IDAHO
Hommes Femmes Total Total J910
Population 1900 93,367 68,405 161,772 325,594
Suifrage égal et éligibilité pour les femmes 1896
Nombre de femmes éligibles 68,000 (2)
Pourcentage des femmes qui votent 75 à 85 Vo (2)
Historique (1). — En J887, trois ans avant que l’idaho ne devint un Etat, une loi pour le sulïrage des femmes fut rejetée, parce qu’on craignait qu’elle ne nuisît à l’acceptation de ce pays comme Etat de l’Union. En 1893, un amendement constitutionnel fut rejeie par deux voix seulement. L’année suivante le parti républicain se trouva au pouvoir, mais avec mandat impératif de voter pour les femmes. En 1895, le Sénat à l’imanimité, et la Chambre par 33 voix contre 2, décidèrent de soumettre la question à un referendum. Ceci fut voté en 1896, par une énorme majorité de 5.844 voix, 12.126 oui et 6.282 non ; la dépense nécessitée par ce referendum n’avait été que de 2.500 dollars.
Cette décision fut attaquée sans succès devant les tribunaux, sous prétexte que pour être adoptée il lui fallait la majorité de tous les électeurs. A la session suivante, en 1898, 40 0/0 des votants furent des femmes et trois d’entre elles furent élues au Parlement, résultat sérieux dans un Etat où il y avait beaucoup plus d’hommes que de femmes.
Les femmes dans les fonctions officielles (3). — Toutes les carrières sont ouvertes aux femmes et elles ont été élues à la Chambre des Députés et dans plusieurs districts et villes. En 1900 la Chambre vota une loi exemptant les femmes de siéger comme jurés ; mais, à cette loi, le gouverneur opposa son veto en réponse à une protestation des femmes elles-mêmes. Il est rare cependant qu’elles soient jurés, excepté dans des cas exceptionnels.
Législation (4).— Les lois suivantes sont i:)armi celles qui furent votées depuis que les femmes ont obtenu le suffrage :
Loi rendant le jeu illégal. (Lois d’Idaho de 1889, page 389).
Loi augmentant l’âge de protection pour les filles jusqu’à 18 ans. (Id., page 167).
Loi établissant des bibliothèques et salles de lecture. (Code de 1901, section 994).
(1) Histoire du Suffrage des hemmes, vol. IV.
(2) Oû votent les Femmes, Bjorkraan.
(3) Oû votent les Fèrnmes.
(4) Résultats du sulïrage égal, II.
Loi réservant au moins 3 0/0 du budget des écoles pour être employés chaque année à rentretien des bibliothèques scolaires ; les livres doivent être choisis sur une liste dressée par la Commission scolaire. (Id., section 1.065).
Loi établissant pour la bibliothèque de l'Etat, une Commission composée du président de rUniversité, du ministre de rinstruction Publique, du secrétaire d’Etat et du procureur général. (Lois de 1903, Lois de la Chambre 164).
Loi établissant un cours de science domestique à rUniversité. (Id., page 438 ; loi du Sénat, 110).
Loi créant une série de conférences sur la science domestique dans l’Académie d’Idaho. (Lois de 1903, page 51, loi de la Chambre, 52).
Loi établissant une Ecole industrielle de réfornaation morale. (Id., page 95, bill 97).
Loi donnant à la femme mariée les mômes droits qu’à l’homme marié pour administrer sa fortune et en disposer. (Page 345 loi du Sénat) (1).
Les femmes se sont également employées à faire adopter les lois prohibant l’emploi des enfants dans certaines industries, créant des tribunaux pour enfants, organisant une Commission d’assistance publique, et interdisant le droit de vote aux femmes et aux hommes d’inconduite notoire.
La Fédération des Clubs de femmes de l’Etat d’Idaho a pré- I)aré, pour être présentée à la prochaine législature, des lois relatives à l’admission des femmes comme tutrices ; à l’inspection médicale des enfants à l’école ; aux leçons d’hygiène sexuelle dans les écoles publiques ; à la fermeture des maisons de prostitution, et à la déclaration des maladies vénériennes (2).
J. IL Hawley, un avocat éminent de Boise, écrivit en août 1004 : « Beaucoup de lois n’auraient pu passer sans les efforts des femmes, >et mêmes quelques-unes de ces lois sont dues uniquement aux femmes « (3).
(Voir aussi au Wyoming).
L’application de la loi est matériellement assurée par le fait que les femmes votent. Après l’adoption des lois contre le jeu, certains tribunaux déclarèrent qu’elles étaient promulguées illégalement et on eut à craindre qu’elles restent sans effet.
Les femmes de la ville de Caldwell, cependant, firent prendre un ordonnance contre le jeu, laquelle ne put être déclarée illégale. Les intéressés dans les questions adressèrent une pétition au maire et au Conseil demandant d’annuler l’ordonnance, mais les femmes en envoyèrent une autre — en sens contraire —
(\) Où votent les Femmes.
(2) Où les Femmes votent.
(3) Résultats du suffrage égal, II.
signée par la plupart des lemmes de la ville. Le Conseil accepta à runanimité d’ajourner la discussion sur la pétition favorable au jeu. C’était un-e victoire ; tandis que deux ans avant que les femmes eussent le suffrage une pétition qu’elles avaient présentée sur une question morale n’avait pas été prise en considération. Une remarque faite par run des conseillers montre le changeiuent dans l’opinion publique quant au suffrage féminin. Relativement au dernier paragraphe de la pétition des joueurs « et nous prierons toujours », il dit : « Depuis quand, les joueurs ont-ils toujours prié et nos mères ont demandé ».
Avis d’hommes éminents. — L’honorable T. M. Haines, le gouverneur actuel, écrit obligeamment pour cette publication (16 janvier 1913) : « Le vote a été, en général, très satisfaisant. Non seulement une large majorité de femm'es votent, mais elles votent intelligemment, et cette participation, en aucun cas, ne les empêche de remplir leurs devoirs familiaux. Beaucoup de nos femmes, les plus éminentes et cultivées, ont pris une part importante à la vie sociale en se faisant les défenseurs des réformes qui ont été d’une grande importance pour le peuple de notre pays. »
Parmi les autres qui onUtémoigné dans le même sens, citons les .ex-gouverneurs 1. H. Hawley, Bady, P. W. Hunt ; les sénateurs des Etats-Unis W. E. Borah, Weldon, B. Heyburn ; l’exdéputé Burton E. French, l’ex-procureur S. H. Hays, Ralph P. Quarles, ex-membre die la Cour Suprême, les révérends G. B. Helman, M. Bramblet, J. G. Gowden, G. A. Quin (1), etc.
L’opinion générale est que le suffrage égal a pour effet d’assurer le choix de candidats meilleurs, que les femmes sont des électeurs plus indépendants, et qu’aucune cause honnête n’aura jamais à craindre le vote des femmes.