F. Delaisi, Pages libreSy. numéro du 18 mai
Mais depuis douze ans les massacres n'ont pas cessé, parce que, dans l'Europe divisée, le Sultan avait toujours un bon ami, un défenseur. Les massacres continueront, tant que Thomme d'Yildiz pourra compter sur Berlin, et Berlin, satisfaite' du pourboire que lui vaudront les commandes militaires d'Yildiz, persistera dans sa politique, tant que des intérêts plus forts ne lui promettront pas un pourboire plus grand. Que les Allemands construisent leur Koniah-Bagdad : ils verront si la prospérité du pays traversé n'est pas la première condition de leurs propres bénéfices ! Quand la finance de Francfort aura son profit du côté des peuples, Berlin passera forcément du môme côté : relisez l'histoire de l'indépendance grecque et voyez le revirement tout pareil de Londres entre 1825 et 1830.
Un grand pont sur TEuphrate ouvriraf la quatrième section. A cette hauteur de Djerabolous, le fleuve est encaissé en des rives abruptes : Tété, on le passe presque sur les pierres du lit; l'hiver, il a six et huit mètres de profondeur. Les berges calcaires offriront au pont de solides culées ; il sera facile d'implanter les piles dans le lit rocheux. Ce travail sera donc important, mais aisé, du jour où le rail de la troisième section amènera les fers et ciments débarqués au wharf de Mersina.
Au delà de TEuphrate, on entre en Mésopotamie, dans « l'Ile », sur un terrain plat et solide, dont les calcaires forment la base. Les Arabes appellent As- Sawad, « Pays Noir », la plaine chaldéenne que les alluvions des Fleuves ont constituée au-dessous de Bagdad ; en amont de Bagdad, on pourrait appeler « Pays Blanc » la plaine mésopotamienne, où les craies, les gypses, les terrains de toutes blancheurs émergent presque partout à fleur de sol.
La ligne traversera, droit d'ouest en est, le nord de
cette plaine : trois cents kilomètres de steppe ondulée, bosselée de collines calcaires et de buttes volcaniques, striée de rivières presque parallèles, qui descendent toutes vers le sud et qu*il faudra franchir par une série de petits ponts. Les ruines de Harran et de Ras-ul-Aïn offriront deux étapes, aux kilomètres 100 et 180, sur les deux rivières les plus importantes, le Balik et le Khabour. Au bout de ce ruban se dresse le Taurus des Moines : ce Tor Abdin sépare de la plaine euphratique les vallons du haut Tigre; ses escarpements tournés vers le sud abritent les jardins de Nisibis et de Màrdine.
Djerabolous, sur TEuphrate, est à la cote 370 environ; Nisibis, au pied du Tor, est à la cote oOO; dans rintervalle, ni les rivières ni les collines n'obligeront à de grands travaux d'art. La construction pourra marcher très vite, si les Kurdes et les Bédouins veulent y consentir : ce pays leur appartient.
Du fond de l'Arabie, depuis le Nedjed, le Hedjaz et même le Yémen jusqu'aux « Terres Promises » de Canaan, du Liban et des Fleuves, les Bédouins, moutonniers et chameliers, mènent la vie nomade; les oasis du pays plat leur fournissent les pâtures d'hivernage; l'été, ils ne trouvent d'herbe et d'eau qu'aux approches des monts et des terres cultivées * :
Ce serait une erreur de croire que la pénétration des éléments arabes date seulement de la conquête musulmane.
1. Voir là-dessus le mémoire de R. Du99aud» les Arabes en Syrie avant Vl^loaiy £« Leroux^ 1907»
L'élan qui permit aux musulmans (636) d'envahir la Syrie [et la Mésopotamie] et de déborder ensuite vers Test, jusqu'au centre de l'Asie, vers l'ouest, par delà l'Afrique du nord, jusqu'en Espagne, a marqué l'apogée de la puissance arabe; mais il répond à un mouvement normal des populations arabes qui tendent continuellement à pénétrer et même à s'installer en territoire sédentaire... M. Winckler considère l'Arabie comme l'habitat primitif des Sémites : par flots successifs. Babyloniens, Cananéens, Assyriens, Araméens seraient sortis de l'Arabie, à la façon de l'invasion musulmane.
