tramw. i\f Poitiers, v. p. 14. Ensuite la voie gagne la vallée de la Vienne. — 39 kil. Lf Vif/tant, où s'embranche la ligne de Kouraazières-I^oubert par C'onfolens (v. p. 98-97). — 44 kil. L'Islc- Jourdain (hôt. de la Paix), dans un beau site, sur la Vienne; pont avec une statue en bronze de St Sylvain, martyr du pays. — t>4 kil. Lussac-les-Châteanx, sur la ligne de Poitiers n Limoges, v. p. 95.
De St-Savioi. a St-Jean-u'Anoély : 72 kil.; 2 h. 50; 8 fr. 30, 6 fr. 20. 1 fr. 55. — 24 kil. Chef- Boutonne (hôt. du Commerce; 2104 hab.), où est la source de la Boutonne. Ligne de Niort à Huffec, v. p. 40. — 54 kil. Aulnay ou Aulnnii-de-Saintonye (hôt.), bourg qui a un donjon du xiii» s. A '/« d'h. au N.-E. de la localité, dans le cimetière, la très belle *eylise St-Pierre. achevée en 1135 et richement décorée de sculptures. C'est l'un des éditices les plus caractéristiques dn style roman poitevin. On arrive plus loin dan» la vallée de la Boutonne. — 72 kil. St-Jean-d' Anyély (p. 41).
40"2 kil. Ruffec (108 m.; buffet; liôt. : des Ambassadeurs; de France, 16 ch., rep. 3 et 4 fr.), à g., ville de 3375 hab. et chef-lieu d'arr. de la Charente, renommée pour .ses pâtés truffés. Son é(/lise, à dr. vers l'extrémité à l'opposé de la gare, a un portail roman sculpté, mais fort dégradé. Ligne de Niort, v. p. 40.
De RrPKEC a RorMAZiÉuEs-LorBERT : 46 kil.; cheni. de fer. — 36 kil. St-Claud. A 6 kil. à l'O., Vellefrouin possède une belle lanterne des morts (v. p. lu) du xii» s. et une église romane avec porche en tiers-point. 46 kil. Roumazi'eres- I.oubert (p. 97).
Puis un tunnel. — 412 kil. Salles- Mminnac. On traverse ensuite la Charente. — 420 kil. Luxé. T'hem. de fer à voie étr. i)our St-Angeau (18 kil.), à l'E.-S.-E., et pour lioulllac r21 kil.; p. 19). an S.-O. — 430 kil. St-Avmnf-de-Boixe, localité à env. 1 kil. 5 au S.-O. (omn. 10 c). Elle a une église curieuse, anc. abbatiale, consacrée en 1170, mais dont le chœur est du .\iv s. — 435 kil. Vars. - .\ dr. en arrivant à Angoulême, belle vue sur la ville et ses principaux monuments: clocher de St-Martial, beffroi de l'hûtel de ville et cathédrale avec sa tour carrée. — 449 kil. AïKjindèine (buffet).
IG 1- -P- 1- ANGOULEME. •»«"«• pratique».
Angoulême. — Gares: gare d'Orléans (l)uffpt) ou des lignes di- Bordeaux et de Limoges (R. 17) et gare de l'Etat (buffet) ou de la ligne de ÎSaiiites (R. 12), en face l'une de l'autre, dans le bas de la ville, de l'haque côté de l'avenue Gambetta (pi. Fl); gare de RnviUac. pour la ligne de Matha (v. p. 19), à côté de celle de l'Ktat. — Omnibiig desservant les hôtels: 50 c., plus 2.5 e. par i-olis.
