‹ Le Suffrage des Femmes en PratiqueChapitre 14 sur 50 · WYOMING · texte numérisé non relu

WYOMING

Hommes

Femmes

Total

Total 1910

Population 1900 58.184 37,347 92,531

Suffrage intégral et éligibilité pour les femmes (J )

Nombre de femmes ayant Télectorat Pourcentage des femmes qui votent

Historique. — Le Wyoming ne pourra jamais être privé de l’honneur d’avoir été le premier Etat constitutionnel qui a donné le vote aux femmes, et ceci par un acte du premier

(1) Où votent les femmes. Bjorkman.

(2) Constitution du Wyoming, art. VI, sections 1 et 2, cités par Reateskjold.

Parlement du Territoire en 1869. L’hésitation du Gouverneur au sujet de la signature qu’il devait donner, fut dissipée par un groupe de femmes, venues chez lui pour lui faire connaître leur intention de ne pas sortir jusqu’à ce qu’il eût signé. La femme qui commença ce mouvement fut Mlle Esther Morris, née à New-York. Peu de temps après elle fut nommée juge de paix et s’acquitta bien de cette fonction.

Deux ans après, une loi pour abroger celle-ci fut présentée au Parlement, mais quoique votée, le Gouverneur y mit son veto. Quand, en 1889, le Territoire demanda au Congrès d’être reconnu comme Etat, de grands efforts furent faits pour influencer les hommes de ce Territoire à revenir sur ce qu’ils avaient fait pour les femmes. Ils le refusèrent absolument. « Nous resterons plutôt cent ans en dehors de l’Union, plutôt que d’y entrer sans que les femmes ne votent », dirent-ils. Donc, le 27 juin 1890, l’Etat, vraiment libre, entra dans l’Union.

Les Femmes dans les fonctions officielles. — Les

femmes sont éligibles à toutes les fonctions quoiqu’elles n’ont pas été assez ambitieuses pour rechercher ces situations. La I^ratiqiie de les appeler à composer le jury est devenue caduque, sauf dans quelques cas exceptionnels. Elles ont été membres du Parlement, Inspectrices générales des Ecoles, Archivistes, Se-' crétaires du Département, Trésorières, Juges de paix, etc... x\ rheure actuelle deux femmes sont membres de la Chambre des Représentants (1).

Législation (2). — Les lois suivantes, votées depuis 1869, peuvent être considérées commes celles qui intéressent le plus les femmes (3).

Loi assurant le même salaire aux instituteurs et aux institutrices ayant les mêmes diplômes (Lois revisées du Wyoming, section 614).

Loi relevant l’âge de protection des jeunes fdles jusqu’à 18 ans (Id., section 4.964).

Loi punissant la négligence, l’abus ou la cruauté envers les enfants (Id., section 2.281).

Loi défendant l’emploi de garçons avant l’âge de 14 ans ou de filles de quelque âge que ce soit dans les mines, et interdisant l’emploi d’enfants de moins de 14 ans dans les théâtres. (Id., section 2.289).

Loi interdisant la vente de cigarettes, de liqueurs ou de tabac aux personnes de moins de 16 ans. (Lois de 1895, chapitre 46, section 4).

(1) T/ie WomaiVs Joiu'nal, 25 janvier 1913,

(2) Où votent les Femmes, BJorkmann

(3) Résultats du suffrage égal, publié par la National Suffrage Headquarters, 505, Avenue New-York.

Loi établisisant des jardins d’enfants publics et gratuits. (Id., chapitre 50, section 1).

Loi défendant la fraude dans la fabrication du sucre. (Lois de 1897, chapitre 39). Cette loi a été incorporée dans la loi sur l’Alimentation comprenant les boissons, les drogues et les huiles oléagineuses. (Lois de 1903, chapitre 82).

Loi interdisant le jeu. (Lois de 1901, chapitre 05, page 68).

Loi assurant les soins et la garde des enfants orphelins abandonnés, ainsi que des enfants dont les parents sont infirmes, indigents ou incapables. (Lois de 1903, chapitre 106, page 134).

Mrs P.-M. Sheik, de Wheotland, présidente de la Fédération des Clubs de Femmes de l’Etat de Wyoming, écrit dans une lettre à miss Amy F. Acton, de Boston (12 septembre 1904 ) : « Les femmes de cet Etat ont toujours voté depuis l’époque où il n’était qu’un territoire, et il serait difficile de trouver quelque chose où elles n’ont pas mis la main... Nous n’avons pas une bonne loi pour laquelle les femmes n’ont pas travaillé ».

Les lois-révisées du Wyoming (1889), comprennent aussi les dispositions suivantes :

Section 5.532 : les commiissaires du département peuvent poursuivre le père présumé d’un enfant naturel si celui-ci est sans ressources ; section 5.065 et 5.066 : les prostituées et leurs associés peuvent être punis d’amendes et d’emprisonnement ; secti'on 2.166 : une femme mariée, dont le mari boit ou joue, de telle façon qu’elle et sa famille sont privés des nécessités de la vie, peut faire envoyer un avis judiciaire aux tenanciers des maisons ou il joue et boit, leur défendant de lui en donner le moyen ; 4.864 : les mères peuvent hériter de leurs enfants illégitimes ; 4.862 : le mariage subséquent des parents légitime un enfant ; 4.858 : les conditions d’héritage entre mari et femme sont les memes. Les lois revisées (1910, section 5.739) admettent que la mère survivante, remariée ou non, peut être tutrice de son enfant (1).