• Le désert de Syrie qui s'avance vers le nord jusqu'à l'Ëuphrate fait essentiellement partie du domaine arabe. La vaste steppe calcaire qui a nom Hamad (ou Hammada) est particulièrement propre à l'élevage du chameau, du cheval et du mouton. La proximité de pays civilisés et de villes importantes permet un écoulement avantageux des moutons et de leurs produits. En ce qui concerne l'alimentation en viande, on peut dire que le désert nourrit toute la Syrie. Les chameaux sont loués pour les caravanes et même pour les travaux agricoles. Par contre, le nomade demande au sédentaire des objets fabriqués et des céréales, blé ou orge.
Les migrations arabes ont la régularité des saisons. Les tribus de grande tente passent l'hiver en Arabie, particulièrement dans le Nedjed. Au printemps, elles s'avancent vers le nord à la recherche des pâturages. Elles arrivent ainsi en bordure des territoires sédentaires : quand le soleil a brûlé l'herbe courte de la steppe et tari la plupart des puits, à ce moment la moisson est achevée en territoire sédentaire ; les nomades pénètrent dans les champs, et les brebis broutent les chaumes de froment ou d'orge; ils envahissent aussi les prairies naturelles.
Chaque tribu nomade a donc ses campements d'été au milieu des sédentaires ou dans leur voisinage. Chaque cheikh (ancien, chef) de tribu est lié par la khouwwé (pacte de fraternité) avec les cheikhs d'un ou de plusieurs villages. La khouwwé est la coutume qui règle les rapports entre
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sédentaires et nomades. Quand le sédentaire n'est pas fortement protégé par son gouvernement, le noinade exige non seulement le libre usage des champs après la récolte, l'accès des prairies naturelles et la faculté de s'abreuver aux puits et aux cours d'eau, mais il impose encore un tribut en nature. En revanche, il accorde sa protection au sédentaire contre les razzias des tribus voisines : c'est à la faveur de cette coutume que les chefs nomades ont parfois pris le pouvoir dans les villes voisines du désert.
'Nomades et sédentaires ne sont ni de race ni de langue distinctes; tous Sémites, ils ne diffèrent que de vie. Les nomades gardent seulement plus purs le sang et Tidiome des aïeux ; le sédentaire se mésallie avec les filles des « nations », comme disait Israël, et mélange sa langue arabe de mille emprunts étrangers. Suivant le terme dont les sédentaires ont successivement désigné le désert lui-même, araba, sahra^ badiéy l'histoire (c'est du moins l'opinion peut-être fantaisiste, mais séduisante, de quelques arabisants) a connu des Arabes, des Sarrasins et des Bédouins; mais tous ces termes synonymes désignent les mômes pasteurs du désert et de tout le désert *.
