‹ Le suisse méthodiste confondu et convaincu d'ignorance et de mensonge [microforme]Chapitre 4 sur 9 · TRADUCTION · texte numérisé non relu

TRADUCTION

IGNACE BOURGET, par LA MISÉRICORDE DIVINE ET LA

GRACE DU SAINT SIÉGE APOSTOLIQUE, ÉVÊQUE DE ViLLe-MARIE (MONTRÉAL.)

Nous certifions et nous aimons à faire connaître, À tous ceux ur liront ces présentes, que le Révérend Charles Chiniquy,

rêtre, Apôtre de la Tempérance, de notre Diocèse, Nous est bien connu, et qu'après mûr examen, Nous assurons qu'il mène une vie digne de l'Etat Ecclésiastique, et qu'il n’est, à notre connaissance, lié par aucune censure Ecclésiastique : C’est pourquoi Nous prions, par les entrailles de la Miséricorde de Dieu, tous les Archevêques, Evôques, ou autres dignitaires Ecclésiastiques, chez qui il ira, de le bien rerevoir, pour l'amour de Tésus- Christ: et dans le cas où il le désirerait, de lui permettre de célébrer le St. Sacrifice et d'exercer les autres fonctions ecclésiastiques, déclarant que Nous sommes, Nous-même, prêt à lui conférer ces priviléges et d’autres plus grands encore.

En foi de quoi, Nous avons donné les présentes lettres sous notre seing, le sceau de nos armes et le contre-seing de notre

Secrétaire, dans notre ville et Palais Episcopal, le 6 Juin 1851.

+ IG. Evique De MONTREAL. Par ordre,

(Signé,) J.0. PARÉ, Can. Sec.

M. Cuiniquy—M. le Président, je viens de vous montrer qui je suis: que M. Roussy en fasse autant; qu'il nous dise avec quel caractère il a quitté l'Europe; qu'il nous dise par quelle autorité il prêche l'Evangile; à quelle religion il appartient : oui, qu’il ait la condescendance de nous faire connaître s’il appartient à l'Eglise Episcopalienne d'Angleterre, ou à l'Eglise Presbytérienne d’Ecosse, ou bien s’il est Méthodiste, Jumper ou Mormon. Ce sont là certainement des choses qu’il nous importe de savoir, et que nous avons droit de demander à un homme qui se pose en prophète parmi nous.

M. Roussy (se levant précipitamment, et prenant son mianteau pour s’en aller.) Je ne puis consentir à rester plus longtemps ici... Je refuse de donner les explications que M.

-Chiniquy demande, car je ne serais pas venu le rencontrer, si

j'eusse cru qu'il put douter de mon caractère de gentilhomme et de ministre du St. Evangile. Je regarde comme une insulte la demande qu'il me fait de prouver ces choses... Si je n'étais pas un ministre du St. Evangile, Son Excellence le

se ET

Gouverneur ne m'aurait pas donné d” diplômes pour enterrer les: morts, pour marier et pour en teair régistre,

M. Cuiniquy— Voilà, M. le Président, une singnlière manière: de prouver qu’on est ministre de l'Evangile... M. Koussy nous assure que le Gouverneur lui a donué la permission d’enterrer, de marier et d'en tenir régistre ! ! Nous parler d’un diplôme de gouverneur pour prouver qu’on est ministre de l'Evangile, est la chose l& plus ridicule et la plus absurde, M. le Président que vous et cette respectable assemblée ayez jamais entendue. Un gouverneur peut bien nommer ur juge de paix, un capitaine de milice; un magistrat civil, mais il se peut aller plus loin.

Lorsque M. Rousey nons assure qu'il s'attendait à être traité par moi comme vrai ministre de l'Evangile, il s'est fait grandement illusion... Les étrangers qui arrivent dans ce pays nous. prennent sans doute pour des imbéciles, lorsqu'ils croient que sur leur simple parole, nous allons lenr accorder les titres, la con: fiance et le respect qu’ils demandent, —que nous allons en un mot nous prosterner hamblement devant leur ipse dixit. Si M. Rousey a rencontré jusqu’à ce moment des gens asses bons pour en agir ainsi à son sujet, il se trompe grandement, j'en suis assuré, 8 il croit que vous, M. le Président et cette respectable assemblée, soyez prêts à le regarder comme un vrai et digne minitre de l'Evangile avant qu’il nous ait donné ses preuves. Quant à moi, j'ai fait à M. Roussy, ce matin, devant plus de cinquante hommes, une chose qui aurait du lui ouvrir les yeux sur ce que je pense à son sujet. Vous y étiez, M. le Président, et cette circonstance ne vous a pas échappée, j'en suis certain... J'ai donné la main à tout le monde, excepté à M. Roussy... M. Roussy est le premier homme à qui j'ai cru devoir refuser ma main... J’attendais pour la lui donner qu'il nous prouvât que les titres dont il se pare ne sont pas une usurpation. Je serais content et heureux de pouvoir lui donner la main en ce moment... Mais pour cela il faut qu'il nous montre qu'il ne nous en impose pas lorsqu'il s'annonce comme un nouvel apôtre, et comme un successeur de ceux à qui Jésus-Christ a dit: « Allez—-enseignez. « toutes les nations... Je serai avec vous jusqu'à la fin des « Biècles.n.....sss.s.