HôTEi.s: *//. de France- (pi. b, K 2-3), place des Halles-Ceutrales, I, avec jardin (70 eh. dep. 4 fr.. rep. ij, au rest. 4 à 5); U. des Postes (pi. il, 1) .S), rue de l'Arsenal, 44 (42 eh. dep. 3 fr., rep. 1.25, S.50 et 3.50, p. dep. 7) ; 11. du Palaix (pi. a, £> 3), place du Mûrier, 4 (15 ch. dep. 3 fr., rep. 1.60, :{.50 et 4, p. 10); Grand-Hôtel é H. Moderne (pi. c, E 2). avenue (ianibetta, 54-56; H. des Trois -Piliers & Nouvel -Hôtel (pi. e, F 3), place du Champ-de-Mars (45 ch. dep. 3 fr., rep. 1, 3 et 3. ,50, p. dep. 8).
Oafks : Gr.-C. de la Pai.c, place de l'Hôtel-de- Ville (rest. à la carte) ; etc.
Vorn-RES DK PLACE (faire prix) : course, ;i 1 ou 2 chev., ■■ intra muros •• ou dans la ville haute, 75 c. ; dans les limites de l'octroi, 1 fr. 50; l'heure, ;ï 1 chev., 2 fr. ; à 2 chev., 2 fr. 50. ,50 c. de jihis pour voit, découverte ou landau. Pas de tarif pour la nuit, de (J ou 7 h. du soir à 8 h. du matin.
Tkamwats électriques, cinq lignes: 1, de Vhôtel de ville (pi. D 3) au cimetière (Bardines; hors pi. Bl); 2, de tSt-Aiixone (pl.B2) à Ruelle (hors pi. F 1; p. 99); 3, de Vhôtel de ville :i Grapillet (hors pi. F 3); 4, de Vhôtel de ville au chemin de Monthron (hors pi. F 3); 5, de V Houmeaii (hors pi. E 1) à St-Martin (pi. C 4). Prix. 10 e.
Postes et téléoraphes (pi. i) 3). place du Mûrier.
Basques: B. de France (pi. D 3), rue de l'Arsenal; Crédit Li/onnaift. rue des Halles-Centrales; Société Générale, place de la Commune, 8; L'ompt. d' Escompte, rue Marengo, 44; Banque de Bordeaux, id., .^54.
Bains: B. du Château, boul. de l'Est, 24; Marti?), rue de la Corderie, .34.
Principales ci-hiosités: hôtel de v-ille (p. 17), cathédrale (p. 17) et remparts.
Angoidême (47 m. à la gare Je l'Etat, 104 m. à Beaulieu) est une ville de 38211 hab. (en 1911), anc. capitale de YAviionmois, auj. chef-lieu du départ, de la Charentp et siège d'un évi^ché. Elle occupe, comme Poitiers, une hauteur entre deux cours d'eau, la Charente et VAnguieime, et est entourée de promenades d'où l'on a de fort beaux points de vue. Papeteries célèbres.
Angoulême existait aussi déjà sous les Romains, qui la nommaient Encolisnia. La ville lit partie de l'Aquitaine, puis devint la capitale d'un comté qui fut livré aux Anglais par le traité de Brétignj , eu 1360. Mais elle se révolta en 1373 contre ses nouveaux possesseurs, et en récompense de sa fidélité k la couronne, le comté d'Angoulème, transformé plus tard en duché, fut l'apanage de l'un des fils de France. Cette ville a été plusieurs fois prise et saccagée pendant les guerres de religion, notamment par Coligny en 1569. Elle a vu naître Marguerite de Valois (v. p. 17), le poète Méllin de Saint-Gelays (1491-1558), le littérateur Guez de Bcdzac (1597-1G54), le sculpteur R. Verlet (né en 1857).
On monte des gares en ville par l'avenue Gambetta. A g. se voient l'anc. séminaire et Véglise St-Martial (pi. E3), belle construction du style roinan, avec un clocher sur la façade, par Pawl Abadie (1853). Eu prenant, à dr. à la montée, le boul. Pasteur, ou a uue belle vue de la vallée de la Charente et ou arrive aux halles centrales ou marché couvert (pi. D 2-3), construction qui a remplacé les prisons, l'ancien Châtelet, en 1887-1888. — Keinparts, v. p. 18. — La belle rue des Halles-C'eutrales conduit de là à la place de l'Hôtel-de-Ville, sur la(pielle donne la petite rue de la Cloche-Verte,
é-"^ (UT-açiIlcf
Hôtel 'if fille. ANGOULEME. /. i?. /. 17
011 l'on peut voir an 11" 15 Vlintel St-Slinoii (pi. 1, D;j), di- la Ki'naissance (1 530-1040; eiitrtT dans la cour).