Les Béni Israël se souvenaient d'avoir passé par cette vie nomade avant de connaître les douceurs de de la Terre Promise. Des milliers d'autres tribus, avant
1. Cf. R. Dussaud, op. laud., p. 2 : « Par le mot * Arabes », il faut entendre, non pas les habitants de rArabie, mais uniquement les nomades qui parcourent le centre et le nord de l'Arabie et tout le désert de Syrie. Ainsi les populations sédentaires du sud de l'Arabie ne sont pas des Arabes. Les rois himyarites qui dominaient en ces régions s'intitulaient rois de Saba, de Raydan, de Hadramaut, de Yamanat et de leurs Arabes, c'est-à-dire des nomades qui pénétraient sur Ton on l'autre de ces territoires* »
LE SULTAN ET l'ISLAM* 21
eux et après eux, troquèrent pareillement la tente et les cailloux du Hammad pour les maisons et les bonnes terres de Damas, d'Émèse, d'Édesse, de Hira, de Koufa et de Bassorah. Dès la plus haute antiquité, des dynasties arabes régnèrent en Chaldée, et des bandes arabes fondèrent les empires de Babylone et d'Assour. La conquête d'Alexandre, de Rome, puis des Parthes rejeta parfois ces pillards au désert; mais ils prirent leur revanche, à la faveur des neuf siècles de guerres qui, depuis les Antiochus jusqu'à Mahomet (iv* siècle avanl-vii® siècle après notre ère), saccagèrent le pays entre le Tigre persan etTEuphrate gréco-romain. De proche en proche, cette invasion antéislamique arriva jusqu'au pied du Taurus : la Mésopotamie fut partagée entre les douars de Modar, de Rebiah et de Bekhr, qui avaient leurs marchés principaux à Rakka sur TEuphrate, à Amida (aujourd'hui Diarbékir) sur le haut Tigre et à Nisibis dans l'intervalle. La conquête musulmane, qui fut d'abord l'apogée du Bédouin, amena bientôt une renaissance des villes et de la vie sédentaire. L'Arabe, entré de force dans les terres cultivées et dans les villes, se fixa, se fît cultivateur et caravanier; c'est le phénomène qui se renouvelle, chaque fois que le sédentaire peut imposer sa règle au nomade ou que le Bédouin, au contraire, peut conquérir un pan de terre arrosée :
L'état de guerre, qui oblige les troupeaux à la fuite, pousse [les tribus] à détruire les points d'eau : n'occupant plus les mêmes territoires, elles renoncent aux travaux d'amélioration et se détournent de toute culture, d'où un
épuisement rapide du sol. Mais il ne faut pas prétendre que les nomades ignorent l'agriculture ou qu'elle soit sans valeur pour eux. Quand ils sont assurés de pouvoir récolter, ils savent parfaitement choisir certains points comme la Rouhbé, au pied du Hauran, ou les bords des vastes marécages de la basse Mésopotamie pour y semer du froment et de l'orge.
Le premier effet de la paix au désert est donc de réduire l'amplitude des migrations, de stabiliser les tribus dans des territoires déterminés. Un effet moins proche, mais également certain, est d'entraîner peu à peu le nomade vers des occupations qui lui étaient étrangères. L'état de guerre le tenait dans l'oisiveté. Le lien moral et matériel de la tribu s'affirmait rigoureusement dans l'autorité du chef, le culte commun, le groupement des intérêts en vue de la défense et de l'attaque, au point que l'idée de tribu absorbait celle de famille. Avec la paix assurée, ce lien se relâche. Un à un, les individus se détachent du groupe. Ils prennent du service dans l'armée; ils s'engagent pour le travail dos champs, pour le transport des marchandises : les conditions de la vie favorisent leur installation en territoire sédentaire et les poussent à la vie agricole. On les voit alors construire des villages. Il ne reste pour l'élève des troupeaux que le nombre d'hommes nécessaire, et le nomadisme des troupeaux se change en transhumance.
C'est un sujet constant d'étonnement pour le voyageur de rencontrer, sur toute la frontière orientale de la Syrie, dans des contrées aujourd'hui désertes, des villages en ruine qui datent de l'époque romaine : pourtant les Romains n'installèrent pas de colonies dans cette région ; l'onomastique des inscriptions prouve que cette population sédentaire fut un apport du désert*.
Les Romains avaient possédé au delà du Liban une a Arabie » réduite en province, qu'ils avaient
i. K. Dussaud, op. laud., p. 67.
