DISTRICTS
tiommes
femmes
hommes
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Denver.
Comtés (2) . . . .
Villes (3) ....
Elections de 1908 (Denver) (4)
Electeurs Inscrits
Votants
Pourcentage des Volants
hommes
femmes
hommes
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femmes
Division 14. .
Division 7 . . .
Division 1 . . .
Denver. . . .
Une curieuse accusation contre le vote des femmes en Colorado, était que le vote des femmes de mœurs légères serait un désavantage pour le vote en général. Les chiffres montrent que ce vote ne représente que le tiers d’un i^our cent sur Le vote des femm-es, prouvant qu’il est absurde de déclarer qu’il balance le vote des autres femmes.
Historique (o)— En 1877, un an après que les femmes avaient obtenu le suiTrage en matière scolaire, un amendement ayant
(1) Equal Suffrage, Sumner, p. 103 et 107.
(2) Comprenant 9 comtés.
(3) ( omprenant 9 villes.
(4) Measnring up Equal Suffrage, Creel et Linclesay.
(5) History of Woman’s Suffrage, vol. IV, page 509 et suivantes.
pour but de donner aux femmes le sulTrag^e intégral fut repoussé, et pendant quelques années on fit très peu de progrès. Après la présentation d’une pétition au Parlement, en 1891, une loi passa, en 1893, à la Chambre, par 34 voix contre 27, et au Sénat par 20 voix contre 10, Le parti au pouvoir à cette époque, les Popularistes, avait inscrit le suffrage des femmes dans son programme et était aidé en cela par quelques membre^ d’autres partis.
Les antisutTragistes firent un essai malheureux pour faire déclarer la loi anticonstitutionnelle, parce qu’elle n’avait pas la forme d’un amendement à la Constitution. Ils réussirent à faire imprimer d’une façon extrêmement confuse les bulletins de vote remis aux élceteurs, auxquels la question était soumise. Mais les suffragistes se défendirent eux aussi ; ils distribuèrent un petit opuscule renseignant exactement les électeurs sur la manière dont ils devaient voter. Ceci eut pour résultat de donner 0.347 voix do majorité en faveur du suffrage féminin ; il y eut 35.798 voix poier et 29.451 voix contre.
Quand la question fut posée à nouveau aux électeurs pour savoir si dans la Constitution le mot mâle devait être supprimé, la majorité suffragiste, après sept années de vote féminin, s’éleva à 17.000 voix.
Les femmes dans les fonctions officielles. — Les femmes sont éligibles à toutes les fonctions officielles. Pendant les quinze premières années qui suivirent le vote, neuf femmes furent élues à la Chambre des Représentants (1). Les autres fonctionsoccupées par les femmes sont celles de magistrats, commissaires, membres du jury, trésoriers de la ville, secrétaires, auditeurs, conseillers municipaux, etc.
En 1911 quatre femmes furent élues à la Chambre des Représentants, c’est le plus grand nombre de femmes ayant siégé au Parlement.
A une élection en 1910, sur les 62 administrateurs d’écoles, 43 furent choisis parmi les femmes. En tout, en 1910, 63 femmes furent élues à des fonctions représentant à la fois un pouvoir et une responsabilité. En 1912, quatre femmes furent élues à la Chambre, et pour la première fois au Colorado, une femme fut élue au Sénat.
Législation. — Un Comité législatif spécial, ne se préoccupant d’aucune opinion politique, composé de femmes représentant d’importantes sociétés féministes, étudie chaque loi, et fait connaître au Parlement s’il accepte ou s’il condamne cette loi (2)
Les lois suivantes, votées de 1893 à 1908, peuvent être prises
(1) Suffrage égal an Colorado 1893-1908. Publié par la Ligue Suffragiste de Colorado.
(2) Hampton’s Magazine, avril 1911.
comme exemples de la législation qui intéresse plus particulièrement les femmes.
Loi établissant une école professionnelle publique pour jeunes filles ; la Commission administrative de l’établissement, composée de 5 membres, doit comprendre 3 femmes. (1897, p. 08).
Loi imposant des conditions d’instruction pour le droit de sutTrage. (1889, p. 177-178).
Loi établissant les sentences indéterminées pour les prisonniers. Çld., p. 233).
Loi imposant une femme docteur dans la commission des asiles d’aliénés. (Id., p. 259).
Loi établissant des écoles de réforme pour les vagabonds. (1891, p. 364).
Loi relative à la garde des faibles d’esprit. (Id., p. 177).
Loi sur la préservation des arbres. (Id., p. 185).
Loi pour rinspection des œuvres de bienfaisance privée par la Commission de l’assistance publique. (1891, p. 384).
Loi imposant dans les écoles publiques des leçons sur les devoirs envers les animaux. (Id., p. 362).