L'*hôtel de ville (pi. 1)3) est un édifice fort remarquable, en grande partie moderne (1858-1866), dû éj^alement à Âbadie. 11 est dans le style du xm"^ s. et il occupe remplacement du château des comtes dWnjroulême, dont il subsiste deux tours à ^., la tmir /*"/.'/- <liiiH' du xiii<" s. et la toitr (le Valois, du xv<^. - Dans un petit jardin à ;;., la statue de Marf/uerite de ]'alois ou d'An<^oulême, sieur de Kraneois 1<"" et reine de Navarre (1492-1549). marbre ))ar Badiou de la Tronclière (1871), et au fond, le inunnment des Cliareiifais 1870-1871). j.ar R. Verlet.
La cour de l'hôtel de ville mérite d'être vue; il y a au fond un |)etit musée, toujours visible pour les étrangers. Catalogue, de 1884, 50 c. Conservateur, M. Emile Biais.
A g., le McsKK oK PKiNTfKK KT iiK scfi-PTCRE, mal installé dans une salle trop petite, public les jeudis, ilim. et fêtes de luidi à 1 ou 5 h. ^ Peintures: à dr., s. n", ëc. flam. du .vi'/» s.. Scènes de la vie de Ste Catherine (snr Ixiis); 12. Delahordf. St Augustin et Ste Monique; 2'A, d' Hoiideceter. Volailles; ïi, van der Helut, portraits; 56, L. Olivié. Marguerite de Valois, Fran^'ois I" et autres personnages; 4, le Gutrchiii. Sauison livré par Balila; l!t. (Uiritier. Désolation de la famille de Priam: 21, d' Ilondecieter. Volailles; HH, Tniidouze. Mort de Jézabel; 7;^, S. Voiift, I,oth et ses filles; llli, Ihiiicft. Agar dans le désert; 11, David, portr. de Barharoux (dessin); s. u". Courtois dit le Bourguignon, deux Batailles; s. n". Brueghel dit de Velourg. paysage; 15, Elle (?). i)ortr. du duc de Montausicr; s. n", Desjioiies, Chasseur au repos; 29, éc. (dlein.. portr. île femme (liirU). Au milieu: 10. Aiit. Coi/pel. Jugement de Salomon ; ;^',t, Jolivard, Entrée de forêt: til, le Baiman, Marché au poisson. — Sculptures: deux bustes en bronze, par Mlle Clémence de Lanchntres et E. Verlet; plâtres divers. — Eu outre, armes (vestibule), faïences, coquillages.
A dr., le mcsék ARCnï:oLooiQni:, public les dim. et fêtes de midi à 1 ou 5 h. : antiquités préhistoriques (beaucoup de silex), antiquités lajtidaires romaines, fragments de mosaïques, chapiteaux des xii« et xiii» s., beau tympan provenant de la cathédrale, petits bronzes, médailles, armes.
Sur la place Bouillaud ipl. D3), ;i dr. de l'hôtel de ville, la statue du Lh Jean Bouillaud (1796-1881), bronze par R. Verlet.
Sur la place de la Commune, à la suite de la place Bouillaud, à g., s'élève le théâtre (pi. D 3; 1866-1872). par A. Soudée.
