ITALIE
Nombre d’habitants, 1911 : 31 687.000
Electorat. — Les femmes italiennes votent pour les Conseils de Prud’hommes depuis 1907, et pour les Conseils des Chambres de Commerce depuis 1912.
Eligibilité. — Les femmes sont éligibles aux Commissions d’assistance (1890), aux Tribunaux de Commerce (1893) et aux Commissions scolaires (1907).
Vote politique.— Le vote politique non plus que le vote adminirtratif (Conseils municipaux) ne sont pas encore accordés aux femmes.
La question — qui ost posée devant l’opinion publique depuis la Constitution du Royaume — a été soumise à la Chambre à diverses reprises.
En 1904 et 1905, la Chambre discuta une proposition de loi de M. Mirabelli sur Le suffrage des femmes ; puis, en février 1907, elle eut à s’occuper d’une pétition émanant de nombreuses dames italiennes demandant le droit électoral. L’ordre du jour suivant fut adopté :
« Confiante dans le gouvernement pour préparer un projet de « loi par lequel le droit de vote politique et administratif sera « reconnu aux femmes, la Chambre renvoie la pétition au Pré- « sident du Conseil. »
En février 1910, la Chambre prit en considération une proposition de M. Carlo Gallini.
Dernièrement, en 1912, lors de l’approbation de la nouvelle loi sur le suffrage universel, un projet sous forme d’amendement a été présenté à la Chambre et discuté. Mais, repoussé par le gouvernement, il n’eut que 48 voix favorables, contre 210 contraires.
La loi électorale actuelle indique simplem-ent que le droit de vote pourra être exercé par tout citoyen âgé de 21 ans, qui sait lire et écrire et qui paye 20 lires d’impôts directs. Comme aucune mention spéciale n’est faite relativement au sexe, quelques comités locaux pour le suffrage des femmes tentèrent de faire inscrire des électrices sur les listes communales. En 1906, plusieurs centaines de femmes avaient réussi à se faire inscrire, surtout dans les localités où les socialistes occupaient la municipalité ; ces inscriptions furent d’ailleurs annulées par l’autorité supérieure, toutes les Cours d’appel — sauf une seule : celle d’Ancône — en ayant prononcé la nullité.
La propagande pour le suffrage des femmes est faite par une élite de femmes groupées dans des Comités à Rome, Milan, Turin, Gênes, Naples. Elle se fait au moyen de conférences, de meetings, de congrès, de publications, de pétitions, etc.
Les seuls partis politiques ayant inscrit le suffrage des femmes dans leur programme sont : le Parti socialiste et le Parti républicain.