L’instruction comprend non seulement l’éducation, mais encore la physiologie et l’hygiène ; elle est obligatoire jusqu’à râge de 16 ans ; des femmes médecins et des surveillantes sont placées dans les institutions où se trouvent les femmes et le.s enfants. Lois en force en Wyoming, Colorado, ytah et Idaho (2).

Dans chacun de ces quatre Etats où l’affranchissement des femmes a été proclamé depuis un assez long temps, les lois suivantes sont en vigueur : la femme a l’administration de son gain et de sa fortune personnelle (ne provenant pas des libéralités de son mari) ; les intérêts des époux dans leurs possessions immobi-

(1) Tutelle des j-Cnfants, C. W. M. Culloch.

(2) Les maires de Cinq Etats, M. Culloch.

lières ooDimunes (terrains ou maisons) sont égaux ; toutes les professions et emplois administratifs sont ouverts aux femmes ; égalité pour les héritages dans les deux sexes ; le divorce accordé pour les mêmes causes pour l’homme comme pour la femme, avec, en plus pour celle-ci, une pension alimentaire en cas de séparation ou de divorce prononcé pour cause d’abandon ; droit pour la femme ou l’enfant mineur au homestead ou bien de famille ; droit à une certaine allocation prise sur les biens du mari avant le paiement de toute autre dette ; les femmes ont le privilège de faire un testament à partir de dix-huit ans ; enseignemenl gratuit pour les femmes depuis l’école primaire jusque y compris l’Université de l’Etat ; écoles de plein air gratuites ; interdiction de la vente des liqueurs alcooliques aux mineurs ; interdiction d’employer aucun enfant de moins de 14 ans dans les mines ; toutes exhibitions indécentes, toutes ventes ou expositions de gravures ou de littérature indécentes sont interdites ; le jeu et la prostitution sont aussi défendus ; l’age du consentement pour les jeunes filles est porté à 18 ou 21. ans.

Décisions législatives — En 1893 la Chambre des Représentants de l’Etat de Wyoming vota à l’iinanimité la motion suivante (1) :

« La possession et l’exercice du suffrage pour les femmes du Wyoming dans le dernier quart de siècle n’a apporté aucun dommage et a fait beaucoup de bien dans beaucoup de choses ; il a largement aidé à bannir le crime, le paupérisme et le vice dans cet Etat ; et, sans législation violente ou oppressive, il a procuré des élections paisibles et ordonnées, un bon gouvernement et un degré remarquable de civilisation et d’ordre public. Nous rcmarquonis avec orgueil ce fait que, après vingt-cinq ans de suffrage féminin, pas une contrée du Wyoming n’a une maison de pauvres, que nos prisons sont presque vides, que le crime — excepté ceux commis par des étrangers à l’Etat — est presque inconnu. C’est pourquoi, par le résultat de l’expérience, nous recommandons à chaque contrée civilisée sur la terre de donner la franchise aux femmes sans délai.

« Nous décidons qu’une copie authentique de cette résolution sera envoyée par le gouvernement de l’Etat au gouvernement de chaque Etat ou Territoire de cette contrée, et à chaque corps législatif de fUnivers ; nous prions la Presse du monde civilisé d’appeler sur ceci l’attention de ses lecteurs. »

Des résolutions semblables furent adoptées les années suivantes et, en 1901, le Parlement vota à runanimité une résolution recommandant la réforme aux autres Etats.

(1) Woman Suffrage in América, Borrowraan Welles.

Opinions d’hommes éminents. — Tous les gouverneurs, y compris les gouverneurs des Territoires qui ont été nommés par le Président et par conséquent n’étaient pas soumis à l’élection, ont témoigné des bons résultats du vote de-s femmes. Mentionnons particulièrement Joh M. King Marr, ancien juge de la Cour Suprême des Etats-Unis ; l’ex-chef de Justice H. V. S. Groesbeck ; W. S. Collins, président du Big Horn Cornet, Irrigation Company. Le gouverneur actuel, John M. Carey, a bien voulu adresser le 7 janvier 1913 les lignes suivantes pour être insérées dans cette publication :

« x4près avoir surveillé le suffrage des femmes depuis plusieurs années dans cet Etat, alors qu’elles ont joui de l’électorat et de l’éligibilité, je dis sans hésitation aucune qu’elles ont exercé ces privilèges sagement et avec efficacité. Cet état de choses a été si .satisfaisant pour le peuple du Wyoming que je ne crois pas qu’un pour cent de la population masculine voudrait voter pour enlever aux femmes les droits qu’elles possèdent. Elles votent et prennent un intérêt dans les affaires publiques.

« Nos élections sont paisibles ; nous n’avons jamais de difficultés ces jours-là. Nos réunions publiques ont lieu sans bruit et sans confusion, ainsi que n’importe quelle conférence ou représentation théâtrale.

« Quand une femme paraît dans un endroit public, elle est traitée avec un profond respect ; quand elle approche de l’urne électorale, les hommes s’écartent, soulèvent leurs chapeaux ('t lui donnent toutes les occasions d’exercer ses droits et ses devoirs sans confusion ou sans intervention de leur part.

(( Je ne crois pas qu’il devrait y avoir une différence entre les sexes en ce qui concerne le suffrage. Je suis de tout cœur en faveur du suffrage pour les femmes, ainsi que de leur droit d’occuper les fonctions publiques pour cette République et pour les monarchies constitutionnelles. »

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