Cette place aboutit aux remparts, où se voit le monument de Caruot (pi. C3\ par R. Verlet (1897). On a de là une vue étendue sur la vallée de l'Anguienne. — Le rempart Dcsaix, à dr., mène ;i
la *cathédrale, St-Pierre (pi. C3), une des églises romanobyzantines les pins curieuses de France, tenant de Notre-Dame de Poitiers (p. 11) et de St-Front de Périgueux ip. 100). Elle est dans son ensemble de 1105-1128. mais elle a été restaurée :i fond de 1630 ;i 1654 et même en grande partie reconstruite de 1866 ;i 1875, par Abadie. Elle comprend une nef sans bas côtés, surmontée de trois coupoles; un transept avec une coupole formant lanterne au centre, une tour an croisillon N. (p. 18), les restes d'nne tour correspondante au croisillon S. et une abside à quatre absidioies.
La *façade présente un haut intérêt par sa riche décoration
Bajdeker. S.-O. de la France. 9« édit. 2
18 I- ^- 1- ANGOULÊME. Vnthédraie.
sriilptuiale, bien (|ue la restauration d'Abadie en ail ciiniplètenient changé l'aspect (les tourelles poitevines et le gable rhénan, entre autres, sont de l'invention de l'architecte). Elle comprend quatre étages d'arcades, divisés de bas en haut, par des ce lonnes, en cinq travées. L'étage du bas n'a que cinq arcades, celle du milieu plus grande que les autres et percée d'une porte, la seule de la i'a(;ade. Au-dessus du tympan (moderne) s'ouvre une grande fenêtre et plus haut, entre les symboles des évangélistes, le Christ présidant au Jugement dernier, auquel se rapportent la plupart des nombreuses sculptures de la fai^ade.
La *tonr du croisillon N., haute de 59 m., est la seconde curiosité de cette église. On a dû la démolir lors de la restauration, mais on l'a reconstruite telle quelle et, autant que possible, avec les mêmes uiatériaux. Elle est à six étages carrés superposés en retrait et dont quatre présentent des baies ouvertes. La tour correspondante au S., dont il ne reste plus que la base, a été détruite par les calvinistes en 1568; elle avait une flèche gothique.
A V intérieur de l'église, qui est sombre et où Ton descend par cinq marches, on remarque particulièrement les coupoles de la nef, dont les arcades sont légèrement ogivales, et la lanterne de la croisée, percée de seize fenêtres. — Dans le croisillon de dr., le monument de Mgr Sebaux (ni. 1891), avec statue par Verlet.
A g. de la cathédrale, se trouve l'anc. évêehé (pi. C3), de fondation aussi ancienne que l'église et restauré également par Abadie. 11 est question d'y installer le musée (v. p. 17). Dans le jardin. statue du comte Jean d'Angoulême, grand-père de François ]''^
En ])renant devant la cathédrale l'avenue de la Colonne, on arrive au Jardin Vert (pi. B2), charmante promenade sur le versant de la colline, près de l'église St-Ausonc (pl.B2), construite de 1864 à 1869, sur les plans d'Abadie, dans le style goth. primitif. On continuera à suivre le Jardin Vert dans le même sens, en laissant à g. en contre-bas la grotte St-Cijhard, qui aurait été, dit la légende, habitée au vi« s. par ce saint (peu intéressante) et, par une rampe, on débouche sur la place de Beaîdieu (pi. B2; belle vue). C'est une promenade ombragée qui longe les vastes bâtiments du lycée et domine la vallée de la Charente, où est le faubourg de St-Cybard, sur la rive droite. Derrière le lycée, l'Hôtel-Dieu (pi. C2), dont on remarque la chapelle, anc. église des Cordeliers, des xn'=-.\iv« s., à chevet rectangulaire et clocher octogone du début du XIV* s.; elle n'est ouv. que le dim. (les autres j. s'adr. au concierge) et renferme le tombeau de l'écrivain (i. de Balzac (p. 16). — On peut retourner par le bord de la colline (remparts de Beaulieu et du Nord) jusqu'à la place des Halles-Centrales (p. 16).