M. Roussy—(voulant encore partir}—M. Chiniquy m'insulte dit-il, et je ne soutiendrai pas discussion avec ce monsieur san qu'il me fasse réparatiou.……….

M. Cainiquy.—M. le Président—Si c’est une insulte de demander à une personne à qui on n’a jamais parlé, qu'on n'a jamais vue, et qui vient, Dieu sait d’où, « qui êtes-vous, monsieur, « doi: venez-vous, et que voulez-vous ? r—Si c'est une insulte de:

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detriander ces choses, je suis prêt à faire toute espèce de réparation, (en riant). Oui, ;+ suis prêt même à me jeter aux genoux e M. Roussy pour lui Gemander pardon, si vous le jugez à

ropcs...... Mais il me semble que ce n’est pas moi qui insulte M Roussy—c'est lui qui nous insulte, lorsqu'il nous dit que nous n'avons pas en Canada le droit de demander aux étrangers que l'Europe vomit constamment sur nos rives, « qui êtes-vous, d'où

« venez-vons, et que voulez-vous ?» Burtout lorsque ces étran-

gers & posent en votre présence comme les ambassadeurs du Obrist sur la terre... Prononcez, M. le Président—Est-ce insulter un homme qui vient, au nom de Dieu, nous demander de changer de religion; qui vient nous prêcher une nouvelle doctrine, qui s'annonce comme un ministre du ciel, que de lui dire ;—« Qui êtes-vous, et qui vous a donné mission de prêcher « l'Evangile—quelle preuve avez-vous à nous donner que vous « savez mieux interprêteæ les Ecritures Saintes que l'Eglise Cs- «tholique. Prouvez-nous que l'Esprit Saint vous éclaire plus, « vous seul, qu'il n'éclaire les deux cent millions de catholiques « qui couvrent le monde,»

M. LE PRÉSIDENT—M. Roussy, je ne trouve pas que M. Chi. niquy vous insulte en vous demandant ce que vous êtes et qui vous à donné mission de prêcher.….…

M. Roussy—(voulant toujours partir.)

Alors, M. CniNiQuy s'adressant aux dix messieurs nommés

“pour assister de leur conseil M. le Président…..Décidez, messieurs,

si demander à un étranger qui il est, d’où il vient, ce qu'il veut, soit unc insulte, J'en appelle à votre honneur et à votre bon sens... Si vous décidez que ce soit une insulte, je suis prêt à faire tout ce que vous trouverez convenable pour la réparer... Je tiens à ce que M. Roussy ne nous échappe pas. Il y a trop longtemps que je désire montrer à cette brave paroïsse l'ignorance de tous ces fabriquants de nouvelles religions, et la circonstance est trop belle pour que je la laisse échapper.—Je veux donc faire tout ce qui sera en mon pouvoir pour forcer M. Roussy de discuter devant vous. Mais comme je pense que M. Roussy ne consentira jamais, et pour de bonnes raisons, à nous montrer les titres qu’il à à notre respect comme ministre de l'Evangile, jo retire ma motion. Et sans savoir à quel espèce d'homme j'ai

‘affaire, je coasens à discuter.

M, Roursy veut alors partir, mais on l’arrête, pour que les dix juges uommés à la demande expresse de ce monsieur, prononceat.

Alors un de ces dix qui est protestant, nommé Auger, prend ls parole au nom de tous, et yarle à peu près en ces termes : « M.

ur

Roussy, puisque M. Chiniquy déclare n'avoir pas eu l'intention

de vous insulter en vous demandant qui vous êtes, vous devez accepter son explication. D'autant plus que ce monsieur se déclare prêt à vous faire toute espèce de réparation que nous jugerions à propos de lui demander. : D'ailleurs, M. Chiniquy retire sa motion, et consent à discuter avec vous sans savoir qui vous êtes ; vous ne pouvez refuser, en honneur, la discussion, »

Cette décision fut applaudie de tout le monde. Et M. Roussy reprit sa place.

M. Cminiquy—à M. le Président—J'aurais aimé à connaître:

avec qui j'allais entrer en discussion, et il me semble encore que nous avions tous le droit de le savoir, mais puisque cette conpaissance nous est interdite—ouvrons la discussion, sans plus tarder.

M. Roussy parcourt les campagnes pour dire que la bible, et la bible seule,interprétée par chaque individu,doitêtre la seule règle de notre foi. Il assure que la bible est la seule autorité qui puisse nous guider à travers les ténèbres de la vie. Il a dit qu'on doit rejeter tout ce qui n’est pas prouvé par un texte claire de la bible... T1 dit qu'on ne doit tenir aucun compte des saintes traditions, ni de l'autorité de l'Eglise, Eh bien! M. le Président, je défie M.

