PREMIÈRE PARTIE
Le Fait et ses Conséquences
Le Suicide National
Le Suicide National
Les races peuvent se suicider comme les individus. Elles se tuent en tarissant chez elles le cours de la vie.
L'histoire nous donne des exemples. « Au IVe siècle avant l'ère chrétienne, la Grèce était à l'apogée de la civilisation, mais après que les conducteurs de la Pensée, Platon et Aristote eux-mêmes, eurent préconisé la stérilité comme remède aux inquiétudes de l'avenir, il se produisit ce que les auteurs appelèrent la disette d'hommes ; et au IIe siècle, la Grèce, n'ayant plus de soldats à opposer aux légions romaines, perdit son indépendance. »
Le même phénomène se reproduisit à Rome sous l'Empire. La stérilité volontaire tarit les sources de la cité, les palais somptueux devinrent des déserts, et finalement, l'empire romain, miné par l'égoïsme et la jouissance, s'écroula avec un bruit formidable.
Les maîtres du monde n'avaient plus la force de résister aux hordes indisciplinées des barbares.
A la suite de ces peuples, devra-t-on un jour, ajouter le nom de la France ? A chaque nouvelle statistique, c'est un cri d'alarme poussé d'un bout à l'autre de notre territoire, par des hommes dont la clairvoyance n'a pas été obscurcie par les mesquineries de la politique. A ce cri de patriotique douleur, par delà nos frontières, répond un cri de joie, hélas ! bien compréhensible chez nos ennemis. C'est l'avantage du triomphe sans la peine et les sacrifices de la bataille. Les journaux publient des articles navrants, les revues ouvrent leurs colonnes à des enquêtes précises, les sociétés d'économistes convoquent des congrès, où la question de la dépopulation est à l'ordre du jour ; autour de la France malade se réunissent les médecins sociaux les plus compétents, et toujours le mal va s' accentuant et la tragique glissade vers l'abîme devient plus rapide.
Sans doute, la France, au cours de sa longue histoire, a traversé d'autres périodes critiques. Au IVe siècle, à l'époque des invasions barbares et des terreurs de l'an niil, au milieu du XIVe siècle, notre pays voyait sa population diminuer dans d'effrayantes proportions. Pétrarque n'écrivait-il pas, en parlant de son temps : « L'on ne croira pas qu'il y eut un temps où l'univers a été presque entièrement dépeuplé, les villes sans citoyens, les campagnes incultes et couvertes de cadavres. » Vers la fin du