Loi transformant la Société humanitaire du Colorado en un service d’Etat pour la protection des enfants et des animaux. (Id., p. 191).
Loi organisant les tribunaux pour enfants. (1903, p. 179).
Loi rendant l’instruction obligatoire pour tous les enfants de S à 16 ans, à l’exception de ceux qui sont malades ou instruits chez eux, ou ceux qui — âgés de plus de 14 ans — ont terminé leurs études primaires, ou ceux qui soutiennent leurs parents ou sont obligés de gagner eux-mêmes leur vie. (Id., p. 418).
Loi rendant le père et la mère héritiers à la mort de leur enfant. (Id., p. 469).
Loi organisant l’union des écoles supérieures des districts voisins avec les écoles de la ville principale. (Id., p. 425).
Loi établissant une Commission des bibliothèques circulantes do l’Eiat, qui sera composée de cinq membres de la Fédération des Clubs, féminins, nommés par le gouverneur. (Id., p. 252).
Loi punissant de l’amende et de l’emprisonnement toute personne employant un enfant au-dessous de 14 ans dans les mines, fonderies, moulins, usines ou travaux souterrains. (Id., p. 310L
Loi rendant obligatoire la signature de la femme jointe à celle du mari pour toute hypothèque sur les meubles, pour toute vente des biens du ménage employés par la famille, pour toute cessio)i ou hypothèque du « bien de famille ». (Id., chap. 75, p. 153).
Loi interdisant l’emploi d’enfants de moins de 16 ans, pendant plus de six heures par jour dans les moulins, usines, magasins, ou toute autre occupation qui pourrait être nuisible à la santé. (Id., p. 309).
Loi déclarant qu’aucune femme ne doit être occupée plus de huit heures par jour pour un travail l’obligeant à se tenir debout. (1903, p. 310).
Loi punissant des peines criminelles le fait de se rendre complice du délit commis par un enfant. (Id., p. 298).
Loi déclarant coupable d’un délit celui qui ne subvient pas aux besoins de ses parents âgés ou infirmes. (Id., chap. 148, p. 372).
Loi interdisant la chasse des pigeons excepté en août. (Id., chap. 112, p. 232).
Loi abolissant le contrat de louage des filles engagées à l’école professionnelle (Id., chap. 115, p. 248.)
Les femmes ont voté les lois suivantes en 1909 :
Inspection des yeux, des dents, des oreilles et de la respiration des enfants des écoles ;
Création d’un établissement national d’éducation pour les muets et les aveugles, dispensant ceux-ci en conséquence de tout attendre de la charité publique ;
Création de trois postes d’inspecteurs du travail, dont un doit être réservé à une femme ;
Création d’un Conseil d’immigration ;
Subvention de cinq mille. dollars pour la distribution gratuite du sérum antidiphtérique ;
Création d’un asile pour les anormaux ;
Autorisation de donner d‘es terrains appartenant à l’Etat soit à l’Assistance publique, soit à des inslituüons philanthropiques ;
Validité des testaments des femmes mariées ;
Pénalités applicables à quiconque vit du produit de la prostitution ;
Retraite pour les professeurs.
Dans la session de 1910 des lois furent votées sur le travail des enfants ; l’âge de responsabilité pour les filles ; l’obligation pour l’homme de nourrir ^sa femme et ses enfants ; l’éducation des enfants aveugles ; l’abandon des parents par les enfants. Il faut ajouter que les femmes s’employèrent à faire installer sur les voies publiques des fontaines d’eau potable ainsi que des paniers pour déposer les papiers et détritus. Elles firent également défendre de cracher dans les endroits publics. Leur intluence a aussi aidé à renforcer les lois existantes défendant aucun travail à l’enfant, imposant l’obligation de donner des sièges aux vendeuses dans les magasins ; proscrivant la vente de boissons alcooliques ou de tabac aux enfants de moins de 16 ans.
(Voir aussi les lois de Wyoming).