ceinturée de fortins et sillonnée de routes * : dans la politique ottoiûane d'aujourd'hui, les chemins de fer doivent remplacer ces chemins de pierre romains, et c'est là une politique vraiment khalifale, car les premiers Khalifes n'en usèrent pas autrement. Mais alors que les Romains ne se souciaient, pour les besoins du commerce, que de relier les unes aux autres les villes des sédentaires ou les forteresses de la frontière désertique, les Khalifes, pour les besoins du pèlerinage, enfoncèrent leurs pistes munies de citernes en plein désert, vers les Villes Saintes. Sur ces pistes, Tafflux des pèlerins créa un commerce intense. La clientèle arabe s'étendit des passes de la Mongolie aux « ports » des Pyrénées, et des rives du Volga aux rives du Niger. Bagdad et les cités des Fleuves devinrent pendant cinq siècles les grands bazars du monde; du viii* au xn*' siècle de notre ère,
1. R. Dussaud, op. laud., p. 8 : « Les Romains s'empressèrent d'élever des fortins en bordure des territoires sédentaires et, aussi» sur les principales routes qui s'enronçaient dans le désert. Ils développèrent rirrigation par la construction d'aqueducs. Ils embellirent les villes en traçant de larges voies et en érigeant de somptueux monuments. Enfin, ils mirent un soin particulier à un réseau de routes dont le centre fut Bostra, Tancien emporium nabatéen devenu capitale de la province nouvelle. Ainsi fut transformé en voie romaine le chemin des caravanes qui, de Bostra, se dirigeait vers le sud par Amman-Philadelphie et Pétra jusqu'au golfe Ëianitique. Les milliaires, posés dès le temps de Trajan, <|ui ont permis de repérer cette route, la définissent : via nova a Jinibus Syriœ usque ad mare Bubrum, De Bostra, une voie romaine menait à Adraa, une autre à Damas, une autre encore à Salkhad et do là à Pnak, à Qal'at Ezraq où s'élevait le dernier fortin à l'entrée du désert. Les caravanes en partaient pour gagner soit l'Arabie, soit la basse Mésopotamie. -
cette Mésopotamie arabe fut de nouveau cultivée et plantée ^
Mais aux xii*, xra® et xiv* siècles, les cyclones turcs et mongols refirent table rase : le nomade reprit son avancée, qui a duré jusqu'à nous. Durant les cinq ou six derniers siècles, une série de lents empiétements ou de brusques invasions lui ont rendu presque tous ses douars d'autrefois; les Diarbékir, les « Douars de Bekhr » sont restés au pouvoir des Kurdes qui les avaient envahis; les douars de Modar et de Rebiah sont revenus aux mains du Bédouin qui les a consciencieusement dévastés et qui ne cesse de les agrandir. Les voyageurs européens ont noté depuis quatre cents ans la journalière progression des troupeaux et du désert, aussi bien sur le Tigre que sur l'Euphrate. Mais, derrière ce front d'avancée, nous ignorons le plus souvent quelle suite de chocs et de poussées, quelles guerres intestines de tribus à tribus, quelles surrections et quelles chutes d'empire au désert ont pour contre-coups ces exodes de vaincus ou ces invasions de conquérants. Les dernières grandes sorties arabes dont « File » ait gardé le souvenir sont du xvn® siècle : deux masses de tribus, fédérées sous les noms de Chammars et d'Anezehs, dévalèrent alors du Nedjed, englobant ou chassant devant elles tous les Bédouins qu'elles rencontraient. Avec son flux et reflux de transhumance, l'été sur les Fleuves, l'hiver dans les oasis de la Badiet-ech-Cham
1. Voir là-dessus le savant livre de G. Le Strange, The Lands of the Eastern Caliphate, Cambridge, 1905.
OU du Nedjed, cette marée continue d'osciller entre TArabie et la Mésopotamie : chaque année, elle met en branle des centaines de milliers d'hommes et de bêtes; sur une steppe entièrement nue la veille, on voit s'abattre tout à coup vingt mille moutons^ trois mille chameaux, une nuée de lentes et de cavaliers.
