Ou Yéménéen
2. Cours professé à l'École coloniale (d896-1897) par M. le docteur Verneau, assistant au Muséum.
Mais, avec Tâge, les traits s'empâtent et, vieille, la femme arabe rappelle assez exactement les sorcières décrépites des tableaux de Téniers.
Les Arabes anjouanais sont paresseux, fourbes, voleurs et vaniteux. Il n'en est pas un qui ne se prétende « saïd » (prince) et descendant direct du Prophète. La haute idée qu'ils se font de leur personne leur interdit tout travail ; il y a incompatibilité entre leur qualité d'hommes nobles et le hazi* ; cette théorie qui leur est favorite leur permet de colorer d'un semblant de prétexte leur paresse invétérée. Ils restent, tout le jour, enfermés dans leurs demeures, couchés entre leurs femmes ou leurs concubines (sourias), tantôt rêvant béatement ou dormant, tantôt se livrant à des pratiques que n'eût pas désavouées le marquis de Sade,
Le soir, au coucher du soleil, ils s'éveillent de cette honteuse torpeur et, satisfaits d'eux-mêmes, ils se rendent gravement à la mosquée pour y prier et y faire Kabar^. Les langues vont alors leur train. A la lueur falote des lampes fumeuses, les fidèles, adossés aux piliers, tiennent des conciliabules, anathématisent le Kafîr ^, le chien de mou-