Roussy de prouver ces assertions et je m'engage de démontrer:

que chacune de ces propositions est une absurdité.

M. Roussy.—M. le Président—Rien ne m'est plus facile que de prouver que la bible, et la bible seule, et nou la tradition, est P q ) A à 3 ) |

la règle de tout homme qui désiro opérer son salut.…, Moïse dit expressément dans le Deutéronome :—(chap. iv P

versets 2 et 5,1 « Vous n'ajouterez ni n'ôterez rien aux paroles.

« que je vous dit: gardez les commandements du Seigneur votre: « Dieu, que je vous annonce de sa part.”

« Vous savez que je vous ai enseigné les lois et les ordonnances, «selon que le Seigneur mon Dieu me l’a commandé : Vous les « pratiquerez doue dans la terre que vous devez posséder. »

Voilà qui est précis ;—« Vous n'ajouterez ni ne retrancherer

rien aux paroles que je vous dis, » Il n'y a pas ici grand chose

en faveur des traditions, n'est-ce pas M. le Président. Au livre de Josué, Dieu parlant à ce conducteur de son peuple,

lui dit :—(e.i, v. 7 et 8 )—« Prenez courage, et armez-vous. « d’une grand fermeté pour observer et occomplir toute la loi que: « mon serviteur, Moïse, vous a prescrite, Ne vous détournez:

« ni à droite ni à gauch, afin que vous fassiez avec intelligence « tout ce que vous avez à faire. »

« Que le livre de cette loi soit continuellement dans votre bou. « che ; et ayez soin de la méditer jour et nuit, afin que vous ob..

« serviez et que vous fassiez tout ce qui y est écrit. », )

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On lit encore dans le livre de Néhémias ce qui suit :—(c. viii, v. 2, 3 et 8.)—1 Et Esdras, Prêtre, apporta la loi devant l’as- « semblée des hommes et des femmes, et de tous ceux qui pou- « vaient l'entendre, le premier jour du septième mois.»

« Et il lut dans ce livre clairement et distinetement, au milieu « de la place qui est devant la porte des eaux depuis le matin «jusqu’à midi, en présence des hommes, des femmes et de tous «ceux qui étaient capables de l'entendre ; et tout le peuple avait « les oreilles attentives à la lecture de ce livre.»

Le Psaume exviii, qui est le plus long comme le plus beau des Psaumes, n’est qu'une répétition de l'avantage qu’il y a à méditer constamment la loi du Seigneur.

Qu'est-ce que Dieu nous dit par la voix du Prophète Isaïe, si ce n’est d’avoir constamment sa sainte loi sous les yeux et dans le cœur. Voici les propres paroles du saint Prophète :—(e. viti, a. 19 et 20.)—« Et lorsqu'ils nous diront : consultez les devins «et magiciens qui parlent tous bas, dans leurs enchantements ; « répondez-leur: chaque peuple ne consultet-il pas son Dieu, et «va t-on parler aux morts de ce qui regarde les vivants. C'est « plutôt à la loi de Dieu qu'il faut recourir et au témoignage.»

Mais laissons là l'Ancien Testament ct les prophètes ; nous avons vu qu'ils sont unanimes à nous inviter à méditer et à étudier sans cesse la loi du Seigneur... Ils ne disent pas ce mot de Tradition. Venons à Notre Seigneur Jésus-Christ et à son saint Evangile ; et nous verrions qu’ils sont encore plus précis à nous presser d'étudier la loi du Seigneur, et de fuir les traditions des hommes,

Dans Saint Mathieu—(e. xv, v. 3.)—4 Alors Jésus-Christ re- «pondit aux Pharis'ens :—Pourquoi, vous-mêmes, violez-vous «les commandements de Dieu pour suivre vos traditions ? »... Ne voilà-til pas la doctrine de la tradition condamnée par la bouche du Christ lui même.

Dans Saint Jean—(e. v, v. 39.)—Notre Seigneur ne dit-il pas positivement :—1 Lisez avec soin les écritures, parce que vous «croyez y trouvez la vie éternelle ; et ce sont elles qui rendent « témoignage de moi. »

Et quoi de plus positif pour nous démontrer la nécessité et l'utilité de lire et de méditer sans cesse les saintes Ecritures, que ce texte des Actes des Apôtres—e. xvii, v. 11 et 12.)—« Or, ces « Juifs de Berée étaient de plus honnêtes gens que ceux de Thes- « salonique, et ils reçurent la parole de Dieu avec beaucoup d'af- « fection et d'ardeur, examinant tous les jours les Ecritures, pour « voir si ce qu'on disait était véritable : de sorte que plusieurs « d’entre eux, et beaucoup de femmes grecques de qualité, et un

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