Résolution du Parlement en janvier 1899.— Le Parlement du Colorado adopta par 45 voix contre 3 à la Chambre, et par 30 voix contre 1 au Sénat, la résolution suivante :
« Considérant, que le suffrage égal a fonctionné pendant cinq ans dans le Colorado, et que les femmes ont exercé leurs droits tout autant que les hommes ;
« Considérant que cette si-tuation a eu pour résultat que de meilleurs candidats ont été choisis pour être élus ; que les procédés électoraux ont été améliorés, que le caractère de la législation a été perfectionné, rintelligence civique augmentée, l’intelligence féminine employée à un plus large usage par la responsabilité politique ;
« Considérant les résultats du suffrage des femmes dans chaque Etat et Territoire de TUnion américaine ;
« Nous, Chambre des lleprésentants et Sénat du Colorado, recommandons le suffrage des femmes comme une mesure tendant à l’avancement d’un plus grand et meilleur ordre social ;
« Nous déclarons qu’une copie authentique de ces résolutions sera envoyée par le gouverneur de cet Etat au Parlement de chaque Etat ou Territoire, et que la Presse sera priée d’appeler rattention publique sur ce sujet. »
Déclarations d’hommes éminents. — Le. Colorado étant l'Etat dont les conditions générales se rapprochent des vieux Etats plus que celles du Wyoming, de l’IItah et de l’Idaho, on y fît des enquêtes sur les résultats du suffrage féminin expérimenté. depuis plusieurs années. En réponse à ces enquêtes, et pour réfuter certains arguments contre le suffrage des femmes, la déclaration suivante fut publiée en 1908. Elle fut signée par le gouverneur, trois ex-gouverneurs — tous trois sénateurs des Etats-Unis — deux ex-sénateurs, membres du Congrès, le a Chief-Justice », les deux juges associés de la Cour suprême ; trois juges de la Cour d’appel ; quatre juges du Tribunal du district, le secrétaire d’Etat, le trésorier, l’auditeur, le procureur général, le maire de Denver, le président de l’Université, le président du Collège de Colorado, et les présidents et membres des Comités de nombreux Clubs de femmes.
« Nous, citoyens de l’Etat de Colorado, désirant, comme amis de la vérité et de la justice, donner notre témoignage sur la valeur du suffrage égal, déclarons que le plus grand bien du foyer, de l’Etat et de la Nation est assuré par la mise en pratique du suffrage féminin. Les maux prédits par ses adversaires ne sont pas arrivés. Les avantages qu’on en attendait sont déjà réalisés ou en voie d’exécution. Une très grande proportion de femmes ont consciencieusement accepté leur responsabilité comme citoyennes. En 1894, plus de la moitié des votants pour l’élection du gouverneur furent des femmes. 85 à 90 pour cent des femmes votaient à cette époque. Le résultat exact de la dernière élection n’a pas encore été donné, mais il y a des raisons de croire que la proportion des femmes ayant voté est aussi grande que par Le passé. Le vote des femmes honnêtes, comme
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celui des hommes honnêtes, est gêné par le mal résullant des abus de notre système politique actuel ; mais le vote des femmes est pariicxdièrcmeni phis consciencieux que celui des hommes, et il sera un facteur important pour amener à un meilleur ordre social. »
En 1911, pour répondre à une attaque sur retîet du suffrage , égal en Colorado, les hommes de cet Etat formèrent une ligue ayant pour but de fournir des renseignements exacts et de corriger les informations fausses. Son président est Tex-gouverneur Alva-Adams ; ses vice-président et secrétaire sont I. N. Stevens et Omar E. Garwood, tous deux avocats réputés. Dans le comité exécutif se trouvent le maréchal Dewey, G. Bailey, le membre du Congrès John H. Martin, le procureur de district George A. Carlton, l’ex-juge Grant !.. Hudson, le juge Harryc Riddle, le député Edward T. Taylor, le député A. W. Rucker, le procureur da district Walter M. Morgan, le député Joseph V. Vieil Roy, le docteur Barton G. x4ylesworth, ancien président du Collège d’agriculture du Colorado, et rillustre avocat W. Garwood.
M. John J. Shrafroth nous a envoyé une communication dont noos extrayons les renseignements suivants :
Depuis quatorze ans une active association d’anti-siiffragistes a réuni toutes les critiques possibles contre le suffrage. A en juger par leors publications, ils n’ont pas encore trouvé, dans tous les Etats affranchis une douzaine d’hommes respectables, en fonction ou non, qui déclarent sous leur signature que le suffrage égal ait eu aucun mauvais résultat.
L’Union interparlementaire dit que le Colorado a — relativement à l’enfant — les lois les plus saines, les plus humaines, les plus avancées, les plus scientifiques qu’on puisse trouver dans aucun code du monde entier. (Il est à noter qu^ presque toutes ces lois ont été votées depuis l’adoption du suffrage féminin).
La Commission Moseiey d’Angleterre, quand elle visita le Colorado, déclara que ses écoles étaient parmi les meilleures.
Le juge Lindesay rapporte que la peur du vote féminin empêche la présentation de candidats immoraux.
Constatations importantes. — La statistique de la mortalité au Colorado (1910) est de 13,8 contre 15 pour l’ensemble des Etats-Unis (1).
Le pourcentage d’illettrés, en 1000, était de 4,2 contre 10,7 pour les Etats-Unis (2). Le rapport du commissaire de l’Education pour 1901-1002 donne le Colorado comme l’Etat qui offre le degré le plus avancé d’éducation.
(1) Annuaire des Etats-Unis, 1911.
(2) Extrait du 12* recensement des Etats Unis de 1900, p. 75.