‹ Le sultanat d'AnjouanChapitre 36 sur 46 · INDUSTRIES INDIGÈNES · texte numérisé non relu

INDUSTRIES INDIGÈNES

Les Anjouanais sont peu industrieux. Il n'y a guère à citer de leur fabrication que les poteries grossières d'Ouani, marmites et cuvettes d'argile durcies au feu, les travaux de sparterie des femmes de Domoni et de Nioumakélé, nattes, blagues à bétel, sacs de tambao; la chaux impure qu'ils retirent des coraux; quelques ouvrages de vannerie, paniers et corbeilles, des chapeaux de paille et des cordes en fibres de cocotier.

Les Arabes qui possèdent des moulins à bras extraient de la canne à sucre du sirop qu'ils vendent un bon prix à leurs coreligionnaires et aux autres indigènes très amateurs de cette friandise.

Ils avaient fait autrefois de sérieux essais de fabrication de sucre à Ajoô et à Milembeni. Le Sultan Abdallah lui-même avait construit une belle usine à Bambao, tout près de sa résidence habituelle, mais les tentatives du vieux prince

échouèrent devant les vices d'organisation et le manque de surveillance.

L'Anjouanais n'est pas chasseur ; lorsque, par aventure, il veut prendre un gibier, il se sert de lacets ou de glu.

Les Bushmen ont la spécialité de la chasse à la civette. Ils emploient pour cela un piège à bascule très ingénieux. La bête prise, ils retirent avec une curette le musc qu'elle sécrète. Le musc ainsi recueilli n'est pas exporté, il est consommé sur place par les femmes indigènes qui s'en parfument.

Les habitants du littoral pèchent les poissons des côtes. A marée basse, ils jettent à la mer une décoction d'ourouva, poison végétal très énergique. Les poissons, retenus en deçà des récifs, sont étourdis et se laissent aisément harponner. Ce mode de pêche est fructueux, mais l'administration l'ayant interdit, il n'est plus guère usité que dans les districts reculés.

Sur le rivage, les pêcheurs ont établi, de dis tance en distance, des sortes de bordigues dont les claies sont remplacées par des murs de pierres sèches.

Leurs engins de pêche sont assez primitifs : des lignes, des nasses et des paniers particuliers au pays, quelques filets.

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