‹ Le sultanat d'AnjouanChapitre 2 sur 46 · CONFIGURATION GENERALE · texte numérisé non relu

CONFIGURATION GENERALE

L'île d'Anjouan (Anzouan\ Johanna), avec sa ceinture de cocotiers et son manteau de forêts vierges, apparaît comme une terre heureuse, toute verte et fleurie, aux confins bleus de la mer des Indes.

Sa situation est exceptionnelle : à l'entrée nord du Canal de Mozambique, à é<j^ale distance de la côte d'Afrique et du littoral de Madagascar,, elle occupe le centre de Tarchipel des Comores.

Elle se trouve, précisément, entre 41*^ o2' et 42° ir 15" de longitude est ; 12" 3' 3r/ et 12" 22' 30'' de latitude sud, à 20 lieues au nord-ouest de Mayotte, à 9 lieues ti Test de Mohéli, à 13 au sud-est de la Grande Comore.

Sa superficie est de 378 kilomètres carrés.

En plan, elle affecte la forme d'un triangle scalène dont le plus petit côté serait figuré par la côte

septentrionale qui s'incurve pour former la « baie d'Anjouan ».

Dans sa configuration générale File à Taspect d'une vaste pyramide irrégulière dont les faces seraient recouvertes mi-partie de forêts à la frondaison abondante et sombre, mi-partie de cocotiers aux tons vert clair et luisants.

De constitution essentiellement volcanique, Anjouan a un relief tourmenté, désordonné, chaotique.

Le Pic d'Anjouan ou N'tingui (1.S78 mètres) envoie vers le nord-est, le nord-ouest et le sud des chaînes principales qui forment la charpente de Tîle. De ces chaînes se détachent des chaînons secondaires entre lesquels s'ouvrent des failles profondes, humides et fertiles.

Par endroits le sommet de ces chaînons s'est écrasé en plateaux, s'est affaissé en cuvettes, s'est ouvert sous l'action des feux souterrains.

Les cratères béants de jadis sont devenus les cirques d'aujourd'hui : le beau cirque de Bambao- M'toni, presque au centre de l'île, si pittoresque et si frais avec sa couronne de bois épais ; sur la côte est, celui de Mahindini à la végétation luxuriante ; celui de Patsy, dont les belles plantations prouvent la richesse en humus, et tant d'autres.

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moins importants, qui recueillent, vasques naturelles, les eaux du ciel bienfaisantes aux cultures de ces terres fécondes.

Sur le littoral, à l'embouchure des rivières, se sont accumulées des alluvions fertiles.

La côte sud-ouest est la contrée la mieux arrosée ; aussi la végétation est-elle très intense dans le canton de Pomoni et dans les districts circon voisins.

Les pointes extrêmes sont les parties les moins riches.

La pointe sud, dite de Nioumakélé, est très accidentée; la dorsale montagneuse de l'île s'abaisse vers le littoral oriental et méridional en pentes rudes, coupées perpendiculairement à raréte-mère par des ravins arides. Le déboisement inconsidéré des hauteurs, en laissant toute leur action aux vents desséchants du sud, a privé d'humidité cette contrée jadis arrosée et prospère.

Anjouan se termine à l'ouest par des terres à peu près stériles. Le sol argileux de cette région n'est pas favorable k la culture ; sous l'action du soleil la glaise se durcit, comprime les racines et arrête les plantes dans leur développement. Aussi le district occidental est-il un des moins cultivés et des moins peuplés de l'île.

De ce côté, Anjouan se prolonge en mer dans la direction nord-ouest par un îlot boisé, « File à la Selle », qu'un étroit pertuis sépare de la Grande Terre.

La pointe orientale forme une vaste terrasse mamelonnée s'élevant à 300 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ici les croupes succèdent aux croupes. Par endroits le sol est rouge, cendré plus loin, noirâtre ailleurs. On dirait les squames de cette terre ladre. Une maigre végétation de bruyères et de fougères naines souligne le caractère désertique de ce paysage morne et pelé. Quelques vaches qui paissent une herbe rare mettent dans cette tristesse la note claire de leur robe blanche et fauve et, çà et là, des champs de maïs clairsèment le ton tendre de leurs feuilles sur la monotonie de Tensemble.

Si les pointes extrêmes sont pauvres, les autres terres de l'île sont très fertiles, au contraire. Elles doivent leur fertilité à Teau qui, de toutes parts, sourd dans la forêt et arrose en toute saison les. cultures des vallées inférieures et du littoral.

Les arbres des hauteurs retiennent l'humidité^ aussi l'eau est-elle abondante. De sages mesures ont été prises par l'administration française du Protectorat pour empêcher le déboisement des

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