BELGIQUE
Population, 31 décembre 1910. 6.693.584
Electorat et Eligibilité. — Les femmes belges n’exercent le droit de suffrage que pour les Conseils de Prud'hommes^ pour lesquels l’électorat et l’éligibilité leur ont été accordés en 1909.
Vote politique. — La propagande suffragiste. — Le droit de vote communal, que possédaient les femmes à l’époque où la Belgique et la Hollande étaient réunies, leur a été enlevé lors de la séparation de ces deux pays.
La situation en Belgique, nous écrit Mlle Félicie Dirickx, n’est pas semblable à celle des autres pays. La question suffragiste n’est pas âprement discutée, quoique cependant l’idée ait fait de très réels progrès dans l’opinion publique depuis quelques années.
La Ligue belge pour le Droit des Femmes (fondée en 1892), et la Société belge pour l’amélioration du sort de la Femme (1897), ont surtout cherché à obtenir des réformes au point de vue civil.
C’est seulement en 1902 que fut créée la Ligue Catholique pour le Suffrage féminin. Quelques années plus tard, en 1907, l’Union belge pour le Suffrage des Femmes était constituée à Bruxelles.
Les diverses sociétés féministes se réunirent en 1905 pour former le Conseil National des Femmes belges, dont toutes les branches — notamment la branche anversoise — n’ont pas inscrit l’émancipation politique sur la liste de leurs revendications.
Le 10 février 1913, la Fédération belge pour le Suffrage féminin a été constituée. Les groupes adhérents sont les suivants :
1° L’Union belge pour le Suffrage (1907) ;
2® La Ligue 'Catholique du Suffrage féminin (1902) ;
3° La Ligue belge du Droit des Femmes (1892) ;
4° La Société belge pour l’amélioration du sort de la Femme (1897) ;
5° L’Union des Femmes Gantoises (1906) ;
6° Vrouwenvereinigig van Antwerpen (Union des Femmes (1910) ;
7" Liberale vlaansche volsbond (1913).
Dans les partis politiques. — Il y a en Belgique trois partis politiques : les catholiques, les socialistes et les libéraux.
Les socialistes ont, depuis longtemps, inscrit la question du suffrage des femmes à leur programme ; les catholiques commencent à se rallier au mouvement ; quant aux libéraux, ils sont encore réfractaires, car, à leurs yeux, suffrage féminin équivaut à suffrage clérical. Il est vrai que beaucoup de socia-
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listes pensent de même ; ils déclarent aux femmes qui leur demandent de les aider à obtenir le suffrage vraiment universel, qu’elles doivent attendre d’abord la suppression du vote plural, et que l’on songera à elles lorsque les hommes auront obtenu satisfaction.
La plupart des femmes socialistes belges se sont rangées à cet avis, et, dès 1902, ont décidé de ne pas compliquer la lutte pour le suffrage universel -et de remettre à plus tard l’obtention du vote législatif.
Les catholiques, au contraire, commencent à se déclarer nettement partisans du vote des’ femmes ; ils en font même la condition absolue de la suppression du suffrage plural, parce qu’ils y voient le contrepoids de la réforme réclamée par la masse populaire.
Au Parlement. — M. Vandervelde, député socialiste, a déposé un projet de loi sur le vote municipal et provincial des femmes.
Au Congrès de la Ligue démocratique, M. le député Verhaegen a déclaré que parmi les partisans de la -suppression du vote plural il n’en avait pas rencontré un seul qui fut assez illogique ou assez injuste pour vouloir exclure les- femmes du droit de suffrage égalitaire.
M. le député Wanwermant a été longuement applaudi quand il a parlé du vote des femmes.
En effet, la participation des femmes aux élections prud’hommales habitue le public à les voir exprimer leur opinion dans les question? d’intérêt commun. Il paraît probable que les femmes belges obtiendront le droit de vote le jour où l’on modifiera la loi électorale.
Au commencement de l’année 1913, plusieurs associations féministes (catholiques et socialistes) ont adresæ une pétition à la Chambre et au Sénal, afin d’attirer leur bienveillante attention sur « l’opportunité et la nécessité d’octroyer le suffrage parlementaire aux femmes comme aux hommes ».