LES COTES
Anjouan est entourée de récifs eoralligènes que la mer découvre à marée basse. Distants du rivage de 50 mètres au minimum à 600 mètres au maximum, ils forment une sorte de muraille énorme qui s'élève sur le soubassement de l'île, ménageant ainsi un chenal naturel entre eux et la côte.
Ce rempart madréporique est troué de brèches qui sont autant de passes praticables à la petite navigation.
La côte très découpée est échancrée d'anses nombreuses où peuvent s'abriter des bateaux de faible tonnage, boutres et pirogues.
Au nord, s'ouvre la belle baie d 'Anjouan avec le havre de Fombani, l'ancrage de Pouzini et les mouillages balisés de Page et de Patsy.
En face de Moutsamoudou, une passe permet aux petits voiliers d'aborder. Au delà des récifs, devant la ville, s'étend une rade assez sûre pour que les
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boutres qui y sont à l'ancre n aient rien à craindre des coups de vent ni même des cyclones. Les fonds en ont été relevés, en 1848, par M. J.
Richards, de la marine anglaise et, depuis, la carte en a été dressée^ en 1894, par M. le capitaine de frégate Ravel, commandant le « Boursaint ».
La côte orientale, qui, vers Nioumakélé, tombe à pic dans la mer en falaises abruptes, offre trois abris aux navigateurs : la rade d'Ajoô, le mouillage de Bambao où une passe facile permet aux grands bateaux d'accéder, la crique de Chiroroni qui ne peut mettre à couvert de la tempête que les petits cabotiers.
Nous trouvons, à Touest, les rades de Bimbini et de Sima M'tsangany; au sud-ouest, le mouillage de Pomoni dont la carte a été publiée, en 1859, par l'amirauté anglaise d'après les notes de sir A. Petch, de la marine royale britannique. Repéré par des balises, l'ancrage de Pomoni est sûr. C'est, entre les récifs, un bassin naturel sur fond de sable noir, qui communique par une passe avec la mer libre. Près de cette passe un récif isolé sert de brise-lames. Les grands bateaux peuvent y ancrer et y chercher refuge par le gros temps.
La navigation est assez difficile dans les parages-
d'Anjouan; la croûte terrestre, jadis tourmentée par les feux plutoniens, offre à sa surface le même aspect chaotique dans ses parties submergées par la mer que dans celles qui ont émergé. Aussi les bas-fonds sont-ils nombreux; nombreux aussi les courants secondaires qui moirent l'Océan et font autour des Comores in lacis inextricable.
Ces courants, venant s'ajouter aux grands vents qui trop souvent, dans ces régions, soufflent en tempête, rendent, à Tépoque des fortes moussons, laccès de Tîle presque impossible à la petite navigation.
Dans le nord et au large d'Anjouan, règne généralement un fort courant ouest d'une vitesse de 1 /2 à 3 nœuds à Theure.
Par les nuits tièdes et calmes, la mer présente fréquemment des phénomènes de phosphorescence ; elle vient se briser sur les coraux en écume rutilante, la crête des vagues radieuses resplendit et, de toutes parts alors, TOcéan s'illumine et rayonne.