El cette marée continue de gagner vers le nord, d'annexer chaque année quelque nouvelle lisière de steppe à sa mer désertique : les Anezehs sur TEuphrate vont aujourd'hui jusqu'au pays d'Alep; les Chammars sur le Tigre ont atteint Mossoul et passent à la rive orientale. Aux rebords de ces deux masses fluctuantes, il est d'autres groupes moins importants, Moalis, Tais, Kais, Beni-Tamim, Beni-Lam, etc., qui, tout en gardant la vie nomade, ne semblent pas soumis à l'annuelle marée, mais restent confinés dans un district : tantôt submergés, tantôt délaissés par le flux et le reflux, ils forment comme une série de flaques dormantes autour de cet océan agité ^
On devine les rapports qui peuvent unir ces tribus autonomes. Depuis des siècles, les enlèvements de femmes et de troupeaux, les querelles de sources et de pâturages ont installé la revanche du sang comme règle de vie non seulement entre les deux fédérations chammar et anezeh, mais au sein de chaque fédération, entre les tribus, et dans chaque tribu, entre les familles et les tentes *. Chaque fédération, chaque
1. Voir dans M. von Oppenheim, Vom Mittelmeer zum persischen Golf, le chapitre xi du second volume.
2. Sur cette vie au désert, le livre d'A. Blunt, Bédouin Tribes of
tribu mémo comporte des maîtres et des sujets ; suivant la fortune de la bataille, il est des vaincus, des groupes entiers, qui tombent dans une demi-dépendance et doivent au vainqueur une rente annuelle, dont le paiement ramène chaque année quelque petite guerre.
Et chaque campement, — il en est de deux mille tentes, de dix ou douze mille individus, et il en est de dix ou douze tentes, de cinquante ou soixante personnes, — chaque campement obéit à un chef, émir, cheikh^ akid^ dont le pouvoir se transmet héréditairement; mais c'est le caprice populaire qui, dans la famille régnante, élit le cadet Abdallah plutôt que son aîné Abd-ul-Kérim, et ce même caprice renverse relu au premier échec, ou bien le groupe se disloque en deux bandes qui s'éloignent, chacune de son côté, derrière le cheikh de son choix, et la guerre civile ou familiale s'ajoute aux razzias et vengeances. A quelques semaines d'intervalle, la carte politique d'une région est bouleversée : des alliances réunissent d'irréconciliables ennemis contre leurs parents les plus proches ; une tribu dominante tombe en sujétion : de grands capitaines surgissent, dont la renommée va terrifier les villes du pourtour et qui s'évanouissent en quelques semaines.
Depuis quatre siècles bientôt, l'Ottoman, souverain nominal du pays sédentaire et du pays nomade, n'est parvenu qu'à s'imposer dans les villes exté-
EuphrateSy reste un inappréciable document. Voir aussi dans le Voyage en Orient de Lamartine le Récit de Fetalla,
rieures, à pousser de loin en loin quelques reconnaissances dans le désert, ou parfois à établir des garnisons et des préfets aux passages des Fleuves, aux confluents des pistes de transhumance et de caravanes. Mais il n*a jamais eu la force omniprésente qui oblige les nomades à se fixer, ni Tindustrie et la richesse qui les attire à la culture des banlieues et au service des transports.
Au cours du xix* siècle, cependant, il a essayé de la force : les Anglais parlant d'établir leur chemin de TEuphrate, la Porte entreprit d'occuper le parcours. Une petite armée descendit l'Euphrate, d'Alep à Deïres-Zor, et construisit (1857) une forteresse en ce carrefour où la route fluviale est coupée par les grandes pistes du désert : c'est à Deïr, en effet, que les Bédouins passent le fleuve dans leurs annuelles montées et descentes entre sud et nord, et c'est à Deïr aussi qu'aboutissent les caravanes entre est et ouest — nombreuses jadis, très rares aujourd'hui — qui viennent de Damas et d'Homs, par les oasis de Palmyre, et vont à Mossoul et Mardine par les oasis du Khabour. Une autre expédition (1869-1870), envoyée de Bagdad par le vali Midhat-pacha , remonta jusqu'à Deïr en garnissant les passages difficiles de postes et de fortins : tout l'Euphrate fut ainsi bordé.
La géographie officielle compte parmi les préfectures de la Turquie d'Asie ce moutessarifat de Deïr *.