On peut prendre aussi, à dr. du rempart du Nord, la rue des Trois-Fours, puis la rue Taillefer, à sa suite, où se trouve l'église St- André (pl.D2), des styles roman et goth. flamboyant, qui possède
Kininms. ANGOrLEME. I. R. l. 19
une belle chnirr, en bois sculpté, de 169'i. — La rue Taillefer aboutit à 1.1 pince du Mûrier (\)\. Ti'i; bureau dp postel, d'où la rue du Mairht". à g., ramt^ne à la place de l'Hôtel-de-Villf (p. 16).
Oa peut encore visiter, au S.-E. do la ville, la chapdle de S'otre- Dante d'Ohézine (pi. ES "Chap. »), éditice goth. avec parties renaissance, commencé en 1895; elle est fermée de 11 h. '/a à 1 h. '/•.• et le soir vers 6 h.
ExciiRsioss aux environs: la Couronne, (y. ci-dessous), RueVe (p. 90; t? kil., tramw. électr.), Toiivre et In Rorhefoucaiild (p. 98).
D'Angoulème à Saintes, v. K. 12; à Limogea. K. 17; à Thiiners, p. 9«.
Tramways pour Barhezieiix (18 kil. ; p. 8.")), par Blanzac (31 kil.), ()ui est relié par un emliraneh. à Charmant (13 kil. ; v. ei-dessous) et ViUehoixla-Valette (25 kil.); pour Monthrun (34 kil.), par Maynac-Touvre (7 kil.; p. 98), avec prolongement en constr. sur Montemhœuf et Romnazières- Loiibert (p. 97K - Ligne en constr. d'Angonlême à C'oitfolen» (p. 97), par VhaiiifMig ne-if outon.
D'AN(inn,ÊMK A Matha (St-Jean-d'Angël/j): 6-' kil., ligne d'intérêt local partant de la gare de Rouillac (p. 16). — 18 kil. Ifiergac, qui possède une église romane, de même que Moulidarg, à 3 kil. au S.-O. --- 36 kil. Rouillac: église du xn« s. et distilleries d'eaux-de-vic. Ligne de Jarnae, v. p. 85; de Luxé, p. 16. — 62 kil. Matha (hôt. des Voyageurs, 10 ch. à 1 fr. 50, rep. 2.50) a la même industrie; 2022 habitants. F'glise romane et restes de château. Petit séminaire. St Jean de Matha (1161-1213), fondateur (le l'ordre des Trinitaires ou Mathurins, pour le rachat des captifs, était nriginaire de Provence. I)e Matha à .St-Jean-d'Angélv et à Cognac, v. p. ii.
D'AsGovLKME A RiBÉRAC Œérigueux) : 68 kil. ; 2 h. à 2 h. -10; 7 fr. 60, :> fr. 15, 3 fr. 35. Départ de la gare de l'Etat (p. 15). Jusqu'à Magnac- Touvre (10 kil.). v. p. 99. -- 3-t kil. I.a Rochebeaitcourt-et- Argentin'-, "il il y a un beau château moderne et deux grottes. — 41 kil. Mareuil- Coutx, stat. à 3 kil. au S.-O. de la petite ville de Mareuil, où il y a un i-hàteau ruiné des xvi«-xvn« s. — 48 kil. La Tour-Blanche, qui doit son nom à la tour d'un anc. château, qui y subsiste. — 54 kil. Vcrteillac- Coutures. — 62 kil. Celles -Villetoureix. On passe plus loin près de la tMir de. la Rigole, que l'on croit être une ane. -.^cella» de temple romain, et on traverse la I>ronne. — 68 kil. Ribérac (68 m. ; hôt. : du Périgord & des Voyageurs. 15 ch. à 3 fr., rep. 3 et 3.50; de France), ville eoninier^'ante de 3627 hab. et chef-lieu d'arr. de la Dordogne, dans un joli site. Ligne de Périgueux à Parcoul-Médillac. v. p. 104. De Ribérac à Mussidan (Bergerac), v. p. 105.